Batman Legacy


 
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 La reine blanche et le chevalier d'épice

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MessageSujet: La reine blanche et le chevalier d'épice   Ven 30 Mai - 13:48

HJ :
 

Je suis une reine qui est tombée de haut. Je traîne ma peine... Une larme qui coule... J'ai dans la gorge une boule... comme une pierre qui roule. Perdu l'innocence des jours passés dans au pays des merveilles. Du bonheur j'en ai pas, il y en a que pour Monster et le Chapelier. Reste... une mélancolie cachée sous mon manteau troué... qui traîne... encore... Je ne sens plus le vent dans mes voiles. Dis-moi... à quoi me sert mon étoile si je perd le nord ?... Cette vie je l'ai mérité, mes ailes je les ai pas volés. J'ai tout fait comme tu m'as dit mais le rêve s'évanouit. J'étais prisonnière de moi-même. Puis la bulle a été brisée. Le rêve... envolé. Des mois d’idylle partis en fumé. Le Chapelier a dit "court", le Chapelier a dit "vole", mais pas le jour où je décolle. Le Chapelier a dit "court", le Chapelier a dit "aime". J'ai beau l'aimer, mon paradis part quand même.

Le Chapelier a dit marche, le Chapelier a dit rêve. Me fait tant marcher que j'en crève. Le Chapelier a dit, certes, des tas de choses, sauf que la vie n'est pas toute rose. Le Chapelier ne dit pas tout. Le Chapelier ne dit mot. Le Chapelier ne sait pas ce que je vis. Le Chapelier ne sait pas que c'est tout gris. Le Chapelier ne dit mot. Le Chapelier ne sait rien de la vie. La vie c'est tout gris. Moi j'ai grandit mais rien ne change. Le Chapelier a dit vague. Le Chapelier a dit school, mais ne connaît rien à l'amour. Le Chapelier a dit chante si tu le veux. Moi je déchante peu à peu. Le Chapelier a dit... Certes, je lui pardonne. Le Chapelier est un fou, pas un homme.

Me voilà retournée au point de départ. Seule dans les égouts. Mais cette fois-ci il n'y a plus Monster. Comment ai-je fait pour croire à ce rêve ? J'aimerais le retenir, j'aimerais y retourner, mais c'est comme tenter de retenir de l'eau. Puis le rêve devient brume. À moins que ce ne soit que mes yeux baignés de larmes ? J'ai tellement de peine que j'en souffre physiquement. Mes sanglots, mes cris de désespoirs résonnent dans les égouts. Pourquoi ? Pourquoi ? Pour a-t-il fallu que Monster existe ? Pourquoi est-ce que j'ai écouté le Chapelier ? Pourquoi je l'ai laissé me manipuler ?

Il m'avait dit que si je me suicidais, Monster disparaitrait. Mais les Croquemitaines l'avaient tué et m'avaient laissée en vie. J'était alors réellement devenue la Reine Blanche. J'étais bien à m'occuper de mon Royaume, à protéger mon peuple, à rendre service aux plus démunies. C'était un monde merveilleux. Un peu fou et déjantés, mais tellement paradisiaque. Ç'aurait pu continuer pour l'éternité. Puis le ciel de mon beau délire c'était fissuré, avait volé en éclat. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans la vie de Monster, mais ma bulle a été brisée. J'ai compris que je m'étais laissée droguer et manipuler par le "Jabberwocky" (Monster) et le "Chapelier Fou" (Jervis Tetch).

Ma vie n'était que mensonge. Monster était toujours là. Rien n'avait changé dans ma vie. Ma vie était toujours un enfer, dont Monster était le Diable. J'ai alors utilisé l'arme du Chapelier pour me mettre une balle dans la tête. J'ignore ce que Monster a fait pendant que j'étais emprisonnée dans mon délire. Je ne sais ce que le Chapelier l'a laissé faire. Mais des brides que j'ai pu apercevoir, m'est d'avis que ce n'est pas joli. En fait, peut-être bien que quelque chose a changé dans ma vie... Peut-être bien que ça a empiré...! J'ai voulu aller à ma dernière cachette avec mes rats. C'est alors que j'ai découvert le carnage.

Le lieu était taché de sang. Il y avait des cadavres de rats rongés par d'autres rats, et des yeux... Il y avait aussi des traces de... comment dire ? Vous savez, quand la police découvre un corps et condamne un lieu... Mon Dieu, qu'a-t-il fait ?... Qu'ai-je fait ? Prise d'un doute, j'ai voulu vérifier toutes nos autres cachettes. Une seule m'avait suffit. Une seule suffit. Ce que j'y ai vu me donne envie de mourir sur le champs. J'ai fui. Fui comme si un démon me courrait après pour me faire ce que Monster avait fait à ces innocents. Je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. Si seulement je n'avais pas succombé, rien de cela ne serait arrivé.

Mais d'un autre côté, je me dis que ç'aurait été mieux que je reste emprisonnée de mon rêve et que quelqu'un tue Monster. Qu'a-t-il fait ? Je n'ai plus faim. Plus soif. Quand je fais l'effort de manger quelque chose, je le vomis juste après. Je crois que je suis malade. Entre deux sanglots, j'ai une quinte de toux qui me confirme cette pensée. J'ai complètement perdue la mesure du temps. Je ne sais même pas où je suis. J'en oublierais presque qui je suis. Je crois que je souffre aussi de manque. On peut devenir accro à la drogue du Chapelier ?

J'ai aussi tout le temps chaud ou froid, et bien que je ne sois pas droguée – pas que je sache en tout cas – il m'arrive de délirer. Fièvre ou folie ? Je l'ignore. Je veux juste mourir. Je passe mon temps à dormir et pleurer. Sur une échelle de 1 à 10 en déprime, je suis à 10. Bravo. Comme la fois où Monster avait "puni" mes agresseurs. Mes rats sont blottis contre moi. Je crois qu'ils comprennent que leur maîtresse va pas bien et qu'ils veulent me remonter le moral. Hier – enfin, je crois que c'était hier – Rasta m'a ramené un bout de chais-pas-quoi. Pour que je le mange sans doute. J'ai essayé. J'ai vomi. D'ailleurs, est-ce que ça fait quelques jours que je me suis réveillée ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Entre les délires et les cauchemars, je perd pied. Je ne fais même plus de différence entre ce que je dis à haute voix et ce que je pense. Pitié, achevez-moi... Pitié...
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Sam 31 Mai - 11:19




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney était dans les égouts. Enfin, il n’était plus vraiment Sidney à cet instant. Le jeune PDG avait trouvé une apparence plus héroïque pour l’occasion. Son visage était légèrement masqué avec un simple cache-yeux. Il portait un costume bicolore dont un grand S blanc venait souligner son torse. Ses bottes-fusées ainsi que ses gants étaient également blanc. Comme tout bon super-héros, il possédait également un cape, la sienne était bleu nuit. Il était assez fier de sa création. Surtout depuis qu’il avait ajusté la puissance des moteurs dans ses chaussures. Il en avait assez de se cogner partout sans aucun contrôle. Il était désormais fin prêt. C’était sa première mission « officielle ». Combattre des petits bandits et éteindre un incendie, il l’avait fait et il était au point. Désormais, il voulait passer à quelque chose de plus grand et plus costaud ! Enfin, il était bien sur le seul à être au courant qu’il était ici mais c’était bien la première fois qu’il se fixait un réel objectif. Il devait se rendre dans les égouts, découvrir qui faisait disparaitre les sans-abris et les dealers et si oui ou non ils étaient réellement… mangé, par qui et pourquoi. Enfin, pourquoi... La créature qui faisait ça devait sans doute avoir très faim. Il paraitrait qu’un crocodile avait élu séjour dans cet endroit humide. La pauvre bête ne devait rien avoir à manger là-dedans et dévorait ce qu’elle trouvait, des hommes malheureusement. Le jeune héros devait avouer qu’il n’était pas non plus rassuré. Il n’était pas certain de pouvoir stopper une telle bête à main nu et il espérait que son équipement serait assez puissant pour l’aider.

Sidney eut l’impression de marcher des heures, les émanations commençaient à lui donner la nausée. Il n’y avait toujours aucune trace du moindre problème ici-bas. Pas de trace de sang, pas même de déjection animale. Il se demandait même si tout ça n’était pas que des rumeurs. Soudain, il regarda à ses pieds. Il y avait des rats. Des rats qui agissaient en groupe et se dirigeait vers la même direction. Il trouva ça assez curieux, pas assez pour suspecter le pire mais suffisamment pour les suivre. Après quelques mètres, une nouvelle odeur lui monta au nez, une odeur de pourri. Cependant, mieux valait ce parfum plutôt que la vision de ceux qui le portaient. Le rouquin fut immobilisé sur le coup lorsqu’il vit les restes de cadavre. Tout cela n’avait plus rien d’humain. C’était davantage la peur que le dégout qui envahit son cœur. Il activa ses gants aussitôt, se préparant à se défendre au cas où. Il marcha plus lentement dans un tunnel sombre. Son cœur battait fort dans sa poitrine mais il était déterminé à faire son possible pour stopper ses meurtres. Cependant, jamais il n’aurait imaginé tomber sur un tel monstre. Elle n’avait rien de comparable avec ce qu’il avait imaginé. Il avait pensé à une créature immense et menaçante et à la place, il avait en face de lui un petit diable rouge qui ne bougeait pas d’un pouce hormis quelques spasmes. Vu l’état du sol, il semblerait qu’elle n’avait pas été capable de se nourrir correctement. Les SDF était mal passé ? Il secoua la tête pour chasser cette pensée morbide et s’approcha d’elle pour vérifier son pou et sa respiration. Elle n’était pas en arrêt respiratoire. Il glissa une main sur son front, ignorant l’étrangeté de son visage et ses grands yeux si étranges. Elle était brulante. Des pensées s’entrechoquaient dans sa tête, bonnes comme mauvaises. Devait-il l’aider ou la laisser tomber ? Il poussa les rats qui s’approchaient d’eux du bout pied, sans les blesser. Quel genre de héro serait-il pour laisser quelqu’un dans la détresse ? Sa tête grouillait de pensées. La terreur qui l’avait habité plus tôt était toujours présente mais un autre sentiment faisait sa place dans son cœur... la compassion. Elle marmonnait des paroles incompréhensibles, sans doute à cause de la fièvre.

- Hey, tu m’entends ? Je vais te sortir de là. Je ne te laisse pas ici.

Il se sentait bête, ne sachant même pas si cette créature était suffisamment humaine pour le comprendre. Il lui sourit alors, espérant la détendre. Il hésita une seconde avant de la prendre dans ses bras. Il était hors de question de la conduire à l’hôpital, il ne pouvait qu’imaginer ce qu’ils lui feraient. Encore une fois, il allait devoir héberger quelqu’un chez lui. Une de plus, une de moins. En espérant qu’elle ne le mange pas. Sidney rit jaune. Il fit exploser une bouche d’égout comme un vulgaire bouchon de champagne et s’envola dans la nuit en direction de son appartement. Un vrai lit serrait toujours plus agréable que le sol poisseux de ces souterrains.

Une fois chez lui, l’homme tourna en rond en arrachant son masque. Il n’avait aucune idée de comment l’aider. Il connaissait parfaitement les soins que l’on devait apporter face à des blessures externes, mais quand était-il quand le mal était intérieur ? Il essaya de se souvenir de ce que faisait sa mère pour l’aider. Il entreprit tout d’abord de laver son visage et son cou.

- Il faut que tu manges, tu peux ne pas rester comme ça.

Et surtout, il fallait la réhydrater. Il la laissa sur le lit et tacha de trouver dans sa pharmacie personnelle de quoi stopper les vomissements et calmer la fièvre. Il revient avec un grand verre d’eau légèrement citronnée –avec une paille pour lui faciliter les choses- et des biscuits salés, ayant posé ses gants sur sa table de chevet. Il s’assit au bord du lit. Avait-il bien fait de l’accueillir chez lui ?



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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Lun 9 Juin - 19:33

Après un temps qui sembla durer une éternité, j'entends des pas entre deux couinements de rats. Je me demande si c'est mon imagination ou un délire. Une ombre me domine soudain, me plongeant dans la terreur la plus totale. Je sers les lèvres, j'essaie de me faire passer pour morte dans l'espoir qu'on me laisse tranquille. Est-ce la police ? Ou pire, le Chapelier ? Le temps passe. Une fraction de secondes ou une éternité, encore ? Je ne saurais le dire. Mais il passe suffisamment pour que j'accuse la fièvre ou la folie de me faire voir une ombre qui n'existe pas. À moins que ma vu ne soit juste altérée ? Je deviens aveugle ?... Est-ce le début de la fin, enfin ?

Puis l'ombre se met à bouger. Elle se transforme en silhouette. Mon estomac se contracte, mes yeux s'agrandissent. Je sens mon corps trembler sans aucun contrôle. Il tremble à tel point que j'ai des spasmes. Je ne me sens pas bien. Mon esprit déraille, le monde devient noir et fluorescent. Je vois des choses aux formes inconnues passer, tournoyer, tomber autours de moi. J'ai un gémissement à peine audible. Soudain, je vois une carte de la Reine de Coeur. Il me fonce dessus, comme défait de la pesanteur. Son corps se transforme. La carte devient un Chapelier ricanant. Avec son sourire bête mais ô combien dangereux. Mais il n'a pas son chapeau. Il me tombe dessus, je sens un contact sur mon cou puis mon front qui me fait sursauter faiblement.

- Nnn... Cha... lier... pas Ja... Jab... cky... Non...

Il vient de me tomber dessus, non ? J'en suis sûre. Pourtant ce monde sans queue ni tête s'efface pour être remplacé par un brouillard coloré. Noir, gris. Je crois voir du blanc, et du roux. Le Chapelier est roux, non ? C'est lui, il m'a retrouvé ! Je sens de l'adrénaline me donner un coup de fouet. Ma vu s'éclaircie suffisamment pour voir un visage. Mais pas suffisamment pour reconnaître ou non ses traits. Je suis persuadée que c'est le Chapelier. Il me parle. Je ne reconnais pas sa voix. J'essaie de bouger, en vain, pour m'éloigner de ce fou furieux.

- 'Veux pas de thé...!

Je crois voir un sourire. Je bégaie une supplication. Le Jabberwocky est parti, il ne reste plus que la Reine Blanche. Non, je suis pas la Reine Blanche. J'aimerais tellement. Elle est belle, douce... c'est un peu une héroïne tellement elle traite bien son peuple. Mais je suis laide, un véritable monstre, et je partage ce corps monstrueux avec un être plus monstrueux encore. Un véritable démon. Le Jabberwocky. Le seul moyen de l'empêcher d'agir, c'est de me suicider. Si seulement le Chapelier acceptait de me tuer. Il s'approche de moi, je le sens qui me touche. Je n'aime pas ça. Je n'y suis pas habituée. Personne ne me touche jamais, sauf pour me faire du mal. Que ce soit rapide, pitié...

- … Mort rapide... pitié... Ton pistolet... comme dans le rêve...

Je rêve ou il me prend dans ses bras ? Il a dû gagner en muscle depuis la dernière fois que je l'ai vu alors ! Il compte faire quoi ? M'enlever ? Me faire boire du thé encore ? Non, je ne veux plus être sa marionnette ! Je ne veux plus faire du mal à personne. Plus jamais. J'éclate en sanglot, je le supplie de me laisser mourir. Je me sens sombrer peu à peu. Je suis tellement fatiguée, tellement malade... J'appelle mes rats au secours. Rasta, Buster, Pandora. Ils couinent, le suivent. Mais c'est inutile. Comment trois rats peuvent-ils lutter contre ce démon ? Je tente de lutter contre l'inconscience... mais celle-ci fini par m'emporter dans un monde constitué d'ombres, de ténèbres et de sons vagues.

Lorsque je reviens à moi, j'ai l'impression que quelque chose cloche. Suis-je en train de rêver ? Me voilà dans une chambre à fois simple et riche. Des meubles en bois de qualité, peu de décorations... Juste quelques photos.  Et une silhouette qui fait les cents pas. Une façon de m'hypnotiser ?... Aucune idée, mais je suis bien repartie pour sombrer de nouveau dans l'inconscience. Mais une sensation d'humidité me maintint éveillée. Quelqu'un était en train de passer un tissu humide sur mon visage et mon cou. Le Chapelier est-il capable d'autant de douceur ? Le cerveau dans le brouillard, mes paupières peinant à rester ouvertes, je regarde celui qui tient ce tissu. Ce n'est pas Jervis Tetch. Je ne sais pas qui c'est. Je ne l'ai jamais vu auparavant.

- Il faut que tu manges, tu peux ne pas rester comme ça.

Et si c'était ce type qui m'avait trouvé dans les égouts ? En plein délire, j'aurais très bien pu confondre ce jeune homme bien bâti avec le maigrelet Chapelier. Est-ce qu'il a vu les cadavres ? Ma vision se brouille, mes paupières se ferment contre ma volonté.

- Ce n'était pas moi... C'était le Jabberwocky... Monster... Tuez-moi pour le tuer, pitié...

J'arrive à rouvrir les yeux. L'inconnu est parti. Il va appeler la police ? Je vais finir en cobaye ? Je suis déjà passée par la case cobaye, je ne veux pas y retourner. Il faut que je fuis. Il le faut. Mais je n'en ai pas la force. Avec un profond soupire, je me rends compte qu'encore une fois ce n'est pas moi le maître de mon destin. Quand le serais-je ? Le jour où je réussirais enfin à me tuer ? Quand viendra enfin ce jour ? Je l'attends avec tellement d'impatience... L'inconnu revient armé d'un verre de... je-ne-sais-quoi, d'une paille et des biscuits. Est-ce du thé ? Mon regard se fait inquiet.

- C'est le Chapelier qui vous envoie ?... Je n'veux pas de thé. Pas de thé. Pas de thé !

Je fixe le verre. Foie de morue, on me fera pas boire ce truc ! Je préfère devenir un cobaye et avoir toute ma tête plutôt que vivre dans un rêve alors que la réalité est le plus terrible des cauchemars. Non, plus jamais ça. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mar 10 Juin - 18:34




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney la regarda avec une certaine perplexité. Il tentait réellement de paraitre concerné par son problème. Il plongea d'ailleurs ses iris bleus dans ses yeux étrangement dorés et fendus comme un reptile ou un chat. Il n'y avait que la lampe de chevet pour éclairer les deux individus, mais c'était suffisant pour qu'il remarque ce regard si félin. Pourtant, il la regardait elle, pas son étrangeté ou même ailleurs. Cependant, notre rouquin avait une expression un peu figé, comme s’il était choqué de la voir ainsi faire. Il essayait de rassembler tous les petits éléments qu’il arrivait à recueillir de la bouche de l’inconnu ou de ce qu’il avait vu aux égouts. Elle était très affaiblie et son pouls battait anormalement montrant une certaine faiblesse physique. Cependant, il semblait clair qu’un carnage avait eu lieu dans les égouts et qu’elle n’était innocente en cela. Finalement, elle parvient enfin à se faire comprendre. La créature s’adressait à notre héros dans un ton réellement terrifiée. Cependant, même s’il elle formait des phrases il n’y avait aucune logique dans ses mots. Jabberwocky, le poème de Lewis Carroll ? Monster ? "La tuer pour le tuer" ? Il tenta alors de l’apaiser avec un sourire ne sachant quoi faire d’autre. Qu’est-ce que c’était que cette histoire de chapelier et de thé ? Il réfléchit à toute vitesse. Il se souvenait d’une vieille affaire de trafic de jeunes filles réalisés par un type qui se faisait appeler le chapelier fou, peut-être s’agissait-il du même homme ? En tout cas cela expliquerait son état plutôt qu’une simple « indigestion d’être-humains ». Elle délirait et il était clair qu'il ne prenait au sérieux qu'une partie de ses propos.

- Tu n’as pas à t’inquiéter et c’est vrai que je ne suis pas présenté. Je suis Sidney, un ami. Tu ne risques rien ici, il n’y a pas de chapelier ici ni qui que se soit d'autre et je ne te proposerai pas de thé. Promis. Je veux t'aider, tu peux me faire confiance.

Il voulait être plus calme et sympathique possible mais en réalité, il était encore bien partagé sur ce qu’il devait penser de cette inconnue à la peau rouge. Était-ce vraiment une peau ça ? Enfin, était-elle dangereuse ou non ? C’était l’une des questions qui l’obsédait. Actuellement, sans doute n’était-elle pas en état de lui faire grand mal mais peut-être le serrait-elle une fois soigné. La compassion qu’il éprouvait pour elle l’oblige à continuer ses efforts pour la calmer et la nourrir. Il but doucement dans le verre.

- De l’eau citronnée, hn, j’aime beaucoup ça. Pas toi ? Ma mère et moi on en buvait jusqu’à en avoir mal au ventre les jours de grandes chaleurs. Je crois que c’est ma boisson préférée. Lui confia-t-il avant de boire encore un peu dans le verre. Tu es sûr de ne pas vouloir y gouter ?

Il lui tendit le plateau gentiment. Sidney ne ressemblait en rien aux habituels millionnaires de Gotham. Il était un gosse de Kansas, de la campagne. Il aimait les choses très simples, sa chambre l’était d’ailleurs. Tout était blanc et noir dans une harmonie parfaite. Les meubles étaient en bois et une certaine sérénité se dégageait des lieux. Le jeune PDG avait peu de temps pour retourner dans son appartement mais il s’y sentait plutôt chez lui lorsqu’il avait une pause et qu’il pouvait enfin s’endormir dans son lit. Sa chambre le correspondait entièrement, la simplicité. Bien sûr, actuellement le démon rouge ne devait sans doute pas le voir ainsi avec son costume. Quel genre d’homme lambda porterait ce genre de costume et un masque ? C’est la raison pour laquelle il avait retiré ce dernier, pour paraitre plus simple, plus proche, plus accessible aussi et à l'écoute.

- C’est quoi ton nom ? Lui demanda-t-il alors.

Elle était différente de tout ce qu’il connaissait, physiquement du moins. Cependant, elle avait des expressions tellement humaines. Une fossette au coin des lèvres lorsqu’elle parlait, des lèvres tremblantes d’angoisse, des tics aussi à peine perceptible. Elle lui parlait sans aucune difficulté et s’il devait fermer les yeux un instant, il n’aurait pu faire la différence entre sa voisine et elle. Cependant, la différence notable entre la charmante voisine et elle, c’était le ton. L’inconnue semblait si angoissée et si empressée. Elle le regardait avec ses grands yeux perdus et lui ne pouvait y répondre qu’avec une expression plus douce et rassurante. Il se décida finalement à la questionner pour voir quelle serait sa réaction :

- Le chapelier t’a fait du mal ? As-tu fais du mal à quelqu’un contre ta volonté ? Il t’a forcé ?

Il ne pouvait chasser de sa tête la vision de ses cadavres horriblement mutilés. C’était bien la première fois qu’il voyait une chose aussi horrible, en dehors d’une salle de cinéma bien sûr. Sauf qu’ici, ce n’était pas de la fiction. Ses gens étaient réellement morts et… avait réellement été dévoré. Et cette femme ou cette créature était réellement face à lui. Il n’y avait aucune illusion là-dedans ni aucune drogue du chapelier. Il n’y avait que des faits. Il joua avec une mèche de ses cheveux roux avec une certaine nervosité malgré le grand sourire qu’il affichait.

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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mar 10 Juin - 20:54

Le roux semble... choqué ? À moins que ce ne soit que de la perplexité ? J'ai l'impression qu'il me prend pour une dingue. Pourtant ce que je dis est très sensé ! Il me sourit, mi figue mi raisin. À moins que ce ne soit juste mon physique qui le repousse. Déjà qu'avant je n'étais pas gâtée... J'ai soudainement une folle envie de me cacher. Je suis un monstre. Les monstres vivent cachés... S'ils ne le sont pas, soit on les tue soit on les fait souffrir. Je suis un monstre qui abrite un démon bien plus monstrueux encore que mon apparence. Pourquoi ne veut-il pas me tuer ? Il est stupide ! S'il ne le fait pas, ce sera Monster qui le fera... Je baisse les yeux. Je me met à voir flou... j'ai des larmes aux yeux. Je suis pathétique. Je suis nulle... C'est tout. Je ne mérite que la mort.

- Tu n’as pas à t’inquiéter et c’est vrai que je ne suis pas présenté. Je suis Sidney, un ami. Tu ne risques rien ici, il n’y a pas de chapelier ici ni qui que se soit d'autre et je ne te proposerai pas de thé. Promis. Je veux t'aider, tu peux me faire confiance.

- Sidney... ?

Voilà un nom qui ne m'aide pas à l'identifier. Des Sidney, il y en a à la pelle dans les pays anglophones. Il me prend pour une dégénérée, j'en suis sûre. Il n'y a qu'à voir comment il me parle. Je secoue la tête, comme pour dire "non". Il ne comprend rien. Il est bête. J'ai mal à la poitrine. Mon cœur est comme dans un étau. J'ai un spasme. Je pleure. Je pleure de rage et de désespoir. Je me roule en boule, le visage dans les mains, les ailes autours du corps. Je me hais. Je me hais tellement. Je serre les mains sur mon visage. Mes griffes me blessent le front et les joues. Mais je m'en fiche. Il est stupide. Ils sont tous stupides. Il faut me tuer !

- De l’eau citronnée, hn, j’aime beaucoup ça.

Je lève la tête vers Sidney. Il semble avoir les cheveux en feu. C'est plutôt beau, mais pourtant sa rousseur fait naitre en moi un malaise inconnu. Comme si ça me rappelait quelque chose de mauvais. Mais quoi ? Un souvenir à Monster ? Alors je ne veux pas m'en souvenir.

- Pas toi ? Ma mère et moi on en buvait jusqu’à en avoir mal au ventre les jours de grandes chaleurs. Je crois que c’est ma boisson préférée.  

Je le regarde en pensant très fort "c'est cool pour toi..." Qu'est-ce qu'il attend pour faire comme tout le monde ? À coup sûr sa gentillesse cache quelque chose. Le Chapelier aussi était très gentil. Il m'a amadoué pour que je boive son thé, pour que j'exauce ses désires morbides. Non, pour que Monster les exauce. Sidney boit une gorgée de sa boisson. Je sais ce qu'il essaie de faire : il tente de me convaincre que cette boisson n'est pas dangereuse. Mais le Chapelier buvait son propre thé. Et si le verre est empoissonné, ce type pourrait très bien en être immunisé ou un truc du genre.

- Tu es sûr de ne pas vouloir y gouter ?

Je ne peux m'empêcher de répondre en étant sur la défensive. Avec un air de défit... Mais je suis pourtant terrifiée et toujours aussi faible.

- Jamais de la vie...! Le Chapelier buvait sa propre drogue, alors c'est pas en buvant dedans que vous allez me convaincre... Vous feriez mieux de me tuer...

Il me tend son plateau de gâteau, je recule doucement en réponse. C'est tentant... Mais s'il refuse de me tuer, mourir de faim sera ma seule solution. Enfin, si j'arrive à résister à la faim. Je préfère encore manger les trucs que mes rats me ramènent. D'ailleurs, il est où mon joyeux trio des égouts ? Je les cherche du regard. Ils sont nul part... ma seule compagnie... Est-ce que je réussirais à les retrouver dans les égouts ? Peut-être... si je retourne à l'endroit où on était.

- C’est quoi ton nom ?

- Stella... Ma réponse est automatique. Stella Peter...

Son regard ne me quittait pas. Je suis mal-à-l'aise. Je dois le dégouter. Je me dégoute moi-même. Je suis sale et monstrueuse. Je n'ai rien à faire dans ce monde. Je ne peux m'empêcher de bénir l'absence de Monster. S'il avait été là, il aurait très certainement voulu faire du mal à ce qui pourrait être mon sauveur. Si seulement j'arrivais à le convaincre de me tuer. Je songe à l'attaquer. S'il se sent en danger, il répliquera. C'est obligé. Mais s'il ne me tue pas ? S'il en profite pour me faire souffrir plus encore ? J'en ai marre d'être une victime. J'aimerais tellement baffer le prochain qui voudra écrire mon destin à ma place.

- Le chapelier t’a fait du mal ? As-tu fais du mal à quelqu’un contre ta volonté ? Il t’a forcé ?

Je pince les lèvres. Je ne veux pas répondre à ça. Non, plutôt... Je ne veux pas me souvenir de ce qu'à fait Monster. Je ne veux pas... Qu'il me tue, bon sang ! N'importe qui m'aurait déjà tué, qu'attend-il ? Que je baisse ma garde pour mieux me blesser ?... Et si... Oui... Un plan "machiavélique" nait dans mon esprit. Prions pour que ça marche.

- Il ne m'a forcé à rien du tout. Toutes mes atrocités que j'ai commises j'ai pris plaisir à les faire ! Ma voix est tremblante. Je doute qu'il gobe mon mensonge ainsi. Tremblante comme une feuille morte, incapable d'avoir l'air sûre de moi, je me contente de prendre un air de défit. J'ai juste foiré à la dernière mission qu'il m'a confié et me l'a fait payer cher. C'est tout.

Le menton levé, le regard franc, les mains tremblantes... Malgré moi, mon regard déborde d'espoir. Mon regard trahi mon mensonge encore plus efficacement que les tremblements de ma voix et de mon corps. Et mon regard... il dit ça : tue-moi, pitié ! Crois mon mensonge et ôte-moi la vie ! Ça me soulagerait tellement...


Dernière édition par Stella Peter / Monster le Ven 13 Juin - 3:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mar 10 Juin - 22:53




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney se gratta l’arrière du crâne dans air franchement embêté. Sa mère ne lui avait jamais appris comment aider quelqu’un dans un état pareil. Il aurait fallu d’ailleurs des tests pour savoir ce qui l’a rongeait vraiment. La drogue du chapelier n’était peut-être qu’une partie du problème. Elle pleurait et le rouquin couinait en la voyant faire. Elle se faisait du mal. Il fit un geste pour la stopper avant de reculer ses mains. Elle ne voulait peut-être pas qu’on la touche et peut-être qu’elle allait le mordre s’il tentait cela. Il dériva la conversation sur l’eau citronnée et sa mère pour lui faire penser à autre chose. Des ailes, elle avait des ailes. Qu’est-ce qu’elle était exactement ? Plus qu’une femme en tout cas, c’était certain. Elle refusait catégoriquement de boire et de se nourrir. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé avec le chapelier mais elle ne lui ferait certainement pas confiance immédiatement. Il soupira doucement en jouant avec une mèche rousse.

- Hn, tu ne m’aides pas vraiment là, mais je comprends. Tu ne me connais pas, c’est tout. Il eut une petite idée innocente. Tu veux que je te conduise à l’évier ? Ou dans la salle de bain ? Je ne pense pas que le chapelier ou qui que ce soit d’autre soient assez malin pour empoisonner les réserves d’eau. Et ça fait deux fois que tu me parles de te tuer, je t’ai sorti des égouts, pourquoi je le ferais ?

Il haussa doucement les épaules avec un sourire un peu plus peiné cette fois. Elle ne souhaitait donc pas vivre ? Pour quelles raisons ? N’avait-elle pas dis être innocente juste avant ? Il essayait réellement de la comprendre, de comprendre tout ça. Pourquoi les meurtres ? Pourquoi était-elle rouge ? Pourquoi elle avait si peur ?

- Stella alors, joli nom ! Ça veut dire étoile en latin. Il eut un moment de blanc avant qu’il ne poursuive. Sidney Werner, enchanté.

Il allait devoir cesser de donner son nom à toutes les jeunes femmes égarées mais elle ne lui faisait pas confiance. S’il voulait des réponses, il allait devoir se montrer plus honnête envers elle. Il finit par déposa le plateau au sol, voyant qu’elle ne voulait rien. Il allait devoir essayer autre chose pour l’hydrater, mais quoi ? Ses pensées se stoppèrent d’un coup lorsqu’elle annonça avec une force toute nouvelle qu’elle était responsable des atrocités commises et qu’elle ne regrettait rien. Le visage de Sidney se fana aussitôt et il sa leva lentement. Elle tremblait de tout son corps. Il la regarde une nouvelle fois dans les yeux avant de pousser un long soupire qui cachait un certain agacement.

- Tu as dit tout à l’heure que c’était, hn.. Jabberwocky ou Monster –je ne sais plus- qui était responsable. Tu n’as pas besoin de le protéger. Qu’a-t-il fait exactement ? Qu’as-tu vu ?

Il avait un peu de mal à la croire entièrement responsable de tout ça. Elle semblait si faible et bien incapable de faire du mal à la moindre mouche. Il préférait croire que quelqu’un l’avait poussé à faire tout ça. Se serait bien le genre de ce fou de Chapelier.

- Je ne compte pas te laisser mourir, ce n’est pas mon genre de sauver un être pour l’abandonner ensuite. Si tu ne veux pas parler, très bien, mais n’attend pas de moi à ce que je te fasse payer les crimes d’un autre. Tu n’es peut-être pas entièrement innocente mais tu m’as l’air davantage une victime qu’un monstre.

Il se dirigea vers une porte avant de l’ouvrir en grand à grand pas, la laissant sur ses mots. Le bruit de l’eau s’écoula doucement. Sidney préparait un simple bain pour son invité avec un soupçon de mousse. L’odeur des égouts, du vomis et des rats étaient sur elle et puis, cela lui permettrait de s’hydrater un peu car c’était davantage ça qui menaçait de la tuer que le roux. Il revient, sans aucun sourire. Il ne comprenait pas comment quelqu’un pouvait autant désirer mourir pour quelqu’un. Elle était peut-être plus humaine qui le croyait. Il n’osa pas la regarder cette fois, par pudeur et gêne.

- Hn, je ne sais pas si la baignoire est assez grande pour tes…euh.. ailes…  Mais un bain ne peut pas te faire du mal. Tu te sens capables de te lever ou je t’aide ?

Il s’accouda contre la porte menant à la salle de bain avec une expression contrarié.

- Il va falloir que tu manges un jour ou l’autre, tu le sais ça.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mer 11 Juin - 1:25

L'inconnu n'est pas très réceptif à mes supplices. Visiblement cet idiot m'a sorti des égouts par gentillesse. J'espère qu'il n'a pas causé sa propre perte. Il me complimente. Je rougis, c'est à dire que ma peau devient d'un rouge plus intense, un peu comme du rose foncé. Depuis de mon corps avait changé, je n'avais jamais rougi. On me complimente très rarement. Excepté Monster, personne ne l'a fait depuis longtemps. Ça ne m'empêche pas de tenter mon petit mensonge. À Sidney Werner. Werner me dit quelque chose. Dans le cadre du travail... Une entreprise dont l'influence augmente de plus en plus tous les jours. Est-il lié aux dirigeants de cette famille ?

Pour en revenir à nos moutons, mon mensonge sembla fonctionner. Le roux se fige. Son expression compatissante se fane sur son visage. Son regard se durcit. Enfin, la mort. Je la sens venir. Oui. Enlevez-moi la vie. Fataliste, je ferme les yeux. Vite... qu'on me tue vite. Avant que Monster ne revienne. Mais non. La mort se retire de nouveau à moi. Elle me nargue. C'est vicieux. En tout cas j'ai agacé Sidney. Mais pas suffisamment pour qu'il en veuille à ma vie... Dommage. Il pousse un long soupire agacé et je ne peux m'empêcher de baisser la tête d'un air coupable. C'est comme si j'avouais mon mensonge, mais je n'ai pas le courage de souffrir pour un mensonge.

- Tu as dit tout à l’heure que c’était, hn.. Jabberwocky ou Monster – je ne sais plus – qui était responsable. Tu n’as pas besoin de le protéger. Qu’a-t-il fait exactement ? Qu’as-tu vu ?

Le protéger ?! J'ai un mouvement de recul, comme si on m'avait frappé. Je suis choquée. Outrée. Protéger Monster ? Le protéger ?! Et puis quoi encore ?! Sûr de lui, énervé par mon mensonge, il continue.

- Je ne compte pas te laisser mourir, ce n’est pas mon genre de sauver un être pour l’abandonner ensuite. Si tu ne veux pas parler, très bien, mais n’attend pas de moi à ce que je te fasse payer les crimes d’un autre. Tu n’es peut-être pas entièrement innocente mais tu m’as l’air davantage une victime qu’un monstre.

Je secoue la tête. Je suis désespérée et outrée à la fois. Il ne comprend pas. Il ne comprend rien. Il ne sait rien. Une victime ? Oui, peut-être... Mais si je suis une victime alors Monster est mon tortionnaire. Et je ferais tout pour qu'il ne fasse plus souffrir personne d'autre que moi. Quand la victime et le monstre ne font qu'un, quand la victime est prêtre à mourir pour faire disparaître le monstre, n'est-ce pas un acte héroïque que de tuer les deux ? Je regarde ce dos massif s'éloigner à grand pas. Mon regard se perd dans le vide.

- Vous ne savez rien sur moi...

Je suis lasse de lutter. Combien de temps encore la vie va-t-elle me malmener avant de m'abandonner ? Je pousse un profond soupire. Au même moment de l'eau se met à couler dans la salle d'à côté. Une salle de bain ? Il se fait un bain ?... Peut-être que j'aurais le temps de sauter par la fenêtre alors ? Il faut que j'en trouve la force. Je me lève avec difficulté et me dirige vers la fenêtre en me tenant aux meubles et aux murs. Cette fois-ci je n'échouerais pas. Mais hélas une quinte de toux me stoppe dans ma progression. Elle dure, dure, dure... et me force à m'assoir – sur le lit. Lorsqu'enfin elle se calme, elle me laisse à bout de souffle, incapable de me lever.

- Hn, je ne sais pas si la baignoire est assez grande pour tes…euh.. ailes… Mais un bain ne peut pas te faire du mal. Tu te sens capables de te lever ou je t’aide ?

La voix me fait sursauter. Dans la position dans laquelle je suis assise, je suis dos à Sidney. Je ne le vois donc pas. Après une courte pause il enchaîne en disant qu'un jour ou l'autre il faudra que je me nourrisse. Non. Pas avec suffisamment de force mentale. Je laisse planer le silence. J'ai décrété que discuter avec ce type n'était qu'une perte de temps. Ça m'attriste, mais c'est la stricte vérité. Après un court soupire, je me décide à me lever de nouveau. Lentement, je me dirige vers la salle de bain. Je me tiens fermement aux meubles. Je ne le regarde pas. Une façon de dire sans mots "je peux me débrouiller seule". Lorsque je passe devant Sidney, je ne peux m'empêcher de m'arrêter pour le regarder. Le dévisager. Avec sévérité, désespoir et colère.

- … Vous le regretterez...

Après ces quelques mots, mon visage et mon regard n'expriment plus que lassitude et tristesse. D'un pas lent, je me dirige vers la baignoire. Et si je me noyais ? Oui, ça pouvait être une bonne idée. Pudique, j'attends que Sidney ait fermé la porte pour me déshabillée. C'est un véritable calvaire, qui me fait tousser à plusieurs reprises, mais je finis par y arriver seule. Ensuite je me glisse dans le bain. Quelle étrange sensation. Je ne suis pas allée dans un bain depuis si longtemps... Mon dernier avant que je meurs, j'espère. Mais comment me noyer rapidement ? J'ai un petit toussotement. Et c'est l'illumination. Lorsque je tousse, je ne contrôle pas lorsque j'inspire et expire. Je me met alors à me nettoyer énergiquement, jusqu'à provoquer une vilaine quinte de toux. Je me plonge alors la tête sous l'eau. Je suis sur le dos. J'ai pour réflexe de me retenir de respirer, mais la toux est plus forte. Fermement accrochée aux parois de la baignoire pour m'empêcher de remonter à la surface, à cause de l’instinct ou du roux, je bois allègrement la tasse. Est-ce enfin la fin ? Celle dont je rêve vainement depuis si longtemps ? Je l'espère.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mer 11 Juin - 11:56




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney avait eu un frisson lorsqu’elle avait prononcé ses mots. Un frisson d’angoisse qu’il garda pour lui. Elle semblait persuadée de cela. Peut-être avait-elle raison et qu’en la sauvant dans ses égouts, il avait réveillé des forces qu’il ignorait. Cependant, il était certain que s’il l’avait tué là-bas ou s’il l’avait laissé tomber, il s’en serait voulu. Il avait déjà tué, il n’avait aucun remord à ça car il savait ses gens coupables de crimes odieux mais ici, il ignorait qu’elle était le degré de responsabilité de Stella. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle avait besoin d’aide pour le moment. De son aide. Personne d’autre ne le ferait. Il imaginait les horreurs qu’avaient pu lui faire subir le chapelier. Il « travaillait » dans le trafic de femme un moment, avait-elle était plongé dans l’un deux ? Etait-ce son physique si particulier qui avait fait l’objet de convoitise malsaine ? Une colère sourde envahit son cœur. De la colère contre la créature rougeâtre qui était prête à mourir mais surtout, le salaud qu’il l’avait obligé à participer à un crime. Car oui, désormais, il était certain que quelqu’un était derrière tout ça. Ce Jabberwocky était peut-être un individu qui travaillait pour le chapelier ? Le jeune PDG se posait beaucoup de question mais il tentait de rester le plus neutre possible. Il ne voulait pas l’inquiéter davantage. Le temps des questions arriverait, pour le moment, c’est l’heure du bain. Il soutient son regard et lui répondit :

- Si tu le dis. Appelle-moi si tu as un problème. J’insiste.

Il referma doucement la porte derrière elle. Il rangea alors sa chambre, restant tout de même attentif aux bruits provenant de la salle d’eau. Il jeta un bref coup d’œil aux photographies puis poussa un profond soupire. Il espérait sincèrement ne pas faire de bêtise et il se demanda une nouvelle fois qu’elle aurait été la réaction de Laura si elle était là. Aurait-elle été fâchée ou l’aurait-elle soutenu ? Il se gifla intérieurement. Elle était morte. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Pour le moment, il suivait son instinct. Il devait l’aider. Il verrait par la suite. Il en profita pour se changer et porter une tenue plus correcte. Il n’allait pas rester avec ce costume sur le dos toute la journée. Il n’avait qu’un pantalon sur lui et une chemise non-boutonnée lorsque soudainement un drôle de bruit lui parvint. Il ne savait pas très bien ce que c’était, la porte étouffait le son. Il s’approcha doucement de la salle de bain et donna un léger coup à la porte.

- Stella, tout va bien ?
Il n’eut aucune réponse. Stella ? Stella, je rentre.

Il ouvrit avec prudence avant de se précipiter vers la baignoire. Il tira avec force pour la faire sortir de là, la secouant sans aucune délicatesse malgré sa résistance. Un autre genre de peur le posséda cette fois-ci. La crainte de la voir morte. Il se considérait comme responsable d’elle, il refusait de la laisser faire. Il ne la tuerait pas et il ne la laisserait pas mourir. Il frappa dans son dos, l’obligeant à tousser d’avantage pour faire recracher l’eau. Il le frictionna ensuite, une boule dans l’estomac. Il avait désormais un visage vraiment inquiet.

- Putain, Stella ! Mais qu’est-ce que tu fous ?! Allez, respire un grand coup. Bon sang, mais pourquoi tu fais ça, je veux t’aider et non t’enterrer ! Ne me fais plus jamais peur comme ça !

Il se fichait désormais bien qu’elle soit nue, tout ce qu’il voulait c’était qu’elle sorte de se bain et surtout qu’elle stoppe ses envies suicidaires. Bon sang, pourquoi était-si compliqué de sauver des vies ? Il grommela doucement, sentant son cœur reprendre un battement plus calme.

- Stella, tu restes dans ce bain et tu en profites ou bien tu sors. Dit-il d’une voix calme mais anxieuse. C’est en te laissant mourir que je le regretterais. Personne ne devrait vouloir mettre fin à sa vie… Il se leva doucement, Vraiment tu ne m'aides pas là.


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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mer 11 Juin - 12:58


L'appeler si j'ai un problème ? Mais je n'ai aucun problème. Je gère la situation. Tout se passe comme je le souhaite. L'eau entre dans mon estomac et mes poumons. Je sens ma conscience s'évaporer. Mais mon idylle s'efface de nouveau. Encore une fois la vie s'interpose entre la Mort et moi. Pourquoi tant d'acharnement ? Je tente de lutter, de rester sous l'eau. Mais je suis trop faible. Et lui... il est très musclé. Même au summum de la santé je ne pourrais pas le battre au corps à corps. Il réussit à me sortir du bain. Je continue de vouloir tousser, je tente de m'en empêcher. Mais des tapes dans le dos me font tousser de plus belle. J'ai même un haut le cœur : mon estomac vient d'évacuer l'eau avalée.

Une fois que j'ai recrachée toute cette eau salvatrice, mon "sauveur" me frictionne le dos. Je suis faible et tremblante. J'ai froid. Je suis très frustrée. À ce point ce n'est même plus de la frustration, c'est de la colère. Et l'autre débile qui est inquiet, qui ne veut pas m'enterrer. Mais enfin, ouvre les yeux ! Je suis un monstre ! Laisse-moi aller pourrir en enfer, bordel ! J'ai des larmes de rages qui passent inaperçues grâce à l'eau du bain qui ruisselle sur mon visage. Et sur mon corps... nu. Je croise les bras sur ma poitrine pour la cacher, je m'enrôle comme je peux dans mes ailes pour mieux cacher ma nudité, je crois les jambes et enroule ma queue autour de mon bassin. Je pousse un gémissement de désespoir. Mais merde, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter tout ça ?!

- Stella, tu restes dans ce bain et tu en profites ou bien tu sors. C’est en te laissant mourir que je le regretterais. Personne ne devrait vouloir mettre fin à sa vie… Vraiment tu ne m'aides pas là.

Je me tourne soudainement vers lui, le regard et le cœur brulant de haine. Imbécile ! Idiot ! Crétin ! Il s'est levé. Poussée par la rage, je me lève aussi pour lui foutre une baffe bien méritée malgré mon état. Elle claque très fort et mes griffes laissent des lignes rouges – des éraflures – sur sa joue. Je m'en veux aussitôt. Mais c'est trop tard. Ce qui est fait est fait. Et ma rage n'est toujours pas retombée. Toute cette colère, cette frustration, ce désespoir que j'emmagasine depuis que mon père m'a révélé ce qu'il m'avait fait. Mon propre père... j'en viendrais à ne pas regretter ce que lui a fait Monster. Mais d'un autre côté.. c'est mon père, bon sang ! Il voulait me soigner, et Monster a tout foutu en l'air ! Je le hais... Je veux mourir, merde à la fin !

- Espèce d'imbécile !! Il va revenir ! Il va te torturer, te violer puis te buter en riant comme, comme...

Je me passe les mains sur le visage. Mes mains tremblent, mes jambes ont du mal à soutenir mon poids. Je me passe les mains dans les cheveux. J'ai un hoquet. Mes larmes coulent à flot. Un peu calmée, je m'assois dans le bain. La tête dans les mains, les ailes m'entourant le corps, je me balance doucement d'avant en arrière.

- Quoi que... Monster serait capable de vous en être reconnaissant. Il se contentera peut-être que quelques éraflures pour s'amuser... Je le vois d'ici dire "merci d'avoir sauvé ma choupinette !" avec sa voix de merde... Ma voix... Mon... corps...

Je me replis un peu plus sur moi-même. Je pousse un nouveau gémissement. J'ai de nouveaux hoquets. Une quinte de toux qui m'énerve plus qu'autre chose. J'ai la gorge et les poumons en feu. Je tremble comme une feuille morte prêtre à se détacher de son arbre. La tête posée sur le genoux, mes mains enserrant mon cuir chevelus, je ne peux m'empêche de sangloter. Je suis pathétique. Incapable de me supprimer. Quelle conne je fais ! J'ai un frisson en me souvenant de flammes. Un souvenir de Monster ?... Provoqué par la tignasse rousse de Sidney.

- Je crois qu'il y avait du feu...

M'immobilisant, cette remarque s'échappe de mes lèvres en un souffle. Le souvenir se précise et je ne peux m'empêcher de pousser un cri.

- Oh mon Dieu ! Il a brûlé quelqu'un ! Il l'a brûlé vivant ! Oh mon Dieu ! Non...! Non...! Non ! Je ne veux pas avoir fait ça ! Non !

Mon estomac se contracte. Je vomis dans l'eau du bain. Je ne veux plus me souvenir de ce qu'il a vécu ! En me tuant, en l'éliminant... est-ce que ses souvenirs se sont déversés dans les miens ? Non, ce n'est pas ça... Je sais que l'on est toujours éveillé ensemble. Même lorsque je suis dans mon inconscient et qu'il est aux commandes, j'ai quelques flash de ce qu'il a fait... Lorsque je suis de nouveau consciente. Ça doit être ça. Moi je délirer, j'étais dans mon inconscient... et lui il continuait sa vie pépère... Oh mon Dieu, qu'a-t-il fait ?... Qu'ai-je fait ? C'est de ma faute ! Si seulement je n'avais pas cédé au Chapelier ! Si seulement je n'étais pas sortie faire les poubelles ce jour-là !


Dernière édition par Stella Peter / Monster le Mer 11 Juin - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mer 11 Juin - 18:38




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Une douleur vive lui parvient sur sa joue. Il ferma les yeux sur le coup avant de glisser une main sur la blessure. Il apporta ses doigts sous yeux et aperçut quelques gouttes de sang. Le message était clair. Il ne fallait pas fâcher la dame, elle avait des griffes et des crocs. Il releva les yeux vers Stella avec une expression assez triste. Elle ne voulait pas être sauvée ? Non, cela semblait plus compliquer que ça. Furieuse, elle se mit à lui crier dessus. Le rouquin rentra sa tête dans ses épaules, comme si on lui faisait un sermon. Etait-ce vraiment de la colère au final ? S’il en jugeait ses propos, la peur parlait aussi à travers sa bouche. Ce Monster était si effrayant que ça ? Il se maudit intérieurement. Pour laisser autant de cadavre mutilé, sans doute que oui.

- Revenir ? Qui ? Tu parles de Monster ? Comment pourrait-il savoir où on se trouve ? Tu es en sécurité ici, je t’assure. Les risques, je les prends. Personne ne peut entrer ou sortir sans le mot de passe. Vraiment, tu n’as pas à t’en faire !

Il prit une grande serviette qu’il déposa sur les épaules de Stella avec un petit sourire compatissant. Il allait devoir lui trouver des vêtements. Les siens feraient l’affaire mais pas très longtemps. Il était bien plus costaud qu’elle et même avec une ceinture, il n’était pas certain que ça lui aille. Il ne comprenait pas trop où elle en voulait en venir, alors il se remit à genou devant elle, pour être à sa hauteur.

- Stella, je n’ai pas peur. Lui souffla-t-il à voix basse.

Il l’écouta doucement. Elle semblait vouloir se confier. Sans doute pour lui faire comprendre la gravité de la situation mais Sidney, le pauvre et naïf Sidney, ne voyait qu’une jeune femme étrange qui avait besoin d’aide. Les problèmes, il n’en avait cure. En faites, il se pensait suffisamment fort pour les combattre. Il avait responsable de Stella alors il ferait ce qu’il faut pour la protéger. Pourtant, ce qu’elle lui raconta lui glaça le sang. Quelle espèce d’homme serait capable d’autant d’horreur ? Incendier un homme, c’était monstrueux. Il tenta de la calmer mais il ne parvient à rien. Le souvenir semblait si bouleversant que même son corps ne put le supporter. Elle vomit encore. Cette fois, s’en était trop. Il attrapa les épaules de la jeune femme et l’obligea à sortir du bain et il se planta devant elle, la regardant dans les yeux.

- Tu n’y es pour rien, ok ? Stella, c’est lui qui a fait toutes ses horreurs, tu es une victime. Tu comprends ? Une victime. C’est lui qui doit payer, pas toi. Il s’obligea au silence avant de soupirer. Je vais te chercher des vêtements à moi.

Il partit en courant et revient tout aussi rapidement. Il les déposa sur un des meubles en se demandant comme il allait bien faire pour les ailes de la jeune femme. Elles étaient assez imposantes après tout. Il allait peut-être devoir couper le tissu. C’est ce qu’il entreprit de faire tout en parlant à la jeune femme.


- Je m’occupe de tout ce qui est sécurité, il n’y a pas d’endroit plus sûr que chez moi. Monster est incapable de rentrer dans cette maison. Et s’il jamais il y arrive, je te défendrais ! C’est mon travail, ma responsabilité. Je l’obligerais à ne plus te faire faire ses choses-là. De gré ou de force.

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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 12 Juin - 12:45

Ce type est vraiment impossible ! Oh, sa maison est donc une forteresse ? Génial ! Monster s'en servira sûrement pour ralentir l'arrivée des secours et prendre le rouquin en otage ! Sidney me fait sortir du bain après m'avoir mis une serviette sur les épaules. Je continue de cacher mon corps monstrueux avec mes ailes et ma queue. Lui, il continue d'essayer de me convaincre que je crains rien. Il semble se croire suffisamment fort et intelligent pour pouvoir déjouer Monster. Pauvre petit naïf... Il se force, gentiment, à garder le silence. Soit. Je ne dirais rien. Je ne dirais rien. J'ai une meilleure idée. Ici ça m'a l'air plutôt moderne, je suis certaine qu'il y a un ordinateur quelque part... Je vais pirater Arkham.

Enfin il me laisse seule. Pour aller chercher des vêtements je crois. Je regarde la salle où je suis en toussant légèrement. Il y a deux portes. L'une mène à la chambre... et l'autre ? Je n'en sais rien. Je décide de l'ouvrir pour voir. Je vois un salon... et un ordinateur. J'ai un grand sourire. Mais c'est parfait ! Je me glisse silencieusement dans le salon, laissant une trainée d'eau derrière moi. Je condamne la porte avec une chaise en me disant que ça ne va certainement pas le ralentir très longtemps. En même temps, je l'entends qui continue de parler. Sa voix est étouffée par la distance et la porte, mais je l'entends plutôt bien. Je mon côté je ne fais pas beaucoup de bruit.

- Je m’occupe de tout ce qui est sécurité, il n’y a pas d’endroit plus sûr que chez moi. Monster est incapable de rentrer dans cette maison. Et s’il jamais il y arrive, je te défendrais ! C’est mon travail, ma responsabilité. Je l’obligerais à ne plus te faire faire ses choses-là. De gré ou de force.

J'ai un ricanement las et ironique. Incapable de rentrer ? Mais il est déjà à l'intérieur. Quelle douce et amère ironie. Mais je vais lui montrer ce qu'il refuse d'entendre. Je suis sûre que je peux pirate Arkham et trouver des trucs sur moi. Mon profil psychologique. Peut-être même des vidéos, qui sait ? Sans un bruit, sans un mot, je me précipite vers l'ordinateur. J'essaie de m'assoir sur la chaise... en vain. Mes ailes et ma queue m'en empêchent. Je n'ai pas le temps, je décide de rester debout. J'allume l'ordinateur. Allez, allez. Je n'ai pas des heures devant moi ! Enfin, il s'allume. Aïe... un mot de passe. Et je n'ai rien pour le craquer. Je pousse un soupire blasé.

Eh bien tant pis... N'ayant rien d'autre à faire en attendant que Monsieur Crâne-Enflammé me rejoigne, je cherche un moyen pour m'assoir sur la chaise. Après plusieurs essaies infructueux, je finis par trouver la bonne position : le dossier contre le ventre, les ailes enroulée autours de moi et du dossier, la queue qui se balance doucement de droite à gauche. C'est alors que je me rend compte que la chaise... tourne. Je me fais donc doucement tourner en utilisant ma queue pour me faire tourner. En poussant sur le sol. Je ne pensais pas avoir suffisamment de force dans ce membre pour me pousser.

L'effort et le vent me fait tousser, aussi j'arrête. Juste à temps pour que Sidney me vois tourner de plus en plus lentement en toussant allègrement. Lorsque la chaise est enfin à l'arrêt, je le dévisage d'un air las et ronchon. J'ai les ailes qui cachent ma nudité, la serviette protège la chaise de l'humidité, mes mains sont croisés sur le dossier et j'ai le menton sur mes mains. Je le regarde un instant avant de donner une petite impulsion de la queue. Je me tourne ainsi vers l'ordinateur.

- Mot d'passe...

Ma voix est automatique. Comme sans vie. On sent ma lassitude, mon agacement, mon exaspération dans ma voix. Je ne suis pas en forme. Je suis fatiguée, je suis malade. Je veux mourir pour empêcher Monster de faire du mal à nouveau mais personne ne m'aide à en finir. Au contraire. On me met des bâtons dans les roues. C'est toujours pareil. Lorsque ce n'est pas Monster en personne qui m'empêche de me suicider, c'est ma famille ou de parfaits inconnus. Qu'est-ce que la vie a de si bien pour qu'on m'empêche de la quitter, bon sang ?! C'est vrai que les cons, les problèmes et tout le bazar c'est grave le pied ! C'est aussi un réel plaisir de vivre dans la ville la moins sûre du pays, ou encore d'avoir été transformé en monstre par son propre père !...

Bande de débiles. Un jour vous comprendrez, tout comme j'ai compris, que la vie c'est juste une grosse bouse de vache. Et on rampe dedans, tels des asticots. D'autres virevoltes au dessus et s'en nourrissent, tels des mouches... d'autres encore l'utilise pour améliorer leur confort personnel, tel les bousiers, et nous devrions tous être heureux de vivre ! Pouah... Je suis physiquement encore plus dégueulasse que le Joker, personne ne veut de moi et personne ne voudra jamais de moi. Je suis un monstre... un monstre d'une naïveté à crever. Et je suis aussi un fléau pour les autres... Je l'ai toujours été. Si les gens se rendaient compte de l'ironie de la vie, et de ce qu'ils font aux autres – moi y compris... Je suis sûre que le monde serait bien plus agréable à vivre. On essayerait de se sortir de la merde. Et on pourrait alors vraiment savourer la vie. Mais ce n'est pas le cas. Ce ne le sera jamais. Et je ne suis pas suffisamment forte pour leur ouvrir les yeux à tous... je préfère mourir pour ne plus faire partie de cette mauvaise blague.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 12 Juin - 15:32




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney parla et parla encore tout en s’acharnant sur le vêtement. Il avait certes fabriqué son costume mais ça ne faisait pas de lui un styliste. Il avait quelques difficultés, se demandant quel genre d’ouverture devait-il faire pour laisser les ailes libres de leur mouvement. Une large sans doute. Le but n’était pas de lui priver de ses… ailes. Elle risquait de le mordre s’il faisait ça. Elle pouvait donc vraiment voler ? Cela lui semblait dingue.

Il finit par y arriver après moult essais et présenta le vêtement avec une immense satisfaction à… personne. Elle en avait profité pour quitter la salle de bain sans l’attendre. L’homme à la chevelure enflammée tourna sur lui-même comme un imbécile avant de sortir et de se diriger vers le salon. La deuxième porte ne pouvait que mener là. C’est là qu’il retrouva son invité en train de tourner sur la chaise de son bureau. Il l’a regarda faire avant de rire doucement et même d’avantage lorsqu’elle le regarda avec un air boudeur. Ce n’était pas du tout moqueur, plutôt attendri. Il s’approcha d’elle. « Mot de passe », elle voulait un accès à l’ordinateur ? Il se demandait vraiment si c’était prioritaire. Se nourrir et s’habiller devraient l’être, non ? Cependant, la curiosité le poussa à l’aider. Sans un mot, il déposa les vêtements sur la table la laissant libre de s’habiller et tapa d’une main rapide sur le clavier pour un mot de passe atrocement simple si on le connaissait suffisamment. Il s’agissait du prénom Laura et de la date de leur rencontre.

- Voilà, tu peux maintenant. Qu’est-ce que tu cherches ? Tu devrais plutôt manger ou te reposer, non ?

Il alla dans le côté cuisine de l’autre côté de la pièce. C’était une cuisine ouverte et seul un bar séparait les deux espaces lui permettant d’observer sans peine Stella qui utilisait l’ordinateur. Il remplit un verre d’eau et le lui apporta –il ne lâcherait pas le morceau. Où voulait-elle en venir ? L’avait-il vexé ou était-elle curieuse ? Le pauvre homme ne comprenait décidément pas la situation et peut-être qu’au fond, il ne voulait pas la comprendre. Soudain, ce qui s’afficha sur l’écran le laissa dès plus perplexe. C’était bien ce qu’il voyait ? L’écran d’accueil du site internet de l’asile d’Arkham ? Il l’a regarda, complètement perdu. Quel intérêt à faire ça ? Quel été le but ? Bon, c’était désormais clair que ce n’était pas une pauvre créature échappé dans les égouts. Elle parlait parfaitement, elle savait utiliser internet. Qui était-elle réellement ? Sidney était désormais de plus en plus intéressé par son histoire et.. inquiet aussi. Il se demandait dans quoi il s’était embarqué. Ce qui était certains, c’est qu’il ne voulait pas retourner en arrière. Il assumait et puis quel genre d’homme ou de héros serait-il s’il l’abandonnait ?

- Mais où est-ce que tu veux en venir Stella ? Dit-il tout bas.



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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 12 Juin - 18:39

- Voilà, tu peux maintenant. Qu’est-ce que tu cherches ? Tu devrais plutôt manger ou te reposer, non ?

R'oh ! Mais qu'il aille se faire voir avec sa fausse gentillesse ! Je décide de ne rien répondre. D'un impulsion de la queue, je fais rouler la chaise jusque devant le clavier. Du bout des griffes, je commence par chercher le site d'Arkham, l'asile de Gotham. Sidney, qui était parti faire... Je ne sais pas quoi, revient avec un verre d'eau. Il regarde mon écran et marmonne dans sa barbe... Barbe qu'il n'a pas d'ailleurs. Il est rasé de près. Je regarde son verre. Il compte me laisser tranquille ?... Sans doute que non, il a l'air bien borné ce garçon. Bon, pour qu'il me fiche la paix je vide son verre puis je continue mes magouilles informatiques.

Ça va faire un an que j'ai pas vu un ordinateur, mais je reprends très vite mes marques. Dès que je suis lancée, j'oublie la présence de Sidney. J'oublie que je suis malade et vraiment mal en point. C'est comme si ma passion me faisait revivre. Je tape avec plus d'assurance. Seule ma toux me force à me stopper de temps à autre. Il ne me faut guère plus d'un quart d'heure pour entrer dans le système. Ensuite, je trouve ce que je cherche très rapidement. Qu'est-ce que je fais en premier ? Je lis quelques rapports, oubliant que la rouquin peut lire par dessus mon épaule, en même temps que moi. Ce que je trouve, ce n'est pas vraiment intéressant. Il n'y a pas les comptes rendus de ma psy. Comment elle s'appelait déjà ? Ah oui, Quinzel ! Je tape son nom, et je découvre ainsi qu'elle n'est plus psy et qu'elle a rejoint le clan des fous. Je reste silencieuse à regarder l'info pendant de longues secondes.

- … Ah... Ma psy est devenue tarée... Génial...

Je secoue légèrement la tête et change de sujet. Enfin, de lien. Je passe aux séquences vidéos. Y a-t-il des enregistrements de mes séances ou quand j'étais dans ma cellule ? Ouais, j'en trouve quelques unes. Bon alors... par quoi commencer ?... Le début ça m'a l'air pas mal. Je met en route la vidéo de mon premier séjour dans ma cellule. Une journée dont, d'ailleurs, je n'ai strictement aucun souvenir. Enfin, si, mais ils sont très flous et je sais juste que je me suis taillée les veines. Je lance la vidéo en me disant que j'étais sûrement assommée de médoc'... Mais hélas... Je me vois entrer, encore humaine, en simple tenue, dans une chambre. Je suis en compagnie d'un infirmier auquel... je fais les yeux doux ?! Derrière mon écran, je fais les gros yeux.

- Tu sais, je ne suis qu'un peu violente... Et puis, ils ont tenté de la... de me violer...

- Mais bien sûr... répond l'infirmier d'un air peu convaincu.

Je me vois prendre un air attristé.

- Je vois... Je comprend... Vous êtes comme les autres...

- Mais bien sûr...

Visiblement l'infirmier en a rien à secouer. C'est bizarre, le visage de ce type ne me dit rien du tout.

- En fait vous vous en fichez que ma puce ait pu se faire souiller par trois gros cons dégueulasses... Chuis bien content de les avoirs éborgnés et castrés... Héhéhé...

J'ai comme l'impression que l'infirmier n'écoute pas un mot de ce que mon double pixelisé lui dit. Et j'ai comme un mauvais pressentiment... Car c'est Monster qui lui parle. L'homme tourne le dos à Monster pour s'occuper d'un truc. Avec la vitesse d'un cobra qui attaque, Monster se jette sur le pauvre infirmier et l'assomme contre le mur. Il cogne plusieurs fois la tête de l'infirmier contre le mur, jusqu'à ce que le mur soi taché de sang. Après, il récupère ses yeux et les met dans sa bouche. J'ai un haut le cœur.

- Hum ! Délichieux ! fait-il avant de recracher les yeux dans sa main. Décidément il n'y a rien de meilleur au monde que de sucer des yeux ! N'est-ce pas ma pupuce en sucre d'orge ? Ça te dit d'avoir des boucles d'oreille en yeux ? Oh, tu serais tellement beeeeelllle ! Tu es la plus belle femme du monde ! Je t'aime et je te protègerais ! Aller, on se casse ? Tu n'as rien à faire ici. Et moi j'ai des policiers à torturer !

Le sourire extatique de mon double pixelisé se fane. De la joie folle et malsaine qui animait son visage, son expression passe à la terreur et l'horreur. Un cri d’effroi s'échappe des lèvres de mon double. Je me vois jeter les yeux par terre en continuant de hurler. Puis je vois l'infirmier et je hurle de plus belle. Derrière mon écran, j'ai du mal à me retenir de vomir. Juste avant de céder à mon envie, je me vois prendre un je-ne-sais-quoi sur la table et me couper les veines des deux poignées. Je ne vois pas la suite, mais je l'entends et la devine.

- OH PUTAIN ELLE S'EST TAILLÉE LES VEINES !! Quelle conne !! AU SECOURS !!! JE VEUX PAS QU'ELLE MEURT ! JE L'AIME TROP !!

Je devine alors ce qui se passe ensuite : des membres du personnel accours pendant que Monster compresse mes taillade contre des couverture. Je ne supporte pas plus d'entendre sa voix. Ma voix. Je ferme la vidéo. Un peu sous le choc, je regarde mon vomi à mes pieds. Je prend de profondes inspirations puis me tourne doucement vers Sidney.

- Je vous présente Monster... Que le Chapelier appelle le Jabberwocky. Juste avant que je me... que je... devienne... autre chose...

Cette fois-ci j'espère que le message est bien clair. Celui que je crains est déjà entré. En fait... Il est en moi. Il compte faire comment pour me soigner de moi-même ?
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 12 Juin - 20:24




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney avait les yeux rivés sur l’écran, essayant de lire le plus vite possible les mots qui défilaient sous ses yeux. Il s’agissait ses rapports des psychiatres d’Arkham sur leur patiente. Il semblait que Stella ait été suivis par eux sur une période assez importante à cause de.. trouble de la personnalité ? Le terme « Monster » apparaissait clairement et le rouquin commençait doucement à se faire une idée de la chose même si tout son être essayait de repousser cette idée. Cette créature si vulnérable qu’était Stella cachait en réalité.. non ! Impossible ! Pourtant la réalité était sous ses yeux, sur l’écran noir. Il ne réagit même pas quand elle parla de sa psychologue devenue folle, se contentant de lire, la bouche ouverte dans une expression complètement perdue. Le pire arriva quand Stella démarra une vidéo. Il vit alors une jeune femme totalement normale, presque mignonne si on oubliait qu’elle portait une tenue de psychiatrie. Une petite blonde accompagnée par un infirmier qui avait l’air d’être le plus vide du monde. La jeune femme parlait –c’était Stella apparemment, ce physique rougeâtre était tout nouveau. Elle était bizarre, ses phrases étaient tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Le pauvre gars semblait s’en foutre malgré les paroles de la blonde qui semblait vouloir expliquer ses crimes. Elle avait manqué d’être violé… Sidney fut pris de compassion avant de d’écarquiller les yeux. Il avait bien entendu ce qu’il avait entendu ?

- En fait vous vous en fichez que ma puce ait pu se faire souiller par trois gros cons dégueulasses... Le monster avait pris le contrôle visiblement. Chuis bien content de les avoirs éborgnés et castrés...

Sidney qui avait le dos vouté pour mieux regarder l’écran, se redressa lentement. Une boule d’angoisse se formait aux creux de son estomac, lui tordant les intestins en le suppliant de fuir ou de la frapper. Cependant, ce n’était rien comparé à ce qu’il l’attendait. BOOM, la tête vient se cogner contre le mur et l’homme ne bougea plus. BOOM encore. BOOM encore. L’homme était mort, et une trainée de sang se trouvait désormais sur le mur parfaitement lisse. Sidney fut parfaitement immobile, les membres crispés. Il ferma les yeux lorsque la jeune femme mit les yeux dans sa bouche. C’était horriblement malsain et violent et la voix de la femme résonnait dans ses oreilles. Elle semblait ravie. Sidney savait que ce n’était pas vraiment elle, qu’elle n’était qu’une victime, qu’elle était malade mais s’en était trop pour lui. Il se résolut à garder les yeux clos, écoutant cependant toujours. Il ne réagit même pas en entendant Stella vomir à leur pied. Il était bien incapable de bouger à cet instant. De nouveaux cris, différents cette fois-ci. Le ton était terrifié et horrifié même. Monster aimait Stella, il l’aimait atrocement et le fait qu’elle se coupe les veines pour en finir ne fit que le rendre davantage fou. Il ne voulait pas la voir mourir. Si Sidney se battait pour l’empêcher de se suicider par compassion. Monster le faisait avec un amour malsain. Le son finit par s’effacer et Sidney ouvrit de nouveau les yeux, regardant l’écran vide.

- Je vous présente Monster...
- Enchanté espèce d'enfoiré, fit Sidney dans une tentative de sarcasme malgré sa voix éteinte.

Il l’écouta en silence, visiblement très contrarier parce qu’il avait vu. Il comprenait désormais. Le véritable montre ne pouvait être vaincu par les poings, car il se trouvait à l’intérieur de Stella. Comment vaincre un meurtrier si celui-ci se trouvait à l’intérieur même d’une innocente ? Fallait-il vraiment la tuer ? L’idée le frôla dangereusement, testant toute la bonté d’âme qu’il pensait avoir. Aujourd’hui, il faisait face à un test. Un test dès plus sadique dont les règles étaient pourtant atrocement simples. Il passa une main sur son visage en expirante toute l’air contenu dans ses poumons, comme s’il avait voulu hurler à la place.

- Et.. Monster.. Où est-il actuellement ? Il m’entend ? -si c'est le cas, t'es un connard- Tu le… sens là ? Sa voix étaient hésitante, il peinait à trouver ses mots. Si j’avais su que j’aurais affaire à ce genre de criminel dans ma vie de super-héros, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Il eut un rire jaune.

Il posa finalement ses yeux sur Stella. Il la voyait toujours comme une jeune femme qui avait besoin d’aide mais désormais, le doute s’insinuait en lui. Pouvait-elle l’égorger dans la nuit ? Il déposa ses yeux sur ses poignets rouges.

- Ca n’explique pas comment tu es devenu comme ça… Je veux dire, tu étais humaine, je veux dire totalement humaine.. Ta peau, tes cheveux… Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il s’assit sur la table, chassant ses pensées qui grouillaient à l’intérieur de son crane comme de petits insectes. Ses jambes se balançaient doucement et il termina enfin d’attacher sa chemise. Son visage était visiblement contrarier mais ses yeux trahissaient une grande douceur. Il ne se sentait pas capable de faire ce qu’elle souhaitait qu’il fasse. La tuer ? Mais elle n’était même pas consciente de ce qui se passait ? Comment un être qui semblait si vulnérable pouvait cacher un fond si noir et mauvais. Il ne tuait même pas pour se défendre, ou du moins pas toujours. Ce monster avait dit vouloir torturer et il riait même ! Il ne pouvait même pas imaginer ce que Stella pouvait ressentir mais il comprenait mieux cette envie d’en finir. Cependant, il ne pouvait pas concevoir de la laisser faire ou de le faire lui-même. Il voulait être juste !

- Stella, comment veux-tu que je te tue alors que tu n’es même pas responsable de tes actes… Chuchota-t-il. Il la regarda et dit plus fort. Je ne veux pas tuer une innocente.

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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Ven 13 Juin - 1:10

- Je vous présente Monster...

- Enchanté espèce d'enfoiré.

Son commentaire me fait légèrement buguer sur le coup. Je suis surprise et... amusée. Mais je ne suis pas totalement remise de la vidéo, aussi je me contente d'un furtif sourire surpris en détournant le regard. Cette fois-ci, Sidney sait tout. Enfin, presque. J'espère qu'il va me tuer... ou au moins me laisse me suicider. Il a l'air contrarié. Est-ce que ce sera suffisant ? J'ai l'impression de lui avoir fait du mal... Déjà qu'il a des égratignures par ma faute... Voilà que je vais me sentir coupable maintenant. Je me mordille la lèvre inférieure d'un air inquiet et désolé. Désolée. Voilà un mot qui aimerait passer mes lèvres. Mais je me retiens. Ce n'est pas facile. J'ai le ventre noué.

Je devine ce qu'il ressent, je crois. Il est crispé. Comme les nerfs à vif, je suppose. Tendu, bouleversé. Il a sauvé un méchant. Peut-être qu'il s'en veut ? Peut-être qu'il se rabaisse, qu'il se dit qu'il est un piètre sauveur... un piètre... héros, peut-être ? Il avait un drôle de costume tout à l'heure... Peut-être que c'est un justicier de la nuit ? Oh, non... je ne veux pas qu'il abandonne ça pour moi. À moins que... et si Monster lui avait fait des choses ? Ou à des gens qu'il apprécie ? Je m'en veux encore plus. Il pousse un soupire plein de souffrance. Je suis peinée. J'ai envie de poser ma main sur son épaule pour le réconforter, de lui dire que tout va bien se passer... Mais j'ai la main d'un monstre. Et si Monster lui a fait du mal... Il ne voudra pas que je le touche. Je suis décidément bonne à rien...

- Et.. Monster.. Où est-il actuellement ? Il m’entend ? -si c'est le cas, t'es un connard- Tu le… sens là ?

Je ne peux pas m'empêcher de pouffer de rire cette fois-ci. Il me prend pour une sorte de talkie-walkie, ou quoi ? En tout cas je veux bien servir de répondeur si c'est pour insulter Monster. Ça me touche. Ce n'est pas à moi qu'il s'en prend, mais vraiment au démon à l'intérieur de moi. C'est gentil. C'est... mignon. Je n'en ai pas l'habitude.

- Non, il n'est pas là... Je l'ai tué... temporairement. C'est pour ça qu'il faut que...

Je me tais. Il sait la suite. C'est pour ça que je dois m'éliminer maintenant. Avant qu'il ne revienne... et qu'il m'en empêche. J'ose espérer que maintenant ce petit héros à la chevelure flamboyante me comprendra et me laissera partir. Un petit héros qui, visiblement, regrettait d'avoir choisi cette vocation. Je ne peux m'empêcher de réagir aussitôt, moi qui ai toujours aimé les super-héros et qui souhaiterais en être un.

- Oh..! Non…! Il ne le faut pas… C'est… C'est une merveilleuse voie que vous avez décidé d'emprunter. Moi même si je le pouvais… je… Je pousse un soupire en baissant brièvement les yeux. Je me sens rougir de nouveau. Mais de toute façon, je ne le peux pas, alors. On ne peut pas tous réaliser nos rêves d'enfance…!

J'ai un sourire fataliste et un haussement d'épaule. Un haussement d'épaule qui me fait tousser. J'ai froid. Je jette un coup d'oeil aux vêtements. C'est vrai, je suis nue... et pourtant, je suis tellement... inhumaine... que je ne suis pas sûre que ce soit bien perturbant. Sidney pose les yeux sur moi et je ne peux pas m'empêcher d'avoir honte, de baisser la tête... Et mon "désolée" passe faiblement mes lèvres. Je m'en veux aussitôt d'avoir échappé cette excuse. C'est alors que la question qu'il ne faut pas poser est posée. Il me demande... comment je suis devenue... ce que je suis. Je pince les lèvres. Je fixe le sol. Je n'ai pas spécialement envie d'en parler. Et en même temps je me sens en confiance avec lui. Bien plus qu'avec le Chapelier et bien d'autres. Un peu comme si j'étais avec ma famille...

- À votre avis...?

Voilà tout ce que j'accepte de révéler. Parler de mon père... c'est trop me demander pour l'instant. Je ne m'en suis pas vraiment remise. Et puis, ça risquerait d'attendrir Sidney et il n'aurait plus le courage de faire ce qui doit être fait. Le silence passa. Le pauvre était bouleversé. Je ne peux m'empêcher de me lever de ma chaise, doucement, le regard attristé. Je suis sûre pourtant qu'il finira par prendre la bonne décision. Jusqu'au moment où il brise le silence d'un chuchotement. Il ne veut pas me tuer, prétextant mon dédoublement de personnalité... Visiblement je suis pour lui une "innocente". J'ai une moue compatissante. Le rouquin me regarde pour me le dire. Il ne peut pas. C'est au dessus de ses forces. Je pose doucement ma main sur son épaule d'un air compréhensif.

- Ne vous en faites pas... Vous n'aurez rien à faire. Rien.

Le sous-entendu est évident. Je me suiciderais. Il n'aura qu'à me laisser faire sans intervenir. Je lui offre un sourire rassurant et tristounet. Maintenant qu'il sait tout, nul doute qu'il me laissera partir. Enfin.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Ven 13 Juin - 16:58




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney lui offrit un petit sourire en la voyant rire. Au moins, il avait réussi à lui offrir ceci. Cependant, il ne voulait pas se contenter de lui donner ce semblant de joie. Le rouquin avait le sentiment qu’elle le regardait comme s’il était un pauvre chiot sur le bord de la route. D’un air mi attendri, mi triste. Elle disait l’avoir tué temporairement. Le jeune chef d’entreprise ne connaissait rien de la psychologie humaine mais pour lui, lorsque quelque chose était mort, c’était définitivement. La mort s’appliquait sur des consciences comme Monster ? Il soupira, caressant sa tempe d’un air contrarié. Il ne s’agissait ni plus ni moins qu’un problème. Il voulait régler ça. Non, il allait régler ça ! Il fallait juste qu’il comprenne toutes les équations qui se formaient devant lui. Il serait un bien mauvais héros s’il ne pouvait l’aider. Il y avait toujours des solutions. Parfois, les plus simples n’étaient pas forcément les plus juste. Mourir, c’était simple. Vivre ne l’était pas mais c’était un combat de tous les jours. Le petit gars du Kansas était souvent décrit comme quelqu’un de naïf par ses proches mais profondément malin. S’il ne pouvait lui retirer le gout de mourir alors il lui donnerait le gout de vivre. Il l’écouta soigneusement tout en réfléchissant à tout cela, visiblement elle ne voulait pas qu’il se sente responsable de tout cela surtout en sachant qu’il était un super-héros. Un super-héros débutant certes, mais le titre y est.

- Pas si merveilleuse que ça, Stella. Tu n’as aucune idée de ce que j’ai fait moi aussi, tu n’es pas toute seule à avoir du sang sur les mains et j’ai le sentiment d’en avoir encore en te laissant faire. Il sourit doucement. Tu me rappelles quelqu’un que j’ai connu, c’est drôle…

Elle lui rappelait Laura d’une certaine façon. C’était sans doute pour cela que Sidney haïssait et aimait autant les héros. Ils représentaient le bien, la justice implacable ! Elle les admirait tellement et pourtant, Laura était morte. Son meurtrier avait été arrêté par un de ceux qu’elle admirait mais il n’avait pas pu la sauver. Le rouquin voulait être ce héros imbattable et bon dont elle rêvait. Ce monde idéal où les bons arrêtaient les méchants. Malheureusement, Sidney avait un autre avis et bien plus définitif. Pourtant, aujourd’hui il ne pouvait pas appliquer cela. Stella était innocente et Monster n’était qu’une partie d’elle. Il ne la représentait pas. Où était la morale ? Où étaient le bien et le mal dont parlait Laura ? Quelle était la réponse ? Encore une fois, Stella choisissait la mort, éludant même la question qu’il lui avait posé, le laissant plus que frustré. En effet, il avait plusieurs idées sur la chose. Bien sûr, la principale était la modification génétique qui créait des merveilles autant que des horreurs mais là n’était pas l’important. Ce qui comptait, c’était cette main posée sur son épaule avec la plus grande douceur du monde et qui lui disait qu’il n’avait rien à faire à cet instant, juste la laisser partir. Sidney attrapa sa main, comme pour la retenir. Il quitta le bureau pour retrouver le sol, gardant sa main fermement.

- Tu peux encore réaliser tes rêves Stella. Si Monster détruit des vies, toi tu peux en sauver. Qu’est-ce qui t’en empêche ? Il est peut-être mort définitivement !

Ce gout de vivre était peut-être là, en l’aidant à devenir ce que lui-même tentait de devenir. Il avait déjà réussi quelques épreuves et il s’améliorait sans cesse. Pourtant, il n’avait ni ailles ni griffes. Elle pouvait être cet ange rouge dans la nuit de Gotham. Peut-être que Monster ne reviendrait jamais ou alors qu’elle serait assez forte pour le détruire à tout jamais.

- Laisse-toi tenter. Aide-moi à sauver Gotham. Tu es bien plus qu’une humaine à présent et je pourrais t’apporter de quoi devenir plus fortes. J’ai les armes, la technologie et l’expérience -je crois.. Stella, devient cette héroïne dont tu aspirerais à être.

C’était presque une supplication, une prière. Il lui offrit un nouveau grand sourire, avant de réaliser qu’il était peut-être un peu trop proche d’elle. Il rougit un peu, se sentant très bête. Elle avait manqué d'être violé, bon sang ! Il lâcha sa main et se tourna.

- Si tu pouvais t’habiller.. Je suis un homme, tu sais. Il était gêné. Je me suis occupée des vêtements, tu peux les mettre maintenant. Mais s'il te plait, réfléchis à ma proposition, ne prend pas de décision hâtive et surtout.. définitive.


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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Lun 16 Juin - 7:02

Du sang sur les mains ?... Lui ? J'ai une moue sceptique. Ça m'étonnerait beaucoup que ce petit gars ait tué qui que ce soit. Quoi... s'il a l'impression d'avoir du sang sur les mains juste parce que je veux ma suicider... Peut-être qu'il a voulu sauver quelqu'un et a échoué par le passé ? Il semble... dégouté. Ça me peine un peu plus. Mais je comprends. La vie de super-héros n'a rien de facile. On ne peut pas sauver tout le monde. Le seul qui le peut, c'est Dieu... S'il existe. Un Dieu d'amour qui laisse ses enfants se déchirer, j'ai tendance à trouver ça louche, m'enfin...

- Je me doute que ce ne doit pas être facile. La vie de héros ne l'est jamais. Hélas, vous n'êtes pas Dieu. Vous ne pouvez pas sauver tout le monde. Vous n'allez pas anéantir le Mal qui ronge ce monde. Car sans Mal, il n'y a pas de Bien... Même s'il est vrai qu'il y a un peu trop de Mal dans cette ville. Je lui offre un petit sourire réconfortant en haussant les épaules. Votre rôle est d'essayer d'en sauver le maximum... pas tous, même si ce serait merveilleux. Après une hésitation où je me trouve ignoble, j'essaie de l'influence un peu plus à me laisser partir. Et en m'éliminant, j'élimine un être qui a déjà fait... trop de mal.

Mais Sidney ne l'entend pas de cette oreille. Il m'attrape la main et se remet debout. Moi, je rougis violemment et baisse les yeux. Je le trouve... un peu trop près. Voilà un malaise que je n'ai pas ressenti depuis très longtemps. Depuis... Depuis... Depuis un jour horrible, où le plus terrible venait de moi. Je me met alors à avoir des sueurs froides. Je recule, effrayée. Je ne veux pas que Monster ressurgisse et lui fasse du mal. Je tais une seconde raison d'avoir peur. Une "raison" que je trouve irraisonnée. À moins qu'il ne soit zoophile ? Non ! Ne pas penser à ça ! Je récupère ma main, le ventre noué. Son discours me touche. Vraiment. Je fais "non" de la tête en l'entend supposer que Monster est peut-être définitivement mort.

Ça m'étonnerait que le Chapelier Fou ait menti là dessus. Il a sans doute trafiqué mon esprit. Il m'a sûrement bidouillé l'esprit comme je bidouille les ordinateurs. Euh... Je viens de me comparer à une machine, là ?... Il me pousse, non, me supplie de l'aider à sauver Gotham. Cette perspective me donne le vertige. Moi ? Je ne sais pas me battre, je ne sais même pas voler et je partage mon corps avec un démon. Je peux savoir comment je suis censée sauver Gotham dans ces conditions ? Non, c'est impossible. Impossible. Je suis trop incompétente. Et pourtant... Faible sur mes jambes, à deux doigts de m'effondrer, je me permet d'espérer. Un espoir qui me fait mal. Je me tiens à la table d'une main. Ainsi il serait prêt à partager son expérience et sa technologie avec moi...? Mais pourquoi ? Quel est son intérêt ?... Ne pas avoir de sang sur les mains ? Juste pour ça ?

- Si tu pouvais t’habiller.. Je suis un homme, tu sais.

Le ton est gêné. Moi qui ait pâli à l'idée de réaliser mon rêve d'enfance, me voilà de nouveau en train de rougir. Peut-être qu'il est zoophile après tout...

- Je me suis occupé des vêtements, tu peux les mettre maintenant. Mais s'il te plait, réfléchis à ma proposition, ne prend pas de décision hâtive et surtout... définitive.

Je déglutis. Je me sens encore plus mal que tout à l'heure. J'ai eu comme un coup de fouet après le bain. Peut-être que la peur et la colère m'ont permis de me sentir suffisamment bien pour... Pour quoi ?... Ça doit être l'adrénaline. Et maintenant que je me suis calmée, les symptômes reviennent au galop. Je pousse un soupire tremblant et hoche faiblement la tête.

- Je... J'y ai déjà beaucoup réfléchi mais... Je veux bien... réfléchir un peu plus...

Je suis un peu essoufflée. J'ai la tête qui tourne. Je me sens las, fatiguée... mais aussi affamée et assoiffée. J'ai toutes les peines du monde à mettre une manche... et enfiler la chemise par dessus les ailes m'est carrément impossible.

- Mmh... Je crois que... que je ne vais pas m'en sortir toute... seule...

Je n'ose pas le regarder.

- … Désolée... Désolée...

Je sers les lèvres. Mon regard dérive vers une chaise. J'ai très envie d'y poser mon arrière train. Mais bon, il faut que je m'habille quand même. Avant que le roux ait pu accepter ou refuser, je lâche aussi, à contre cœur, une phrase qui va sûrement lui faire énormément plaisir. Et ça m'énerve d'avance.

- Je veux bien essayer de manger et boire quelque chose...

Je refuse de regarder l'homme aux cheveux de feu. C'est déjà bien assez gênant de lui céder si facilement. Je ne suis pas quelqu'un de fière. En fait, je rate généralement tout ce que j'entreprends – excepté en informatique. Mais j'ai horreur de voir les gagnants se réjouir de ma défaite. Qu'on me regarde comme la sous-merde que je suis, ou la pauvre petite victime que je suis aussi... Il n'y a rien de plus blessant que ça. J'accepte ma condition de ratée, pas les regards qui vont avec. C'est d'ailleurs pour ça que Monster fait une telle fixation sur les yeux... C'est de ma faute...

Pardon Papa... Pardon, je suis désolée... Si seulement le regard des autres ne me blessait pas tant, peut-être que Monster se serait contenté... je ne sais pas... de te passer à tabac ?... C'est mieux que d'être aveugle... Je baisse la tête et revient à la réalité. Je remarque alors qu'une larme dévale le long de ma joue. Oups ! Le plus discrètement possible, je la fais disparaître avec le dos de la main puis jette un regard à Sidney pour voir s'il l'a vu... Et je me sens alors stupide. Je ne voulais pas voir son regard !
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Lun 16 Juin - 21:09




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney n’aimait pas sa manière de lui affirmer qu’il n’était pas dieu. Ils étaient des super-héros, c’était leur devoir de faire tout ce qu’il avait en leur pouvoir pour préserver les vies innocentes. Sinon, ce titre ne valait rien et autant rejoindre le rang des policiers. Le rouquin ne pouvait s’imaginer se contenter de faire de son mieux. Laura avait eu affaire à ce héros qui avait fait du mieux qu’il pouvait et cela n’avait pas été assez ! Les héros d’aujourd’hui devaient être plus forts que ceux d’hier. Si toute sa technologie et l’intelligence qu’il possédait ne pouvait l’aider à ce but, alors il était aussi minable que celui qui avait laissé sa fiancée mourir ! Sidney tenta de chasser sa colère dans son cœur, mais sa mâchoire était crispée et ses poings tendues. Laura et tant d’autre aurait mérité de vivre. Il devait être plus fort, il devait les sauver les sauver et il pouvait sauver Stella d’elle-même ! Peut-être même pouvait-elle l’aider dans ce but ! Elle avait des griffes et des ailes, elle était déjà un être exceptionnel. Pourquoi gâcher ça ? Pour un être aussi sanglant que Monster ? Sidney n’avait pas encore fait face à lui mais il le haïssait déjà. S’il avait eu un corps à lui, sans doute l’aurait-il tué sans aucune gêne, mais Stella était là et bien présente ! Jamais il ne pourrait tuer un être aussi vulnérable qu’elle. Elle n’avait rien demandé à personne. Sidney se demanda aussi s’il aurait été capable de se tuer si à son tour il avait eu une personnalité mauvaise qui l’habitait et incapable d’être vaincu s’il jugeait l’avis de la démone rouge. Elle était bien plus courageuse que lui sans doute.

- Si tu essayes, c’est déjà un bon début. Fit-il toujours le dos tourné mais visiblement ravi.

Finalement, il allait peut-être réussir à lui faire remonter la pente ! Il jeta un œil vers elle et se décida finalement à lui donner un coup de main, elle semblait bien faible tout à coup. En même temps, elle avait refusé de se nourrir. Il ne pouvait qu’insister pour qu’elle mange mais pas la forcer. Une griffure lui suffisait amplement. Sidney l’aida à s’habiller avec gêne, évitant avec soin de croiser son regard ou de trop la toucher. Il ne savait plus depuis combien de temps il n’avait pas fréquenté une femme. Un petit moment sans doute, il n’avait plus le temps à ça entre Werner Industrie et sa vie en tant que Spice. Bon, Stella n’était pas une femme toute entière mais suffisamment au rouquin pour qu’il évite soigneusement un contact trop rapproché. Surtout qu’elle avait manqué d’être violé… Il ne voulait pas l’effrayer. Surtout en sachant ce qui était arrivé aux derniers qui avaient essayé. Il ne voulait pas que son regard ou ses gestes soient mal interprétés.

- Tu n’as pas à t’excuser, tu sais. On s’excuse quand on commet des erreurs, ici, je n’en vois pas.

C’était Monster qui devrait supplier qu’on le pardonne, pas elle. Elle semblait si gentille ! Suicidaire, bien sûr, mais gentille. Sidney la poussa gentiment sur le siège, l’aidant ensuite à enfiler un pantalon. Il regarda de nouveau l’ordinateur et l’écran noir. Il ne pensait pas aux images qu’il avait vues mais à la manière dont elle avait réussi à pirater le système informatique de l’asile. Elle avait du talent, c’était certain.

- Dis, où tu as appris à pirater comme tu l’as fait ? Tu es douée. Si on était pas dans une situation aussi délicate, je pense que je regarderai ton CV !

Il rit encore puis leur regard se croisa. Sidney avait des iris très clair, un mélange particulier entre la couleur la plus froide du bleu et celle plus lisse, comme un ciel. Stella avait des yeux plus étranges, c’est ce qui l’avait frappé lorsqu’il l’avait sauvé. Ses yeux n’avaient rien d’humain. Ils étaient dorés, presque ambré. Ils ressemblaient à ceux d’un chat ou d’un reptile mais il dégageait quelque chose d’humain aussi. Comment pouvait-il exister un regard pareil ? Qui était-elle ? Il avait entendu de nombreuses histoires sur Gotham depuis qu'il y avait aménagé, des monstres presque humains, des chauves-souris à taille humaine mais des êtres comme elle, jamais.

- T’es vraiment pas banale, toi. Tu me raconteras un jour ton histoire ? Il rit. Oh je parle trop. Qu’est-ce que tu veux manger ? Les biscuits de tout à l’heure ou je te cuisine quelque chose ? Je te préviens par avance, je n’ai pas utilisé ma cuisine depuis un bon moment !

Il se dirigeait déjà vers la cuisine pour voir ce qu’il lui restait dans le placard, d’autre biscuit ou bien simplement des ingrédients pour lui préparer un bon petit plat. Il s’improvisait cuisinier alors qu’il fallait bien l'avouer, il préférait largement une bonne pizza ou un repas chinois commandé.

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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Mer 18 Juin - 20:53

Il semble très content que j'accepte de me nourrir. Quelle surprise... Pourtant, lorsque je le regarde par réflexe, il semble gêné. Sa joie lui aura vite passé, dites donc ! Comme il évite de me regarder, je suis au moins sûre qu'il n'a pas vu ma petite larmichette. Tant mieux. Ça m'évitera les questions gênantes... En parlant de gêne, qu'est-ce qui le gène à ce point ? Ma nudité ?... Il est donc vraiment zoophile ? Yerk ! Tandis qu'il m'aide à me vêtir, il me dit que je n'ai pas à m'excuser de quoi que ce soit. Que je n'ai pas fait d'erreurs. Alors que je m'assois pour mettre le pantalon, je soupire.

- C'est une habitude, vous savez... Je me sens coupable de n'avoir pu contenir Monster, je ne pas m'être suffisamment méfiée du Chapelier, d'avoir accepté de boire son thé, d'avoir laissé le contrôle à Monster parce que j'étais terrifiée...

Je pousse un second soupire en finissant d'enfiler le vêtement. Ça y est. Je suis habillée. Je suis propre avec des habits propre. J'aimerais me voir dans un miroir, histoire de savoir ce que ça donne. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas été propre avec des habits propres. Bon, d'accord, je nage dans ceux-ci, mais bon... Je vois Sidney jeter un coup d'oeil à l'écran. C'est alors que je me rends compte à quel point ce jeune homme est extraordinaire. Jamais personne n'avait réussi à me convaincre de remettre en question ma décision de me suicider. Pas même mon propre frère, malgré tous ses essaies. Ni ma mère. Mais bon, c'est un super héros. C'est normal qu'il soit si fort. Enfin, je pense... Moi à côté, je suis bien faible... Je doute de pouvoir assurer en super héros.

- Dis, où tu as appris à pirater comme tu l’as fait ? Tu es douée. Si on était pas dans une situation aussi délicate, je pense que je regarderai ton CV !

Il rit. Je souris malgré et lève les yeux en l'air. Il croit quoi ? Que j'ai été comme ça toute ma vie ? Sûrement. Je tousse un peu. Bon, je crois qu'il est temps de lui expliquer deux ou trois trucs sur moi. Surtout si je dois rester ici – où irais-je d'autre ? Dans un laboratoire ? Très peu pour moi, je préfère les égouts. Nos regards se croisent. Il a les yeux d'un bleu... si bleu ! Une sorte de mélange entre de la glace et du ciel. C'est beau. Je remarque qu'il a des tâches de rousseurs. C'est mignon. Et ses cheveux en pétard, quel spectacle amusant ! Au moment où je m'apprête à lui expliquer comment je sais pirater un ordinateur, il s'exprime de nouveau. Je ferme la bouche et l'écoute, un sourcil haussé.

Pas banale, c'est le cas de le dire. En effet, je le suis... Bien malgré moi. La banalité me va très bien, même si elle est ennuyeuse. La banalité, la normalité. Voilà deux choses auxquels je ne peux plus accéder. Il veut savoir mon histoire. Mon sourire se fane, je baisse les yeux. Je n'ai pas vraiment envie de parler de mon histoire. Pas avec lui. Pas avec... peu importe qui. Avec personne. Pas même ma propre famille. Je veux bien partager les grandes-grandes lignes, mais pas les détails. Je relève les yeux quand il parle de manger. Hum... il ne sait pas cuisiner et veut me cuisiner quelque chose ? Je fais une grimace. C'est confirmé, ce type veut m'empoisonner ! À coup de nourriture cramée !

- Hum... Si vous ne savez pas cuisiner je vais me contenter des biscuits...

Je retiens difficilement un sourire en disant cela. J'espère ne pas le vexer. Je change vite de sujet, au cas où.

- Vous savez, je n'ai pas toujours été un monstre. Je suis née dans une famille tout ce qu'il y a de plus normale à Gotham. Une mère femme au foyer, un père en p... euh, hum, un père absent, un beau-père macho, un demi-frère... Je tousse. Un demi-frère qui est devenu membre du SWAT... J'ai fait des études d'informatiques et j'ai travaillé à la Gotham Corp pendant... euh... trois ans ? Quatre ans ?... Je ne sais plus. Quelque chose comme ça...

Je ferme la bouche et regarde mes mains sur mes genoux. Je reprends mon souffle, tousse un peu. J'hésite à parler de la suite. Mais de toute façon il sait déjà pour l'agression et mon séjour à Arkham. Je ne suis pas fière d'y avoir séjourné, et ça se sent dans mon ton hésitant.

- ... Par la suite je me suis faite agressée... Monster est né... Je suis allée à Arkham... Puis je suis sortie et... je suis devenue ce que je suis...

Voilà il sait tout. Enfin, il connait les grandes-grandes lignes, quoi. C'est le maximum que je puisse faire. Il n'a pas intérêt à me demander plus. Je ne suis pas capable de me confier plus. Pas pour le moment. C'est trop frais. Et je crains son jugement. Même si, pour l'instant, il semble plutôt ouvert d'esprit. Mais je ne veux pas qu'il en veuille à mon père. Je ne veux pas parler de la plus grande trahison de toute ma vie. De ma plus grande déception. Mmh... Toute cette histoire ça me coupe l'appétit. Je risque de ne pas manger grand chose. J'espère ne pas décevoir Sidney...
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 19 Juin - 12:59




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Se sentir coupable. Sidney avait ressenti cela un temps. C’est le genre de sentiment qui vous prend dans des occasions parfois absurdes. Lorsque la police lui avait annoncé qu’on avait retrouvé le corps de Laura dans une ruelle, décédée, ce sentiment l’avait pris à la gorge comme pour l’étouffer. Il aurait voulu être là avec elle. Il aurait voulu faire sa demande pour qu’elle emménage chez lui plus tôt au lieu de s’entêter à avoir deux appartements séparés. Il aurait voulu avoir la force de retourner voir son meurtrier en taule et de le tuer pour la venger. Les remords et la culpabilité, il connaissait très bien. Cependant, il avait appris à accepter qu’à l’époque, il n’aurait rien pu faire. Il avait accepté les faits et aujourd’hui, il voulait racheter la vie de tous ces innocents par des actes de justice. Il espérait que Stella pourrait faire pareil. Peut-être qu’il devrait lui raconter sa propre histoire, du moins, si elle acceptait de se dévoiler à son tour. Il ne comprenait pas très bien son histoire avec le chapelier mais il comprenait le plus gros et il se félicita de ne pas avoir cédé à la facilité du meurtre lorsqu’elle lui avait menti ni lorsqu’il avait vu son apparence dans ses égouts immondes. Il allait devoir contacter la police anonymement pour signaler qu’il avait retrouvé les victimes d’ailleurs pour que leur corps –ou du moins ce qu’ils en restent- soit remis aux familles. Enfin, une fois qu’il aurait effacé les traces de Stella bien sûr. Pas la peine de la mettre davantage dans les ennuis.

Sidney fit une mine boudeuse lorsqu’elle dit préférait les biscuits mais il ne s’y attarda pas, elle ne lui en laissa pas l’occasion d’ailleurs. Il récupéra des biscuits salés, des pralines aux chocolats et encore quelques autres gâteaux pouvant plaire à son invité, qui allait s’en doute séjourner un petit moment par ici. Pendant ce moment où il préparait ce goûter improvisé, il écoutait soigneusement la jeune femme lui raconter une partie de son histoire. Dire qu’il était surpris aurait été un euphémisme, même s’il avait eu la preuve sous les yeux qu’auparavant elle avait été humaine, il s’était attendu à une enfance dramatique expliquant tout ça. Au final, il avait encore plus de questions qu’avant. Où était sa famille aujourd’hui et pourquoi ils ne la soutenaient pas ? Toutefois, il tenta une nouvelle fois de détendre l’atmosphère. Il déposa la nourriture sur la table auprès d’elle –un biscuit salé dans la bouche-, lui laissant le choix.

- T’étais une conchurrente alors ? Il avala le biscuit dans une grimace exagérée. Je veux dire concurrente. Tu me piques pas mes idées, hein ? Il rit. Je travaille dans l’informatique depuis maintenant six ans. J’ai fait ma fortune grâce à des logiciels de protection et de surveillance. On peut dire que je suis un super-héros avec ou sans cape !

Il la regarda tousser de nouveau et alla chercher des médicaments dans sa boite à pharmacie. Il revient rapidement et en déposa près de son verre.

- C’est juste histoire de te soulager… Je pense que tu vas avoir besoin de repos quelques temps. Je n’ai aucune idée des effets secondaires de ce thé.

Il se retient de dire que ça aurait pu être pire. Après tout, Stella gardait très certainement en mémoire la mort de tous ces hommes, même si cela ne lui revenait qu’en partie. Elle était certes en vie et dans un état pas trop misérable mais les hommes et les femmes qui avaient croisé le chemin de Monster n’avaient pas eu cette chance. Il s’assit de nouveau sur le bureau, jouant avec l’emballage de la praline qu’il avait mangé précédemment.

- Alors comme ça, tu aimerais être une super-héroïne. Pourquoi ? Les collants ? Les demoiselles en détresse ? L’adrénaline du danger ? Les supers-gadgets ? J’ai connu quelqu’un qui m’a dit que c’était les gadgets qui la faisaient le plus envier. Il avait un regard nostalgique. Je peux te dire que mes bottes-fusées me causent plus d’ennuis qu’autre chose mais bon, ils m’ont permis de te sortir des égouts rapidement. Si tu restes avec moi, je t’en ferais. Peut-être même que tu pourrais me filer un coup de main ?

Elle avait l'expérience après tout.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 19 Juin - 17:30

Tandis que je fais un résumé de ma vie, Sidney ramène les biscuits. Il y a plusieurs goûts. J'en prend un  qui semble d'être au chocolat et croque un morceau microscopique. Il me parle, la bouche pleine de biscuit. Concurrente ? Comment ça ? Lui piquer ses idées ? Il rit. Je souris. Il s'explique. Je fais les gros yeux. Ah oui... Il est plus que lié aux dirigeants de Werner Industries. Il en est carrément le patron. Je reste immobile, un bout de biscuit au chocolat entre les lèvres, mes dents posées dessus. J'ai les yeux comme des soucoupes, la main tenant à peine mon biscuit en place. Celui-ci glisse doucement, attiré par la pesanteur de la Terre... Tandis qu'il s'échappe de ma bouche, je me rappelle qu'il a parlé de CV. P'tain, j'suis con de pas avoir compris plus tôt. Le biscuit tombe sur mes cuisses, rebondit faiblement et s'écrase finalement par terre. Moi, je ne bouge pas d'un poil.

À que coucou :
 

Je remarque petit à petit qu'il est partit au même moment où j'ai commencé à buguer. Il revient et pose un verre à côté de moi. Je n'ai aucune réaction. Je ne bouge pas. Mes pensées se résument à ça : "JE SUIS CHEZ UN PDG OH MY FUCKING GOD !!" Un PDG super-héros qui me parle comme à un égal. Tranquille. J'ai soudainement l'impression de passer un oral. Il me demande pourquoi j'aimerais être une super-héroïne. Les collants ? Wut ? Non, certainement pas. Les demoiselles en détresse ? Euh... Je suis hétéro. L'adrénaline ? Je suis une grosse peureuse, c'est pas du tout mon truc. Les supers-gadgets ? … Mouai... C'est vrai que c'est cool, mais ce n'est pas ça qui me pousse à vouloir être une super-héroïne. Non. Ce que je veux c'est sauver les gens, les empêcher de souffrir et de s'entre déchirer. Rendre le monde meilleur... et être aimée.

Il me demande si je peux l'aider concernant ses bottes-fusées. Ds bottes-fusées ? Ça existe ça ? J'ai soudainement la gorge sèche. Mon visage reste figé dans la même expression que tout à l'heure. Je me tourne tel un robot vers le vers, je le prend et le bois d'un air automatique – avec les cachets – avant de le reposer, vide, sur la table. En le posant, je me dis qu'un PDG a remplis ce verre rien que pour moi. Qu'il s'occupe de moi, me bichonne. C'est complètement fou. Je n'en reviens pas. C'est à se demander si je ne suis pas encore en train de délirer. Peut-être après tout. Je regarde fixement le PDG de Werner Industries. Sidney Werner. L'homme coiffé à la prise électrique... Hum ! Voyons, ressaisis-toi, Stella ! C'est d'un PDG que tu penses, là ! Peut-être ton futur patron ! Houlàlà, ce que j'ai pu faire mauvaise impression ! J'ai très envie de dormir et d'oublier tout ça.

- Je... euh... Je vous promet de ne pas divulguer vos secrets... De toute façon Gotham Corp ne voudra très certainement plus de moi... Enfin, en cobaye peut-être mais plus en salariée... Euh... Hm... Je... Euh, je souhaite juste... aider... Gotham... Enfin...  Arrêter les méchants, sauver des vies, tout ça... Euh...

Je dois être bien pathétique. Avec mes "euh" et compagnie. Je tente un sourire. Mais je suis tellement crispée que ça ne doit pas ressembler à grand chose. En fait, même sans me voir, je devine que je donne plus l'impression de vouloir mordre qu'on chose. Aussi je me contente, toujours sous le choc, de tenter le sourire le plus petit du monde. Avec succès, espérons-le. Je reste muette pendant quelques secondes. Un PDG ! Le patron, le fondateur de Werner Industries ! Un type plein aux as !... Que j'ai baffé et qui en garde des traces de griffures. Quelle cruche. J'ai l'impression d'avoir baffé le président. Il faudrait peut-être que je m'excuse, non ? Je déglutis en tentant de garder mon sourire microscopique.

- Je... Je suis désolée pour...

Du doigt, je montre ma joue. Mes yeux fixent ses égratignures. Mais quelle cruche ! Mais quelle cruche ! Je suis tentée de sortir "On oublie, hein ?" mais ça ne fait pas très mature. Aussi je me contente de déglutir une seconde fois et de reposer doucement ma main sur mes genoux.

- Je veux bien travailler avec... euh, pour vous. Du moment que je ne finis pas en cobaye...

Si c'est le cas, PDG ou pas, moi je me casse vite-fait !... Un PDG ! Je m'en remettrais jamais. Ça existe un PDG coiffé comme ça ?... Remarquez, ya que les riches qui peuvent se permettre d'être excentrique, alors qu'il profite. Il a bien raison. Je me suis faite sauver par un riche. Un beau riche qui possède une entreprise d'informatique. Oh mon dieu. Tiens, d'ailleurs...

- Mais je suis plus spécialisée dans la programmation de robots que dans la protection et la surveillance... Comme les bras bioniques, les androïdes...

… Un PDG ! Je m'en remettrais jamais.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 19 Juin - 23:48




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney ramasse le biscuit en toute innocence. Il le lui tendit mais devant son manque évidant de réaction, il le mangea. Elle n’avait décidément pas très faim. Il la trouvait bizarre. Il secoue sa main devant ses yeux pour la faire réagir.

- Hey, t’es toujours là ? Tu veux aller te coucher ?


Il rejeta sa chevelure en arrière d’un coup de main, observant la jeune femme avec un grand sourire. Il n’avait aucune idée du trouble qui prenait soudainement Stella. Il pensait plutôt qu’elle était encore trop faible. Après tout, c’était un peu le cas. Elle avait toujours l’estomac vide. Il la regarda faire, amusé. Elle finit par parler. Le ton avait changé. Elle semblait bien plus… respectueuse ? Craintive ? Il ne savait pas vraiment. Il eut un rictus malin lorsqu’elle assura ne pas dévoiler ses secrets. En même temps, était-elle en position de le faire ? Lui-même connaissait ses petits secrets désormais. Ils étaient à égalité.

- On ne juge pas quelqu’un sur son apparence chez moi. On juge aux actes. Si tu sauves des vies, je pense que tu mériterais tout le respect auquel tu aspires. Enfin, le plus discrètement possible bien sûr. Le but est de rester en vie, pas d’être aimé.
Il la regarda faire un truc bizarre avec sa bouche. Hey tu es sûr que ça va ?

Il rit lorsqu’elle parla de la griffure qu’il avait désormais aux visages. Il passa sa main dessus, constatant que les gouttelettes de sang avaient déjà séchées. Il s’agissait d’une blessure très superficielle. Elle n’avait pas à s’en faire.

- Oh, ça ? Ce n’est rien. Ne t’en fais pas. C’est une griffure de rien du tout, relax.

Finalement, la proposition de Sidney semblait faire son bout de chemin dans l’esprit de Stella et le jeune chef d’entreprise se retient de sauter au plafond –déjà parce que ce dernier était très haut- et il donna une tape amicale sur l’épaule de la femme rougeâtre. Cobaye ? Et qu’est-ce qu’il aurait à gagner à faire de Stella une cobaye ? Certes, elle était « pas banal ». Cependant, il préférait l’avoir de son côté et puis, il ne serait pas quoi en faire. Qu’elle aurait été l’intérêt pour lui ? Aucun.

- Je suis industriel et héros, pas un scientifique. Tu peux déjà te rassurer sur ce point. Et puis de toute façon, je ne t’ai pas emmené chez moi et même jusqu’à mon lit pour t’ouvrir en deux... Il eut un bref moment de blanc, Sidney se rendant compte de la porter de ses mots. Il grommela des excuses puis continua. Je suis content que tu acceptes de m’aider en tout cas.

Il joua avec une mèche de cheveux roux en analysant la phrase qu’elle avait prononcée. Des bras bioniques et la robotisation. C’était très intéressant. Il avait lui-même créé des robots pour l’armée même s’il ressemblait davantage à des chars d’assaut bipède qu’à autre chose. Peut-être qu’elle pourrait lui permettre de s’améliorer sur ce point. De plus, en tant que symbole de Justice, il avait besoin de toujours plus de gadgets. Cette chauve-souris avait bien une ceinture multifonction et une voiture. Lui il n’avait que ses bottes fusées –qui méritait d’être amélioré- et ses gants. Certes, ces derniers pouvaient lui permettre d’électrocuter, de passer des coups de fils mais il avait besoin de plus. Pour ce qui était des bras bioniques, cela touchait exactement une nouvelle branche de son entreprise : les prothèses médicales. Bien sûr, il y avait beaucoup de paperasse a réalisé avant de toucher qui que ce soit mais Sidney savait que d’ici peu de temps, il aurait l’autorisation d’aider son premier patient.

- Bon et bien c’est décidé. Je t’engage. De toute façon, tu vas surement rester ici quelques temps –je te donnerais une chambre d’ami- alors autant que tu m’aides aussi avec Werner Indutries. En plus de travail de super-héros, bien sûr. Oh et tu peux me tutoyer tu sais.

Il lui présenta sa main.

- Bienvenue dans l’équipe, partenaire.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Sam 21 Juin - 0:20

J'ai tenu la main à un PDG. Un PDG m'a porté. C'est choquant. Il m'a préparé un bain. Il m'a fait des vêtements, il... Est-il vraiment PDG ? Il ne se comporte pas comme un PDG. Je l'entends à peine me demander si je veux aller me coucher. Je suis en train d'essayer de digérer l'information. Je l'observe, ahurie. Il se comporte tellement... tellement simplement ! Il n'est pas arrogant, il n'est pas dominateur, il n'est pas méprisant... Juste... seulement... simple, décontracté, souriant... et naïf, je crois bien. Il me dit que "chez lui" on ne juge pas aux apparences mais aux actes. J'ai un sourire ironique.

Oui, naïf. Selon les psys, c'est moi qui ait créé Monster... Pour me protéger. Et je pourrais guérir de mon dédoublement de personnalité seulement si j'accepte que j'ai voulu faire tout ce que Monster a fait. Ils sont complètement fous. Jamais ça n'arrivera. Non, je veux pas être liée aux crimes de mon autre personnalité. Pas plus que je ne le suis déjà. Il me dit que je mérite le respect. J'ai des doutes là dessus, mais il est PDG alors... Il me demande de nouveau si ça va. Je hoche la tête tel un robot. Il rit lorsque je lui parle de la griffure. Il a l'air de s'en ficher complètement.

Il semble très heureux, pour une raison que j'ignore – mais peut-être que je comprendrais si mon cerveau ne moulinais pas dans la semoule à l'heure actuelle. Il me donne une tape amicale qui me fait me raidir. Il me prend vraiment pour son égal ou je rêve ? Moi ? La fille de rien ? Celle qui a grandi avec son père en prison ? Celle qui a eu un beau-père qui la traitait comme une servante ? Celle qui s'est renfermée sur elle-même, sur les machines et l'informatique, tandis que le monde s'en riait ? Voilà qui est... inattendu. Le petit monstre rouge qui se trouvait être l'égal d'un riche et puissant... Je dois rêver, ce n'est pas possible !... J'hallucine ? Suis-je encore enfermée dans un délire idyllique ?

- Je suis industriel et héros, pas un scientifique. Tu peux déjà te rassurer sur ce point. Et puis de toute façon, je ne t’ai pas emmené chez moi et même jusqu’à mon lit pour t’ouvrir en deux...

J'ai l'impression que mes yeux vont sortir de leurs orbites. Keuwa ? Lit ? Ouvrir en deux ? Je cligne deux fois les yeux, choquée comme jamais. Alors là c'est le pompon !... Le pire c'est qu'il a raison ! J'ai été dans le lit d'un PDG !... Ça fait pas un peu "prostituée" tout ça ? Oh, comme j'ai honte ! Je dois être rouge comme jamais. J4ai chaud de honte. Je baisse la tête et cache mon visage derrière ma main, comme si je prenais ma main pour une visière de casquette. Un facepalm quoi. Il y a un court silence, brisé par des excuses grommelées. Je prononce une "c'est pas grave" d'une voix tellement pincée qu'on pourrait croire que c'est un volet rouillé qui parle. Vous savez, quand on les ouvre ça fait un bruit aiguë et pathétique ? Ben... pareil. Enfin bref. Résultat des courses : il est heureux que je l'aide. Ah...! C'est donc pour ça qu'il était à deux doigts de sauter au plafond tout à l'heure ? C'est flatteur. C'est gênant. Je relève la tête sans bouger ma main. Celle-ci se retrouve sur ma bouche – un mouthpalm ?

Nouveau silence. Il joue avec une mèche de cheveux rousse. C'est étrange : ses cheveux sont dressés sur sa tête et pourtant ils ont l'air très souple. C'est à se demander comment ils tiennent. Mais, euh... là n'est pas la question. Il brise le silence. Il souhaite m'engager. Ouf ! J'aurais au moins du travaille. Mais pour payer quel loyer ? Pour payer quelles dépenses, de façon général ?... Il me donne la chambre d'ami ?... De toute façon, où irais-je d'autre ? Me louer un appartement en ville ? Que tout le monde voit tous les jours ma monstruosité ?... Non, je ne pourrais pas. Le tutoyer ? Euh... Depuis quand on tutoie un patron ? N'importe quoi ! Je ne pourrais jamais ! Il me tend la main.

- Bienvenue dans l’équipe, partenaire.

Je regarde cette main tendue d'un air ahuri. Partenaire ? Moi ? Mais il me prend vraiment pour son égal, c'est pas possible ! Avec hésitation, et pour ne pas vexer, je prend sa main. Je n'ai plus de forces pour la serrer aussi je le laisse, avec gêne, serrer ma main pour nous deux. Ensuite je récupère ma pauvre main. Je me sens épuisée, malade. J'ai les paupières lourdes. L'estomac barbouillé. Des douleurs dans tout le corps comme si j'avais fait trop d'effort. Un mal de tête commence à pointer son nez. J'ai l'impression d'avoir un hérisson dans la gorge, aussi la toux me secoue régulièrement. Et je n'ai plus de forces. J'essaie de manger un autre biscuit – puisque le rouquin m'a piqué le mien – mais je peine à en manger deux bouchées.

- Je n'arriverais pas à vous tutoyer... Je... Je suis désolée... On m'a appris à vouvoyer mes supérieurs...

Oui, mes supérieurs. Nul doute qu'il en est un, de supérieur. Et il n'a pas intérêt à dire le contraire, je ne le croirais pas. Il n'y a aucune chance que je crois un jour être son égal en quoi que ce soit. À part peut-être niveau cheveux... quoi que, les siens ont une capacité hors du commun, tout de même !... Mais là n'est pas la question. J'entreprends de me lever, souhaitant plus que tout me reposer dans un lit douillé avec mes rats... Sursaut. Mes rats !

- Euhm... Mon ton est angoissé. Y avait-il des rats avec moi lorsque vous m'avez trouvée ? Un noir, une brune et une bicolore noire et blanche ? Ce sont mes rats. Buster, Rasta et Pandora. Ils me tiennent compagnie depuis que je suis allée vivre dans les égouts. Sans eux je serais très certainement devenue-

Je m'arrête en pleine phrase. Devenue quoi ? Folle ? Mais je le suis déjà ! Je ferme la bouche, tournée vers le rouquin avec espoir. Les a-t-il emmené ? Je l'espère. Ma compagnie. Mes doudous. Ma touche de douceur dans un monde beaucoup trop cruel pour moi. Ma bouée de sauvetage au milieu d'un océan de folie et de douleur. Mais... il est fort probable qu'il les ait pris pour de simples rats d’égouts. Oh, mes pauvres rats...! Mon joyeux trio ! Il faut aller les récupérer ! PDG ou non !
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Sam 21 Juin - 1:35




Un chevalier d’épice venu secourir une reine blanche


Sidney secoua sa main vivement, visiblement très satisfait de la situation. Cependant, il y avait un détail qui l’intriguait et il se demandait ce qu’il ferait si la situation se présentait à lui. Ce détail se nommait Monster. Que devrait-il faire si jamais la personnalité maudite venait à réapparaitre ? Stella l’avait prévenu du danger mais le rouquin préférait la savoir ici plutôt qu’à l’extérieur. Il était capable de se défendre, il en était persuadé. Les sans-abris et les dealers n’en avaient pas eu la force. Il pourrait ainsi la garder à l’œil si elle habitait la chambre voisine et encore mieux, elle souhaitait être utile. Monster était la seule ombre au tableau mais l’ombre était gigantesque et terrifiante. Sidney était un héros si naïf. Il pensait pouvoir sauver le monde par sa seule volonté, il pensait pouvoir sauver Stella de son propre démon intérieur car il le désirait simplement. Il avait tort mais il ne le savait pas encore. Il était là avec son grand sourire et son regard innocent. Il avait perdu Laura à cause de la criminalité mais ce n’était rien par rapport aux saloperies qui habitait Gotham désormais. Au final, Spice n’était qu’un chevalier d’épice venu protéger une ville bien trop mauvaise pour lui seule. Il avait besoin d’aide et aujourd’hui, il trouvait Stella pour l’aider à cela. La ville avait besoin d’être sauvé et il semblerait que deux nouvelles personnes soient prêtes pour endosser le rôle de sauveur. Enfin, Sidney s’était déjà emparer du titre de super-héros, même s’il n’était pas connu et manquait d’expérience. Il peinait même à voler parfois, ses bottes fusées étant un vrai bordel a dirigé. Il était là aujourd’hui devant sa coéquipière. Peut-être s’emballait-il mais elle était si perdue malgré ses capacités formidables. Il voulait être cette main tendue, elle l’avait saisi doucement mais il n’était pas prêt de la lâcher. Monster ou non.

Il leva les yeux au ciel quand elle refusa de le tutoyer. Il ne s’en formalisa pas bien sûr mais très sérieusement, s’il était un chef un peu brut et tenace sur le respect au sein de son entreprise, il ne voulait pas que Stella face la même chose ici. Il se souvient des paroles d’Andrea quand il l’avait ramené chez lui. C’était la même situation après tout. Il l’avait vu nu, il l’avait sauvé, nourri et il la logeait désormais.

- Je crois que nous avons dépassé un certain stade d’intimité, alors appelle moi au moins Sidney. Pas de Werner entre nous. Je ne suis pas ton supérieur mais ton collègue de travail et crois-moi, on va avoir de nombreuses occasions de travailler ensemble.

Sidney fit un mouvement vers elle lorsqu’elle se leva mais se ravisa. Il n’allait pas la border non plus. Il devait juste être attentif. Que.. Ses rats ? Il réalisa alors que les rongeurs qu’il avait repoussés quelques heures plus tôt étaient les compagnons d’infortune de sa rougeâtre partenaire. Sur le moment, il eut une expression négative. Ses sourcils étaient froncé et ses bras croisés dans un air décidé. Accueillir des rats, chez lui ? Il avait certes l’habitude de ce genre de créature quand il habitait au Kansas mais au sein de sa maison, à Gotham, ô grand jamais. JA-MAIS.

- Je suis désolé mais…
- Ils me tiennent compagnie depuis que je suis allée vivre dans les égouts. Sans eux je serais très certainement devenue...

Sidney tient bon, il résista à son ton larmoyant et à ses yeux si bouleversés, si perdus, si…

- Ah bon d’accord ! Je vais les chercher tes rats ! Fit-il en rendant les armes. Par contre je n’ai aucune idée de comment je vais les reconnaitre, il doit y avoir des centaines dans le coin où je t’ai trouvé !

Il allait devoir remettre son costume. Deux fois dans les égouts, il allait devoir le désinfecter cette fois ! Il soupira.

- Tu les veux vraiment là tout de suite ? Tu n’as pas un truc pour les appeler ? Un sifflet ou truc du genre ? Sinon ça va vraiment être difficile pour moi.


Il retourna dans sa chambre pour réenfiler son costume qui par chance n’était pas encore ranger. Il revient tout beau dans son costume, sa plus grande fierté. Enfin, sans l’odeur, se serait encore mieux. Il allait faire un peu de ménage dans les égouts par la même occasion, il ne devait y avoir aucune preuve de l’existence de Stella.
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MessageSujet: Re: La reine blanche et le chevalier d'épice   Jeu 26 Juin - 15:56

Mon manque de force ne semble pas refroidir l'enthousiasme de Sidney, qui secoue vigoureusement ma main. Il semble très content. Je détaille le visage du PDG. Il a un grand sourire et un regard innocent. Je me remémore les mots qu'il a prononcé un peu plus tôt. Il a du sang sur les mains. Il a déjà tué. Bizarrement, ça m'étonne. Ok, il est baraqué... Mais il semble tellement gentil... incapable de faire du mal à une mouche. Aussi, j'ai un peu de mal à le croire tout d'un coup. Ou alors... il n'avait pas le choix ? Peut-être que c'était lui ou eux, après tout. Lorsque je refuse de le tutoyer, il lève ses beaux yeux bleus au ciel. Il ne semble pas vexé. Tant mieux, il ne manquerait plus que ça ! Que je le vexe !

- Je crois que nous avons dépassé un certain stade d’intimité, alors appelle moi au moins Sidney. Pas de Werner entre nous. Je ne suis pas ton supérieur mais ton collègue de travail et crois-moi, on va avoir de nombreuses occasions de travailler ensemble.

C'est pas faux... ARG ! Un PDG m'a vue complètement nue ! Je me sens de nouveau très gênée. Quoi que, avec mon corps... Hmph... Je baisse les yeux d'un air tristounet. Je souhaiterais tellement être humaine... à nouveau. Je hausse légèrement les épaules. Je suis faible, je n'ai pas envie de lutter. Je lui cède passivement.

- Comme vous voudrez, Mon... Euh... tu... voudras... Sidney...

Lorsque je me rappelle des rats et lui en parle, le rouquin semble... Pas très réjouit à l'idée d'accueillir des rats chez lui. Au départ, il semble même totalement contre. Mais j'ai besoin de mes rats ! Je le supplie... et il cède finalement assez vite. D'ailleurs, il me tire un sourire. Lui qui est si musclé, lui qui est PDG... Je trouve qu'il me cède bien vite. C'est presque comique. Et il le fait avec tellement de bonne volonté que je pourrais presque rire. Il râle, prétextant qu'il y a plein de rats dans les égouts. C'est pas faux, là encore. Mais je serais avec lui pour l'aider à les reconnaître.

- Tu les veux vraiment là tout de suite ? Tu n’as pas un truc pour les appeler ? Un sifflet ou truc du genre ? Sinon ça va vraiment être difficile pour moi.

J'affiche un sourire penaud tandis qu'il va dans la chambre.

- Je suis désolée... Ils répondent uniquement à ma voix et à l'appelle de l'estomac, mais... Tous les rats répondent à l'appel de l'estomac. Je tousse en finissant de me lever. Mais ne vous en faites pas, je vais vous accompagner.

À peine ma phrase finie, je me rend compte que j'ai vouvoyer. Je grommèle une vague malédiction. Je sens que je vais mettre du temps à m'y faire. En tout cas une chose est sûre, appelez quelqu'un par son prénom, ça ne va pas avec le vouvoiement... Je reste debout près de ma chaise en attendant le retour de Sidney. Je me demande ce qu'il est parti faire dans sa chambre. Lorsqu'il revient, j'ai ma réponse. Il était parti se changer. Le voilà fièrement vêtu d'un costume noir et blanc. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, admirative.

- Ohh...! Comment dois-je vous appeler ? Euh... T'appeler...?

Je le regarde, puis me regarde. Je me demande si je dois me changer. Et surtout... Comment sort-on ? Je l'interroge à ce sujet. Il me montre un balcon situé derrière une grande fenêtre vitrée. Nous y allons. Je vais au bord du balcon et regarde en bas. C'est haut. D'instinct, mes ailes s'entre-ouvrent légèrement. Comme si mon corps était prêt à s'envoler. Mais ce n'est pas le cas de mon âme. De plus... Je suis trop fatiguée pour faire plus d'efforts que marcher au ralenti.

- Comment est-on censé sortir par là ? On saute et un trampoline nous attend en bas ? Ma remarqué est "légèrement" sarcastique. La fatigue ne m'aide pas à être de bonne humeur. Je ne sais pas voler... Et quand bien même je saurais, je suis trop épuisée pour.

Mais le rouquin a réponse à tout. Il compte me porter. Je rougis violemment tandis qu'il me prend dans ses bras pour me porter comme si... comme si... j'étais... une princesse. C'est tellement gênant. Je suis dans les bras d'un PDG, telle une princesse dans les bras d'un chevalier. Il s'élance dans le vide, mon cœur s'affole et je pousse un sublime cri de terreur. Et nous nous envolons. Est-ce Superman ? Je le regarde stupéfiée. Non. Ce ne sont que ses bottes. D'ailleurs il ne vole pas très bien, ni très droit. Mais bon, c'est pas comme si nous étions dans une forêt. Tandis que le vol m'endort, je ne peux m'empêcher de murmurer deux ou trois conseils pour améliorer la stabilité du vol. Je m'endors juste après avoir demandé si je pourrais travailler dessus. Je suis épuisée. Je suis bercée malgré moi par le voyage. Il ne faut guère longtemps pour sombrer dans le sommeil... Laissant Sid avec un poids mort et inanimé dans les bras, comme la première fois.
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