Batman Legacy


 
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 Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]

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MessageSujet: Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]   Mer 4 Juin - 17:58

Mon travail à l'asile d'Arkham était des plus passionnants. Depuis l'émergence du Batman, l'asile ne désemplissait vraiment pas en matière de criminels costumés et autres excentriques meurtriers. J'avais quitté mon cabinet pour me concentrer sur Arkham et sur ses merveilleurs et passionnants personnages qui y résidaient. A vrai dire, quand je voyais certains des dossiers de patients banals, je les jetais rapidemment dans le placard des inintéressants, mais pour aujourd'hui, j'avais une fine fleur de l'excentricité et de la barbarie. Son dossier, je l'avais épluché, décortiqué, nettoyé, analysé, tout était magnifiquement et terriblement intéressant.
Alors que je regagnais mon bureau, j'observais les différentes notes des derniers psychiatres l'ayant interrogé. Une force de la nature, qui se tourne vers le beau, la perfection physique. L'homme était interrogé depuis quelques jours déjà, et Arkham avait laissé le soin de me laisser l'opportunité de l'approcher, lui. Pendant quelques minutes, je réfléchissais à mon sort, quel intérêt aurais-je à le contacter, à le connaitre, à lui faire comprendre que ses actions sont mauvaises et indélicates pour la société. Cependant, ce qui me brulait la cervelle, c'était de savoir "Pourquoi", il faisait tout cela. Pourquoi avait-il ce besoin de transformer sa vision de la laideur en quelque chose de regénérant, de purificateur ? Il fallait que je prenne une entrevue avec cette homme.
Posant le dossier sur mon bureau, on peut toujours y lire "Barton Mathis" sur le dossier. Le Dollmaker, le marionettiste, le taxisdermiste, si on préférait les interprétations théâtrales. Il avait été un long, très long patient de l'asile d'Arkham avant que le GCPD ne mette la main dessus. Il fut difficile à cerner, à retrouver, mais il avait fait de nombreuses erreurs qui ont permit son arrestation. Je laisse le dossier sur la table avant d'enfiler ma blouse et mes éternelles lunettes rondes avant de descendre les étages pour arriver dans les cachots d'Arkham. Certains prisonniers y restaient sous bonne garde, quand ceux-ci faisaient de nombreuses erreurs, comme attaquer les gardiens, ou mordre d'autres prisonniers. Cela existait. Barton Mathis était enfermé dans le cachot N°4. Trois gardes surveillaient la cellule, c'est dire si l'homme était important. Après tout, il était une célébrité, c'était le seul pensionnaire costumé de notre institut et un des seuls qui y'étaient.

<< Ouvrez la porte. >>

Dis-je aux trois hommes qui se tenaient là, à discuter en attendant la levée de la garde. Dans le cachot, Barton devait être enchainé, c'était la procédure, histoire de le calmer. Le garde alluma la lumière et j'entra dans la pièce dépouillée de tout objet. Seule observation : Des chaises, avec de gros maillages, rattaché à un collier de métal autour du cou de Dollmaker. C'était la punition des réfractaires, de ceux qui se permettaient le moindre écart de conduite dans ce grand institut. Je l'observe avant de prendre la parole d'une voix douce et grave. Je le fixe derrière mes lunettes rondes avant de sourire, un sourire presque agréable, je m'installe sur une chaise que j'avais prise avant d'entrer, dans le couloir et je commence ma litanie des plus "médicales".

<< Bonjour Barton, je suis le docteur Hugo Strange, je suis là pour vous aider. >>

Formule de politesse des plus agréables, il fallait donner une bonne image, offrir au patient l'idée que les docteurs étaient là pour leurs patients et pour les aider à guérir en les comprenant tout d'abord. Cela ne devrait pas être trop dur ...
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MessageSujet: Re: Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]   Ven 6 Juin - 17:23

 Sin Transi Gloria Mundi   


Contrôle d’identité, monsieur.
Le bruyant et ferme claquement de porte qui suivit la formule d’identification obligatoire réveilla Barton qui dormait jusque-là profondément. Dans la pâleur grise de l’aube, l’asile d’Arkham était, à l’image du cannibale, en phase de réveil. Les gardes du matin pointaient à l’entrée de l’établissement et enfilaient leur uniforme bleu foncé pour remplacer l’équipe de nuit. Les psychiatres et autres médecins commençaient leur journée par leurs habituels entretiens avec les différents patients. L’asile était immense, certaines zones n’étaient accessibles que par les membres du personnel suffisamment élevés dans la hiérarchie établie par le directeur et le président du Conseil d’Administration. Le docteur Hugo Strange était un psychiatre privilégié, sans doute l’un des plus importants. Sa pestilentielle odeur de cigare mélangée à celle des vieux bureaux renfermés arrivait jusqu’aux narines du criminel alors qu’il venait juste de pénétrer dans le couloir des cachots 1 à 4. La grimace qui apparut alors sur son visage était synonyme de dégoût. Une violente lumière blanche jaillit brutalement de l’unique spot pendant au plafond de la cellule et l’aveugla quelques instants alors qu’il était encore couché sur son lit, sur le dos au-dessus de sa couverture, les mains croisées, ressemblant alors à un cadavre posé dans un cercueil. Le cachot avait plus l’allure d’un fond de puits plutôt que celle d’une cellule. Les murs de pierres bleu-gris humides enfermaient perfidement le psychopathe et l’écrasaient de leur histoire. L’odeur moisie qui s’en dégageait était devenue insupportablement habituelle pour lui. La vitre triplement blindée, qui remplaçait désormais la célèbre porte métallique à barreaux, se fondait très mal avec le reste du décor. Quelques trous fins y étaient percés afin de lui permettre de parler avec plus de facilité à un potentiel visiteur. Mis à part un mobilier des plus réduit, aucun objet ne lui était autorisé.
"Ne touchez pas la vitre. Ne vous approchez pas de la vitre. Ne lui transmettez que des feuilles de papier si nécessaire. Surtout pas de stylo ou de crayon, ni agrafe ni trombone sur le papier. N’utilisez que le plateau coulissant pour lui transmettre un papier, et rien d’autre. S’il tente de vous transmettre quoi que ce soit, ne l’acceptez pas." Telles étaient les consignes transmises par les gardes postés à l’entrée du couloir à chaque fois qu'une personne y pénétrait. Les bruits de pas du docteur Strange étaient lents et lourds. Lorsqu’il arriva devant sa cellule, Dollmaker ne lui prêta aucune réelle attention, préférant rester couché et continuer à fixer la lampe pendue au plafond. Un silence tout à fait spécial s’imposa entre les deux hommes séparés par la vitre blindée. Silence qui ne dura finalement pas plus d’une demi-minute.
Bonjour Barton, je suis le docteur Hugo Strange, je suis là pour vous aider. - dit-il d’une sérénité presque provocante, ce qui ne manqua pas d’agacer le cannibale. Celui-ci inspira et expira profondément puis se releva suffisamment lentement pour faire comprendre à son interlocuteur que sa présence n’était pas la bienvenue. Ses horribles yeux blancs fixèrent sévèrement le psychiatre chauve et barbu qui s’était assis sur une chaise mi-boisée mi-métallisée posée devant la cellule. Ses sourcils froncèrent. Il s’approcha de la vitre pour s’y retrouver presque collé. La longue et lourde chaîne métallique le reliant au mobilier fixé à terre grinça froidement en caressant le sol. Le docteur semblait attendre une réponse. Ses petites lunettes noires empêchaient Barton de distinguer l’expression de ses yeux.
Croyez-vous vraiment que j’ai besoin d’aide, docteur ? – lui demanda-t-il dédaigneusement. Sa voix était légèrement étouffée par le blindage de la vitre. Sans attendre la moindre réponse, le criminel continua à provoquer le psychiatre. Je vous connais bien, vous savez. Je pense plutôt que c’est vous qui avez besoin d’aide. Votre regard enfui derrière vos fines lunettes noires, tel un joueur de poker, et la façon que vous avez de vous exprimer renferment à coup sûr un profond complexe, n’est-ce pas ? Je sais que vous avez beaucoup travaillé sur le Batman et que vos fantasmes sexuels découlent de lui. Vous aimez prendre du plaisir à satisfaire vos besoins primaires en offrant à ces chaudes créatures féminines des déguisements noirs étrangement similaires à celui que porte votre obsession. Ce comportement n’est-il pas étrange venant d’un psychiatre réputé ? Je n’ai pas besoin d’aide, cher monsieur. Par contre c’est bien moi qui suis derrière le mauvais côté de la vitre, alors si vous tenez à ce que l’on parle, ne vous privez surtout pas.

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MessageSujet: Re: Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]   Mer 11 Juin - 9:29

Les paroles et autres affirmations de ce cher Barton n'étaient que des fausses vérités. Vraies parce que Strange aimait se complaire dans son obsession pour ce "Batman" qui semblait s'introduire petit à petit dans Gotham City et qui avait sans doute, la facheuse tendance à attirer toutes les convoitises de tous ces supers-criminels. C'était une fausse idée sur le fait que Hugo Strange, lui, ne dévorait pas les parties de ses victimes, et qu'il n'avait pas fini comme un imbécile derrière des vitres et des barreaux renforcés. Un léger sourire illuminait maintenant le visage du docteur Strange. Un grand sourire presque malsain en ce début de mois de juin chaud et doux. Ce n'étaient pas les petits oiseaux, ni le temps agréable qui lui rendaient le sourire mais bel et bien les tentatives de ce petit homme cannibale derrière sa cellule qui tentait de s'imposer maitre de la situation.

<< Entrée en matière toute à fait intéressante. Vous savez bien des choses, Barton, beaucoup de choses. Les gens qui ont le savoir, sont ceux qui ont le pouvoir, n'est-ce pas ? Dans ce cas, voyons comment nous pouvons nous rendre service mutuellement. >>

Je sors de mon dossier, un petit feuillet composé de nombreuses feuilles administratives et autres besognes des plus pénibles, avec le logo d'Arkham dessus. Un nombre incalculables de paperasse, de dossiers, de faits ajoutés, bref, un cauchemar pour un homme normal qui a besoin de se sortir d'une impasse médicale. Je pose tout cela dans le petit conteneur pour le transmettre au Dollmaker. La pièce du cachot était plutôt agréable, l'air climatisé avec deux ventilateurs, un dépouillement presque sobre, mais utile pour un criminel tel que Mathis. J'observe patiemment le psychopathe avant de me repositionner sur mon siège.

<< Ceci est une possible sortie d'Arkham. Affirmant que vous êtes relativement sain et en pleine possession de vos moyens. Votre petit passe-temps préféré est de loin, assez difficile pour ne pas être jugé, je vous propose une sortie sous surveillance dans les rues de Gotham City, même si je sais que vous ne resterez pas calme très longtemps. >>

J'étais pleinement conscient du malheur que ce criminel abattrait s'il venait à revenir dans la ville de Gotham City. Bien sur, Mathis était un professionnel, un génie en matière de conception de ses crimes les plus odieux. Un monstre, mais un génie qui avait le soucis de l'esthétisme, un virtuose capable de créer des choses magnifiques avec de la peau et des organes humains. Il suffisait juste de ne pas susciter l'intérêt de ce criminel des plus insidieux. Réfléchissant à un moyen de me faire payer pour ce petit service de "soins", j'étais prêt à préparer mon marché.

<< Voila ce que je vous propose, vous répondez à toutes mes questions sur votre sujet, et je ferais en sorte que votre sortie sous surveillance se fasse des plus rapidemment. Je demande néanmoins une totale franchise venant de votre part, je veux connaitre vos motivations, votre travail, votre vision de l'art que vous semblez développer. Vous voyez-vous comme un sauveur ? Un artisan au service de la beauté éternelle ? Dites-moi tout et soyez sûr que je m'occuperais très bien de votre retour à la ville. >>

Je n'étais pas le diable à proprement parlé. Mais une occasion comme celle-là, une façon des plus saugrenues pour sortir de l'asile d'Arkham, tout cela était parfaitement tentant. Le plus drôle, c'est que c'est son docteur, William Tyrone, drogué par quelques unes de mes mixtures personnelles, qui signerait le bon de sortie de ce cher Taxidermiste avant d'être accusé par la presse et le GCPD si Dollmaker reprenait ses activités criminelles. Une pierre deux coups, non seulement Dollmaker recouvre sa liberté, mais Arkham se verrait purgée d'un imbécile en moins dans ses locaux. Et le bureau de ce cher Tyrone était bien plus agréable que celui que j'avais pour le moment.

<< Pouvons-nous commencer ? Ou bien, dois-je vous laisser pourrir dans votre cellule ? >>

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MessageSujet: Re: Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]   Lun 30 Juin - 3:39

Sic Transi Gloria Mundi




La proposition du docteur Strange étonna Barton. Le chauve-et-barbu venu pour un entretien psychiatrique banal avait dévoilé à l’instant ses véritables intentions. Une libération sur parole en échange d’un témoignage sérieux et complet. Le deal était intéressant mais le cannibale s’en méfiait. Il feuilletait les différentes pages du dossier que lui avait fourni le docteur – sans vraiment les lire -, se contentant d’inspirer et d’expirer lentement et bruyamment pour marquer son dégoût vis-à-vis de la paperasserie administrative. Les deux gardes du cachot avaient repris leur partie de cartes interrompue à l’arrivée du docteur. Le petit bureau en bois à l’entrée leur servait de plan de table pour déposer l’un après l’autre leurs cartes. À intervalles quasi-réguliers, l’un des deux hommes rigolait et se vantait d’avoir remporté la manche tandis que l’autre l’insultait jalousement. Leurs railleries résonnaient à travers le couloir. Barton leva la tête vers eux et les regarda pendant quelques secondes avant de laisser échapper de sa bouche un long souffle d’impatience et de colère. Le calme était un principe auquel il tenait beaucoup, ce qui semblait paradoxal avec son parcours criminel. Une fois de plus, il prouvait que son comportement était plus complexe que celui des autres psychotiques déjà étudiés. Le Conseil d’Administration et le directeur de l’asile avaient classé son « cas » dans la catégorie des criminels uniques et des spécimens rares. Une sorte de gros poisson. Un loup parmi les chiens enragés. Un homme [bien que la société le percevait à présent comme un monstre venu des enfers] intelligent, cultivé et raffiné. Un homme capable du plus horrible, ce que nul autre ne pourrait faire. 

Dollmaker referma brusquement le dossier et le laissa tomber dans le petit plateau coulissant. Il baissa un instant la tête – semblant finalement réfléchir à la proposition de son interlocuteur – avant de reculer et de s’asseoir sur la chaise au fond de la cellule. La grosse chaîne métallique fixée à son pied traînait sur le sol. Le bruit de son frottement avec la surface était froid et bruyant. Assis l’un en face de l’autre, séparés par un mètre d’espace et une vitre triplement blindée, les deux individus se fixaient du regard. Barton ouvrit la bouche, la referma, puis la rouvrit. Il hésitait à prendre la parole. 

J’ai découvert l’immortalité, docteur Strange. L’immortalité, c’est ce que tous les hommes de pouvoir, ou ceux qui ont la volonté de l’acquérir, souhaitent obtenir. Personne ne sait véritablement ce qu’elle symbolise, mais moi oui. L’immortalité, c’est l’héritage. C’est la transmission de notre savoir, de notre œuvre, afin que celle-ci puisse perdurer indéfiniment. Mon héritage est déjà assuré grâce à ma famille. Malgré cela je ne tiens pas à finir ma vie ici. Je suis persuadé que j’ai encore un rôle à jouer dans ce monde. Bientôt, Gotham City sera métamorphosée. Cette ville corrompue et infestée par le mal deviendra pure, obéissante et plus belle à regarder. Ma famille m’aidera mais je dois lui montrer la voie, et je ne pourrai pas le faire tant que je serai ici. Je n’ai guère le choix. Je vais vous donner ce que vous voulez et vous me ferez partir légalement d’ici. J’estime que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre que je n’arrêterai pas ce que j’ai commencé avant de venir ici. Ce sera à vous d’en assumer les conséquences, mais je suppose que vous avez déjà tout prévu. Je vais vous faire une fleur, docteur. Je vais vous offrir un témoignage, un vrai, avec tous les détails juteux. Vous allez prendre un pied géant.

Barton s’installa plus confortablement sur sa chaise. Il croisa ses jambes, ses bras, puis fixa la lumière suspendue au plafond, persuadé que ses souvenirs lui reviendraient mieux en agissant de cette façon.

Le monde me voit comme un monstre. Ils me voient tous comme l’incarnation du mal. Une sorte d’Albert Fish, en moins pervers. Connaissez-vous Fish, docteur ? Je suppose que oui. Le monde de la psychiatrie en a été fortement affecté. Albert Fish est à la psychiatrie ce que le Graal est à l’archéologie. Le Vampire de Brooklyn, L’Homme Gris, l’Ogre, le Loup-garou de Wistéria. Lui, contrairement à moi, était un monstre vivant. Moi je ne suis qu'un artiste incompris. Ses parents, trop occupés et trop psychotiques, l’ont abandonné dans un orphelinat. Il a vu tellement de garçons se faire fouetter que cela a pris racine dans sa tête. C’est un petit peu la même chose pour moi. Ma mère vendait son corps à l’arrière des voitures et mon père était un cannibale. C’est lui qui a fait surgir en moi ce goût pour la chair humaine. Un jour, lorsque j'étais encore adolescent, je l’ai surpris dans la cave, et il m’a initié. Nous chassions notre… gibier… tous les dimanches dans le parc près de chez nous. Au début je ne voulais pas, mais il m’a forcé et j’ai fini par m’y faire. J’ai apprécié avec le temps. Notre relation père/fils s'est améliorée en même temps que mon intérêt pour la chair. Cette forme extrême d’agression est enfuie en chacun de nous, docteur. Cela ne signifie pas que nous allons nécessairement dévorer notre ennemi ou notre adversaire, mais qu’il y a en nous une part d’agressivité. Cela fait partie de la nature humaine. Nous sommes tous des cannibales potentiels. Fish était un homme banal, comme moi. Il était peintre, marié et père de six enfants. Quand sa femme le trompa pour un autre homme et l’abandonna, le laissant seul à élever ses enfants, il commença à se décomposer dangereusement. Moi, lorsque le policier James Gordon est venu arrêter mes parents le soir de Noël, j’ai subi la même dégringolade. Fish s’enfonça dans sa folie, alimenté par un intérêt grandissant pour le cannibalisme et la religion. Il servait de la viande crue à ses enfants les soirs de pleine lune. Le 28 mai 1929, à New-York, il répondit à une annonce de presse déposée par un garçon de dix-huit ans nommé Edward Budd. Le pauvre jeune homme cherchait quelqu’un pour repeindre sa maison. Fish accepta et fut présenté à la famille. Le jeune homme, la ravissante femme et l’adorable petite fillette. Il apporta des fraises et du fromage allemand. Il semblait convenable. Le lendemain du rendez-vous, il avait disparu avec la fille. Trente ans plus tard, il envoya une lettre aux parents Budd :

« Chère Madame Budd, je suis venu chez vous au 406, 16ème rue ouest. Je vous ai apporté des fraises et du fromage allemand, nous avons déjeuné. Grace s’est posée sur mes genoux et m’a embrassé. J’ai décidé de la manger et j’ai prétendu vouloir l’emmener à un anniversaire. Vous avez dit oui. Je l’ai emmenée dans une maison vide que j’avais déjà choisie. Quand nous sommes arrivés, je lui ai dit de rester dehors. Elle cueillit des fleurs sauvages. Je suis monté à l’étage et j’ai enlevé mes vêtements. Je savais que si je ne le faisais pas, je les tâcherais de sang. Quand tout fut prêt, je suis allé à la fenêtre et je l’ai appelée. Puis je me suis caché dans le placard jusqu’à ce qu’elle entre dans la chambre. Quand elle m’a vu nu, elle s’est mise à pleurer et a essayé de descendre. Je l’ai attrapée et elle a dit qu’elle le dirait à sa maman. Elle mordait, frappait et griffait. (…) Je l’ai étranglée puis je l’ai découpée en petits morceaux. (...) Il m’a fallu neuf jours pour la manger entièrement. »

Fish, comme je vous le disais, était un véritable monstre pervers. Contrairement à lui, je n’ai jamais fait tout cela pour mon plaisir personnel. Je le fais pour sauver la ville de la corruption. Je suis le seul à avoir suffisamment de volonté pour réaliser cette œuvre. Après son arrestation, mon père s’est évadé de Blackgate et a retrouvé ma trace. J’étais dans une famille d’accueil dans l’East End. Il m’a parlé quelques instants, me certifiant que la ville était rongée de l’intérieur par ses propres citoyens et qu’il fallait l’embellir d’une façon ou d’une autre. Gordon arriva par surprise et le tua froidement. Il me dit qu’il était désolé d’avoir tiré mais qu’il n’avait pas eu le choix. J’étais en colère. Il s’est éloigné durant une poignée de secondes le temps d’appeler une ambulance. C’est là que j’ai décidé de prendre ma vie en mains. J’ai agrippé le corps de mon défunt père et je me suis enfui avec lui. Je lui ai arraché une partie du visage et je l’ai fixée au mien, non sans séquelles. Je souhaitais dès lors réaliser ses souhaits. J’ai commencé récemment avec l’une de mes conquêtes amoureuses. Ou plutôt, ma seule conquête amoureuse. C'était une jeune femme qui aimait bien vivre et s'habiller en gothique. Elle me disait toujours que mon visage et mes yeux blancs me donnaient un certain style. Je ne suis pas resté avec elle plus d'une semaine. Je ne l'aimais pas mais j'avais besoin d'elle comme cobaye pour savoir si oui ou non j'étais prêt à faire mon travail. Elle m'a vite donné l'occasion d'en être certain. Comme la femme de Fish, elle me trompait avec un autre homme. Je les ai surpris en pleine débauche dans ma propre chambre. Le sexe est un grand fléau et c’est notamment cela qui ronge Gotham City. Je devais agir. J’ai tiré sur la femelle dans le cou. La balle le traversa et se logea dans le sternum de son amant qui était derrière elle. J’ai ressenti comme une satisfaction. Elle était beaucoup moins jolie après cela. Je l’ai regardée quand elle est tombée par terre, et j’ai vu dans son regard s’installer un grand vide. Ça sentait la merde et le sang. Il y avait également une odeur de métal. Son visage à lui, quand il était encore vivant et qu’il essayait de la ranimer, m’a bien fait rire. Il avait un petit air perdu. J’avais exterminé ces deux ignobles personnes avec une seule balle. Après quelques minutes, lorsque le sang s’était répandu sur le lit et sur le sol juste en dessous, je me suis occupé d’eux. J’ai été prendre un long couteau dans la cuisine, ainsi que du fil à coudre et des ciseaux. J’ai volé leur visage et leurs organes. J’ai mangé leur c
œur afin que leur âme puisse rester en moi pour toujours, comme une sorte de trophée. Je les ai cuisiné avec des oignons et des carottes mélangés à une sauce à l'ail. Le reste, c’est-à-dire leurs autres organes et leur visage, je l’ai vendu. Vous n’imaginez pas à quel point les monstres prêts à donner de l’argent pour satisfaire leurs délires psychotiques sont nombreux. J’ai transformé leur corps vide en deux formidables poupées. Je me suis dès lors trouvé un art : la métamorphose.
Mon père se satisfaisait dans son cannibalisme. Moi je vais plus loin que lui. Je mange, certes, mais je transforme le reste. Grâce à mon œuvre, j’embellis la ville et je lui offre de nouveaux citoyens. Mes talents de chirurgien m’ont ensuite permis de donner un nouvel élan à mon travail. J’ai réussi à laisser en vie certains de mes patients, et j’ai manipulé leur esprit afin qu’ils renaissent et m’obéissent. Certains sont destinés à mourir, d’autres à embellir la ville, et d’autres à me servir. Voilà ce que je fais, docteur. J’aide Gotham City, mais tout le monde me déteste pour cela. Ils ne comprennent pas mon œuvre. Je suis incompris. Beaucoup de gens aimeraient me voir mort ou derrière les barreaux, ce qui est le cas pour le moment. Des gens comme Batman et cet imbécile de Gordon. 

Dollmaker se releva de sa chaise et s’approcha de la vitre en fixant sévèrement le docteur Strange.

Je vous ai offert un témoignage. Maintenant, libérez-moi.

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MessageSujet: Re: Sic Transi Gloria Mundi [PV Dollmaker]   Lun 30 Juin - 11:06

Fascinant point de vue de la part d'un des pires criminels de la ville dans la spécialisation des crimes sadiques et cannibales. Je restais de marbre face aux différentes élucubrations du criminels, mais sa façon de voir les choses, de percevoir ses victimes comme un accès vers l'immoralité restait passionnant selon un point de vue philosophique. En Afrique, les tribus se dévoraient jadis, les unes les autres pour gagner la force de leurs adversaires. Ici, c'était différent, il semblait que ces cannibales désiraient surtout dévorer leurs victimes pour rester dans les mémoires des citoyens de la ville. Une sorte d'héritage, comme Dollmaker disait, à assurer. Ce n'était pas seulement une simple histoire de tuer des gens et d'en faire des poupées, non. Ce besoin cache une tragédie, celle de Barton Mathis, de combler ce trou béant qu'il a dans la poitrine. Une enfance gâchée, une famille brisée par les lies de la société humaine. Tout cela concordait pour transformer un jeune homme en monstre. Après tout, l'enfance est le moment où l'individu commence à s'épanouir, où il commence à forger ce qu'il deviendra plus tard.
Mon attention repéra quelques mots, notamment James Gordon. Le policier ? Celui qui sera, sans surprise, nommé grand chef du GCPD ? Il avait le talent, oui, il avait la possibilité de faire de Gotham City un endroit plus calme, plus reposant, même sans le concours de ce cher Batman. Ce pauvre Barton aurait du soucis à se faire, mais il aurait certainement le temps de servir allègrement la folie qui sévissait dans la ville. Il n'était plus le seul à errer dans l'asile d'Arkham, à attendre patiemment l'heure de son évasion, bien sur que non. Il était maintenant dans la résignation. Il accepta mon marché avec une certaine philosophie. Mais pour en revenir à son histoire, c'était des plus tragiques, mais cela arrivait à tout le monde. Il n'était pas le seul à devenir un monstre. L'histoire aurait certainement fait vomir des stagiaires, des jeunes et pétillantes nouvelles recrues à l'asile d'Arkham, mais j'avais déjà vu énormément d'horreurs dans mon cabinet, cela devenait monnaie courante à force.

<< J'ai promis quelque chose et je vais m'y employer, Barton. >>

Je sors une carte magnétique. Les documents étaient signés, prêts à l'usage, prêts à induire ce crétin de collègue pour devenir un objet de dégout et de rejet de la société. Il serait même amusant de voir ce que devient un homme quand il devient un jouet brisé par la société toute entière. Quand une faute vous retombe sur le coin de la figure et vous brise, petit à petit. Votre femme, vos enfants, les gens autour de vous, vous abandonne, vous devenez un objet inutile. La seule fonction utile encore, c'est de voir à quel point le trou de la folie peut-être tentant. Parfois, quand un homme ratait quelque chose, il devenait meilleur quand on le poussait vers une porte de sortie comme la folie. L'humanité n'est pas faite pour les faibles, seuls les forts survivent et dévorent les autres. C'était l'humanité, dans toute sa splendeur. Je me mettais à rêver, de douces tortures pour ces pauvres gens qui perdaient toute notion à Arkham, les plus faibles mentalement nous dirons. Des gens de la classe comme Dollmaker ou la Ventriloque avaient certainement plus de gouts et d'intérêt que les autres.
La garde de ce soir ne donnerait aucun problème à Dollmaker, tout avait été payé par un généreux donateur anonyme dont on ne retrouverait jamais la trace. Les gardes furent soudoyés et laisseraient le bon docteur Mathis sortir de sa tanière dans laquelle il se trouvait. J'avais eu ce que je voulais, et tout avait été préparé pour ce jour. J'avais grand hâte de le voir accomplir son travail. Il était une espèce de rédempteur de Gotham City, à sa manière et j'aimais la froideur qu'il dégageait. Il avait une certaine classe oui. D'un geste, je sortis la carte magnétique avant de la glisser dans la fente. Un grand sourire perla sur mon visage.

<< Je tiens moi aussi ma parole, Dollmaker. Il est temps que vous repreniez votre travail. Gotham a besoin d'un élément tel que vous. Je tiens cependant à vous préciser que les gardes ne vous arrêteront pas et que vous quitterez l'asile de votre propre chef. L'argent est un excellent moteur n'est-ce pas ? >>

Je me tiens quand même prêt à me protéger. Mathis avait beau être quelqu'un de courtois, il pouvait quand même se retourner contre moi à la dernière minute. Un fou n'est pas quelqu'un que l'on peut contrôler. Pas encore ... Mais le projet Arkham City se verrait bien dôté d'un pensionnaire comme celui-là. Il avait tous les attributs pour faire régner sa propre terreur dans un monde de folie comme le nôtre. La porte s'ouvrit, après l'ouverture des nombreux cliquetis métalliques. Je plaquais mes mains dans mon dos, je les croisais avant d'observer patiemment la sortie de l'être qui me fascinait jusqu'à ce soir. Le projet se mettrait doucement en place. Il faudrait des années, le pigeon idéal, l'argent et bien sur les motivations pour achever ce magnifique projet qui me venait en tête. Peut-être que devenir directeur d'Arkham pourrait aussi être un sort des plus intéressants pour arriver à mon but ultime ? Les accidents sont si vite arrivés ... Surtout à Gotham City.
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