Batman Legacy


 
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 N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow

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MessageSujet: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Dim 11 Mai - 1:08


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»



Spoiler:
 

Arkham Asylum, quelques heures après l'entretien avec Music Meister.


-Franchement Monsieur Crane, bravo hein. Avoir réussit à lui faire cracher quelque chose et avoir pu l'analyser aussi vite, chapeau, aucun de nos psychiatres avaient réussi jusque là !

Ce crétin de Directeur de Blackgate me tenait la main comme si je venais de rendre la vie à sa défunte grand-mère, je me retrouvais donc à faire les mielleux avec lui comme si je le respectais éperdument. Tout en marchant dans les longs et sinistres couloirs d'Arkham Asylum, accompagné par ce certain Music Meister enroulé dans une camisole de force et transporter sur un lit à roulette par deux infirmiers , je pris la peine de me jeter des fleurs tout en lançant un regard narquois à mon patient qui ouvrait un œil.

-Oh voyons, je n'ai fait que mon humble travail vous savez, puis ce ne fut pas difficile à détecter que ce jeune homme est mentalement instable et pourrait s'avérer être dangereux … Sa place est ici, à l'asile d'Arkham.

Un sourire immonde se dessina sur mon visage pale, les néons du couloir cliquetaient de façon insupportable mais ça, ça a toujours été. Je retrouvais cet endroit presque un an après m’être fait lâchement viré. Nous arrivâmes au fond du couloir du Pénitencier d'Arkham, où attendait sa toute nouvelle cellule de Meister, mais qu'il n'ai pas d'espoir, il n'y restera pas bien longtemps, j'avais quelques choses à régler avant de passer au niveau supérieur dans le brisage d'esprit de ce jeune Patrick.  Les deux infirmiers partirent dans leur direction avec mon patient, le Directeur de Blackgate posa sa main sur mon épaule et nous partîmes au bureau de mon tant aimé Jérémiah Arkham que je n'avais pas vu depuis mon départ. Bien que je le détestais, je lui devais une fière chandelle, grâce à lui je n'étais pas en train de pourrir entre deux murs à Blackgate et surtout mes précieux diplômes de psychiatries ne m'avaient pas été retirés. Eh oui, erreur infime pourtant que j'avais faite, celle d'avoir laissé une porte ouverte par mégarde. Je me rappellerais sûrement toujours du procès, Arkham me défendant en assurant aux juges que j'étais l'un des meilleurs psychiatres mais aussi leurs glisser quelques billet. Sur ce je crachais avant m'avait sauver. Presque un an plus tard, je retrouvais ces couloirs immenses et cette odeur de mort, cet asile était pire qu'une morgue où l'on entassait des cadavres par centaine, laissant crever dans leur bave certains patients mal entretenus. Nous entrions dans le bureau d'Arkham, il nous attendait tout souriant, j'eus même le droit à une exclamation de joie qui me fit soupirer discrètement.

-Crane ! Ca faisait longtemps ! Je me doutais bien que je retrouvais un jour mon plus brillant psychiatre !

-Effectivement Jérémiah, ce jeune docteur a fait preuve de grands savoirs et s'est montré parfait avec un cas pourtant difficile. Assura le Directeur de la prison.
-Jonathan .. ah, une perle pour la psychiatrie ! Ajoute Arkham en s'asseyant à son bureau.

Je les regardais tous les deux me jeter des fleurs, ils me donnaient envie de vomir avec toute cette hypocrisie bavante.  C'est alors qu'Arkham repris la parole.

-Bon eh bien, nous allons confier ce … malade à l'un de nos …
-Monsieur Arkham, Monsieur Joseph, j'aimerais m'assurer moi-même de la thérapie de ce patient. Ces anciens médecins n'ont pas réussi à établir un tel contact avec lui comme je l'ai fais, il serait un peu délicat de devoir reprendre le travail depuis le début...

Une voix qui pourrait glacer le sang du plus échauffé. Je m'avançais au bureau tout en regardant les deux hommes par dessous mes lunettes rondes, j'avais une idée derrière la tête et pour la réaliser, j'avais besoin du cerveau de ce type. Puis, n'oublions pas que j'avais une autre vengeance, ce type m'avait sauter dessus et briser légèrement les atouts masculins et si il y a une chose que je déteste, c'est bien de me faire frapper par un être aussi écervelé que celui-ci. Il allait payer pour avoir osé me prendre pour un moins que rien, pauvre homme, il s'était mis sûrement le psychiatre le plus malsain de Gotham voir même d'Amérique sur le dos... Il allait souffrir, énormément.

-C'est une bonne idée ça !
S'exclama Arkham et se donnant de faux airs intelligents, cela ne vous dérangerais pas de reprendre à demi-temps chez nous ?

Si je le proposais, abruti, me dis-je.
-Non, vous saviez bien que quitter Arkham Asylum fut pour moi une grande déception..
-Très bien Crane ! Bon retour à la maison !


Arkham Asylum, le Pénitencier, quelques minutes plus tard.


Mes mains décharnées se reseraient nerveusement sur ma précieuse mallette que je n'avais hélas pour Meister, pas oubliée. Je me dirigeais vers la cellule de fortune de mon patient personnellement attitré, mon sourire psychopathe s'étirait, pleins d'idées malsaines en tête, ce n'était certainement pas la dernière fois que l’Épouvantail viendra hanter ses nuits … J'arrivais devant la cellule, où les deux infirmiers attendaient patiemment. D'un geste autoritaire et dépourvu de politesse, je leur fis signe de décamper.

-Je m'occupe intégralement de ce patient, vous pouvez partir. Pensez juste à le nourrir, de temps en temps...

Ils déguerpissent, j'entre dans la cellule, Meister semble éveillé je lui adresse un sourire ignoble, je tourne autour de lui tel un vautour sur sa proie, la laissant admirer à quel point sa souffrance sera atroce. Je le regardais encore, par dessus mes lunettes, un sourcil relevé et le sourire en coin, puis je m’arrête, face à lui.

-Bonne nouvelle Patrick, vous êtes à Arkham et j'ai réussi à me débrouiller pour etre votre psychiatre attitré. Personne d'autre que moi ne pourra vous rendre de visite à présent, enfin si, ces crétins d'infirmiers qui viendront vous apporter cette horrible tambouille..
. Je me mis sinistrement à rire. Vous devez vous demander ce que vous faites ici n'est-ce pas ? Eh bien remerciez-moi. Après notre petit... tête à tête à l'Opéra, vous m'avez un peu, sauter dessus... Vous vous rappelez de tout ça ? Eh bien ce fut la porte ouverte pour moi -malgré la douleur- pour vous déclarer mentalement instable. Et, vous savez, je n'ai eu qu'à parler de votre enfance chaotique, menant à des troubles anxieux voire asociaux. Pourtant, tout va bien dans votre tête mon cher, mais plus pour longtemps.

Meister était dans une chaise roulante, serré dans sa camisole bien trop petite pour une homme de sa taille. Je le prend et le sort de la cellule, c'est sûrement la dernière fois qu'il verra une pièce aussi grande, les cris des patients internés résonnent, certain me reconnaisse, d'autre reconnaisse Meister, la chaise roulant couine, je le conduis dans une pièce que je connais bien, situé dans les sous sols d'Arkham, j'y avais l'accès total avant, je m'étais arrangé avec le Directeur pour encore l'avoir, lui promettant plus aucune expériences ou de cadavre à jeter dans la mer clandestinement. Nous arrivâmes dans la pièce, pierres apparentes, aucunes lumières naturelles, que des néons, des toiles d'araignées ont envahies les lieux.

- Bienvenue dans le laboratoire clandestin d'Arkham Asylum mon cher, c'est ici que j'ai créer mes premières toxines, que mes premiers cobayes en sont morts. Bref, bienvenue dans la tanière de l'effroyable Épouvantail...


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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Dim 11 Mai - 14:44


 

Chanson d'un Cobaye
 
 
Wolfgang se sentait mal à l’aise, un fort sentiment de gêne le perturba dans son sommeil. Il ne pouvait bouger pas les bras, ni les jambes et il lui était même impossible de respirer en toute liberté. Il sentait ses poumons comprimés. Dans sa phase de réveil, il entendit une discussion et le bruit d’un chariot qui roulait sur le sol. Cependant, il ne s‘agissait pas d’un supermarché et encore moins d’un hôpital ordinaire. Des mots lui parvinrent alors qu’il papillonnait des yeux, cherchant à retrouver une vision un peu plus claire de la situation. Les seuls mots qui réussirent à lui donner assez de force pour ouvrir les deux yeux furent « Asile d’Arkham ». Il sentit une brûlure autour de sa nuque tout en tentant un mouvement pour se redresser. Si un médecin avait retiré son collier, il aurait eu tout le loisir d’observer les marques de brûlure dû à une utilisation répété du choc électrique. Cependant, la douleur était bien la dernière chose dont se souciait le rouquin. Il réussit à suivre du regard le docteur Crane tandis qu’il s’éloignait avec d’autre homme. Il avait peu de souvenirs de leur dernier entretient, son cauchemar lui revenait par scène, provoquant tout de même un fort sentiment d’angoisse. Il s’écroula dans son lit à roulette, se mordant la lèvre à cause de la nervosité. C’était comique. Lui qui avait réussi à faire s’enfuir des patients avec l’aide de Firefly, le voilà qu’il prenait leur place. Il avait tout fait pour ne pas se retrouver là, il avait même composé une chanson en l’honneur de l’établissement psychiatrique tellement sa crainte d’être enfermer-là était forte. Il chantonna doucement, tandis que les lumières des néons lui faisait mal aux yeux.
 
- Il se peut qu’Arkham nous épingle, car il nous rend vraiment dingue. Vraiment dingue…
 
La chansonnette avait perdu de son rythme et de sa superbe, n’étant plus qu’un refrain lent et inquiet. Une des infirmières pouffa de rire en se rendant compte que les rumeurs du patient musicien s’avérait être juste.
 
- Tu crois que c’est vrai qu’il peut nous… ensorceler rien qu’avec sa voix ?
- Bha il a quand même fait danser le service de sécurité et le directeur la dernière fois qu’il est venu mais ne t’en fais pas. Avec son joli collier, on ne risque rien. Lui répondit son collègue en conduisant Music Meister dans sa cellule.
 
Le musicien frotta doucement ses pieds l’un contre l’autre, luttant contre le sommeil tout en essayant de reconstruire les évènements précédent dans sa mémoire. Son dernier souvenir était une chute mais il n’arrivait pas à définir s’il faisait du rêve ou non. Toutefois, il se remémorât sans peine l’opéra moisi, les danseurs cadavériques, la menace de l’homme masqué et le dernier geste de sa victime pour lui échapper. Oui, il l’avait frappé et dans un endroit particulièrement sensible. Il se permit un ricanement nerveux, tandis qu’on le posait sans aucune délicatesse sur une chaise roulante de fortune. Il avait réussi à lui faire mal et c’était ça qui avait tout arrêté. Il fallait qu’il recommence et dès le départ. Rien que l’idée de retourner dans cet horrible cauchemar lui retournait l’estomac. Il secoua la tête. Est-ce la solution ? Il n’en était pas certain. Il était désormais jugé comme fou sans même avoir eu la chance de s’expliquer. Il n’était pas fou ! Il ne se sentait pas fou et il se savait saint d’esprit ! Il n’avait rien à faire là, il n’était pas comme le Joker ou les autres malades du centre hospitalier. C’était peut-être de sa faute, à vouloir s’entêter à garder le silence avec les autres médecins, il avait fini par rencontrer le pire. Il observa sa cellule avec un œil critique. Tout avait été construit pour empêcher les patients de se blesser ou de s’enfuir. Il était coincé dans cette camisole, sur cette chaise roulante et dans cette cellule. Il avala doucement sa salive, se demandant ce qu’on lui réservait. Il chantonna encore un peu sa petite chanson pour patienter, essayant d’ignorer les cris de ses voisins de chambre. Il se tût brusquement lorsque que la porte s’ouvrit. Il eut un imperceptible mouvement de recul, bloqué par le dossier de sa chaise. Jonathan Crane était de nouveau face à lui et les yeux se sa victime se posèrent aussitôt sur sa mallette. Ses yeux se relevèrent doucement, tandis que l’homme lui tournait autour. On irait un prédateur. Wolfgang enfonça sa tête dans ses épaules, craignant de recevoir une nouvelle piqure dans la gorge. Lorsque le docteur eut fini de l’inspecter, il se présenta face à lui avec un horrible sourire d’homme satisfait. Le mélomane n’avait qu’une envie, lui jeter à la figure des horreurs et/ou son poing avant de partir en courant. Le psychiatre commença un monologue, expliquant que désormais le rouquin était son patient. Dans l’avenir, il ne verrait pas d’autre médecin que lui, au grand bonheur de Crane et au malheur du chanteur.
 
- C’est Wolfgang, pas Patrick, répliqua le rouquin à voix basse.
 
Ses orteils étaient repliés, comme un animal sur la défensive. Ainsi, il avait réussi à l’emmener ici à cause d’un simple acte.  Notre protagoniste n’aurait jamais pensé qu’un simple coup l’aurait conduit à être enfermer dans un tel bâtiment. Rancunier le toubib où bien autre chose ? Comme quoi, avec un simple diplôme on pouvait faire des merveilles ou bien des horreurs. Le mélomane paniquait en peu plus à chaque seconde en réalisant ce qu’on attendait de lui. Être un parfait petit patient.
 
- Vous… vous ne pouvez pas faire ça. Vous… Je peux pas me retrouver ici, vous n’en avez pas le droit, fit-il tout bas, essayant de contrôler le ton qu’il utilisait pour ne pas avoir à crier sa détresse. Je vous dénoncerais, je ne suis pas un cobaye mais un homme.
 
Bien sûr qu’il en avait le droit. Il était un médecin reconnu à Gotham, lui n’était qu’un criminel excentrique. La voix mélodieuse du rouquin tremblait. Que voulait-il dire par « plus pour longtemps » ? Qu’est-ce qu’il comptait exactement faire de lui ? Le docteur Crane le fit sortir de sa cellule sous les cris des autres patients. Music Meister avait fait évader plusieurs des détenus la dernière fois qu’il était venu. Il avait chargé Firefly de faire exploser les murs de la bâtisse, permettant ainsi au Joker et à d’autre de s’enfuir. Ceux qui n’avaient pu s’échapper avait gardé le souvenir de danser en pleins milieu de la cour avec les gardes. Wolfgang tenta de garder la tête haute face à eux. A BlackGate, la faiblesse méritait les coups. Cependant, il n’était pas certains d’avoir la chance d’aller en salle de pause s’il en jugeait les propos du monstre au visage d’homme. Ils prirent l’ascenseur et Crane le conduit à une pièce étrange et ressemblait assez peu à ce qu’il se trouvait à l’étage du dessus.
 
- Bienvenue dans le laboratoire clandestin d'Arkham Asylum mon cher, c'est ici que j'ai créé mes premières toxines, que mes premiers cobayes en sont morts. Bref, bienvenue dans la tanière de l'effroyable Épouvantail...
 
- L’épouvantail… Fit-il en écarquillant les yeux.
 
Évidemment, le nom convenait tout à fait au costume qu’il portait lors du cauchemar de l’opéra. Cependant, ce n'est pas ce nom de scène qui choqua le jeune homme - après tout lui aussi en avait un. C'était le fait que ce croquemitaine avouait sans aucun mal qu'ils utilisaient des patients pour ses expériences, et que certains n'avaient pas survécu. IL RÉSERVAIT CA POUR LUI ?! Wolfgang se débattit dans sa camisole, furieux et terrorisé. Il tomba en avant, rencontrant le sol. Un grognement de douleur s'échappa de ses lèvres. Il roula sur le sol pour se retrouver sur le dos, observant de ses yeux clair l'épouvantail. Il était coincé et cet acte était une tentative bien faible de révolte. Il traina sur le sol, s'aidant de ses jambes pour reculer.

 - Non, non, non ! Je ne veux pas, non ! Pourquoi ?! C’est quoi ce jeu absurde ?! Espèce de malade ! Cria-t-il à pleins poumons avant de sursauter, ayant reçu un nouveau choc électrique.
 
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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Mer 14 Mai - 22:41


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»




-Je vous dénoncerais, je ne suis pas un cobaye mais un homme. 
- Vous savez Wolfgang, entre homme et cobaye il n'y a aucune limite... Quant à me dénoncer, aucun espoir. Je suis protégé par le Directeur et surtout, je suis aussi discret qu'une ombre.

«Par pitié, non ! Ne fait pas ça ! Tu es un monstre ! Un malade ! Pourquoi ? »
Tant de phrases suppliantes et dépourvues d'espoir que j'avais pu entendre dans cette pièce. Nous étions dans le berceau de l’Épouvantail, ce sinistre laboratoire et salle de thérapie datant de la naissance d'Arkham Asylum. J'étais l'un des seuls survivants de cet endroit qui sentait la mort, cet endroit sûrement hanté par les horreurs d'un psychiatre un peu trop passionné par son domaine de prédilection, la peur. Aucune folie ne régnait dans mon esprit, juste une passion mortuaire qui pourrait faire frémir n'importe qui si je devais me confier, mais rien à craindre, tout est purement médical. Pour la science et la psychanalyse. Alors que mon patient se roulait par terre, effrayé à la mort, je me posais sur le vieux bureau délabré et allumais la sinistre petite lampe  qui dévoila l'épaisse poussière.

- Un jeu ? Pour qui me prends-tu Patrick ? Tu n'es devenu qu'un simple rat de laboratoire, une victime de l'effroyable, un pauvre petit oiseau chanteur emprisonné dans une cage de cauchemars et de souffrances prêt à te faire chuter de ton piédestal... Les bons moments et la joie seront pour toi de lointains souvenirs presque oubliés lorsqu'on te sortira d'ici, enfin, si tu en sors un jour.


Un petit rire ignoble résonna entre les murs de cette salle de torture clandestine, je me demandais pourquoi tant d'envie à vouloir martyriser ainsi ce jeune homme, devenais-je un dangereux psychopathe ? Ou étais-je trop amoureux des peurs qui avaient tant rythmées ma vie sinistre ? Impossible qu'un trouble mental ne m'atteigne, j'avais la tête sur les épaules et bien plus que n'importe qui. Je me retourne, faisant grincer la chaise en ferraille rouillée et pose un pied sur le cou de Meister qui tentait de s'enfuir puis me met à griffonner tout en rédigeant à voix haute un bref résumé des expériences.

- Alors, alors … nous allons recommencer dans précisément...
je regarde ma montre par dessus mes lunettes et continue, six minutes, juste le temps d'écrire les remarques et observations de notre dernière entrevue et, je serais à vous enfin...

Plongé dans l'ombre, on ne pouvait distingué qu'à moitié mon visage maigre rappelant cet Épouvantail fantomatique des effroyables cauchemars qui hantèrent une dizaine, que dis-je ? Une centaine de patient. En regardant Wolfgang, je me remémorais ces nombreux patients aujourd'hui fous ou morts qui j'avais lentement accompagné dans un funeste rêve sans fin. J'étais respectueux envers ces gens, malgré le fait qu'à mes yeux, ils n'étaient que des cobayes comme un scientifique utiliserait une pauvre souris, la faisant souffrir pendant de longues heures atroces, mêlant supplices inaudibles et satisfaction grotesque. Je n'étais pas intéressé par tester mes toxines sur des animaux, leur psychologie n'est pas aussi complexe que celle de l'homme, puis, quitte à vider les cellules d'Arkham Asylum, vidons-les pour quelque chose d'utile. Certains patients sont impossibles à soigner ou ne mérite pas de l’être, sorte de sélection naturelle, enfin, je prenais toujours les cas les plus atroces pour mes expérimentations. Je pris un crayon et commençais à dicté mes écrits avec minutie.

- Alors alors, nous étions le … hum, trente avril... mille... neuf cent quatre-vingt quinze. Il était aux environs de quinze heure lorsque vous êtes arrivé, et hum, votre prénom est donc Patrick, mais on écrira seulement Music Meister, après tout, c'est votre humble surnom de dangereux criminel... Date de naissance ...inconnue. Je dirais environ un mètre quatre-vingt et vous faites d'après les infirmières soixante dix kilos. Hum, si je peux vous rassurez -ou non- vous allez sûrement perdre un peu, il n'est pas rare de s’amaigrir suite à de lourds traumatismes...

Je me mis à rire de façon à peine audible, comme un monstre caché sous le lit d'une enfant, essayant d’être discret. C'est alors que j'inscrivais sur le carnet qui recensait à la fois mes tests mais également mes différents cobayes,  la toxine expérimentée mais aussi le dosage et ce qui s'en découlait.  « N° 14, 50 cl. ».

- Quant aux effets, hum... Tout a commencé par un effroyable souvenir d'enfance si je me souviens bien, plusieurs flashback remontant à une période visiblement difficile de votre vie. Je ne saurais dire jusqu'à quel age tout cela nous a mené... J'attendrais que vous aillez repris vos esprits pour vous questionnez un peu plus à ce sujet, Meister. S'en suit un cauchemar ma-gni-fi-que, c'était la première fois que je testais cette toxine qui me permet de contrôler des peurs, intéressant n'est-ce pas ?

Je voyais le regard de mon patient s'écarquiller, son souffle s'accélérer et le pauvre homme ne cessait de ravaler sa salive nerveusement sous mon regard de docteur de la souffrance. Je terminais mon résumé de notre séance qui s'était déroulée plutôt dans la journée, sous les couinements de Meister qui s'enfonçait de plus en plus dans la crainte. Comme un vulgaire infirmier, je prends le patient par le bras pou le mettre sur une table en acier poussiéreuse, je l'attache avec les sangles malgré ses plaintes et ses tentatives de me mettre son poing dans la figure, il se débat comme un petit animal et parvient à me griffer la lèvre.
Si il se croyait plus malin que moi avec son allure de gros bras, il espérait bien trop. Je le gifle violemment et énervé, me retourne vers mon bureau, je fouille, je m'énerve, l'autre essaye de se débattre, je lui plante une seringue de barbiturique afin de le calmer, mais pas pour de bon...

Arkham Asylum, une heure plus tard.

Il ouvre les yeux, difficilement, apparaît devant lui un être à l'apparence repoussante et effrayante : un épouvantail au visage de jute dépouillé, une corde de pendaison nouée comme une cravate, le sinistre psychiatre est caché sous un visage monstrueux. Un cri retentit soudainement, mais bien sur personne ne l'entendra, car  nous sommes dans l'endroit le plus caché d'Arkham Asylum. Je me mets à rire de façon funeste, une voix grave et aussi grinçante qu'une porte de maison hantée puis, ajoute tout en tendant mes doigts crochus vers le visage de Meister :

-Tout va bien se passer... Ne t'en fait pas haha...

Tant d'ironie dans cette phrase, que le patient la remarqua sans doute vu son visage avant qu'un gaz semblable à un brouillard sorti de ma manche. Une version plus discrète qu'une seringue de ma dernière toxine, la vue trouble, le noir, une chute sans fin que j'admirais à travers mon regard hypnotisant.

L'asile d'Arkham, Music Meister est seul, il ne remarque pas ma présence fantomatique derrière lui, comme si je n'étais pas là, il est délivré des sangles qui le retenait il y a quelques minutes ou quelques heures ? Nous ne savions pas... Il est seul, étrangement seul, il n'y a que des petits rires sadiques venus d'on ne sait où, l'asile est réputé pour être hanté par les nombreux patients morts dans d'atroces souffrances, des murmures, des soupires et des hurlements se font entendre, Wolfgang avance lentement, craintif. Soudain, ma voix perce le silence, il n'y a que la place pour les sons d'horreurs ici, dans ce royaume des Cauchemars.

- Pauvre petit chanteur, le voilà perdu au milieu des âmes égarés de ce sinistre asile ...



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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Jeu 15 Mai - 22:19




Song for Crane


- Je ne veux pas de ton expérience ou de ta thérapie, qu'importe comment tu l'appelles. Par contre, je veux mes lunettes. Exigea-t-il dans une méchante moquerie.

Il n'était pas myope, mais il se sentait un peu tout nu sans. Peu de personne pouvait se vanter de connaitre la sensation d’une chaussure posée contre son cou dont le propriétaire appuyait de son talon votre carotide menaçant de vous tuer à chaque geste. Music Meister avait le malheur de la découvrir à cet instant. Six minutes avait annoncé l’épouvantail à l’homme qui n’avait plus aucun notion du temps. Le mélomane était condamné à écouter son monologue avant d’être victime de sa folie. Depuis quand un dingue s’occupait des gens saint d’esprit ? Le rouquin passait de la peur à la fureur et vice-versa, ayant l’impression de contenir entre ses poumons une bombe qui menaçait d’exploser. Dangereux criminel, très certainement, même s’il n’avait encore jamais eu l’occasion de tuer quelqu’un de ses propres mains, préférant salir celles des autres. Cependant, il aurait pu le faire ce fameux trente avril et eu le sentiment d’avoir raté sa chance. S’il avait eu assez de cran ce jour-là, sans doute ne se retrouverait-il pas sous les pieds du médecin psychopathe, à attendre qu’il veuille bien jouer avec lui. Pour le musicien, effectivement, cela ne pouvait être qu’un jeu. Personne ne voudrait torturer un être humain sans être soit même un peu fou. Pour Wolfgang, sa théorie selon laquelle chaque être humain possédait un fond mauvais n’avait jamais été aussi vraie. La pourriture humaine était aujourd’hui sous les feux des projecteurs et  le musicien était l’unique spectateur de ce spectacle d’horreur.

Jonathan Crane jouait avec les nerfs de son patient qui finit par se débattre de plus belle dans le souhait de mordre le cuir de sa chaussure ou bien la cheville mais sans grand succès avec cette camisole qui restreignait ses mouvements. Il se souvenait encore très bien de cette fameuse journée dont parlait le docteur Crane. Il se souvenait des cris et des ordres de ses anciens proches, de tous ces rires moqueurs qui lui donnaient la migraine, le silence pesant qui régnait en lui. Les premières peurs éveillées par la toxine remontaient à ses dix ou douze ans. Une période dont le jeune choriste n’avait pas eu le sentiment d’avoir été si horrible et pourtant, se sont ses moments d’enfance qui avaient déterminé l’homme qu’il deviendrait. Puis, le souvenir de l’opéra lui revient. Il se calma un peu sur le coup, tout pâle. Il allait recommencer. Il appela le contrôle des peurs mais Wolfgang avait plutôt l’impression d’avoir affaire à un type qui jouait les croquemitaines. Bizarrement, cela lui rappela une comptine mais il était bien incapable de la restitué tellement la crainte dévastait l’intérieur de son crâne. Lorsque son bourreau attrapa son bras, quelque chose se réveilla chez la proie : l’instinct de survie. Il se débattit avec force, cherchant non seulement à le faire lâcher prise, mais aussi pour lui faire mal. Il finit par lui envoyer son pied dans la figure.

- Ne me touche pas espèce de dingue ! Tu ne vas rien contrôler du tout ! Je t’interdis de retourner dans ma tête !

Il cria, grogna, se débattant face aux sangles le blessaient. Une gifle brula sa joue mais c’était bien peu pour le stopper. Il connaissait la douleur d’un poing, d’un coup de pied, d’être tordu dans tous les sens. Les petites brutes qui le rackettaient quand il était gosse utilisaient ce genre d’acte si souvent. Il préférait même que l’épouvantail le blesse de cette manière. Il aurait tant aimé être vidé à sang et eaux plutôt que d’avoir à retourner dans les ténèbres de son propre esprit, soumis au bon vouloir de sa propre imagination et de celle de l’homme au masque. Lorsqu’il s’endormit, une peur tenace vient se loger entre ses côtes, tapis dans l’ombre.
Sa première vision à son réveil l’obligea à pousser un bref cri de surprise et de dégout. Le visage si répugnant de l’épouvantail venait l’accueillir. Ce masque de tissu, ce sourire cousu, ces bouts de paille qui dépassaient, il ne lui manquait plus qu’un corbeau pour achever le tout. Cependant, Crane n’avait devant lui qu’un pauvre rossignol qui ne croyait pas un mot de ce qu’il disait. Tout allait très mal finir car tout avait très mal commencé. Soudain, un gaz s’échappa de la brindille sur patte. Wolfgang se sentit tomber malgré qu’il sente encore les lanières de cuir autour de ses membres. Une chute qui le poussa à fermer les yeux.

***

Il était hors de cette foutue salle et pourtant, il ne se sentait pas en sécurité. Il était seul et malgré ça, il craignait de ne l’être pas suffisamment. Des murmures suivaient chacun de ses pas, des cris et des lamentations venaient secouer son cœur. Il cherchait la sortie du regard, les bras serrés contre son torse dans une maigre tentative de se rassurer.

- Pauvre petit chanteur, le voilà perdu au milieu des âmes égarés de ce sinistre asile ...
- Sors de ma tête, ordonna ou plutôt supplia le concerné.

Il recula, la boule au ventre, jusqu’à atteindre l’une des cellules d’Arkham. Une petite voix chuchota derrière lui mais elle était incompréhensible. Il se tourna et aperçut contre toute attente le Joker. Cependant, si le prince du crime était effrayant au naturel, ce n’était rien comparé à celui dont il avait affaire. Son sourire dévoilait des crocs et des mains immenses lui donnaient l’apparence d’un monstre. Wolfgang eut à peine le temps  de porter sa main à son visage que déjà le clown se saisit de lui, passant au travers de la vitre comme s’il ne s’agissait que d’un rideau. Était-ce un homme, un tigre blanc et vert ? Ses dents s’approchaient beaucoup trop près et il se demanda sur le coup si on pouvait mourir dans un rêve. Une odeur de sang lui monta au nez alors que le Joker ouvrait grand la bouche. Il ouvrit finalement les yeux au bout de quelques et se découvrit à son tour enfermé. Aucune trace du criminel clownesque. Il paniqua et se jeta contre la vitre, tapant dessus de toutes ses forces pour la briser. Il cria même à l’aide. Une personne apparut alors dans son champ de vision, semblant s’éloigner. C’était une femme qui avait l’air très belle vue de dos. Une peau clair, des épaules lisses et dénudés, une robe mettant en valeur sa silhouette et des cheveux roux coiffés dans un parait chignon. Des cheveux roux ressemblant à ceux de Patrick qui la regardait, la bouche grande ouverte.

- Maman ? Osa-t-il.

Il ne l’avait jamais vu et pourtant, ce fut le nom qu’il prononça. Elle l’ignora. Il tenta de chanter alors, soulager de voir que sa voix fonctionnait dans ce rêve-ci. Cependant, il fallait se méfier des mélodies. Une douce voix lui répondit alors, en chanson.

- Les cheveux en bataille, le corps en brin de paille, vêtu d'un vieux chandail…

Sa voix était douce mais trainante, comme si cela étant terriblement lassant. Elle se retourna avec une lenteur absurde, dévoilant une peau devenu bleu cadavérique, des doigts atrocement longs mais surtout, un visage sans yeux, ni nez ni bouche. Un visage complètement vide et le musicien sentit les larmes lui monter. Non, il ne connaissait pas son visage. Son esprit lui-même ne pouvait l’inventer.

- C’est l’épouvantail. Finit-elle.

Il eut un horrible craquement. Sa mâchoire sembla se déchirer, dévoilant une peau sanguinolente dont les chairs étaient à vif. Il n’y avait plus de place pour la peine, juste pour l’horreur. Il recula, tandis qu’elle s’approchait. Seul le verre les séparait encore.

- Il fait peur aux moineaux, aux corneilles, aux corbeaux, à tout oiseau qui piaille. Elle le montra du doigt avant de rire, perdant un nouveau bout de chair. C'est l'épouvantail.

La vitre se visa, se projetant sur le visage terrifié du musicien. Elle marcha sur la pointe des pieds, comme si elle dansait avant de l’enlacer. Son visage vide et couvert de sang s’approcha du sien. Un chuchotement s’échappa, tandis que Patrick cherchait à la repousser, en criant.

- Est-ce que tu oserais, Patrick, le toucher, l'embrasser, le prendre par la taille, danser avec cet épouvantail ?

Elle colla sa figure contre la sienne dans une maigre tentative de l’embrasser. Le rouquin repoussa ce baiser incestueux en rejetant le corps de la femme avec violence. Elle se brisa comme une poupée de porcelaine dans un cri déchirant. Le musicien respirait fort, des gouttes de sueur glissant sur sa peau. Il chanta alors d’une voix forte et puissante, se demandant si sa voix serrait hypnotisant ici. Une brulure chauffa la peau de son cou une nouvelle fois mais c’est la vision de tous ses cadavres au sol qui le fit cesser. Des zombies plutôt car ces derniers rampaient sur le sol, cherchant à attraper ses pieds.

- Pourquoi nous fais-tu ça Music Meister ? Pourquoi fais-tu de nous des poupées qui dansent ? Fit une voix.
- Ce n’est pas mon fils, juste un monstre qui chante.

Un dernier hurlement. La dernière réplique lui fendit le cœur avant de s’apercevoir que les cadavres venaient de l'attraper. Il hurla mais cela ne les stoppa pas. Ils le firent tomber et ils grimpèrent sur lui et sa vision se brouilla une nouvelle fois.



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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Ven 23 Mai - 19:48


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»


Je ne m'entendais certainement pas à rencontrer le Joker en personne dans ce cauchemar profondément ignoble. Tel un monstre sorti d'un conte pour enfant désireux d’être épouvanter pour le plaisir et l'inquiétude, ce Joker démoniaque s'attaqua au pauvre petit musicien terrifié qui hurlait de peur, sous mon regard malsain qui servait de lumière à la scène. Quand tout à coup, le néant, puis le silence et le calme. Théoriquement, le calme est une chose rassurante, il n'y a rien de plus réconfortant que cette douce sensation d'apaisement et pourtant... Ce calme inattendu était étrange, comme si Wolfgang et moi nous attendions l'horreur qui attendait patiemment de venir briser le minimum d'espoir de ce cauchemar. C'est alors que cette abomination arriva, cette abomination avait la peau de neige et les cheveux couleur automne, un rire s'échappa de ma bouche cousue quand un timide «Maman ?» se fit entendre. Une mère fictive, tirée de l'imagination de ce pauvre homme, le plus horrible ? Il pensait que tout ce qu'il voyait était réel, dont cette dame au visage sans face. Il sursauta. Mi zombie, mi fantôme, j'admirais cette marionnette décharnée qui chantonnait une adorable petite comptine. La pauvre mère aimante tenta d'embrasser son fil, il la repoussa, c'est ainsi que l'horreur s'intensifia.

Le noir.
Il n'y a d'audible que le croassement des corbeaux, treize corbeaux entassés sur les épaules squelettiques d'un épouvantail planté au milieu d'un cimetière. Leurs cris d'oiseaux du Diable fend le silence en harmonie, comme si ils chantaient ensemble, parlent-ils ? On ne sait pas. Tout est flou ici. Meister est au milieu de ce cimetière puant, envahi par les ronces et le brouillard semblable à celui du vieux Londres. Il faut tendre et l'oreille mais pourtant, il y a bien des phrases qui sortent du bec de ses oiseaux de malheur perchés sur ce pauvre homme de paille.
Vous avez entendu ça ? - Mais quoi donc ? - C'est l'histoire ! - Mais de quoi ? - D'un terrible psychiatre ! - Mais qui donc ? - Je ne sais pas et vous ? - Un épouvantail à ce qu'il paraît ! - Que fait-il dans le vie ? - Mais voyons, il terrifie !
Les volatiles se remettent à  s'insulter de nom d'oiseaux. Je regardais la scène avec amusement, que l'on parle de moi dans une hallucination montrait que le cobaye avait peur de moi … et ça, je le trouvait plutôt positif. Tout est possible dans le cerveau humaine avec un peu de crainte.  Le brouillard est de plus en plus épais, les corbeaux se taisent lentement et pourtant leurs immondes voix continuent à se faire entendre. Le pauvre musicien est debout, inquiet au milieu de toute cette brume, il n'y a aucun signe de vie dans ce lieu à part ces affreuses bêtes qui finalement étaient totalement disparues à présent.
Il y avait au loin une petite fille, avec de longs cheveux blonds bouclés, un visage angélique et des taches de rousseur parcourant son visage enfantin, ses grands yeux verts étaient posés sur Meister. Elle fit voler sa longue robe de chambre blanche, on aurait dit un petit fantôme et pourtant, son apparence était tout le contraire de l'atmosphère des lieux, on aurait cru à un problème dans ce cauchemar. L'enfant accourra vers Wolfgang avec un sourire adorable, puis lui pris délicatement la main toujours en arborant son minois le plus angélique.  

- Il fait froid ici vous ne trouvez pas ? Il y a un bal en bas de la colline, mais je ne veux pas y aller toute seule, je n'ai pas de cavalier... Tu veux être mon cavalier pour le bal ?
La prunelle de ses yeux émeraudes se firent plus tendre, il ne pu dire non. L'enfant dont les cheveux dorés voletaient comme des plumes avec la brise ressemblait à la traîne d'une mariée, elle se mit à courir entre les tombes toujours en tenant la main de Wolfgang qui devait se croire dans un rêve étrange. La petite fille courait, sans répondre aux question de Meister qui n'avait pas l'air de tout comprendre, les corbeaux s'envolèrent, en passant devant, on pouvait voir que l'épouvantail jadis sur son poteau n'y était plus. Étrange n'est-ce pas ?

- Le bal n'est pas loin ! Regarde, il y a la grande salle là-bas ! S'exclama la petite en montrant un bâtiment aux allures grecques, grandes colonnes en marbre, grande porte en bois et jardin à la française, tout semblait parfait. Ils entrèrent dans la salle, des êtres dansaient lentement, des êtres dont le visage était recouvert par un masque blanc ne laissant paraître aucun regard. Ils étaient mous et la musique était calme et sinistre, une marche funèbre. La petite fille se tut et se mis à danser, silencieusement, le regard vide. A chaque fois que Wolfgang fermait les yeux, rien qu'un clignement, les longs couloirs d'Arkham aux néons cliquetants apparaissaient, une silhouette squelettique s'approchant de lui, peu à peu. La petite fille dansait sans s’arrêter, c'était bizarre, très bizarre.


- Avez-vous, entendu cela, se mit-elle a chantonner doucement, mais quoi donc monsieur ? L'histoire de ce cauchemar. Lequel ? Celui d'un cauchemar. Avez-vous peur ? Oui et vous ? Nous avons tous peur ici, car la peur c'est la Reine. La Reine est-elle mariée ? Mais oui mais oui. A qui ? Un grand homme, au corps mince comme une lame, un regard sans profondeur et un manque d'humeur. Comment le surnomme t-on voyons ? L’Épouvantail parbleu.

Les autres danseurs se mirent aussi à chantonner, la petite fille regardait Meister d'un air méchant, le sourire s'étirant de plus en plus, plus elle souriait, plus le musicien pouvait remarquer avec horreur les fils hideux qui étaient cousus entre ses lèvres roses. Sa beauté s'éteignait peu à peu, sa voix qui reprenait la petite chanson devait de plus en plus sinistre, ressemblant presque à celle d'un certain psychiatre tortionnaire. Tout à coup, l'enfant se jeta sur Meister, ses mains devenues crochues lacérant sa gorge et...

Noir, les corbeaux se remettent à chanter, l'air moqueur.
«Vous avez entendu ça ? - Mais quoi donc ? - C'est l'histoire ! - Mais de quoi ? - D'un terrible psychiatre ! - Mais qui donc ? - Je ne sais pas et vous ? - Un épouvantail à ce qu'il paraît ! - Que fait-il dans le vie ? - Mais voyons, il te terrifie !»

Arkham Asylum. Les couloirs sont tordus et les murs semblent nous tomber dessus, la vue est trouble, mon rire retentit comme dans une battisse hantée.

- Il ne faut pas se fier aux apparences mon cher... Cette gamine n'était pas ce que tu croyais … Ha ha.

Une nuée de corbeau s'envola dans la figure de Meister, lui volant son chapeau au passage, plus il avançait, plus le damier du carrelage tombait sous ses pieds, au dessus de lui, le plafond semblait s'écrouler peu à peu sous mes rires effroyables. Tout raisonnait ici, que ce soit les cris d'effrois venus de nulle part, le crépitement des galopades des insectes grouillant sur le sol, ou même le souffle dangereux d'un Épouvantail scrutant de son regard jaunâtre le jeune musicien qui trottinait nerveusement.

- Que penses-tu de jouer au chat et à la souris ? Ou plutôt … au corbeau et au mulot ? Ha-ha-ha.

C'est alors que j'écrasais  mes longs doigts rachitiques semblables à des serres de charognard dans le carrelage qui s'écroula à quelques centimètres de Meister, dans l'espoir de l'attraper et de le réduire en morceau …

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Lun 26 Mai - 22:51


 

Song for Crane
 
 
Le silence.
 
Le silence était une chose que redoutait particulièrement le criminel musical. Dans une société dominée par le bruit des gens et des choses, certains aspiraient à cette sérénité que leur apportait ce moment où rien n’était perceptible. Pour le jeune homme-ci, le silence n’était qu’un moment d’angoisse. Il était habitué aux mélodies, aux différentes tintes de voix, aux tintements du vent ou de la pluie contre les volets de sa chambre. Ici, dans ce monde de cauchemars, il était seul face à l’obscurité silencieuse. Très vite, des croassements viennent rompre le moment d’angoisse. Il gémit de douleur et regarda les ronces qui capturaient ses pieds, blessant ses chevilles. Music Meister ne savait plus où s’arrêtait le réel de l’imaginaire. La douleur, était-elle une autre fiction de l’épouvantail ? Il réussit à se débarrasser des plantes, manquant de tomber sur une des tombes. Il eut la nausée un bref instant. Il regarda autour de lui, percevant des paroles étranges à travers l’épaisseur de la nuit. Il plissa les yeux, quelque peu inquiet de cette nouvelle situation alors qu’à peine une minute plus tôt des zombies cherchaient à lui faire la peau. Il sursauta brusquement lorsqu’il aperçut un épouvantail haut et fier caché dans la brume. Il resta assez crispé, malgré qu’il réalisait qu’il ne s’agissait pas du docteur Crane mais bel et bien d’un mannequin de bois et de paille. Les voix venaient des corbeaux sur ses épaules, le mélomane fut davantage surpris que terrifié, jusqu’à ce qu’il comprenne de qui ils parlaient :
 
Vous avez entendu ça ? - Mais quoi donc ? - C'est l'histoire ! - Mais de quoi ? - D'un terrible psychiatre ! - Mais qui donc ? - Je ne sais pas et vous ? - Un épouvantail à ce qu'il paraît ! - Que fait-il dans la vie ? - Mais voyons, il terrifie !
 
Le musicien se tordit les mains, tournant sur lui-même pour apercevoir quelque chose ou quelqu’un pouvant l’aider. Il craignait également que ce maudit docteur ne lui saute dessus, profitant des ténèbres comme un prédateur. Oui, il craignait l’homme. Il craignait cet homme car ce dernier était capable de jouer avec des peurs qu’il avait tenté d’enfouir pendant des années. Il avait fui son passé et ses craintes d’enfant. A cause de Jonathan Crane, elles refaisaient surface pour mieux le détruire.
 
- Je.. Je n’ai pas peur de toi ! Mentit Patrick. Arrête de te cacher comme un vulgaire croquemitaine sous un lit ! Je t’attends, viens ! Et fermez-là les piafs !
 
Dans tout ce noir et ce bleu nuit, une tache lumineuse éclaira soudainement la scène. Une fillette tout blonde et innocente semblant bien calme malgré le paysage qui s’offrait à elle. Patrick n’hésita pas et fit quelques pas dans sa direction. Était-ce parce qu’il s’inquiétait pour l’enfant ? Était-ce parce qu’il se sentait seul ici ? Cependant, ce fut la jeune fille qui vient à sa hauteur en premier. Elle semblait si paisible, sa robe virevoltant autour d’elle comme une paire d’ailes. Le musicien lui offrit volontiers un sourire et s’apprêtait à lui parler mais elle le coupa en prenant sa main dans la sienne. Elle voulait qu’il soit son cavalier. Le rouquin l’a regarda sans comprendre. Son cauchemar faisait place à un joli rêve ? Il trouvait cela un peu étrange mais il ne se méfia pas. Il ne pouvait pas la laisser seule de toute façon au milieu de ce cimetière. Lui aussi rêvait d’une cavalière ou d'un cavalier, personne ne voulait rester solitaire.

- Je veux bien te suivre, mais où sont tes parents ? Tu es perdu ?
 
Elle se mit alors à courir, sans répondre, tenant toujours sa main avec ses petits doigts. Le musicien tient son chapeau de l’autre main pour ne pas le perdre, se laissant guider par cet enfant lumineux.
 
- Attend ! Il y a quelque chose de bizarre ici. Fit Patrick.
- Le bal n'est pas loin ! Regarde, il y a la grande salle là-bas !
- Est-ce que tu m’écoutes ? S’agaça le jeune homme. Un monstre nous poursuit, ce n’est pas l’heure de danser !
 
Il finit par sourire. Peut-être qu’il n’y avait plus d’épouvantail, ni de cauchemars. Il ne remarqua pas l’absence du mannequin de paille. Ils arrivèrent dans un lieu magnifique, malgré la musique qui n’avait rien de joyeux. Il observa la petite inconnue qui dansait au milieu des gens masqués. Le musicien fut très naïf car il crut avoir un instant de répit, il attrapa ses petites mains et dansa avec elle, petit pas par petit pas. Il ferma les yeux pour profiter de l’instant avant de les ouvrir brusquement. Etait-il dans deux rêves à la fois ? Celui de paix avec ses danseurs et celui d’horreur avec le cadavre qui le menaçait ? Alors pourquoi il trouvait la scène si étrange s’il était dans un joli songe ? La fillette avait perdu de sa superbe, n’affichant plus le calme enfantin qui l’avait envahi quelques instants auparavant.
 
- Tu me parlais ? Je ne t’ai pas entendu.

- …mais quoi donc monsieur ? L'histoire de ce cauchemar. Lequel ? Celui d'un cauchemar. Avez-vous peur ? Oui et vous ? Nous avons tous peur ici, car la peur c'est la Reine. La Reine est-elle mariée ? Elle chantonnait des paroles qui lui étaient inconnues. Mais oui mais oui. A qui ? Un grand homme, au corps mince comme une lame, un regard sans profondeur et un manque d'humeur. Comment le surnomme-t-on voyons ? L’Épouvantail parbleu.
 
Music Meister lâcha brutalement ses mains, comme brulé. Ses mots ne provenaient pas d’un rêve, il était encore dans un cauchemar. Il fit un pas en arrière, lui demandant aussitôt ce qu’il lui prenait. Les autres danseurs répétèrent alors les paroles dans un ton morbide. La figure de la fillette devient hideuse, dévoilant un sourire si semblable à celui de son bourreau cauchemardesque, tout cousu. Il recula.
 
- T.. toi aussi ?  Non, ne t’approche pas !
 
La blonde lui sauta alors dessus, des mains aussi coupantes que des couteaux lui menaçant le visage avant de déchirer sa gorge. Le musicien hurla, provoquant une douleur intolérable dans sa gorge et sa nuque, brulant même la peau se trouvant sous le collier électrique. La peur fictive se maria sans difficulté avec les souffrances réelles. La douleur s’apaisa lentement et le musicien semblait épuisé. Il n’était plus avec les danseurs, mais de nouveau dans les couloirs d’Arkham. Il caressa son cou, retenant avec difficulté des gémissements. Sa vision s’assombrissait petit à petit, les murs semblaient prêts à s’écrouler, rétrécissant son champ de vision. Il marcha lentement et sentit le sol tremblé sous ses pieds. Il n’avait aucun moment de répit et son mental s’épuisait. La voix de l’épouvantail résonnait, moqueuse. Patrick accéléra le pas, des corbeaux se précipitant sur son visage pour le griffer et arracher son chapeau. Le musicien plaça ses mains pour se protéger, criant et balançant ses poings pour se défendre. Tout Arkham semblait s’écrouler, la jeune victime ne savait même plus où aller pour retrouver la sécurité. Ses yeux étaient affolés et alors que son angoisse était déjà à son paroxysme, les mains de l’épouvantail –semblable aux pattes d’une araignée- viennent détruire le carrelage à quelques centimètres du rouquin. Ce dernier hurla encore et encore tombant dans une chute qui fut très courte, le jeune homme n’eut le temps que d’apercevoir des flammes sous ses pieds avant de brusquement se réveiller auprès du Docteur Crane.
 
Trois secondes s’écroulèrent avant que le criminel ne se remette à hurler, à la fois de terreur et de fureur. Ses yeux étaient révulsés, bouleversés. Cette fois-ci le choc électrique l’assomma sur le coup dans un sommeil sans rêve. Son cou était dans un état déplorable, la chair toute boursoufflé.
 
Il se réveilla bien plus tard dans sa cellule, encore nerveux et épuisé. Il se surprit même à sursauter lorsque les infirmiers entrèrent dans la pièce pour lui donner un affreux bouillon dont il fut forcé d’avaler. Wolfgang ne se reconnaissait même plus, s’allongeant sur le banc qui lui servait de lit, sans réel conscience. Pour la première fois depuis longtemps, aucune musique ne lui vient à l’esprit pour l’apaiser. Les cris de ses voisins de cellule finirent par l’obliger à sortir de sa léthargie. Il se permit un long soupire, relâchant une partie de la pression qu’il avait dans le corps, ne pouvant se permettre de crier une nouvelle fois. Il pensait à ce Jonathan Crane, à cet épouvantail, à ces cauchemars... Il devinait que ses mauvais rêves n’étaient que le résultat que de ses propres pensées et craintes. Il essaya de se convaincre une bonne partie de la nuit qu’il pouvait se défendre. Il fallait juste trouver comment. La musique n’avait plus d’effet. Pouvait-on vaincre ses propres peurs face à un type qui cherchait à les réveiller ? Le sommeil finit par l’emporter sur lui, sachant très bien que le lendemain, il retrouvait son psychiatre. Ou plutôt, son tortionnaire. Le musicien l’attendait dès son réveil, offrant un sourire volontairement provoquant à toute personne qu’y pénétrait dans sa cellule. Il se refusait de s’annoncer vaincu. A force d’échouer dans ses projets musicaux et de collectionner les refus de concert, il avait gagné un certain entêtement. Avez-vous dis folie ?
 
- Bonjour Jonathan.
 
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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Dim 1 Juin - 18:29


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»



♦  Je sors de cette salle, j'ai dut lui faire une piqûre de benzodiazépine*, assez forte d'ailleurs afin de le calmer. Ses hurlements incessants me donnaient mal au crane, puis l'heure tournait, il faut savoir se faire discret quand on cache des expériences pas tout à fait catholique dans les recoins sombres d'un sinistre asile. Il dormait, enfin, il comatait plutôt, complètement shooté aux calmants, je poussais lentement le brancard sur lequel était déposé mon patient. Nous passâmes les grandes portes battantes, les autres psychiatres passaient sans se douter que le pauvre homme qui gisait venait de subir les pires horreurs. Hélas, ici personne ne voit rien, on peut hurler à la mort, personne ne s'inquiète car, l'horreur est habituelle entre ses murs. Mais cette fois je ne me ferais pas avoir, j'ai commis une erreur bête, celle de ne pas avoir été assez discret, c'est en forgeant que l'on devient forgeron n'est-ce pas ? Eh bien c'est en effrayant que je deviendrais épouvanteur, en torturant que je deviendrais bourreau... Je savais maintenant comment tournait l'asile de notre bien aimé Amadeus, si jamais on découvrait mes petites affaires malsaines, j'avais compris qu'il suffisait de quelques billets dans les poches de quelqu'un pour qu'il se taise. Fut un temps où j'étais contre ça, mais finalement, il faut savoir profiter de ce que l'on nous offre... Je déposais Meister dans sa cellule et la fermais à clef.
Le lendemain matin, alors que j'enfilais ma blouse blanche, deux infirmiers vinrent à moi, l'air intrigué. Je les dévisageais par dessus mes lunettes, si il y a bien quelque chose que je détestais profondément, c'est que l'on vienne me déranger dès le matin, à l'aurore alors que l'asile est encore plongé dans la semi pénombre bien que les néons nous offraient une lumière artificielle radieuse. Le jeune infirmier s’arrêta prêt de moi, ravala sa salive tout en tripotant nerveusement la cordelette de ses lunettes entre ses doigts potelés.

- Docteur Crane, nous … nous avons remarqué que le comportement de euh …

- Je ne savais pas que vous étiez psychiatre vous et votre … camarade. Depuis quand faites-vous des constatations à ma place ? Wolfgang va très bien, il est juste mentalement dérangé, sinon il ne serait pas en train de pourrir ici …
Ils baissèrent la tête, légèrement effrayés. Je les regardais, un léger sourire s'échappa sur mon visage aux mille et une taches de rousseurs, tout en m'échappant furtivement comme une ombre, je posais ma main sur l'épaule du deuxième et m’exclamais :

- ...Un peu de logique !
Mes pas résonnent dans le couloir, le jour commence à peine à se lever, il fait froid comme toujours ici. Je passe dans mon bureau pour prendre mon dossier «Music Meister-Wolfgang / Patrick ?», laissant un rictus mauvais se dessiner, ma précieuse mallette en main, un masque horrible caché à l'intérieur, tout était prêt pour la troisième thérapie de mon cher patient.
J'entre dans sa cellule, il y fait terriblement chaud, il me regarde avec un grand sourire niais qui me fait soupirer, sûrement encore l'une de ses tentatives de révolte. Je m'assois face à lui sur une chaise en fer, heureusement que je ne suis pas lourd car vu l'allure qu'elle là, elle doit être du même age que les murs.

-Bonjour Jonathan.
Je penche la tête, légèrement surpris qu'il ose m'appeler par mon prénom, si il croyait me déranger, qu'il sache que je ne suis pas facile à déstabiliser.

-Bonjour numéro 6 485, ah non... ici c'est encore plus... rabaissant, 245M-M688. Bienvenue à Arkham Asylum mon cher.

Je le regarde avec insistance, relevant légèrement un sourcil, silence. J'ouvre le dossier et note quelques petites choses à propos de la journée précédente, ces informations sont tellement importantes que je n'oublie jamais o grand jamais de les écrire après chacune de mes précieuses expérimentations.

- Très bien, nous allons commencer par quelque chose de plus... calme qu'hier vous voulez bien ? Enfin, je me mis à rire de façon grinçante, vous n'avez pas tellement le choix à vrai dire.
Je remonte les manches de ma blouse et de ma chemise et laisse mes lunettes glisser sur mon nez puis continue.

- Je vais vous poser quelques questions, un peu comme lors de notre première entrevue, sauf que cette fois il me faudra des réponses claires et nettes si vous espérez sortir un jour d'ici avec un mental encore à peu près clean. Bien sur, vous vous doutez que je ne vais pas vous demander de me raconter votre vie … je sors une seringue remplit d'un liquide orangé et le regarde délicatement, ceci m'a permit d'en savoir plus sur vous qu'avec la technique habituelle des questions réponses tellement ennuyeuses.... il faut l'avouer.
Je me redresse et tapote les feuilles sur mes genoux croisés l'un sur l'autre. La lumière du jour éclate à la figure de Meister, moi étant en contre-jour, mes feuilles étaient éclairées par un soleil inhabituel, l'été arrivait visiblement …

-Bien, bien, je suppose que le soleil ne vous dérange pas, je ne vais pas être un ignoble tortionnaire qui vous prive d'un peu de lumière... cela ne me ressemble pas. Bref, comment vous sentez-vous ? Des nausées ? Des maux de tête ? Vous avez mangé ce matin à ce qu'on m'a dit... Donc ça, ça va.... Avez-vous bien dormi malgré la nuit qui fut bien courte ?
J'étais excité de tester à nouveau ma toxine, j'étais profondément passionné par toutes ces horreurs. Mais je devais rester calme, mes expériences devaient rester secrètes, il faudra descendre au laboratoire dans les sous-sols pour entrer dans le pays atroce et sanguinolent des cauchemars.

*Un calmant assez fort qui rend dépendant.


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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Dim 1 Juin - 23:58




Song for Crane


Le musicien était sans doute en partie naïf de vouloir lui tenir tête malgré les heures d’horreur et de cauchemars qu’il avait passé en sa compagnie. Il avait peur de l’épouvantail tout comme il l’avait peur du docteur derrière le masque. Cet homme, aussi grand que mince, dont les longs doigts fins rappelaient les pattes d’une araignée, lui donnait la chair de poule. Il avait ce regard torve et ses répliques piquantes comme des aiguilles mais malgré tout ça, le jeune adulte tentait de paraitre le plus calme possible lorsqu’il pénétra dans la pièce. Il cachait sa nervosité derrière un grand sourire qui dévoilait ses dents du bonheur. Pourtant, pour le moment, il n’avait eu ni chance ni joie. Il fut satisfait de le voir tiquer lorsqu’il avait prononcé son prénom. Il n’avait pas l’air de lui en tenir rigueur, à moins que sa façon de lui rappeler qu’il n’était désormais plus qu’un numéro fût un rappel qu’il ne faisait pas la loi ici. Le musicien resta silencieux un instant alors que le psychiatre semblait griffonner des notes. Il grinça légèrement des dents avant de sourire de nouveau.

- Mon nom, c’est toujours W..olfgang. Il faudrait finir par vous en souvenir Jonathan si nous continuons à nous fréquenter, on est presque intime après tout à force de vous voir venir visiter l’intérieur de ma tête. Il chantonna doucement avec ironie : Vous êtes... dans mes rêves et mes pensées.

Il avait eu une seconde d’hésitation lorsqu’il avait prononcé son nom. C’était comme si le prénom Patrick avait été soudainement marqué au fer rouge sur sa chair et même jusqu’à l’intérieur de son cerveau. Il ne pouvait plus se faire passer pour quelqu’un d’autre face à un homme comme Jonathan Crane. Ce dernier semblait rechercher autre chose en cette matinée de… Le musicien se rendit compte qu’il était désorienté et qu’il ignorait même quel jour ils étaient. Cela était à prévoir, après toutes ses heures passés à fuir un songe. En tout cas, son « médecin » cherchait une discussion aujourd’hui et il n’avait pas tort lorsqu’il disait que le rouquin n’avait pas le choix. Il était coincé dans cette cellule avec toujours cette maudite camisole, il ne pouvait qu’écouter et répondre. Il se doutait bien que le silence ne serait pas une solution, mais est-ce que lui répondre de cette manière en était une ? Il avait un doute, mais il préférait lui montrer qu’il lui restait encore suffisamment de lucidité et de cran pour lui cracher tout ce qu’il avait en tête. Cependant, cela ne l’empêcha pas de reculer légèrement lorsque l’épouvantail sortit une seringue pour venir appuyer ses propos. Bien évidemment, cela était inutile. S’il avait décidé de le piquer, il n’allait pas se gêner pour le faire et le mélomane ne pourrait rien faire pour se défendre. Le geste avait été instinctif. Cette fois-ci, il ne pourrait pas se réfugier dans le silence comme lors de leur première rencontre. Il était obligé de lui répondre et cela ne le rassurait pas. Hors, malgré cet odieux chantage, il était certain que docteur Crane ne tiendrait pas sa promesse. Patrick était persuadé de ne jamais sortir de cet asile. Il se sentait emprisonné, comme un otage. Il était l’otage de l’épouvantail et sa victime.

- Ennuyeuses vous dites ? Je connais un type beaucoup plus drôle que moi pour vos petits jeux et bien plus intéressant. Je vous le présenterais volontiers mais il semblerait que je sois coincé ici pour toujours. Ne me faites pas croire que j’ai la moindre chance de quitter ces lieux. Je ne vous crois pas une seconde. Il se tut un instant pour ravaler sa colère et les tremblements de sa voix avant de dire avec plus d’enthousiasme : Je coopérerai avec plus d’envie si vous me rendiez mes lunettes. Je suis certain que BlackGate vous ont transmis toutes mes affaires personnelles.

Il plissa doucement les yeux lorsque le soleil vient l’attaquer de ses rayons lumineux. Elle le gênait. Il s’était presque habitué à l’obscurité mais ça lui faisait du bien de retrouver un peu de lumière. Il marmonna doucement pour lui-même « pas ton genre, c’est ça… » lorsque le psychiatre en fit la remarque. Évidemment, il était un médecin exemplaire qui prenait soin de ses patients… Le musicien souffla sur une de ses mèches rousses qui venaient lui taquiner le nez et caressez ses taches de rousseurs si semblables et si différentes de son bourreau en même temps. Il n’était pas certain qu’obliger ses patients à vivre leur plus grandes peur soient une si bonne idée. Cependant, le musicien se demandait ce qui pouvait bien lui arriver de pire. Il avait eu le silence forcé, l’apparition de sa vraie mère ou du moins celle qu’il rêvait d’avoir, ses anciens tuteurs, les monstres et la douleur. Que pouvait-il faire de plus ? L’interrogatoire commença alors. Des questions banales mais le chef d’orchestre déchu se doutait bien que ça avait un lien profond avec les étranges toxines qu’il utilisait sur lui. Il soupira doucement et cala sa tête contre le mur. Sa gorge était un peu plus découverte dans cette position, mettant ainsi à jour les horribles blessures que le collier électrique lui infligeait.

- Très peu et très mal, tête d’ampoule, et effectivement j’ai quelques migraines. La luminosité me gêne. Elle me brule les yeux. Cependant, vous me privez de musique, alors gardons au moins la lumière. C'est une maigre consolation mais ça ferait l'affaire un moment.

Il le regarda avec amusement, malgré la boule qu’il avait dans l’estomac. La douleur mentale et physique jouait sur son caractère ce matin-là. Il était plein de colère et de frustration mélangé. Comme un enfant face à l’autorité d’un adulte à la voix trop dur et à la main trop lourde. Le musicien ne pouvait supporter l’idée d’être soumis à lui et de n’être bientôt même plus capable d’être qualifié « homme ».

- A mon tour de poser les questions. Pourquoi un épouvantail ? Il y a des choses tellement plus effrayante qu’un mannequin de paille. Vous avez été traumatisé plus jeune par l’un-deux ? Oh non, je sais ! Agresser sexuellement par un type qui y ressemblait ? Allez, C’est quoi vos peurs à vous, hein ? Sa voix était dure.



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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Mer 11 Juin - 0:21


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»


- M'en souvenir ? A quoi bon ? Murmurais-je d'une voix pétrifiante délicieusement tintée d'un peu de méchanceté ironique.
Il semblait que ce cher jeune homme veuille jouer les durs en essayant malgré mon calme, de me provoquer, qu'il n'espère rien en me parlant de cette façon, je serais le plus ignoble personnage si il ne se plie pas à moi. J'écoutais patiemment ses dires, enfin ce qui m'intéressait surtout, c'est à dire ses ressentis suite aux effets de la toxine. Je notais toujours dans mon calepin aux bords recourbés, visiblement sa santé n'était pas en danger, parfait, c'est tout ce qui m'intéressait. Non, je n'en avais pas grand chose à faire de ses petites migraines ou autres nausées désagréables tout ce qui m'intéressait c'était de savoir si je pouvais augmenter les doses sans risquer de tuer mon patient. Hélas, j'ai déjà eu quelques soucis avec ça, des cobayes trop sensibles, trop faibles dont le cœur à lâché en pleine extase cauchemardesque. Heureusement pour moi, nous vivons dans un monde terriblement corrompu, ce qui permet à un psychiatre un peu trop sinistre de cacher des cadavres dans la lagune sans que personne ni rien ne puisse s'en douter. La morgue est un endroit que je connais bien ici, il faut également peu de chose pour que le médecin légiste vous croit, « Suicide aux anti-dépresseurs » était la cause la plus rependu à Arkham et les familles ne s'inquiétaient pas, nous vivons dans un monde immonde. Plongé dans mes pensées obscures, toujours en griffonnant avec mon écriture lisible, chose inhabituelle chez les médecins à ce qu'il paraît, Meister ou série de chiffre se mis à jouer les psychologues de fortune, essayant de briser ma glace. Un sourire sinistre se dessine sur mon visage blanc, je pose mon crayon et retire lentement mes lunettes.

-Un épouvantail ? Mais de quoi parlez-vous ? Avez-vous vu l'un de ses étranges personnage dans vos rêveries sombres ?

Bien sur que j'étais l'épouvantable épouvantail de ses cauchemars, mais il fallait garder ce lourd secret de mon identité multiple si je voulais continuer à exercer. Voyant que ma réponse ne satisfaisait pas à mon patient, je me mis à le regarder, toujours mes lunettes rondes en main, d'un air bienveillant et lugubre à la fois, je me racle la gorge pour lui sortir des théories psychologiques afin de le persuader que l'épouvantail en question n'est que le fruit de son imagination...

- Vous savez mon cher, les personnes vivants un lourd traumatisme réfère parfois leur terreur a un être effrayant, dans votre cas, il semblerait que ce soit un épouvantail.
Un léger sourire en coin s’installe alors que je continue de griffonner dans mon calepin, strictement aucun rapport avec moi, après tout que ferais-je d'un épouvantail ?
Je me mis à rire légèrement tout en remettant mes lunettes sur mon nez. Je regarde mon patient, il semble plutôt dans un bon état après tout ce qu'il vient de subir, je suis enchanté, cela signifie que je pourrais augmenter les doses à l'avenir, intéressant. De mon stylo dont l'encre noir bavait sur les feuilles, je notais ce futur dessein dans le coin de la page en le soulignant à trois reprise, il ne manquerait plus que j'oublie ça ! Simple satisfaction personnelle à vrai dire d'avoir l'impression de tenir un véritable carnet de bord où les soins de mes tant aimés patients seraient notés avec rigueur, hélas mon travail n'est que clandestin comme il le fut autrefois, j'avais la chance exceptionnelle d'être retourné à Arkham sans plus de complications malgré ce qui c'est passé. Biensûr, je prévoyais une petite vengeance pour m'avoir viré comme un mal propre, moi l'un des meilleurs psychiatre de la région. Mais, la vengeance est un plat qui se mange froid, d'où le fait que je sois encore en train de ruminer sagement ce que je leur ferais subir. Je tapote le tas de feuilles sur mes genoux minces afin qu'elles soient à peu près rangées.

- Bien bien bien, murmurais-je, je vous trouve plutôt en bon 'état' malgré ce que vous avez subi, vous m'impressionnez mon cher !
Lui donner un peu de satisfaction faisait parti de ma méchanceté sans fin, il allait devoir apprendre à me connaitre avant d'afficher ce sourire niais qu'il venait de laisser apparaitre sur son visage. Je me lève et me poste dangereusement derrière Wolfgang afin d'attraper les poignées de son fauteuil roulant.

- Une petite ballade vous tente ?
Ajoutais-je d'un ton plein de malice et de fausse gentillesse tout en commençant à reculer pour ouvrir la porte de la cellule. Ma silhouette fantomatique déambule dans le long couloir où chaque porte renferme un dangereux arriéré, poussant mélancoliquement mon patient sans écouter son blabla sans intérêt. Je reste muet, il n'y a aucun infirmier, aucun médecin dans le coin, parfait. Ce pauvre Meister ne s'attendait surement pas à ce que je cache dans la manche de la veste et de ma blouse blanche une seringue que je lui plantais dans le cou tout en continuant à avancer, un petit couinement retenti, il pouvait dire tout ce qu'il voulait, il n'était qu'un pauvre fou aux yeux de tous le monde ici. Plus nous avancions, plus mes pas résonnaient sur le carrelage comme si un vieux musicien appuyait lentement sur les touche d'un sinistre vieil orgue, si jamais Wolfgang osait regarder en arrière, il ne verrait non pas on humble personne le pousser avec un sourire mesquin mais plutôt une longue trainée de sang interminable qui semblait venir de l'autre bout du couloir. Or, ce couloir jadis fortement lumineux était devenu de plus en plus obscure en sa profondeur, sans oublier ces affreuses portes en fer qui se mirent à claquer nerveusement. Des murmures se faisaient entendre, comme une pluie qui s'écrase sur une fenêtre, on ne pouvait pas vraiment distinguer ces paroles même si l'on supposait entendre quelques menaces lugubres. C'est alors qu'une nuée de corbeaux aux yeux rubis se mit à traverser le couloir, frappant violemment Meister avec leurs ailes sombres, au bout de couloir se tenait un être au physique effrayant, un grand chapeau biscornu, de longs doigts fins semblable aux serres des oiseaux de malheur qui venait de passer comme une tornade.

Je laissais paraître un sourire affreux sur ma bouche cousue, le regard lumineux plongé sur Meister qui était maintenant à quelques mètres de moi, j'ajoutais de ma voix grinçante venue d'outre-tombe :

- Raconte-moi ton pire souvenir mon cher musicien.


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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Mer 11 Juin - 17:31




Song for Crane


– Ne vous foutez pas de moi, vous.. je sais que c’est vous…

Wolfgang se pétrifia face aux explications du docteur de la peur. Il détourna même les yeux dans un air franchement perdu. Il marmonna des « non » et des « impossible ». Un épouvantail ? Quel serait le lien entre un épouvantail et ce qu’il était aujourd’hui ? Rien, il n’y avait rien qui le rapprochait de près ou de loin à une créature de ce genre-là et pourtant le doute s’insinua en lui. Il n’était pas un fou ! Il savait très bien ce qu’il faisait et il n’avait aucun traumatisme ! C’était ce qu’il essayait de se persuader. Il était conscient de ses actes et s’il le faisait c’était pour la bonne cause ! Il ne faisait que donner aux gens un peu de musique et d’euphorie créer par elle. La musique ne mentait pas, la musique ne trichait pas. C’était les hommes qui le faisaient. Ce monde était pourri et les êtres qui y vivaient aussi. Pour le rendre meilleur, il fallait que Music Meister le contrôle. Un monde fait de danse, quel bonheur n’est-ce pas ? Il n’était pas un cinglé. Il refusait de se laisser emporter par la peur et le doute. Il ne voulait pas laisser le docteur Crane le conduire au plus profond de la folie. Il ne voulait pas qu’il retourne dans sa tête. Il ne voulait plus être Patrick, c’est fini le gosse pleurnichard et soumis à ses tuteurs, bien obéissant en apprenant ses gammes. Il était désormais le grand et fort Wolfgang, le musicien hypnotique ! On devait le respecter, le craindre. Il ne pouvait pas rester dans cet asile ou dans un songe. Son souffle se bloqua dans sa gorge et il finit par grogner quelques mots.

- A vous de me le dire doc, mes peurs et moi n’avons rien à voir avec un épouvantail. Je ne suis pas fou. Clama-t-il.

Il  regarda de nouveau son bourreau avec un regard dur. Il n’y avait plus aucun sourire désormais, juste un visage crispé. Impressionnant qu’il disait ? Il se moquait de lui. Quoi que, le musicien se demandait pourquoi les autres cobayes étaient morts. Pouvait-on mourir de peur ? Littéralement ? Etait-ce qu’il l’attendait ? Jonathan Crane décida finalement que la discussion avait assez duré et il l’emmena en « balade » sans attendre l’avis de Wolfgang, bien évidemment. De toute façon, ce n’était pas comme s’il avait le choix. Il se laissa entrainer dans les couloirs de l’asile, regardant les autres cellules avec agacement et une certaine crainte. La crainte de devoir de nouveau tomber dans un horrible cauchemar. Qu’est-ce que se serrait cette fois ? N’avait-il pas exploité tout ce que ce pauvre esprit pouvait ressortir ? Qu’est-ce qu’il y avait de pire que tout ce qu’il avait vécu jusqu’à présent ? Wolfgang refusa une nouvelle fois de se laisser dominer par le silence. Il entreprit alors de menacer le médecin. Oh il se doutait bien que l’homme ne devait pas croire une seule seconde ses paroles mais le musicien se jurait d’en finir avec lui.

- Je vais vous tuer. Je ne sais pas encore comment mais je vais le faire. Oh j’ai bien quelques idées qui me parviennent. On dit que le meurtre n’est pas artistique mais je vous promets que vous vous, je ferais un effort de l’être. Tiens, vous pourriez me dire ce que vous préférez ? J’avais pensé à vous faire.. HN !

Une douleur familière dans le cou le fit gémir. Il avait piqué de nouveau. Le musicien tenta de lutter bien évidemment. Il pouvait bien rêver. Désormais, il plongeait sans bouée dans le songe du l’épouvantail. Il était bien trop tard.

- Non, non, tu n’avais pas le droit. Cria-t-il avec désespoir en voyant son monde s’assombrir.

Il se tourna pour faire face à.. du vide. Le fauteuil roulait seul et il n’y avait plus aucune trace du psychiatre. Du sang se trouvait partout sur le sol. L’homme se crispa d’avantage et se débattit dans ses liens. Des claquements résonnaient dans ses oreilles comme des tambours le distrayant suffisamment pour qu’il ne remarque pas les corbeaux. Il cria de peur lorsque les ailes viennent rencontrer avec violence son visage. Il se débattit avec encore plus, furieux. Il leva les yeux. Il eut une sorte de bug, infime pourtant. Il était dans la réalité dans un couloir plus lumineux. Il cligna des yeux et retrouva en face de lui l’horrible épouvantail de ses cauchemars. Le fauteuil s’approchait chaque secondes un peu plus.

- Raconte-moi ton pire souvenir mon cher musicien.
- Va crever ! Va-t’en ! Tu sais déjà tout !

Le musicien était terrifié, il était collé au dossier de sa chaise comme si cela lui permettrait de se soustraire à l’emprise du croquemitaine. Soudain, un éclat de rire résonna dans cet univers de cauchemar. Un rire que le musicien reconnut sans peine. Ce n’était pas celui du Joker ou d’un autre dingue qu’il avait pu rencontrer ses derniers temps, c’était un rire doux et léger comme un tintement de cloche qui se changea ensuite en sanglot. Le regard de Music Meister se changea en terreur.

- Il est ici ?! C’est un enfant espèce de monstre !

Le sanglot s’accentua, le gosse appelait Wolfgang de toutes ses forces. Il le suppliait de venir. Sa voix ne semblait pas si lointaine et pourtant, il n’y aucune trace de lui. Le musicien rugit comme une bête blessée mais il ne pouvait pas bouger, il était coincé sur ce fauteuil alors que son protégé semblait courir un danger comme lorsqu’il s’était perdu de vue dans une foule. Le musicien l’avait entendu, il savait qu’il était là mais il lui était impossible de lui mettre la main dessus. Il avait aussi ce jour où des policiers leur avaient tiré dessus. L’enfant avait eu si peur. Le mélomane aussi.

- Purcell ! Purcell ! Je suis là ! Enlève-moi ce truc, il a besoin de mon aide !

Puis soudain plus aucun son, plus aucun. Le musicien se tut à son tour avant de voir le corps de l’enfant sur le sol. Il était jeune, il ne semblait en avoir qu’à peine onze. Il était dans un costume tout vert, il adorait porter ce vêtement malgré que le Music Meister souhaitait le voir s’habiller plus normalement. Il n’avait plus son joli chapeau cependant et son visage était couvert de sang. Le rouquin sentit son cœur se contracté à cette vision et il hurla. Tant pis pour la douleur, celle en lui était bien plus grande. Bien plus. C’était l’une de ses plus grandes peurs et elle était assez simple et pure. Il avait peur de ne rien pouvoir faire. D’être condamné à être le simple spectateur de l’horreur et la mort de son petit protégé, Purcell qu’il avait recueilli, était sans doute la pire des atrocités dans le présent. Dans le passé, c’était autre chose. Des voix chuchotèrent à son oreille :

- Ta faute, c’est ta faute !
- Non… Non, c’est faux.

Les voix ne se stoppèrent pas, faisant pleurer le musicien qui fut enfin libérer de la camisole de force. Il se jeta sur le corps de l’enfant immobile. Il le sera contre lui, berçant son pauvre corps dans des sanglots étouffés. Soudain, le cadavre remua. Wolfgang se frotta les yeux et aperçut dans ses bras un horrible reptile qui cherchait à le mordre. Il le lâcha aussitôt. Il n’avait jamais vu une créature de la sorte. On aurait dit le parfait mélange entre un crocodile et un serpent. La créature se jeta sur lui, l’écrasant de tout son poids. Le musicien suffoqua. Il eut alors un nouveau bug. Toute la scène changea pour laisser à un souvenir cette fois-ci et bien différent des précédents. Ils n’étaient même plus à l’asile mais dans une ruelle. Patrick avait l’apparence d’un enfant et des brutes l’entouraient en l’insultant. Ils le frappaient même parfois quand il ne répondait pas assez vite à leurs ordres. L’argent de poche du jeune choriste se trouvait sur le sol. Soudain l’un deux dit :

- Allez le castra, chante et on ne te cognera pas.

Spoiler:
 


Il le menaçait avec une barre de fer. Patrick était contre le mur dans son petit uniforme de chorale, visiblement terrifié. Tout cela ressemblait à un cauchemar et pourtant, ce souvenir était précieux. L’enfant se mit à chanter car les voyous le lui ordonnait. Que pouvait-il faire d'autre ? Il monta de plus en plus haut et la conscience du groupe en face dans de lui sembla fondre. Ils se mirent alors à danser sous yeux. Ils ne le faisaient pas pour être comique, il n’y avait même aucune expression sur leur visage. Wolfgang continua encore et encore, laissant les imbéciles se blessés les pieds et tendres leur muscle de douleur dans des mouvements qu’ils ignoraient connaitre. Il était le maître. Le maître de musique. Music Meister. Une voix s'échappait à travers la brume, tonique et pleine de mélodie. C'était lui qui chantait, faisant danser les violons et le piano.

- Les voyous se moquaient de moi à cause de ma voix d'ange,
Mais quand j'ai chanté encore bien plus haut, comme c'est étrange.
Toutes ces petites brutes qui me harcelaient sont tombées en transe,
Avec une joie mauvaise j'en ai fait des pantins qui dansent ♪



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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Dim 29 Juin - 22:31


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»




Un enfant. Rien de plus utile pour démolir un pauvre homme, malgré le fait que je n'ai pas d'enfant, je me disais que si je perdais l'un de mes précieux livres je serais très bouleversé et il semblait que perdre ce genre d'être faisait souffrir atrocement. Hélas, je ne connais pas l'amour parental, voir le visage de Meister dépérir en entendant la voix enfantine tourner en sanglots abominables me donnait une satisfaction sûrement semblable à ce que ce chaque dangereux psychopathes doit ressentir en égorgeant sa proie. Cette même satisfaction qu'aurait les corbeaux à ronger les cadavres sans aucuns remords. Besoin d'aide ? Je me mis à rire, dans un monde peuplé par les cauchemars et les horreurs, personne ne peut t'aider pauvre homme, il n'y a que la souffrance et l'angoisse qui règne ici, n'espère rien, l'espoir est mort et enterré. Ce qui me passionnait dans ces expérimentations, c'était sûrement de pouvoir regarder ce sentiment affreux s'installer, délicatement, doucement comme une plume dans un goudron épais qui l'avalera en quelques secondes, la peur mêlée d'angoisse. Je ne savais rien de ce gosse à part que visiblement, il était très précieux à ce cher Wolfgang, information très utile, je saurais à présent à qui m'en prendre si il lui vient à l'idée un de ces jours de me faire une farce. Rien de mieux que de mimer une mort, je regardais avec engouement ce pauvre garçon s'élancer pour secourir celui qui semblait déjà décédé, persuadé que c'était la réalité. Cette douleur glaçait mon cœur qui était aussi froid que n'importe quel cadavre, je prenais un plaisir si intense à voir cette scène pathétique que je ne pus m'empêcher de rire sinistrement. Un rire roque et malsain digne de la Faucheuse en personne. La culpabilité, tout était fait pour rendre les choses de plus en plus immonde, n'importe qui qui assisterait à ce drame insupportable se sentirait obligé de venir à son aide, simple question d'entraide humaine, or j'avais envie de plus, toujours plus comme un véritable accro à la Peur. Puis vint le moment où le passé attrapa notre cher musicien par les épaules pour l'enfoncer encore plus dans la peine, du haut de ce ciel noir j'admirais ces scènes d’ignominies quand après plusieurs minutes de torture, je remarquais avec horreur que lui aussi avait eu l'enfance pas facile, je me reconnaissais et cela ne me plu guère. Je sentais sous ma chemise mes poils se dresser et un frisson parcouru ma colonne vertébrale, si l'on voyait mon dos, j'étais persuadé qu'on pourrait la voir trembler tellement ma peau semblait n'être qu'un voile sur mes os. Mes doigts se crispèrent et je ravalais nerveusement ma salive, me rappelant les mille et un tourment de ma triste et sinistre enfance. Puis, sous mon visage de jute terrifiant, celui de Jonathan Crane se crispa encore plus en voyant que la toxine commençait à perdre son effet pour laisser place à un souvenir heureux. Je ne pus m'empêcher de cracher quelques insultes et me redressa, énervé de voir que mon poison cauchemardesque devenait un véritable monde de bisounours. Quand tout à coup, le pire arriva.
Je ne m'attendais sûrement pas à ce que le décor change pour devenir cette petite école sombre dont les arbres étaient toujours dépourvus de feuilles. Une cours de récréation pavée et les fleurs censées rendre l'endroit plus attrayant toutes mortes, pourrissant une par une, on pouvait même voir un oiseau quasiment décomposé étalé sur les plantes. Le bâtiment était grand et ancien, les murs grisâtres et les volets des classes ouverts dont la peinture bleu ciel devenue presque pastel s'écaillait montrait que cette école perdue au milieu des champs n'était pas d'une grande modernité. Nous sommes en 1970 et pourtant, tout ce qui entoure cette école semble être resté figé depuis les années 40. Des épouvantails jonchent les champs qui encadre l'école dont les barrières blanches sont presque détruites comme si la guerre venait d'y passer. Soudain, trois enfants arrivent, ricanant bêtement comme des hyènes, ils courent vers un petit garçon caché derrière ses grandes lunettes rondes, les os apparents, ressemblant énormément au pantin squelette des salles de classe, un pull marron rayé noir, des cheveux roux comme ceux d'un renard en bataille lui dévalant sur les yeux et des tâches de rousseurs parsemés sur son visage clair. Le pauvre petit garçon reculait timidement quand tout à coup, un autre enfant l'attrapa par l'épaule violemment en s'exclamant :

- Ha-ha ! Regardez qui voilà ! Le timide épouvantail ! Bah alors, t'es pas avec tes copains à effrayer les oiseaux ? Pff... Ha-ha !
Le rouquin baissa les yeux et tenta malencontreusement de s'enfuir, en vain. Les quatre garçonnets l'attrapèrent sans difficultés et le trainèrent plus loin, dans un champ voisin sous le regard faussement aveugle d'un des surveillants de la récréation. Le petit garçon tenta désespéramment d'appeler à l'aide, son regard bleuté et rempli d'innocence et d'inquiétude croisa celui du surveillant qui soupira et ne daigna pas bouger d'un poil. Les larmes noyèrent les yeux de l'enfant tandis que les autres le trainait comme une marionnette avec une telle violence que ses pauvres petites épaules craquaient. Il savait que crier, pleurer ou encore essayer de se défendre ne servirait à rien, il baissa juste les yeux et regarda ses genoux encore pleins de bleus et de plaies de son dernier tête à tête avec ceux qui le trainait en ce moment même.

- Allons l'épouvantail ! Chiale pas, tu sais bien que même les corbeaux, ça les attendris pas !
Ils le jetèrent par terre, sa tête percuta un bout de ferraille trainant dans le champs, il couina et regarda le ciel, des oiseaux noirs voletaient silencieusement au dessus de lui quand tout à coup, il senti un pied se jeter dans ses côtes. Pas de chance, pensa t-il, c'est la même que papa m'a brisé hier soir, il pleura et gémissait de douleurs, tandis que les quatre petits garçons s'acharnaient sur son pauvre petit corps menu. La douleur de ses côtes le faisait pleurer de plus en plus, il hurlait alors que les gosses riaient aux éclats. Ils vont me tuer, se dit-il, si ce n'est pas eux, ce sera papa ce soir après qu'il ai trop bu. A chaque respiration, il sentait sa côte bouger, mais il n’eut pas le temps de gémir que déjà il se prit un coup de chaussure fort dans son petit nez en trompette. Ses lunettes tombèrent, il entendit un 'crac' alors que les autres enfants chantonnaient «Jonathan est un épouvantail ! Il est tout chétif et tout craintif ! Jonathan est un épouvantail ! Personne n'a pitié de lui car c'est bien trop vite qu'on l'oublie ! » Ses yeux se fermèrent, puis le silence. Quelques heures plus tard, il osa ré-ouvrir les yeux et vit encore ces oiseaux tournoyer au dessus de lui, il cracha du sang et pleura de douleur, il ne savait comment il allait rentrer à la maison à l'heure, c'était tout ce qui l'inquiétait.

- Arrête ça ! Saloperie ! M'exclamais-je en enlevant brutalement mon masque, je pris ma tête entre mes mains et touchais mes côtes, puis soupira avec mélancolie, j'avais froid, terriblement froid, ce souvenir me glaçait le sang j'espérais ne jamais avoir à le revivre et pourtant ...


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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Jeu 3 Juil - 22:06


 

Song for Crane
 
 
Patrick, qui assistait à son propre souvenir, se sentait curieusement mieux. Pourtant, il savait très bien qu’ici dans cet univers entre la réalité et le rêve, il n’y avait pas de place pour les sentiments heureux. Quel était le piège encore ? Où était le monstre qui allait surgir de nulle part alors qu’il revivait sous ses yeux une réussite ? Sa première réussite en tant que Music Meister pour être honnête. Le jour où il avait découvert que par le chant, il pouvait contrôler l’esprit et le corps des gens. Il se souvenait avoir été surpris un instant et avoir même cru que les voyous se moquaient davantage de lui. Ensuite, un intense sentiment de satisfaction l’avait envahi, de fierté aussi et une envie de vengeance. Il se demandait alors en pourquoi un souvenir aussi précieux se trouvait dans un cauchemar. Il s’attendait au pire. Pourtant, il n’y avait aucune raison de craindre quoi que ce soit. En effet, la toxine perdait en efficacité pour une raison inconnue. Le souvenir de Patrick disparaissait alors, laissant place à un autre décor qui lui était inconnu cette fois. Cependant, il n’était pas l’acteur -ou plutôt la victime- ici. Il n’était qu’un spectateur et ce qui voyait le laissait perplexe.

Il s’agissait d’une scène qui lui était familière car il avait vécu la même situation. Être frappé, humilié, insulté, il avait connu tout ça étant enfant. Cependant, c’était un autre garçon qui vivait ces horreurs ici et dans un paysage tout à fait différent. Wolfgang venait de quitter la ruelle de ses souvenirs pour une école ténébreuse et visiblement ancienne. Des épouvantails entouraient le bâtiment et pour le reste, il n’y avait qu’un mot pour le qualifier : « décomposition ». Imaginer des enfants dans ce genre d’endroit semblait presque irréel. Ce qui était bien réel en tout cas, c’était de voir ce pauvre enfant se faire brutaliser. Épouvantail, son surnom était l’épouvantail. Music Meister ne put s’empêcher de sourire. C’était mal de sourire devant un excès de violence mais notre mélomane se foutait d’être bon ou mauvais à cet instant. Tout ce qu’il voyait, c’était que le pauvre Jonathan Crane n’était en faites que le résultat de la violence et qu’il en était ressorti changé. Le musicien était ravi d’avoir eu raison. Il n’était donc pas fou et ce bonhomme en paille qui apparaissait sans cesse n’avait rien à avoir avec son imagination à lui ! Le psychiatre était ce croquemitaine tout comme il était ce pauvre gosse maltraiter. Le mélomane se détendit alors, ne pouvant pas s’empêcher de ricaner. C’était un rire méchant mais aussi nerveux car toute la tension retenue s’évacuait enfin. Doucement, le songe s’effaça avant de prendre brusquement fin.
 
Il ne put s’empêcher de rire de plus belle. Son psychiatre semblait bouleverser, choqué même et Wolfgang ne pouvait se retenir de rajouter une couche. Bien sûr, notre chef d’orchestre préféré n’avait pas un visage dès plus radieux malgré son rire. La vision de Purcell décédé l’avait bouleversé. Il restait encore des traces de larmes sur son visage. Ses yeux étaient encore gonflés par ses sanglots précédents et son nez était légèrement rouge mais malgré tout cela, il se permettait un grand sourire.
 
- Je le savais, je le savais, ahah ! Tu es l’épouvantail ! Il rit, se balançant doucement sur son fauteuil.
 
Cependant, son rire se fana alors que des flashs morbides lui revenaient en tête. Le corps sanglant de son protégé était en boucle sous ses yeux. Il n’était plus qu’une poupée immobile, trainant sous ses pieds. Peut-être les effets secondaires de la toxine ou bien que les mauvais rêves à répétition commençaient à avoir raison de lui. Il regarda le sol un moment, figé. Il tenta alors de se reprendre.
 
- Oh c’était quoi déjà ? Ah, je me souviens. Il avala doucement de travers avant de chantonner doucement : Jonathan est un épouvantail. Il est tout chétif et tout craintif ! Jonathan est un épouvantail. Personne n'a pitié de lui car c'est bien trop vite qu'on l'oublie. La la la. Car c’est bien trop vite qu’on l’oublie.
 
Il tourna ses yeux vers le jeune homme, le provoquant. De toute façon, il ne pouvait pas regarder davantage ce corps fictif à ses pieds.
 
- Elle est encore à travailler mais ils étaient imaginatifs. Un léger blanc s’installa. Oh allez, tu vas t’en remettre ! Après tout, ce n’est qu’un souvenir. Pendant que tu me reconduits en cellule, tu me grattes le menton s’il te plait ? Sans mes mains, ce n’est pas pratique.
 
En réalité, il voulait s’éloigner le plus possible de ses hallucinations. Il tentait de le secouer, de le provoquer, de l’insulter même avec certains mots. Qu’importe le moyen, il devait s’éloigner. Partir d’ici, de ce couloir, de cet asile, avant de finir vraiment dingue.

- Allez, l'épouvantail ! Pressa t-il.
 
 
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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Mar 8 Juil - 16:37


«N'espère plus que les chants de l'Enfer»


Je n'avais qu'une envie quand le musicien arriéré repris conscience, le tuer dans d'atroces souffrances. Je détestais profondément qu'on se moque de moi et je me disais que si il me cherchait encore, j'avais d'autres seringues beaucoup moins drôles pour lui dans mes poches de veste. Sa voix et ses expressions faciales m'énervaient, de toute façon... il ne faut pas grand chose pour m'énerver, mais ce type insupportable me paraissait plus intéressant quand il pleurnichait comme une gamine. Je passe mes mains dans mes cheveux roux, à la fois énervé et intrigué de la réaction de ma précieuse toxine qui jusque là ne m'avait jamais fait faux bond, peut-être était elle trop puissante pour assurer sans problèmes, j'allais devoir plancher pendant encore de longues journées pour régler ça, si c'est possible. J'étais en tout cas très dérangé par ce que je venais de revivre et j'espérais ne plus avoir à subir ce genre de flashback de mon passé traumatisant pour n'importe qui. Malgré cette souffrance durant ma tendre enfance, j'avais réussi à surpasser toute cette rancœur en tout simplement devant encore plus horrible que mes bourreaux. Je projetai d'un jour, retrouver ces fichues photos de classes que ma mère achetait, persuadée que cela me faisait plaisir, retrouver tous les écoliers de ma classe un par un, les effrayer, les traumatiser et peut-être même ... les tuer ? Je n'avais jamais vraiment tué par désir, toujours par erreur, par manque de rigueur dans les dosages, par oubli d'une pathologie cardiaque du patient ou par 'overdose'. Tuer volontairement, tuer ceux qui m'ont martyriser seulement au nom de la vengeance presque vingt ans après, peut-être était-ce de ça que j'avais envie et besoin, de me venger, enfin. J'avais depuis beaucoup trop longtemps encaissé sans broncher, ayant pour seule réponse un regard baissé et les poings fermés, peut-être le temps du pauvre Jonathan martyre était révolu, peut-être ? Non, certainement. Je regarde d'un air blasé le musicien toujours en train de se foutre de moi, allant même jusqu'à chantonner cette comptine débile qui avait bercé ma pauvre vie enfantine. Il continue a jouer les gros durs alors que je sais très bien qu'un rien l'effraie, quand enfin il fini par dire sa dernière phrase, ou plutôt que l'y autorise, je lui fait comprendre par mon regard qu'il venait de commettre une bourde. Tout à coup, je l'attrape violemment par le cou, resserrant mes doigts squelettiques sur sa peau. Même si je ne jure pas par ma force physique, ma poigne se faisait assez crispée, comme un chien accroché à sa proie. Il s'affole, je sens son cœur devenir dingue sous mon index et son regard se faire de plus en plus perdu. Oh non, je n'allais certainement pas aller jusqu'à entendre craquer ses cervicales, mais je savais comment faire peur et pas seulement avec mes précieuses toxines. Mes yeux bleus cristallins cachés derrière les verres de mes lunettes rondes se pose sur ma victime du jour, soupirant.

- Continuez de vous foutre ouvertement de moi cher numéro 6 485 et je pourrais vous assurez que d'ici hum...
je regarde ma montre et relève la tête délicatement, un quart d'heure, vous serez aussi froid qu'une pierre tombale et jeté dans la lagune. Ni vu, ni su, ni connu. J'aurais bien sûr jeté tout ce qui témoigne de votre existence avec votre corps et, il ne suffira que quelques mots au directeur pour faire comme si... vous n'aviez jamais été ici.
Je le relâche et me retourne vers le bureau, fouillant dans les tonnes de feuilles étalées, bref résumé de la composition de mes toxines. Certes, je n'étais pas très ordonné, mais je m'y retrouvais, visiblement.

- Je me demande qu'est ce qui ... A vrai dire, je n'avais aucune idée de quel produit pourrait provoquer ce genre de chose, j'étais intrigué, même pire. Je relisais avec minutie mes notes puis soupire, il me faudra des jours entiers pour trouver la cause du problème. Je me retourne vers Meister et le regarde l'air blasé.

- Bon écoutez, je pense que j'ai fait le tour avec vous, je commence à m'ennuyer de vos cauchemars et ma toxine est testée. J'ai une proposition à vous faire car visiblement, nous avons quelques anciens soucis à régler avec quelques anciens ... camarades ? Vous savez, la vengeance est quelque chose de très bon pour le mental.
Je joins mes mains sous mon menton et le regarde par dessus mes lunettes.

- Ce que je vous propose, c'est de vous garder encore une semaine environ pour avoir le temps de vous déclarer dans un ... meilleur état psychologique. Ainsi, je pourrais vous faire sortir d'Arkham et si cela vous intéresse, un épouvantail et un chanteur pourrait aller rendre visite à nos anciens 'amis' de classe ? Qu'en dites-vous ?

Utiliser les gens, c'est si facile.

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MessageSujet: Re: N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow   Lun 21 Juil - 0:04




Song for Crane


Music Meister pressait Crane pour partir le plus vite d’ici, le provoquant sans aucun ménagement. Il ne pensait pas que le bougre serait suffisamment clair d’esprit pour s’attaquer à lui. Sa main vient brusquement saisir son cou, faisant légèrement suffoquer le musicien qui ne s’y attendait pas. Son souffle devenait de plus en plus court tandis que l’épouvantail lui faisait comprendre à sa manière que son insolence n’était pas à son gout et qu’il était toujours celui qui détenait le pouvoir ici. Tandis qu’il couinait de douleur, Jonathan Crane lui fit la promesse de faire disparaitre toute trace de son existence si jamais il continuait son petit jeu. Patrick se tortilla un peu, cherchant de l’air. Il finit par se soumettre et par hocher la tête. Il ne faisait mentalement pas le poids contre lui et il le savait, surtout après tous ses cauchemars. Il était épuisé. Il n’était pas sur son territoire en plus. S’ils avaient été dans une salle de concert ou devant un public dansant, Wolfgang aurait sans doute répliqué férocement et l’aurait frappé sans aucune retenu. Ici il n’était qu’un patient, un patient faible et entravé qui ne pouvait que subir. Il se jura de ne plus jamais revenir ici, plus jamais mais surtout de lui faire payer dès qu’il en aurait l’occassion.

Crane finit par le lâcher, provoquant une forte toux chez le mélomane qui cherchait à remplir ses poumons au plus vite. Il se baissa alors avant de fermer les yeux brusquement. Ne pas regarder le cadavre, ne pas regarder le cadavre, pensa-t-il avec force. Il devait penser à autre chose, peut-être que ça ferait partir les restes du cauchemar ? Un truc sans aucun rapport avec Purcell ou la musique. Un canard pourquoi pas. C’est alors qu’il bloqua toutes ses pensées là-dessus, ignorant même son bourreau qui s’éloignait enfin de lui pour aller vers son bureau. « Canard, canard, joli canard, j’aime les canards » Se répétait-il dans sa tête. Il ouvrit de nouveau les yeux et comme par enchantement, le jeune mort avait disparu. Les effets de la toxine s’étaient dissipés ? Son esprit était trop épuisé pour imaginer ? Penser à autres avait été la solution ? Il l’ignorait. Il se redressa alors, inspirant profondément.

- Je vous ennuis ? J’en suis désolé et vexé aussi, fit-il tout bas en sa direction pour le taquiner une nouvelle fois.

Cependant, il restait sur ses gardes même s’il sentait que la proposition qu’il lui faisait était dès plus intéressante. Se venger ? Ensemble ? La musique et la peur réunit par la vengeance ? Il avait pourtant le sentiment qu’il n’avait pas trop le choix de toute manière. Restez à l’asile pendant des années pour y devenir fou à son tour ou bien supporter tout cela une semaine de plus pour ensuite partager une vengeance avec un épouvantail. Le choix était vite fait. D'autant plus qu'il n'était plus le faible adolescent qu'il était autrefois. Cette fois-ci, ce n'était pas leur pied qu'il ferait saigner. L'idée lui plaisait.

- Si ce sont les conseils du docteur, je ne peux dire non. Si je veux « guérir » après tout.

Un rictus vient souligner ses propos et l’accord fut conclu. Wolfgang avait même déjà une création pour ce moment. Il l’appellerait bien « Requiem of Revenge », ça sonnait bien. Une vengeance à plusieurs facettes, Crane allait devoir faire très attention. Il ne fallait pas faire confiance à un musicien comme lui. Après tout, il était capable de jouer sur plusieurs rythmes.

C’est ainsi que Music Meister quitta Arkham une semaine plus tard, avec un nouvel ennemi mais aussi allié dans la vengeance. Cependant, il n'en ressortit pas indemne. Des cicatrices autour du cou lui rappellerait toujours le collier qu'il avait du porter et les cris de terreur qu'il avait poussé lors de ses cauchemars. Il avait un peu maigri mais surtout, c'était son mental qui en avait pris un coup. Patrick ne serait plus jamais le même homme et Jonathan Crane pouvait craindre la suite.

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N'espère plus que les chants de l'Enfer - Suite Music Meister/Scarecrow
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