Batman Legacy


 
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 Haute gastronomie et repas végétarien [PV]

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MessageSujet: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeDim 22 Juin - 14:13

Haute gastronomie et repas végétarien



Si Bruce n'est pas quelqu'un de spécialement chaleureux en dehors des apparitions publiques qu'il s'obligeait à faire, il n'en est pas moins plus retenu, en général. Du genre à être d'une neutralité affligeante. Ce pauvre Alfred devait copieusement s'ennuyer, en journée, quand il ne fallait pas mener Wayne à droite et à gauche. Pourtant en s'éveillant, c'est bien un grondement qui perce ses lèvres, et il peine à s'extraire de ses draps sans danser un peu. Devant le miroir, il avise alors les séquelles de ses nuits passées. L'Arkham Knight l'avait partiellement brûlé au niveau de l'avant bras gauche – rien qu'une chemise manche longue ne pourrait masquer, par chance, mais sa dernière confrontation avec le Joker l'avait un peu plus secoué que les autres rencontres avec ce satané clown. Une côte fêlé, une épaule démise et des bleus dans le dos le faisaient ressembler à un dalmatien mutant – des tâches violacées sur fond de couleur peau, c'est cosmique.

Le visage tiré par une grimace endolorie, Bruce avait jeté un œil vers le réveil ? Il était encore tôt, pourtant. Dix-sept heures, en général le milliardaire traînait plus longtemps au lit. Alors pourquoi diable Alfred avait-il ouvert les volets et les fenêtres ? Il note tout de même la présence d'un plateau pour son petit déjeuner, lequel était soigneusement séparé en deux. De gauche à droite, on trouvait d'abord les mets matinaux classiques, un verre de jus d'oranges fraîchement pressées, une tasse fumante de café noir, deux croissants et un petit carreau de chocolat noir pour les apports en calcium. Enfin, la grande majorité du plateau contenait dans l'ordre – toujours de gauche à droite – un verre dans lequel pétillait un cachet d'aspirine, un trio d'anti-inflammatoire, de la pommade aux vertus antidouleurs, un onguent pour les bleus, de la crème grasse pour les brûlures, et une seringue de cortisone pour l'articulation de son épaule qui devait à tout prix désenfler.
Enfin, un petit mot traînait sur table de chevet, Alfred était parti faire quelques courses au marché de Gotham, et il conseillait à Bruce de téléphone à un numéro joint. Ah oui... il se souvenait maintenant pour quelle raison il devait se lever tôt. C'est en se traînant un peu qu'il rejoint le téléphone, et qu'il compose le numéro et se frotte le front en écoutant les sonneries. On décroche rapidement. Ce n'est pas la personne qu'il souhaitait entendre.

« Est-ce que mademoiselle Isley est disponible ? » glisse-t-il, pour recevoir un très désagréable « Qui la demande ? » venu des tréfonds de la gorge d'une amie fidèle mais surprotectrice. « Bruce Wayne. » Répond-il, n'obtenant pour simple réponse qu'un silence gêné. Jane se racle un peu la gorge, s'excuse un peu, aussi. « Ce n'est rien. Vraiment... votre amie est disponible ? » non, elle ne l'était pas. Néanmoins, il fut invité à laisser un message, bien que Jane eut l'amabilité de l'avertir qu'il y avait des chances pour que Pamela refuse catégoriquement d'écouter ledit message. Wayne l'avait, après tout, fichue à la porte. C'était d'ailleurs le motif de cet appel.
Il fallait qu'ils mettent les choses à plat. Il n'avait jamais souhaité que la sécurité se montre si violente, et regrettait clairement le dérapage de la situation. Aussi avait-il réservé une table au Carlion. Il avait invité Pam' à l'y rejoindre, ce soit vingt heure trente. C'était rapide, et les délais étaient courts, mais Bruce Wayne est comme ça. Les invitations imprévues sont sa marque de fabrique.

Quelques heures plus tard, c'est avec le sourire qu'il avait passé les portes pour se présenter devant le pupitre. Il ne grogne plus, ne boîte plus et semble en fait au sommet de sa forme, à croire qu'une fois un costume enfilé – celui du Batman, ou celui du playboy milliardaire, les plaies n'existent plus.
Une fois devant l'employé préposé aux invitations, inutile pour Bruce de donner son nom ici, tout le monde le connaissait. Il est salué plus élégamment encore que les autres clients – ce qui n'est pas peu dire.
Il faut dire qu'il était le patron de cet endroit depuis quelques semaines maintenant – une histoire de fontaine qu'on ne pouvait utiliser comme piscine d'après le règlement intérieur. C'est donc tout naturellement qu'il avait acheté l'endroit pour avoir un droit de modification sur ledit règlement et dorénavant si une demoiselle souhaite se rafraîchir les idées, libre à elle d'aller patauger dans la fontaine centrale.

Bref, on avait donc amené Wayne jusqu'à l'une des tables de choix. Dans un coin, ni trop fréquentée, ni pas assez, à distance parfaite de l'orchestre qui jouait en fond. La table était bien entendu nappé et couverte au millimètre prés, tout étant parfaitement à sa place. Quelques fleurs, des bougies, des serviettes pliées, plusieurs verres.
En prenant place, il reconnaît quelques visages familiers et salue ici ou là quelques personnes avant de s'asseoir. Et pour l'attente un verre de vin sera parfait. Un choix hasardeux du bout de l'index sans même lire la carte des vins. Un rouge reste un rouge, après tout. Et Bruce maîtrise bien plus les arts martiaux que l’œnologie. Et alors qu'il s'apprêtait à avaler la première gorgée de vin, une drôle de question germa entre ses tempes : Est-ce qu'on sert ici, un repas végétarien ?

 
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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeLun 23 Juin - 11:03


« Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? » Question sempiternelle que Jane s’obstine à lui poser tous les matins, ce qui commence à l’agacer légèrement. Toutefois, Pamela ne perd pas son calme pour autant. Désinvolte, elle continue à beurrer sa tartine et lui répond la même chose que tous les matins : « Je ne sais pas, continuer à démarcher, à postuler. Sans lettre de référence après un licenciement, tu sais que c’est délicat. » Oui, elle ne le sait que trop bien, même si elle-même ne s’est jamais retrouvée dans ce genre de situation. Jane est trop bonne infirmière pour être renvoyée. Avachie devant une tasse de café noyé dans le lait, celle-ci soupire. La fatigue a fait naître des cernes sous ses yeux, et l’inquiétude poindre quelques rides, encore à peine visible. « Tu as pensé à enseigner ? » Pamela grogne, c’est plus fort qu’elle. « C’est une voie de garage… » De garage, ou de fou furieux. Un frisson vicieux remonte le long de l’échine de la rouquine, dont la tête se penche et les yeux se ferment, une expression de douleur fugace hantant son visage l’espace d’un court instant pendant lequel le visage de Woodrue s’impose contre sa rétine. Doucement, Pamela repose sa tartine, Jane vient de lui couper l’appétit. Rentrant d’une longue garde, elle ne le remarque pas et continue sur sa lancée. « Peut-être, mais faute de grive, on mange du merle. Tu ne peux pas continuer comme ça, Pam’. » Elles ne peuvent pas continuer ainsi, vivotant à deux sur le minuscule salaire de Jane qui se tue à la tâche pendant que Pamela procrastine, et s’énerve chaque fois que sa colocataire lui fait, à juste titre, la leçon. Elle sait que les temps sont durs et qu’elles ne pourront pas continuer ainsi indéfiniment, cependant, malgré les quelques mois qui la séparent de son retour, Pam peine à retrouver ses marques, et, si elle appréhende plutôt bien les pouvoirs qui sont devenus les siens, elle n’a pas la moindre idée de comment gérer une vie normale en se sachant anormale. Elle ignore même si elle fait encore partie du genre humain, ou si elle doit entièrement lui tourner le dos et immédiatement devenir l’ambassadrice de la nature et tout faire pour l’éradiquer dès l’heure. La botaniste est plongée jusqu’au cou dans une crise existentielle dont elle ne parvient pas à se sortir, faute de pouvoir en parler à qui que ce soit ; de ce fait, le chômage est loin d’être sa priorité… Seulement, Jane ne doit pas le savoir. Elle n’hésitera pas à la rejeter, à la qualifier de monstre si elle vient à apprendre ce qu’est devenue sa colocataire, et ce petit bout de femme, cette amie loyale et fidèle, est la dernière chose qui fasse encore subsister la part d’humanité de la mutante.

Pour la troisième fois de la matinée, le téléphone sonne, interrompant la conversation en cours et faisant grogner les deux femmes de concert. Bien que calmé comparé à ce qu’il a été les quelques jours qui ont suivi, l’engouement des journalistes pour l’histoire de Pamela continue à leur mener la vie dure. Tous les jours, ils sont au moins une demi-douzaine à téléphoner, à toute heure du jour et de la nuit, pour réclamer une interview, quelques mots, n’importe quoi, que toujours leur refuse la botaniste. D’un commun accord, elles ont convenu que Jane répondrait seule au combiné, prendrait les messages et transmettrait, ou pas. Mais, quand elle se lève pour s’exécuter, Pamela la retient d’un geste. « Non, laisse. Va dormir. On s’en fiche. » Désinvolte, elle hausse les épaules et Jane, trop fatiguée pour se battre, obtempère. Sans ajouter un mot, elle se traîne jusqu’à sa chambre, dans laquelle elle s’enferme. La botaniste, pour sa part, achève son petit-déjeuner et va débrancher le téléphone. Jane n’aime pas quand elle le fait, mais un peu de repos ne lui ferait pas de mal. Quant à Pam’, elle débarrasse la table du petit-déjeuner, prend son manteau, son sac et quitte l’appartement.

***

Il est un peu plus de dix-sept heures quand elle repousse la porte de chez elle, un sourire ravi aux lèvres, et tombe nez à nez sur une Jane en blouse à l’expression contrite. « Oh… Veuillez m’excuser… Je ne me serai jamais doutée que… » L’entend-elle s’excuser. Lentement, sans faire de bruit, Pamela ôte son manteau, interrogative. Elle ignore qui elle a à l’appareil, mais elle espère que ce n’est rien de grave. « Non, je regrette. Je peux prendre un message ? » En entendant ces mots, Pamela se détend. Encore un journaliste, assurément, quoique les excuses du début de la conversation asticotent toujours sa curiosité. Quand Jane se met à écrire, son amie vient poser sa tête sur son épaule pour l’assouvir, mais aucun nom n’est couché par la main de l’infirmière, seulement une heure et un nom de restaurant. « Je préfère quand même vous avertir qu’il est peu probable qu’elle se présente ou vous rappelle. La situation dans laquelle elle se trouve à cause de vous est des plus délicates. » Les sourcils de Pamela se fronce. Elle fait signe à Jane de raccrocher, chose que la jeune femme ne fait pas avant d’avoir achevé convenablement sa conversation. Sitôt après, elle est prise à parti par la rouquine. « Qui c’était ? » Jane l’évite et, rapide car étant déjà en retard, elle file prendre son sac et sa veste. « Bruce Wayne, il t’invite à dîner. Ce soir à 20h30. Tu as le nom du restaurant sur le bloc-notes. » A la mention du nom « Bruce Wayne », Pamela s’enflamme. « Il est hors de question que j’y aille ! C’est à cause de cet… Ce… Que j’en suis là ! » Mais Jane ne l’écoute pas, elle se dirige vers la porte, et c’est sur son seuil qu’elle lance un regard démoralisé à la rouquine. « Tu fais ce que tu veux. Mais à ta place, je préférerai l’avoir dans mes amis que dans mes ennemis. Avec lui, je ne sais pas pour toi mais moi je suis certaine que le bonheur, c’est simple comme un coup de fil. » Elle n’ajoute rien de plus et claque la porte, coupant court à la conversation et, en même temps, aux humeurs de Pamela, bien obligée, de ce fait, de méditer ces paroles.

***

Quand elle se présente au restaurant, elle dissimule sa mauvaise humeur derrière un sourire des plus charmants. Bien qu’ayant hésité à se présenter, en guise d’insulte au milliardaire, dans ses fringues de la veille, Pamela s’est finalement raisonnée, concluant que si ce dîner engendrait des conséquences, elles auraient plus de chances d’être positives si son comportement lui-même l’était. Aussi, à son jean fétiche, la jeune femme a préféré une robe de satin d’un vert sombre, coupée droite sur le genou et en bais au col, qui n’habillait donc qu’une seule de ses deux épaules. Parfaitement adaptée à sa morphologie, la tenue mettait en valeur l’opulente poitrine de la botaniste via un ceintrage élégant, sans nul besoin de décolleté aucun. Perchée sur des escarpins dorés, l’élégance de la femme est indéniable. Cependant, un trouble l’entoure. Il faut être de mauvaise foi pour la qualifier, ainsi vêtue, de provocante, mais une espèce de sensualité émane pourtant de sa personne, sans qu’il soit possible d’en déterminer l’origine. Le roux incandescent de sa cascade de boucles peut-être ? Quoiqu’il en soit, c’est avec un sourire béat qu’un serveur la conduit, après qu’elle eut décliné son identité, jusqu’à la table de Bruce Wayne, et lui écarte un siège sur lequel elle s’assied avec une grâce certaine. Finalement face au milliardaire, Pamela sent un mélange d’appréhension et d’excitation poindre en elle. Nerveuse, elle a commencé à l’être dans le taxi. Toutefois, à moins qu’elle ne se mette à trembler, il ne remarquerait rien. Son cœur, quant à lui, pulsait rapidement, alimentant son système en adrénaline. Ses réactions physiques lui semblent tellement décalées qu’elle en rougirait presque. Indubitablement, elle manque d’expérience dans ce genre de domaine, et ce constat lui explose à la figure, probablement au moment le moins opportun qui soit. Néanmoins, c’est sans une note brisée qu’elle s’exprime, à son grand soulagement. « Bonsoir M. Wayne. Je crois qu’il est de bon ton de vous remercier pour votre invitation. » Si son sourire est charmant, Pamela ne parvient pas à prendre suffisamment sur elle pour trouver des mots qui n’expriment pas un minimum d’aigreur. S’il est vrai qu’elle en a voulu au playboy, et lui en veut encore rien qu’un peu, l’amertume face à son renvoi l’a quittée depuis bien longtemps. Sans Bruce Wayne, elle ne serait pas ce qu’elle est à présent. Sans Bruce Wayne, elle serait toujours Pamela Isley, simple botaniste, alors que grâce à lui, elle est devenue tellement plus… Toutefois, il est socialement acceptable d’exprimer sa rancœur dans de pareilles circonstances, et puisqu’elle n’en ressent aucune, elle ne voit pas le mal à jouer avec ça, tester la contrition, l’empathie et la culpabilité que le Milliardaire pourrait montrer ou pas pour elle. Dans les journaux, Bruce Wayne est dépeint comme un héros de moralité et de générosité. La curiosité de Pamela la pousse à vouloir déterminer si c’est également vrai dans sa sphère « privée ». « Ce restaurant est magnifique. Je me suis souvent arrêtée pour regarder le menu, en me disant qu’un jour, je m’offrirai le luxe d’y dîner. Evidemment, c’était une ambition déjà difficile à réaliser quand j’avais un travail, c’en est devenu presqu’impossible maintenant. Heureusement que vous êtes là, M. Wayne. Vous brisez les rêves d’une enfant pour combler les désirs d’une femme. Quelle classe. » Le sourire de Pamela s’élargit, et puis elle rit un peu, avant de se reculer, s’abandonnant au confort de son dossier. « Je vous taquine, M. Wayne. Admettez que la situation s’y prête. » Les yeux pétillant de malice, elle lui lance un regard éloquent. « Cela dit, j’ai été très étonnée de recevoir un coup de fil de votre part. Concrètement, que me vaut ce plaisir ? » A ses yeux au vert translucide, lumineux, le mystère est entier, et seul lui en possède la clé…
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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeLun 23 Juin - 13:12

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Face à son verre, Bruce patiente sans véritablement s'inquiéter de la présence ou non de mademoiselle Isley. Il ne s'inquiète pas vraiment de l'idée qu'on puisse lui poser un lapin, et refuser un rendez-vous. Au moins pourrait-elle se vanter d'être la première à lui refuser un rendez-vous. Ceci dit, l'acte ne servirait aucunement de leçon au milliardaire qui s'occupait, en réalité, bien plus de ses combats contre le crime que de sa fausse fierté de petit riche à qui tout réussi. Et il n'était d'ailleurs pas certain de ce qu'il devrait faire, si la botaniste ne venait pas le rejoindre. Alfred n'était pas là pour lui expliquer les réactions adéquates qu'auraient un jeune homme de sa trempe. Au mieux, il commanderait encore plus de vin, convierait à sa table les quelques connaissances qui lorgnaient vers lui avec l'espoir qu'il fera un signe. On se l'arrache ici. Être dans les petits papiers d'un Wayne a toujours été une bonne chose pour les gens à la recherche de financement et plus simplement, de célébrité. Il n'est donc pas inquiet, sa soirée, il ne la passera pas seul. Et mieux encore, il aura une nouvelle occasion de faire grincer les dents du majordome britannique en endossant une fois de plus, l'armure du Chevalier Noir. Qu'importe qu'il soit blessé.

Un peu plus loin dans la salle, la plupart des regards des convives mâles sont attirés vers l'entrée. Bruce arque un sourcil, notant aussi au passage que les yeux des épouses, petites amies et call-girls – les riches gothamites ne sont pas des saints – dévient aussi dans la même direction, et Wayne y lit aisément une jalousie très marquée, et une impuissance certaine. Suivante les regards, Bruce se fige sur celle qui vient d'entrer. Il lui faut déjà plusieurs secondes pour savoir à qui il a à faire, en réalité. Et c'est en secouant la tête qu'il parvient à se concentrer un peu plus, et à remettre en ordre son esprit. Quand l'employé lui tire la chaise, Bruce se lève par politesse, et lui sert un sourire poli. Les longues heures de méditation pour travailler sur son self contrôle n'auront servi à rien pour tempérer l'ardente colère qu'il éprouvait à l'égard des criminels, mais il remerciait intégralement ses multiples mentors pour ces apprentissages-là. Au moins parvenait-il à se contenter des yeux de la botaniste, et à garder ses moyens.

Et dire qu'il avait encore en tête la botaniste brillante mais étrange tout de même qui lui avait fait face pour lui présenter un projet – qu'il avait jugé – effrayant de par son inhumanité. Ou étaient les lunettes, la blouse tâchée de terreau, les cheveux roux coiffé – si on pouvait réellement parler de coiffure – à la va vite ?

« Qu'avez-vous fait de la Pamela Isley que j'ai rencontré ? » plaisante-t-il.
Le milliardaire devait l'avouer, il était intégralement bluffé. Assez pour avoir l'impression de faire face à quelqu'un de radicalement différent.
« Il est surtout de bon ton de vous remercier d'être venue. » Souffle-t-il avec un petit sourire en coin, avec un petit mouvement de tête poli, avant qu'il ne se réinstalle à son tour. À côté d'eux, le préposé au vin, bouteille en main, torchon dans l'autre, semble oublier qu'il doit tendre la bouteille pour proposer un verre à la nouvelle arrivante. Bruce hésite à claquer des doigts pour le ramener dans le monde réel, mais l'homme s'est déjà repris et fait donc sa besogne avec bien plus de zèle que d'ordinaire.

« Au moins aurais-je fais un semblant de bonne action alors. » Son sourire reste léger.

Il écoute la suite avec son flegme habituel. La dernière question est juste, et attendue. Elle devait tout de même avoir sa petite idée. Après ce qui était arrivé, ça lui semblait pourtant clair. Mettre les choses à plat, s'excuser pour les désagréments et s'assurer, aussi, qu'elle allait bien. Bruce sait comment marche le monde pour les petits. Et qu'elle le veuille ou non, Pamela en était une. Une citoyenne lambda, qu'on traite comme une petite fourmi. Un dossier qu'on s'empresse d'achever pour faire du chiffre. Elle avait, certes, des idées dangereuses et très critiquables, elle méritait tout de même mieux.

« C'est en fait la moindre des choses. Les conditions qui ont suivi notre dernière... conversation... sont vraiment fâcheuses, et j'en suis profondément désolé. »

S'il avait voulu mettre fin rapidement aux discours effrayants de la bio-ingénieure, il n'avait aucunement souhaité que le moindre mal lui soit fait. Et c'est de loin, qu'il avait assisté aux violences, incapables de faire ou dire quoi que ce soit pour empêcher la catastrophe. Et puis, il y avait eut cette affaire étrange avec l'ambulance. Un accident de la route, ou quelque chose dans ce genre. Elle avait joué de malchance.

« J'ai essayé d'en savoir plus sur votre état, mais le secret médical... Sans compter que laisser des fleurs et un petit mot a un côté impersonnel vraiment impoli compte tenu de vos... mésaventures. »

Oh il ne comptait toutefois pas reprendre le débat sur ses travaux. Après son départ, ses effets personnels furent regroupés, et rendus, et les recherches détruites sans la moindre hésitation. Rien n'était bon à prendre, et personne ne devait se laisser tenter par ce genre de projets. Bruce l'avait qualifiée de folle à juste titre. Ce qu'elle avait proposé ce jour-là lui avait fait froid dans le dos. Effrayer un petit fils de riche et playboy plein aux as n'a rien d'impressionnant en soi. Mais la donne change, quand ledit fils de riche et playboy passe ses nuits à affronter les pires psychopathes qui soit. Le faire frissonner d'horreur tient du génie.

« Mademoiselle Vale m'a dit que beaucoup de journalistes cherchent à vous joindre, et qui vous refusez toutes interviews... j'espère qu'ils ne sont pas trop pressants ? Je sais qu'ils peuvent l'être. Assez pour qu'on puisse parler de harcèlement. Le hic c'est qu'ils se couvrent avec les lois de liberté de la presse et... enfin j'espère qu'ils ne vous attirent pas trop de problèmes. »

 

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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeLun 23 Juin - 16:02


C’est visible dans l’œillade qu’il lui lance tandis qu’elle s’approche, il est charmé. Surpris, mais charmé, comme le prouve la première des questions qu’il lui pose : « Qu'avez-vous fait de la Pamela Isley que j'ai rencontré ? » Question qui, même si des plus intéressantes, ne reçoit pour toute réponse qu’un simple sourire, énigmatique, muet. La vérité, c’est que l’ancienne elle, il l’a assassinée, mais que ça n’est pas une mauvaise chose pour autant. Bien au contraire, en fait. Mais ça, il ne doit pas le savoir. Personne ne le doit. A l’instar de beaucoup, Pamela n’a, pour l’instant du moins, pas d’autre choix que de porter un masque, faire profil bas, rester discrète et jouer le jeu. Jeu auquel, à sa grande surprise, elle se laisse prendre à une rapidité surprenante, avec une aisance qui la laisserait presque pantoise. Sitôt est-elle assise face à Bruce Wayne et les « hostilités » déclarées, la jeune femme prend la mesure d’à quel point Pamela Isley n’existe plus, chose qu’elle n’a jamais vraiment pu réaliser avant ce soir. A l’instant, débordant d’assurance et de charisme, avec le sourire en coin et l’œil lubrique, elle constate avec un frisson d’impatience et d’horreur mêlées que la scientifique timide, introvertie et discrète s’en est réellement allée, au profit de cette… Cette espèce de tigresse à la verve bien plus acérée et minaudant, dans laquelle Pam ne se reconnaît pas, pas même un tout petit peu. Elle est grisée, et à la fois effrayée par ce constat, ne pouvant s’empêcher de comparer cette soirée, bien qu’à son début, aux rendez-vous, galants ou pas, qu’elle a eu par le passé. La différence est saisissante, et il n’y a rien qu’elle puisse faire pour inverser la tendance. Du reste, elle n’en a pas envie. C’est la première fois qu’elle se sent un tant soit peu en contrôle, qu’elle n’a pas seulement l’impression de subir, mais de posséder aussi un pouvoir de décision sur la tournure que prennent les choses. Ce sentiment de pouvoir, qu’elle découvre, lui ferait presque monter les larmes aux yeux. Si elle est capable de tenir ainsi tête à Bruce Wayne, roi de Gotham, alors elle pourrait tenir tête à n’importe qui…

…Au point de murmurer un discret « La ferme, j’en crois pas un mot. » aux excuses présentées par le playboy, indifférente à l’idée qu’il l’entende. De ses lèvres, son sourire ne semble guère vouloir se départir, et c’est en jouant sur la tranche du verre de vin qui vient de lui être servi, la pulpe de son index en décrivant le tour, le cristal se mettant doucement à chanter, qu’elle répond, détendue. « Comprenez-moi bien Monsieur Wayne… Je ne souhaite pas débuter cette soirée en vous traitant d’idiot ou d’hypocrite mais… A quoi vous attendiez-vous, exactement ? Vous « laissez échapper » le qualificatif de folle me concernant avant de me renvoyer et ce devant tous vos investisseurs. Je peux trouver une infinité de termes pour vous qualifier, Monsieur Wayne, mais « Idiot » n’apparaît pas dans ma liste. » Quand elle décroche son regard de son verre de vin, l’intensité se veut pénétrante. Pourtant, aucune agressivité ne se dégage de la plantureuse rouquine tandis qu’elle s’exprime, et son ton n’a rien de l’acéré que pourrait lui donner l’amertume. Elle se veut simplement factuelle, et honnête, autant envers lui qu’envers elle-même. « Je n’aurai jamais dû vous soumettre ce projet. C’était une erreur colossale, qui m’aurait faite enfreindre tous les principes auxquels je crois, juste pour prouver que la science n’a pas de limites, et ça, nous le savons déjà. » La sincérité qui suinte de cet aveu est désarmante. Repentie ? Assurément, Pamela l’est. Mais certainement pas pour l’éthique, bien que, si habilement tournée, c’est indéniablement ce qu’elle souhaite faire croire au milliardaire. Non, si la botaniste est repentie, c’est uniquement parce qu’elle a compris, à retard, que poussée à son extrême comme elle l’aurait été, son invention aurait, de fil en aiguille, accéléré la destruction de l’environnement, si cher à son cœur, en boostant les sites industriels déjà construits et en en voyant émerger d’autres. A tous points de vue, bien que brillante, son idée aurait été une catastrophe…

Elle soupire discrètement, s’autorise une gorgée de vin qui, malgré son niveau d’expertise aussi avancé que celui de son compagnon, parvient tout de même à faire chanter ses papilles, et reprend. « Plus qu’impersonnel et impoli, votre geste aurait été déplacé et certainement mal interprété. Une femme se retrouve au chômage par votre faute, expulsée de votre site, et par un affreux concours de circonstances, à l’hôpital, et vous, vous envoyez des fleurs ? » Elle ne parvient pas à retenir un rire, franc, clair. « Sans vous ôter le crédit que vous méritez et avec tout le respect que je vous dois, je crois qu’un pompier offrant un verre d’eau à une victime d’inondation ne pourrait être plus maladroit. » Le sourire de la jeune femme est rayonnant. La distance qu’elle se sent avoir prise par rapport à ces tragiques évènements, manœuvre dans laquelle l’avaient beaucoup aidée ses nouveaux pouvoirs, lui permettait de décrédibiliser la chose et d’en rire avec une aisance apte à forcer le respect d’un œil extérieur. Tempérant quelque peu son sourire, elle s’arrache à l’appui confortable que constitue le dossier de sa chaise pour s’accouder élégamment sur la table. Se faisant, son sourire s’adoucit, se veut moins carnassier, plus tranquille. « Même si j’aurai apprécié recevoir une lettre discrète plutôt que les effusions auxquelles j’ai eu droit, je ne vous en veux pas de m’avoir licenciée, pour des centaines de raisons qui ne vous intéresseront pas forcément. Et si vous êtes vraiment inquiet pour moi, tranquillisez-vous. Je vais parfaitement bien. » Mieux que, même. Son sang n’est plus, remplacé par de la chlorophylle, et coule en elle la puissance de Mère Nature… Il est encore trop tôt pour qu’elle appréhende encore seulement les limites de ses nouvelles capacités, capacités qu’elle n’aurait jamais eues sans lui, alors, oui, le sourire de la botaniste est, une fois encore, des plus sincères, et rien, pas même la question sur les désagréables journalistes n’arrive à le faner. Juste à le mûrir un rien. « Leur intérêt pour le scabreux m’écœure. » Cette phrase, en revanche, est prononcée sur un ton des plus froids, ton qui se radoucit lorsqu’elle reprend. « Vous êtes bien placé pour le savoir, vous qui en êtes poursuivi. Vos frasques, vos conquêtes… Tout en une des tabloïdes. Et vous encore, ils n’osent pas vous appeler directement... Dans la rue, je suis tranquille. Ils ignorent à quoi je ressemble et je suis sur liste rouge, donc même avec le numéro, ils ne peuvent trouver mon adresse. Mais pour que mon amie puisse dormir, nous sommes contraintes de débrancher le téléphone, au risque de manquer des appels importants. » Des appels qui ne peuvent être pour elle. En dehors de Jane, Pamela n’a personne. Sa colocataire, en revanche, a encore tout à perdre. La botaniste baisse les yeux sur son vin. « Ils ont pris sa vie en otage, plus que la mienne. La culpabilité qui en résulte est particulièrement pesante, pour ne rien vous cacher… Mais la situation devrait se régulariser sous peu. » D’une façon ou d’une autre. « En tous cas, je l’espère. » Ajoute-t-elle, feintant un rien de manque d’assurance. Troquant ensuite son air contrit pour un autre plus jovial, elle s’autorise une nouvelle gorgée du vin chantant et, puisque le serveur est parti, puis revenu avec les menus et les leur tend, elle s’empare du sien avec un discret « Merci », mais le pose près d’elle, sans prendre la peine de l’ouvrir. Elle sait d’ores et déjà très précisément ce qu’elle veut. Quand son attention se porte à nouveau sur Bruce Wayne, l’expression sur son visage est douce. « Je sais que vous tentez de faire amande honorable, et c’est tout à votre honneur, mais je ne tiens pas à parler de ces incidents ni de leurs conséquences toute la soirée… Alors oublions-les, considérez-vous pardonné, et efforcez-vous simplement de me faire passer une agréable soirée, comme je vous sais capable de le faire. Pour ma part, je vous promets de ne pas trop titiller la corde ce votre culpabilité, et n’abuserai de votre contrition qu’en commandant deux desserts au lieu d’un. » De la femme, Pamela garde aussi la gourmandise, indubitablement. Le sourire toujours sucré aux lèvres, elle tend son verre dans la direction de son compagnon en une invitation à trinquer pour sceller le pacte qu’elle vient de lui proposer. « Deal ? »
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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeLun 23 Juin - 23:42

Haute gastronomie et repas végétarien



La messe basse de la rouquine n'échappe pas le moins du monde au Milliardaire, mais son impassibilité laisse entendre le contraire. Toujours ce léger rictus, et cette apparente sympathie qui ne le quitte jamais. Ou rarement, du moins. Mais ces simples mots suffisent à ce qu'il note, dans un coin de son esprit, cet élan de la part de son invitée. Même les gens les plus puissants du monde, ne se permettent pas ce genre de remarques en sa présence. Se vexe-t-il ? Pas le moins du monde. Bruce le pantin de chair qu'il agite aux yeux de tous n'est qu'une coquille vide. Un prétexte à exister. Le vrai Lui est resté devant la sortie de l'opéra, il y a de ça de longues années maintenant. Cette distance lui permet donc d'analyser celle qui lui fait face, sans avoir à se sentir écorcher par ses propos. La tirade qu'elle lance le fait à peine réagir. Son regard se plisse juste un peu, comme l'aurait fait n'importe qui dans cette situation. Il la laisse parler, mesure ses mots, note ses gestes. Lui qui avait tenté de plaisanter sur son changement voyait cette évolution comme quelque chose de bien moins agréable, à présent. Quelque chose de plus... inquiétant en fait. Mais Bruce n'est pas le genre d'homme qui se laisse abattre par quelques mots, une robe et le charisme débordant d'une belle plante. Son sourire s'étire un peu, et d'un geste lent, il amène simplement son verre à ses lèvres.

« Mademoiselle Isley, vous êtes brillante... votre titre de docteur, vos diplômes, vos citations le prouvent. Et vos recherches aussi. » Il n'eut pas besoin d'expliquer que oui, il avait trouvé ses théories foncièrement ingénieuses, scientifiquement parfaites, mais totalement monstrueuses. Il arrive que derrière le génie se cache le mal, et c'était le cas de ses recherches du moment. D'un œil donc, il espérait lui avoir faire comprendre que c'est ce qu'il voulait dire, ici. « Mais vous faites une erreur en pensant que je suis suffisamment coupable pour vous laisser jouer les divas, derrière vos sourires, vos œillades et vos insultes à peine voilée. Vous qui parliez d'hypocrisie, tombez dans la facilité des piques glissées derrière vos airs courtois. » Le problème, c'est que Bruce traîne dans ce domaine depuis toujours. Le monde mondain est plein de requins qui jouent à ce jeu-là. Il y est bien trop rôdé pour que Pamela parvienne à quoi que ce soit à ce niveau-là. Calme, et avec un petit sourire engageant malgré un ton qui allait en se refroidissant, il reprend. « Je ne vous ai pas invitée ici pour discuter des termes de notre désaccord, et je pensais que vous le comprendriez. Néanmoins puisque vous-même, vous amenez les choses dans cette direction, sachant que j'assume intégralement chaque mot que j'ai pu vous dire. Vos travaux, bien qu'impressionnant sur le plan scientifique sont une immondice à échelle humaine et planétaire. » Nouvelle gorgée de vin, sans qu'il ne baisse les yeux. « Vous êtes vous même la seule et unique responsable de votre renvoi. Vous saviez pour qui vous travailliez, vous avez signé un contrat sur lequel tout été minutieusement noté. Pas de pièges. Et tout le monde sait que nous sommes très à cheval sur l'éthique. Je ne suis pas responsable de votre chômage, mademoiselle Isley. Vous avez contribué vous même à votre licenciement. Je suis toutefois profondément navré de ce qu'ont fait les agents de sécurité, des blessures qui vous ont été infligées, et de la malchance dont vous avez été victime lors de l'accident de l'ambulance. »

Et il ne comptait pas en rester là, lui aussi savait répondre, et il ne se prive pas de le faire. « Votre regain d'assurance, cette tenue et votre élégance ne vous donnent pas non plus le droit de vous permettre tout et n'importe quoi. D'autant qu'il me semble fatalement inutile de tacler quelqu'un sur quelque chose qu'il n'a pas fait. Après tout, si vous aviez reçu des fleurs et une lettre de ma part, j'aurais accepté l'intégralité de vos critiques, seulement... elles s'avèrent plutôt futiles. J'oserais même ajouter que vous utilisez un exemple caduc. Lors d'une inondation, il est beaucoup plus difficile de mettre la main sur de l'eau potable que des antibiotiques par exemple. Un pompier qui proposerait un verre d'eau sera donc on ne peut plus professionnel, et non maladroit comme vous le décrivez. » Son sourire s'est à présent totalement dissipé, ne reste qu'une moue polie. « Enfin... sachez que je vous ai invité uniquement avec l'idée de passer une soirée agréable. Nous avons, j'en suis sûr, des choses beaucoup plus agréables à faire que d'échanger des critiques voilées, et faire un concours de celui qui osera le plus voler dans les plumes de l'autre en essayant de tester l'un l'autre jusqu'où des sourires et un air assuré peut servir de bouclier. Si c'est votre but, alors je me vois dans l'obligatoire de vous rappeler que la sortie est de ce côté, en m'excusant de vous avoir fait déplacer pour rien. » Et c'était sincère. « À l'inverse, si nous pouvons reprendre sans jouer ce jeu là, alors nous oublions tout le début de cette conversation, en nous nous concentrons sur la suite qui je l'espère, sera plus appréciable. »

Il fait signe au serveur préposé à leur table de revenir, pour remplir son verre, trop vide à son goût, et peut-être celui de la jeune femme. Moins acerbe et de nouveau sourire, il agite doucement la tête, confirmant ses paroles concernant les journalistes. À ce sujet, il ne pouvait que compatir, comprenant bien à quel point les journalistes peuvent être difficiles à gérer quand on y est pas habitué. « Vous voulez que je passe quelques coups de fils ? Peut-être que je peux convaincre certains patrons d'édition d'arrêter. Votre amie devrait pouvoir souffler. » En échange de quelques informations exclusives ou d'invitations à des soirées, un Wayne n'a aucun mal à obtenir quelques faveurs de la presse, après tout.

« Vous pouvez abuser autant que vous le souhaitez, vous savez. » Après tout, ce n'est pas comme si un repas, même hors de prix, ne risquait pas d'influer sur les finances du milliardaire qui pouvait se permettre bien des écarts avant de commencer à s'inquiéter. Mais puisqu'elle le demandait gentiment, en tendant son verre. Il en fit autant, en répétant simplement son « Deal »

 

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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeMar 24 Juin - 10:56


Les riches n’ont pas le droit d’avoir tort. C’est ce que retient Pamela de la tirade de réponse de Bruce Wayne à ses piques. Les roses ont des piquants a dit un auteur célèbre (encore un exemple de discrimination à l’encontre du bas peuple, la botaniste étant persuadée qu’un jardinier l’aura dit bien avant un illustre écrivain). Pamela aussi. Et Bruce Wayne, contrairement à ce qu’il pense, ne possède guère de gants pour s’en prémunir. Il se contente de fermer les yeux et de se meurtrir la paume sur les épines en la serrant comme un forcené, espérant qu’elle faiblisse en premier… Sans sourciller, Pamela encaisse chacune de ses remarques et ne s’en étonne pas. Au moment de leur différent, il avait été tellement accaparé par l’idée qu’il se faisait de ses recherches qu’il n’a même pas tenté de prendre un tant soit peu de recul, et d’observer. L’air satisfait du Dr Hatake, disparu sitôt le mot « folle » avait franchi les lèvres du milliardaire, le contexte… Dans une entreprise comme la Wayne Enterprise, on signe des décharges. Les scientifiques ne possèdent rien, si ce n’est des neurones qu’ils réduisent en esclavage, et tout fonctionne à la subvention. Pamela n’a jamais été consumériste, à peine consommatrice comme l’aura prouvé son allure lors de ce fatal entretien. C’est une chercheuse, parfois une trouveuse, une scientifique, pas une professionnelle du marketing. Hatake lui a imposé de trouver un moyen d’exploiter ses recherches pour faire gagner de l’argent à Wayne Enterprise. Sur ce point, Bruce a parfaitement raison, Pamela choisit la facilité. Et quoi, quel mal y a-t-il à cela ? Ah oui… La facilité, c’est réservé aux riches et puissants… En une absence totale d’air contrit, la botaniste baisse les yeux. Certes, ses travaux, avec de telles applications, peuvent paraître effrayants pour les personnes de l’acabit de Monsieur Wayne… Tout comme l’était en son temps la fission nucléaire, à laquelle on doit d’un côté les catastrophes d’Hiroshima et de Nagasaki, de l’autre l’électricité pour des milliards de foyers. En l’occurrence, sans la pression du marketing, les travaux de Pamela auraient permis de porter le développement de médicaments à un tout autre niveau. Ils auraient pu conduire à des placebo d’une rare qualité, quantifiables, sans une once de nocivité et, utilisés dans la recherche, auraient permis de mesurer l’efficacité réelle des nouveaux médicaments.

La science, tout comme Pamela, n’est ni bonne, ni mauvaise. C’est la nature humaine qui la fait osciller entre l’un et l’autre. Du haut de sa tour d’ivoire dont il ne descend jamais, Bruce Wayne ne peut pas appréhender le genre de problèmes qui étranglent les petites gens comme elle, la pression du patronat, la course à la trouvaille, le jonglage avec l’éthique, les libertés qu’il est acceptable de prendre vis-à-vis d’elle, et celles qui ne le sont pas… Bruce impose à ses employés un code de conduite, sans expérience du terrain, aucune, pour ensuite exécuter publiquement ceux qui en dérogent sans prendre le temps d’y réfléchir à deux fois, comme un sacro-saint inquisiteur. Le Dr Hatake, chef de son département et par la même, son responsable, a-t-il perdu son emplois ? Non. Au final, Pamela a payé les pots brisés, parce qu’elle est à la base de la pyramide et donc qu’il est plus facile de s’en prendre à elle. D’un coup de talon, Bruce Wayne a écrasé sa vie, lui a fait perdre son travail et fait s’évaporer toutes ses chances d’en décrocher un autre à l’avenir, et il s’étonne de s’entendre qualifié d’hypocrite quand il l’invite dans un restaurant hors de prix en guise d’amande honorable ? Il doit déjà s’estimer heureux qu’elle ne lui ait pas encore lancé son verre de vin au visage. Elle ne le croit pas quand il lui assure l’avoir invitée dans l’espoir de passer une bonne soirée, et c’est parfaitement normal. On n’invite pas quelqu’un que l’on trouve fou dans ce genre d’endroit. Indubitablement, Bruce Wayne a un esprit froidement pragmatique et moralisé. Il l’a invitée sans plaisir aucun, parce que socialement parlant, c’est ce que ferait un homme de sa trempe. Pamela aurait préféré qu’il s’abstienne, ne lui ayant rien demandé, et, quand elle est invitée à le faire, hésite à s’en aller. Face à lui, elle se sent la plus humaine des deux, ce qui n’est pas peu dire. Qui, dans un zodiac, face à sa maison sous les eaux, accepterait un peu plus d’eau encore ? Ironiquement, elle, elle apporterait sa pierre à l’édifice et balancerait son verre aux ruines de sa vie, sans se soucier du sanitaire…

Mais, tout cela, elle le garde pour elle et, à l’exemple de son compagnon, profite de l’intermède que lui offre son monologue pour l’analyser. Elle note que, contrairement aux autres hommes jusqu’à maintenant, il ne semble pas plus doux dès lors qu’il s’agit d’elle, il ne semble pas affecté par sa présence plus que par celle d’une autre, et ce constat créé un léger trouble chez l’apparente jeune femme. Plusieurs questions se soulèvent dans l’esprit de Pamela, faisant appel à son côté scientifique. Est-ce parce qu’il est génétiquement immunisé ? Non, personne n’est immunisé aux phéromones, c’est un phénomène biologique primaire. La dose pour l’atteindre est-elle plus élevée que la moyenne ? Ceci en revanche est probable, compte-tenu de la carrure de l’homme qui lui fait face. Seulement, les réactions des autres hommes du restaurant à sa simple entée ne lui a pas échappé. Si elle force la dose maintenant, elle est incapable de savoir comment ils réagiront… Aussi s’abstient-elle de procéder au test, n’ayant pas pour l’heure suffisamment de maîtrise pour cibler ses victimes avec précision. Plus tard, peut-être, se présentera une occasion. Et voilà sa raison de rester. Elle doit exploiter cette désagréable déconvenue au maximum de son potentiel. En l’occurrence, grâce à Monsieur Wayne, il semble qu’elle tâte les limites et/ou exceptions de son pouvoir d’attraction. Les données qu’elle est sur le point de collecter à l’insu du milliardaire sont primordiales, tout comme il serait nécessaire de procéder ultérieurement à d’autres tests, sur d’autres sujets, afin d’établir un comparatif témoin…

Aussi, l’air de rien, Pamela redresse la tête, un sourire doux accroché aux lèvres, et fait tinter délicatement le cristal de son verre contre celui de son compagnon. Ainsi signent-ils un traité implicite. Lui ne remuerait pas le couteau dans la plaie, elle l’abandonne à ses certitudes erronées, et chacun quitterait ce dîner sain et sauf avec sa conscience pour soi. Et tout ça pour quoi ? Pour sauver les apparences. Lui devrait feindre de la trouver intéressante et agréable, elle devrait feindre la même chose et l’absence d’amertume. Cette dernière partie serait la plus simple, puisqu’étant véridique. La situation apparaît, aux yeux de la botaniste, d’un comique… Aucun des deux n’a vraiment le désir de se trouver là, en compagnie de l’autre. Elle, des milliers de femmes tueraient pour être à sa place. Lui, elle a le pouvoir de le rendre envié de n’importe qui. Au final, c’est cela qui est le plus amer dans la bouche de la botaniste. Toute cette mascarade pour si peu…

Après une nouvelle gorgée de vin et une pensée fugace pour les mots prononcés par Jane un peu plus tôt, Pamela prend la liberté de revenir sur la proposition du milliardaire concernant les journalistes, marquant ainsi l’abandon définitif de leurs sujets de discorde. « Je vous remercie. Seulement, pensez-vous que ça soit possible sans que Bruce Wayne le demande ? » La question, prononcée à voix haute, sonne étrange. Même pour elle, dont la pensée est pourtant limpide. Afin de ne pas de laisser de place à l’interprétation, Pamela reprend pour la clarifier aux yeux de son interlocuteur. « Je veux dire… Je ne sais pas qui vous comptez appeler, ni comment tout cela fonctionne… Pour être tout à fait honnête, ça ne m’a jamais intéressée, même de loin… Mais j’essaie d’envisager les conséquences de votre démarche, et sans vous mentir, je ne parviens qu’à les entrevoir pires que le mal… Si ça vient à se savoir que Bruce Wayne a téléphoné en faveur de la scientifique cinglée portée disparue, j’imagine d’ici les fables qu’ils inventeront… Elles seront dignes des plus grands conteurs ayant jamais foulé notre planète, si vous voulez mon avis, et seront loin d’être flatteuses pour vous… » Rien que l’idée d’envisager leurs noms associés contrarie Pam, qui termine cul sec ce qu’il restait de vin dans son verre, et fait discrètement signe au serveur pour qu’il le remplisse à nouveau. Elle peut abuser autant qu’elle veut, c’est Bruce Wayne qui l’a dit, cependant, tandis qu’on la sert, elle ne peut s’empêcher de se demander si le vin, cette boisson fermentée, pourrait avoir des effets sur elle, sur sa nouvelle constitution, auxquels elle n’aurait pas forcément pensé… La question mérite investigation, même si la botaniste se doute que, si effets il y a, elle les découvrirait incessamment sous peu. « Mais peut-être que je me trompe ? Le monde de la presse, les hautes sphères et tout ce qui s’y trame m’est complètement inconnu. Si vous pensez pouvoir obtenir qu’ils nous laissent tranquilles sans retombées, faites, je vous en prie. Je vous en serai très reconnaissante, pour Jane. » Même si la situation devrait se tasser sous peu, plus tôt son amie serait en paix, mieux ça vaudrait. L’idée d’avoir recours à Wayne pour obtenir la tranquillité agace un tantinet la rouquine, mais la fin justifie les moyens, comme dit le proverbe.

Et ainsi atteignent-ils le point charnière de la soirée, cet instant critique où les différents ont été soigneusement et au préalable glissés sous le tapis, où l’un comme l’autre sont résolus à les y laisser dans le but de passer une bonne soirée, et où il fallait embrayer pour y arriver. Après tout, ils ne vont tout de même pas s’observer dans le blanc des yeux tout le long du dîner, n’est-ce pas ? Or, que peuvent bien avoir en commun un milliardaire et une botaniste ? « Rien » est ce qui vient le plus spontanément dans l’esprit de Pamela. Elle doute que ses anecdotes sur les plantes intéresse un homme de sa trempe, tout comme les dernières trouvailles en matière d’échange de données via le tout nouvel internet. Quant à elle, la mode, les associations caritatives et tous ces sports auxquels s’adonnent les riches n’est pas vraiment son cheval de guerre… Ils ne peuvent pas évoquer le travail, cette clause est comprise dans leur accord tacite, alors quoi ? La vérité, c’est qu’ils n’ont rien en commun, et, dans ces conditions, trouver un sujet de discussion semble insurmontable à l’apparente jeune femme, très douée dans les exercices sociaux qui plus est, faute de véritable expérience… Jane lui a toujours répété que, quand elle ne sait pas quoi dire, il faut éviter de se lancer dans des sujets qui n’intéressent que soi. A son grand dam, dans cette catégorie rentrent tous les sujets qui la passionnent. Aussi, plutôt que d’ouvrir la bouche et démarrer ainsi une réaction en chaîne qui s’achèverait par son départ, dans quelques minutes, au mieux, Pamela préfère rester silencieuse et laisse son regard errer dans le bouquet de fleurs dont la table est décorée. Quelques lys blancs, quelques arums, quelques roses crème et quelques fleurs des champs pour lier le tout. Le bouquet est épuré, élégant, dans un vase en verre rond, transparent, qui l’est tout autant. Délicate, elle y passe les doigts, un air des plus attendris trahissant son affection sans bornes pour la flore. A son contact, les fleurs semblent prendre vie… La nuance est des plus subtiles, probablement imperceptible pour un œil non exercé, mais quand les doigts de Pamela les touche, les plantes recouvrent leur vigueur, celle qu’elles possèderaient encore alimentées en sève, à l’aube de leur floraison. A l’inverse, elles semblent apaiser la botaniste dont les épaules s’affaissent légèrement. Et, puisqu’il faut bien dire quelque chose… « Que pensez-vous de ces justiciers masqués dont la presse parle régulièrement, et des fous qui leur font face ? » A défaut d’évoquer un sujet qui l’intéresse, elle choisit d’en évoquer un qui ne manque pas de passionner tout un chacun, à commencer par les médias…

[Hj : Désolée, je ne te laisse pas grand-chose pour rebondir, j’essaierai de faire mieux par la suite.]
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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeMar 24 Juin - 13:50

Haute gastronomie et repas végétarien.



L'héritier arque un sourcil à la question, et, avec un petit air désolé, est contraint de secouer la tête de manière négative. S'il doit aider, c'est en tant que Wayne. Pamela n'avait pas besoin de s'expliquer sur la raison de cette question, il la comprenait parfaite. Il serait de très mauvais goût de s'afficher en bon prince, compte tenu de ce qui s'était passé. Bruce Wayne, patron sévère, mais magnanime qui vient donner de sa personne pour aider une « folle » qu'il venait de mettre à la porte. Non. Doublement non. Lui-même trouvait ça très limite, à dire vrai. Il ne comptait pas traîner quoi que ce soit devant la presse, de toute manière.
« Théoriquement, je ne contacterais que les grands pontes. Ceux qui n'ont rien à voir avec les journalistes. » Ceux qui viennent à mes soirée avec des sourires hypocrites et qui vomissent des politesses en priant pour être invités la semaine suivante. Mais il ne peut se permettre de trop cracher sur les médias. Dans le fond, sa réputation dans la presse est plutôt plaisante. On le peint comme un riche dynamique, mais soucieux des Gothamites, dans la même veine que son père. La pomme n'est pas tombée très loin de l'arbre. « Ils ne devraient pas mentionner quoi que ce soit dans les journaux sur mon appel, et sur vous. »
Mais la tirade de la jeune femme a le mérite de lui arracher un sourire un peu plus large. Ils sont sur la même longueur d'onde, clairement. Effectivement, on raconterait des fables à en dormir debout si ça venait à se savoir. Néanmoins, Bruce avait une autre idée pour l'aider, sans risquer que leurs deux noms figurent dans le même article. « J'ai un ami... Oliver Queen. » Tout aussi célèbre que Wayne, mais à la réputation bien moins dorée. Queen Industries est une firme d'armements, après tout. « Je pourrais lui demander d'appeler à ma place. L'effet sera sensiblement le même, à ceci prés que personne ne pourra nous associer. » On peut reprocher beaucoup de chose à Bruce, mais pas celui de vouloir aider et d'être affiché comme un sauveur. Combien de fonds anonymes sortent de la Wayne Enterprise pour venir égayer la vie des orphelins de la ville ? Combien de quartiers ont été restaurés à ses frais sans que personne ne le cite comme donateur ? Beaucoup.

Petit flottement, petit silence, petit moment un peu gênant. Bruce aussi cherche ce qu'il pourrait bien lui dire. Ils ont fait la paix, mais dans le fond les mots sont toujours là, loin derrière, mais bel et bien présents. Enchaîner après ça, ce n'est pas simple. Sur quoi pourrait-il bien la lancer ? La science ? Il en connaissait un rayon, mais craignait qu'elle ne reparte vers des théories fumeuses et dangereuses. Intéressantes, certes. Scientifiquement très avancées, mais humainement terrifiante. Au final, il est plus intéressé par cette vision d'elle, occupée à caresser les fleurs qui décorent la table. Là, elle semble douce, et gentille.
Alors arrive la question qui est systématiquement posée, à croire que les Justiciers servent aussi la cause de celles et ceux qui n'ont pas de sujets de conversation à proposer.

« Les justiciers... je crois... je crois que ça devient inquiétant, en fait. » Souffle-t-il. « Les gens trouvent que le Batman aide... je crois qu'il est responsable de beaucoup de problèmes en ville. Gotham était rongée par le crime avant son arrivée... mais avant qu'il ne soit là, il n'y avait pas ces dingues en liberté. Vous avez vu ce qui s'est passé ces derniers jours ? Le Joker empoisonne tous les poissons de la crique... des fous détruisent un étage de la tour Wonder... un malade transforme des fillettes en poupée de cire... des crimes qui engendrent d'autres justiciers, qui eux même vont engendrer encore d'autres fous furieux déguisés. » Bruce dans son rôle de... de Bruce Wayne. L'orphelin naïf qui croit encore à la vraie justice de Gotham, et qui est révolté à l'idée que des gens décident de se faire enquêteurs, juges et bourreaux. Pouvait-on se douter une seule seconde qu'il était justement le chevalier noir, après un discours pareil. Il retrouve toutefois un petit sourire, et s'excuse d'une petite grimace. On le sait ardent défenseur de la ville, après tout. « Navré... je me laisse emporter. Qu'est-ce vous en pensez, vous ? »
Il étire un peu plus son sourire, se penchant un peu sur la table. « Vous avez entendu parler de Batwoman ? » le ton est joueur, volontairement. « Une jolie rousse capée et drapée comme le Chevalier Noir qui combat le crime. » Sans perdre son petit sourire, il saisit sa serviette et la plie doucement, pour la lever entre eux deux, de manière à ce qu'elle masque la partie supérieure du visage de Pamela. « Et si c'était Pamela Isley, qui se cachait derrière le masque ? » Et dire qu'il avait formé Kate...

Il se fait un peu plus sérieux quand le serveur revient pour savoir ce qu'ils allaient manger. Les goûts simples de Wayne ne manqueront pas de surprendre une fois de plus le personnel. Un steak et des frites lui suffisant largement. Alfred désespérait souvent de le voir préférer la restauration rapide et les mets les plus communs à des plats plus préparés et bien plus difficiles à élaborer.

Relevant le nez vers son invitée, et après avoir cherché un peu un nouveau sujet de conversation, il finit par se jeter sur une autre simplicité du mot, la politique.
« Vous vous souciez un peu de ce qui se trame dans les urnes ? »
Personne n'ignore que Wayne n'a pas hésité une seule seconde avant de financer une partie de la campagne d'Harvey Dent, lui qui croit durement au nouveau procureur.  « Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de Dent ? » Après tout, les idées de tous ont leur importance. C'est peut-être l'erreur de la démocratie, ou quelques-uns sont forcément laissés pour compte. « J'ai vu qu'on a tenté de le tuer durant une conférence de presse. J'aime me dire que c'est parce qu'il fait du bon travail et qu'il dérange la pègre... C'est davantage d'hommes comme lui qu'on devrait avoir, et non de fous furieux déguisés en je ne sais quel rongeur volant, vous ne pensez pas ? »


 

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MessageSujet: Re: Haute gastronomie et repas végétarien [PV]   Haute gastronomie et repas végétarien [PV] I_icon_minitimeMar 24 Juin - 15:48


Entre la théorie et la pratique, c’est tout un monde qui existe. Ca, tout le monde le sait, même les esprits les moins scientifiques. En théorie, seuls les grands pontes seraient contactés par Wayne, mais eux-mêmes feraient le nécessaire, ce qui les obligerait à donner des ordres et ainsi à descendre une chaîne humaine plus ou moins longue. Cette nouvelle ne manquerait pas d’en déranger beaucoup qui, comme l’a dit lui-même le milliardaire, se cachent sans vergogne derrière la volonté de la presse. Ils ne manqueraient pas de chercher le pourquoi du comment, et encore une fois, tout le monde sait que quand on cherche, on trouve. Ils remonteraient donc la chaîne, de fil en aiguille, atteindraient les pontes et remonteraient ainsi jusqu’à Wayne. Le scandale les éclabousserait tous, et auraient des conséquences sur chacun encore trop difficiles à estimer. Qui plus est, Pamela est certaine qu’une fois à ce niveau, les « fouille-merde » ne s’arrêteraient pas là et poursuivraient leurs investigations aussi loin qu’ils le pourraient. Probablement sur Wayne, probablement sur les grands patrons… Et avec une probabilité plus infime sur son propre cas. Toutefois, même s’il est infime, elle ne désire pas courir ce risque. On l’a déjà qualifiée de folle, qu’arriverait-il si toute la ville apprenait que son père avait tué sa mère et qu’elle en avait trouvé le cadavre, dans leur jardin, des années plus tard ? Aux moqueries se superposerait la condescendance, la pitié. Elle préfère crever. Pamela Isley n’est pas à plaindre. Pamela Isley est forte, elle a pour elle la puissance mésestimée de la nature. Mais elle leur apprendrait… Un jour.

En attendant, la suggestion du gentleman fait son chemin jusqu’à l’esprit de la rouquine, qui hésite. Il est vrai que sans relation préalable, les chances que les journalistes enquêtent sont moindres… Mais après un instant d’hésitation, elle finit par secouer lentement la tête. « C’est gentil à vous, mais je ne préfère pas. Faire pression, même avec les meilleures intentions du monde, n’ont jamais engendré rien de bon. Si ça finit par se savoir, d’une manière ou d’une autre, de près ou de loin, que vous êtes intervenu, ils ne vous lâcheront plus. Ni vous, ni vos amis, ceux à qui vous aurez passé un coup de fil… Et moi non plus. » Sincèrement désolée, elle lui adresse un frêle sourire à travers lequel, elle l’espère, il comprendra la gratitude qu’elle éprouve en réponse à ce geste désintéressé. S’en suit un petit silence, durant lequel chacun a tout loisir de se sentir mal à l’aise, jusqu’à ce que, finalement, la conversation ne reparte. Un sujet lambda, d’actualité, qui divise et relativement controversé. Les simples d’esprit le transformeraient en débat, Bruce et Pamela, en personnes intelligentes, ne feraient que discuter. Du moins la botaniste l’espère-t-elle.

Attentivement, elle écoute son vis-à-vis commenter l’actualité avec tellement de conviction que ne lui vient pas une seule seconde l’idée de les mettre en doute. Cette passion, à peine effleurée à l’instant, Pamela la devine, et la pardonne aisément, l’embrassant d’un sourire conquis. La hargne et la fougue de Bruce Wayne sont les mêmes qui l’envahissent chaque fois qu’il lui appartient de prendre la parole en faveur de l’écosystème. De très nombreuses fois, elle a été l’emportée, et les autres les spectateurs de son emportement. Inverser les rôles avec quelqu’un est une expérience étrange, mais qu’elle est assez intelligente pour apprécier à sa juste valeur. Quand vient son tour de s’exprimer, elle préfère ne rien dire. Bien sûr, comme tout le monde, elle a un avis sur la chose… Mais elle sent qu’elle manque d’éléments pour émettre un jugement éclairé, ce qui l’ennuie, car s’il y a bien une chose que Pamela exècre, c’est se tromper, faute de bases solides. Du reste, elle n’a pas vraiment le temps de répondre, puisque Bruce enchaîne, suggérant qu’elle-même se cache derrière Batwoman. Sous la serviette, le milliardaire peut voir les lèvres de la rouquine s’étirer des plus largement.

Quand le serveur vient prendre les commandes, elle lui donne son choix comme si elle fréquentait l’établissement depuis des lustres. Quand elle a annoncé avoir souvent regardé le menu, elle n’a pas menti. Le plat qu’elle commande a un nom compliqué qui laisserait pantoise une oreille profane… Tout ça pour un simple flan de tomates, courgettes et mozarella. Le summum du luxe, en somme. Une fois le serveur parti, Bruce reprend la parole pour un nouveau sujet lambda, et à nouveau, Pamela l’écoute, avec attention, sans rien dire. Cependant, en guise de clôture, il lui demande à nouveau son avis… Soit. Elle ne le garderait pas poliment pour elle. Après tout, quand on pose une question, c’est qu’on désire la réponse, non ? Oui, c’est vrai qu’en de telles circonstances, il existe un facteur politesse non négligeable, seulement… Elle n’est pas l’hypocrite qu’il pense qu’elle est, et le lui prouve de par ses réponses. « Je pense qu’entre Harvey Dent et les justiciers, la différence est mince, et à mon sens, elle se situe principalement sur la façon dont ils se créent. Dans le cas d’Harvey Dent, c’est en grande partie votre argent, sans vouloir vous manquer de respect, qui lui a servi de tremplin. Que vous le vouliez ou non, vos deux images sont à présent intrinsèquement liées. Les frasques de l’un influeront sur l’image de l’autre, et vice versa. C’est un argument que peuvent avoir ses détracteurs, qui deviendront les vôtres etc, et ainsi naît la Némésis de Monsieur Dent, qui pourra, par extension, devenir la vôtre. Et cette Némésis, quels moyens va-t-elle mettre en œuvre pour vous contrer ? Vous êtes des personnages publics, l’un comme l’autre, donc on comptera de l’intimidation à plus ou moins grande échelle quoiqu’humaine, de l’argent… Vous serez vous-mêmes les cibles de ces attaques, principalement. Avec les justiciers, qui se sont faits par eux-mêmes, et disposent de ressources et de… Choses, trucs, moyens, pouvoirs, peut-être ? que n’a pas le commun des mortels, la Némésis se créé dans les mêmes proportions, puisque leurs rapports de force sont équivalents. Une Némésis qui ne tient pas la distance n’en reste pas une, vous êtes d’accord ? Et là, puisque ce sont d’avantages des symboles que des êtres de chair et de sang, avec des identités secrètes donc qui peuvent être n’importe qui… La Némésis n’aura pas d’autre choix que de frapper aléatoirement aussi fort que possible pour créer une réaction, puisque sans assurance de tomber juste… Par exemple, pour vous attaquer vous, on s’en prend à votre crédibilité, à votre personne, à vos entreprises… Les moyens sont innombrables, mais ils ont toujours un visage, lié au vôtre. Les justiciers, eux, sont anonymes. On ne peut pas exercer de pression sur leurs proches ou leurs possessions. Il faut donc que la Némésis trouve d’autres stimulants. Et une fois qu’elle les trouve, elle en use et en abuse... C’est sa raison d’exister, tout comme la contrer est celui du justicier. »

Pamela a encore beaucoup à dire sur la question, mais a, étrangement, l’impression de monopoliser la parole depuis un peu trop longtemps, aussi préfère-t-elle s’empresser de conclure. Sur ce point du moins. « En bref, je pense que toute action entraîne une réaction. Les cinglés sans limites sont la réponse logique -et j’appuie sur le mot logique comme de la pure logique et pas du tout comme « moralement acceptable »- à l’apparition de parias aux moyens hors normes qui trouvent normal de se faire justice eux-mêmes. Après, si je suis parfaitement honnête avec vous, je ne pense pas que le Batman savait ce qu’il déclencherait en s’engageant sur cette voie. Par contre, les autres, après l’avoir vu faire, auraient pu s’en douter. Les torts sont partagés je pense. Batman a ouvert la voie, les autres se sont engouffrés dans la faille, au mépris des conséquences… » Pendant un instant, Pamela s’interrompt, rassemble ses pensées, et termine son monologue. « Je ne sais pas si vous avez bien fait pour Gotham de soutenir Monsieur Dent, s’il sera digne de votre foi, ça, l’avenir sur le long terme nous le dira… En revanche, je ne crois pas que vous ayez rendu service à l’homme en lui-même. Il l’a voulu, donc il serait de mauvais ton de le plaindre mais… Ce n’est qu’une conviction personnelle. Quant aux justiciers, je peux comprendre leur leitmotiv. Je ne crois pas plus qu’eux en la performance de la justice, de nos jours, mais je ne peux ni les plaindre, ni les encourager, pas plus que je ne souhaite les voir échouer dans leurs entreprises cela dit… A mon sens, tout est une question d’équilibre, et puisqu’eux sont un poids énorme dans la balance du « bien », il ne faut pas s’étonner que des poids équivalents se retrouvent dans celle du « mal ». » Désinvolte, elle hausse les épaules. Pamela croit en l’équilibre des choses, qu’il faut vivre sa part de malheur pour apprécier à leur juste valeur les accalmies, et, en scientifique pure et dure, elle croit surtout en la loi de Lavoisier, sur laquelle elle a basé la totalité de ses travaux et théorie. Rien ne se perd, rien ne se créé. Tout se transforme. Et, le sourire aux lèvres, elle ajoute une boutade, pour la route. « Quant à être Batwoman… Je suis certaine que je porterai à merveille le costume, mais que j’aurai de sérieuses difficultés à accomplir le dixième des prouesses physiques de l’acolyte du Batman… Et effectivement, je n’aurai pas choisi un rongeur volant qui dort la tête en bas comme emblème. » Elle rit un peu, soufflant ainsi les cendres de leur différent précédent.
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