Batman Legacy


 
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 les dingues et les paumés » ft. double-face

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MessageSujet: les dingues et les paumés » ft. double-face   Sam 12 Sep - 18:18

les dingues et les paumés

« Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal »
– Hubert-Félix Thiéfaine.
La nuit noire, froide et dénuée d'étoiles, une triste nuit de septembre, s'était abattue sur Gotham, engloutissant ses habitants dans les ténèbres d'un ciel couleur d'encre. Une petite pluie fine s'abattait silencieusement sur les capuches de trois enfants qui étaient visiblement parvenus à escalader les murs qui entouraient l'orphelinat pour s'échapper. Grelottant dans les robes de nuit abîmées qui leur servaient de pyjamas, et timidement emmitouflés sous des capes en feutre anthracite qui les protégeaient à peine, ils longeaient les murs des rues désertes, se faufilant parfois entre deux bâtiments à la manière des rats, et escaladant certains endroits à la manière des chats.

Aucune grille, aucun mur, n'était capable de les faire rebrousser chemin, ils trouvaient toujours un moyen de passer, en escaladant dangereusement ou en trouvant prudemment une brèche où s'infiltrer. Et, enfoncés comme ils étaient dans les tréfonds des rues de l'East End, ils savaient qu'aucun flic, aucun héros, ne viendrait les chercher ici, mettre un terme à leur petite promenade nocturne. Ils savaient également l'endroit trop désert pour espérer du renfort et, bien que gorgé de petites cachettes, d'étroites rues biscornues où se faufiler, ils auraient vite fait de se retrouver coincés dans une impasse.

Descendant une rue légèrement plus fréquentée, mais mal fréquentée, les trois mômes mêlèrent le bruit de leurs pieds nus contre le bitume inondé, avec les claquements répétitifs des talons aiguilles de quelques filles de nuit. Leurs yeux d'enfants remplis d'une innocence corrompue ne purent cependant s'empêcher de frôler les cuisses découvertes des jeunes femmes en minijupe. Soudain, l'un deux se mit à hurler.

ᴍᴏʀᴛɪᴍᴇʀ  – « Mon manteau ! Il m'a prit mon manteau, le salaud ! »
ɴᴇᴍᴏ – « Sssht ! Laisse tomber ton manteau, Mortimer, et ferme-la, tu vas nous attirer des ennuis ! »

Non sans gronder, pester, et cracher à l'égard de son cadet une infinité de jurons qui ne devraient pas sortir d'une si jeune bouche, le garçon laissa sa cape en feutre au clochard qui s'était mit à tirer dessus comme si sa vie en dépendait, et les trois enfants continuèrent leur route, Mortimer grelottant, et les deux autres ricanant. Ils finirent par atteindre des rues bien moins éclairées, et où la population jusqu'ici constituée de prostituées et de maquereaux avait laissé place à des trafiquants en tout genre aux mains et à l'argent sales. Les trois petits se firent plus discrets, avançant dans l'ombre afin d'éviter les ennuis, et se faisant tous petits chaque fois qu'un homme les croisait.

Les cris de détresse d'une femme, au loin, firent frissonner les trois gamins qui préférèrent ne pas trop se demander ce qui pouvait bien être en train de lui arriver. L'on pouvait s'attendre à tout et n'importe quoi, à Gotham City, surtout au pire, et les enfants avaient très vite compris qu'ici, c'était chacun pour sa peau. Eux, qui avaient grandit en n'ayant toujours lu que les faits-divers des journaux et les propos graveleux griffonnés à l'arrache sur les portes des toilettes publiques en guise de contes de fée, n'avaient jamais eu l'occasion d'être bercés par des rêves de paix, d'amour et de guimauve, où le monde était rose et gentil, comme tous les autres enfants avaient pu l'être. Ils devinèrent ce qu'il était advenu de cette pauvre femme au moment où les hurlements cessèrent, et ils savaient pertinemment qu'ils y passeraient également si un quelconque mafieux les trouvait ici.

Alors que Nemo s'écartait légèrement des deux autres garçons, les cris étranglés de ses amis le firent sursauter et il put entendre leurs deux paires de pieds détaler à toute vitesse. Partagé entre le désir de rejoindre ses amis au plus vite afin de ne pas rester seul ici, et la curiosité de savoir ce qui avait bien pu les effrayer autant, l'enfant de Ste Ann sortit une lampe torche de la poche intérieure de sa cape et se mit à éclairer le sol à la recherche de quelque chose d'anormal. Le faisceau lumineux illumina un instant le visage pâle et horrifié d'un homme fraîchement assassiné et, surpris, l'enfant lâcha soudainement la lampe de poche qui s'éteignit en heurtant le sol.

ɴᴇᴍᴏ – « Les mecs..? »

Bien que le surnaturel ne lui ait jamais réellement fait peur, et qu'il ne craignait, de ce fait, pas le courroux d'un éventuel revenant, la très charmante compagnie d'un cadavre ne rassurait pas vraiment Nemo qui préféra ne pas s'attarder ici. Ramassant la lampe torche qui refusait désormais de s'allumer, il décida de partir à la recherche des trouillards qui lui servaient d'amis, l'esprit encore hanté par les yeux épouvantés, le regard vitreux, et la bouche grande ouverte de l'homme assassiné. Il tenta de rationaliser, se disant que ce n'était rien de plus qu'un règlement de compte comme il s'en passe dix par nuit, à Gotham, mais ses genoux tremblaient encore et il savait pertinemment qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil durant les trois prochains jours.

Il descendit dans une impasse crasseuse semblable à une décharge publique, remplie de vieux objets en ruine et miteux, laissés à l'abandon, et rendue boueuse par la pluie, où les chiens galeux et les rats avaient élu domicile. Les battements d'ailes affolés d'un pigeon coincé dans un piège fit sursauter le garçon. Dans sa poitrine, son cœur battait si fort qu'il lui semblait vouloir briser ses côtes. Soudainement, ce qui ressemblait à un croisement entre un chien et Gollum se mit à aboyer entre deux grognements. L'animal borgne, boiteux et à la peau crasseuse rongée par la gale, semblait ne pas avoir mangé depuis des jours, et menaçait l'enfant de finir broyé entre ses crocs.

Reculant de quelques pas, Nemo se cogna contre une poubelle, renversant l’entièreté de son contenu sur le sol, ce qui eut pour effet d'exciter un peu plus l'animal enragé. Sans plus hésiter, le marmot se retourna et, grimpant de débris en débris, tenta de se mettre en hauteur pour rester à l'abris. Sous ses pieds, les poubelles se renversaient, et les tables et les chaises laissées à l'abandon depuis des lustres se brisaient. Une pile de caisses en bois lui permit de se hisser au dessus d'un mur de briques, puis il se laissa lourdement retomber de l'autre côté.

ɴᴇᴍᴏ – « Aaaaargh ! »

Bien que sa chute fut à moitié amortie par un vieux draps crasseux et quelques planches de bois laissées là, le petit s'écrasa sur le sol dans un nuage de poussière qui le fit tousser, le dos en compote et les larmes aux yeux.
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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Sam 12 Sep - 20:57


Les dingues et les paumés

Il pleut … Ca faisait longtemps que nous n’avons pas senti les gouttes de pluie glisser le long de notre peau. A Arkham, ils ne nous laissent pas sortir, jamais. Les rares moments passés en dehors de notre cellule, c’est quand nous allons aux douches ou manger, ou alors pour l’un de ces stupides entretiens avec des docteurs qui veulent nous guérir. Mais jamais nous ne pouvons mettre un pied dehors, jamais sentir l’air frais ni la pluie, jamais … Et Arkham brulera pour ça ! Nous nous en chargerons personnellement. Nous brulerons ce maudit endroit avec tous les médecins qui sont dedans. Nous voulons voir cet enfoiré d’Hugo Strange bruler comme les autres. Mais tout ça, ce n’est pas pour tout de suite. D’abord, il faut nous préparé pour ça. Nous devons être bien préparés, Arkham ne sera pas une place facile à prendre et puis, Batman essaiera surement de nous arrêter. La chauve souris brulera avec l’asile. Nous la jetterons nous même dans les flammes, rien ne pourra nous empêcher de le faire. Batman passera devant la justice, son heure arrivera, mais d’abord, il nous faut des hommes et des armes. C’est pour ça que nous sommes là ce soir, pour des armes. Deux de nos hommes sont partis faire la transaction pour nous, avec des truands du coin, une bande de russes qui refourguent des armes. Sans ces armes, nous ne pourrons pas nous imposer comme autrefois. Elles sont vitales pour nous. Alors nous attendons le retour de nos hommes, espérant qu’il ne revienne pas les mains vides … parce que sinon, ils le regretteront …

Au bout de longues minutes, toujours sous cette légère pluie dans cette sombre ruelle en compagnie du reste de la bande, nos hommes pointent leur bout de nez. Ils marchent lentement, la tête baissée. Ils ont toujours leurs sacs aux mains mais ces sacs semblent très légers … trop légers. Ils s’arrêtent devant nous et lâchent leur sac, effectivement vide. Quelle bande d’incapable. La tache était pourtant simple mais même ça ils ne sont pas capables de le faire ! Mais voyons le bon coté des choses, le hasard nous offre là une sublime occasion de leur montrer que quand on travaille pour Double Face, on n’échoue pas et eux, ils vont servir d’exemple. L’un d’eux relève finalement la tête et prend la parole, d’une voix qui laisse sentir la peur qu’il ressent.


« Nous n’avons pas réussi à avoir les armes monsieur. Ils se montrés un peu trop … résistants. Trop pour nous en tout cas. Mais nous allons y retourner et nous reviendrons avec vos armes cette fois. »

« Oh, vous allez y retourner et reprendre les armes, comme c’est sympathique de votre part. Vous entendez vous autres, ce n’est qu’un petit contretemps, vous aurez vos armes. »

Nous nous retournons vers les autres et attendons quelques instants, balayant le groupe du regard, aucun d’eux n’osant nous regarder dans les yeux. Ils ont peur … Et maintenant, nous allons leur montrer pourquoi ils doivent avoir peur ! Nous nous retournons vers les deux incapables et nous assénons un crochet du droit au lâche qui a pris la parole quelques instant plutôt. Ce faible type tombe presque par terre, nous montrant à quel point il est faible, vulnérable, insignifiant. Puis nous prenons l’un de nos flingues, d’un pas assuré, nous nous approchons de lui et nous lui collons le canon de l’arme juste sous le menton, prêt à appuyer sur la gâchette et éclater son crane certainement vide.

« Personne ne déçoit Double Face ! Personne ! Maintenant, nous allons voir si tu mérites de mourir ou pas. »


Nous prenons la pièce et la lançons en l’air. La pièce s’envole en tournoyant puis redescend rapidement, s’écrasant dans notre main. Nous regardons le résultat d’un rapide coup d’œil … Face.

« On dirait que la chance t’a abandonné, dommage pour toi. »

Et nous pressons la gâchette, un sourire aux lèvres. Dans un grand bang, la balle lui traverse le crane et il tombe au sol, une flaque de sang se formant tout autour de lui. Il a eu tout ce qu’il méritait. Et avec ça, ils vont tous apprendre à nous craindre. Car c’est de la crainte que provient le respect. C’est la peur qui les pousse à nous obéir et nous allons nous assurer qu’ils auront toujours peur de nous.

« Voilà ce qui arrive à ceux qui osent nous décevoir. J’espère que ça ne se reproduira plus, sinon, il vous arrivera la même chose qu’à lui. Maintenant, nous pouvons reprendre où nous en étions. »

Aucun d’eux n’ose prononcer un mot, ils regardent tous le sol, la pluie s’écrasant contre le bitume. Enfin ils nous considèrent comme nous aurions du toujours être considéré. Notre retour au sommet s’annonce bien malgré ce léger … soucis. Soudainement, un chien se met à aboyer de l’autre coté du mur du fond de la ruelle. Les hommes se retournent, perplexe. Un chien n’aboi pas pour rien. C’est peut être qu’un chat … Ou alors un indésirable …

Le chien aboi pendant plusieurs minutes. Et l’envie de buter ce putain de clebs se fait de plus en plus forte. Mais le chien finit par se taire et au même moment, quelque chose passe par-dessus le mur et s’écrase plus bas, soulevant un petit nuage de poussière. C’est un enfant … Nous le regardons puis nous avançons vers lui. Il es toujours par terre alors nous nous accroupissons pour nous mettre à sa hauteur et de nos deux yeux, nous le fixons.


« Mais qu’est ce que nous allons là ? Qu’est ce qu’un gamin fait dans un quartier pareil ? C’est pas un endroit pour les enfants … à moins que tu ne sois pas là par hasard, et si c’est le cas … ça va très mal aller … »


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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Dim 13 Sep - 22:20

les dingues et les paumés

« Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal »
– Hubert-Félix Thiéfaine.
La chute du fils de Ste Ann l'avait considérablement affaibli, et l'horrible vision de ce cadavre qui hantait encore son esprit le tourmentait un tant soit peu. Sonné, il porta d'abord une main à son crâne afin de vérifier que tout allait bien. Il avait vécu pire, et avait arrêté de compter les fois où, en faisant ce geste, il avait put constater que son visage était couvert de sang. Sa trop grande curiosité lui avait donné l'occasion de prendre des beignes et d'endurer des chutes un grand nombre de fois, mais son corps était particulièrement robuste et s'était toujours rapidement remis de ses blessures. Reprenant ses esprits, le garçon constata que son crâne allait encore bien et s'était mit à masser son dos endoloris lorsqu'il sentit une présence à ses côtés, qui le fit sursauter.

Dans sa chute, sa lampe torche avait glissé de sa poche pour venir s'écraser bruyamment contre le sol, s'allumant aussitôt. C'est ainsi que, grâce à la timide lumière de l'objet, Nemo put aisément distinguer la silhouette d'un homme accroupit à ses côtés. Se remettant doucement de sa chute, il frotta ses yeux afin d'y voir plus clair et le visage de son interlocuteur se fit de plus en plus net, malheureusement pour l'enfant, qui ne put contenir sa stupeur et son dégoût à la vue de ce visage à moitié abîmé. Il porta ses mains à ses lèvres, les collant à sa bouche afin d'étouffer un petit cri de surprise, puis recula instinctivement de quelques centimètres pour venir se coller contre le mur froid et humide derrière lui.

Dent. Harvey Dent.
Ou Double Face, dépendant du point de vue.
Un individu difficilement méconnaissable que le garçon avait eu l'occasion d'apercevoir dans les médias à plusieurs reprises, mais qu'il croyait encore enfermé chez les cinglés. Jusqu'à aujourd'hui. Si le petit avait souvent eu la chance d'échapper à différents mafieux, trafiquants et autres voyous, non sans y laisser quelques dents, il n'était pas vraiment sûr de faire le poids face à un fou dangereux tout droit sorti d'Arkham. Et, d'après ce qu'il avait pu lire et entendre çà et là, l'ex-procureur faisait partie de ces personnes sans scrupules avec qui il était particulièrement difficile, pour ne pas dire impossible, de négocier.

ɴᴇᴍᴏ – « ...Salut. »

Couina le petit d'une faible voix étranglée par la peur, comme si le peu de virilité que lui accordait son jeune âge venait de se dissoudre lentement, de s'évanouir, de s'échapper par on ne sait quel miracle. Très lentement, avec une patience d'ange, le garçon de Ste Ann se releva en s'appuyant contre le mur, mesurant avec prudence le moindre de ses gestes, veillant à ce que ses mouvements ne soient pas trop brusques, comme s'il était face à une bête féroce et affamée, prête à briser jusqu'au plus petit de ses os. Et, à vrai dire, c'était presque le cas. Pas qu'il doutait de la clémence et de la civilité de l'homme à qui il avait affaire...mais si, en fait.

Intimidé, les genoux peinant à supporter son poids, la gorge nouée et les lèvres tremblantes, Nemo esquissa un petit sourire embarrassé dans le but d'attendrir au moins un peu l'homme qui partageait son corps avec le monstre. Sa capuche étant retombée sur ses épaules lors de sa chute, ses cheveux étaient désormais inondés par la pluie et de grosses gouttes perlaient sur son visage. La voix grave et rauque de l'homme asymétrique sonna comme une sentence, gronda comme le tonnerre, et l'enfant se Ste Ann, les mains jointes derrières son dos à la manière d'un enfant puni, se sentit plus petit que jamais. Une lueur de défi traversa brièvement les yeux du petit lorsque son interlocuteur lui demanda la raison de sa présence en ces lieux. Dans un élan de bravoure, la tête haute et fière, il gonfla son torse et siffla entre ses dents, d'un air insolent.

ɴᴇᴍᴏ – « Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous devez avoir des trucs plus importants à penser... Et pourquoi j'vous l'dirais ? »

Peut-être parce qu'il portait un flingue ? L'enfant de Ste Ann baissa légèrement les yeux vers l'arme, se méfiant presque davantage du pistolet que de l'homme à qui il appartenait, comme s'il s'attendait à ce que l'objet s'anime et, par sa propre volonté, vienne amicalement lui loger une balle dans le crâne. Le petit ne saurait dire si les gouttes qui perlaient sur son front et coulaient lentement le long de ses tempes étaient dues à la pluie ou à la sueur, pour dire vrai, elles étaient sûrement un mélange des deux. Préférant ne pas trop risquer sa vie en s'attirant réellement les foudres du criminel, Nemo répondit vaguement à sa question, gardant malgré tout un ton fier et hostile dans sa voix.

ɴᴇᴍᴏ – « Je cherche les tafioles qui me servent de copains. »

Il balaya un instant les environs du regard, cherchant la trace de ses amis, s'apprêtant même à les retrouver en mauvais état, mais il ne vit aucune trace des deux garçons, seulement des hommes, dont un étalé sur le sol dans une mare de sang qui n'en finissait pas de couler, le crâne fraîchement troué. La vue de ce pauvre homme arracha une grimace de dégoût au marmot, qui reporta son attention sur son interlocuteur. Même ce visage à moitié brûlé était plus agréable à contempler qu'un cadavre... Plantant bravement ses yeux dans l’œil abîmé de l'homme qui lui faisait face, l'enfant souffla encore quelques mots.

ɴᴇᴍᴏ – « C'est tout c'que vous avez à savoir... »

Et c'était déjà un certain miracle que l'ex-procureur ait réussi à faire ravaler un peu de son arrogance au garnement qu'était l'enfant de Ste Ann. Habituellement trop fier pour répondre aux questions que l'on pouvait lui poser, notamment en ce qui concernait ses petites fugues nocturnes, il se montrait généralement bien plus irrévérencieux et avait tendance à rester muet comme une carpe face aux interrogatoires. A vrai dire, la dangerosité de son interlocuteur et le fait que ce-dernier ait une arme en sa possession étaient d'assez bons arguments. 
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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Lun 21 Sep - 0:03


Les dingues et les paumés

Eclairé par un lampadaire qui trône à quelques mètres de là, nous regardons ce gosse tombé de nulle part.  Il est à l’air surpris … et terrorisé. Je pense que notre réputation fait son effet, ce gamin est la preuve que nous sommes craints. C’est comme ça que nous reprendrons notre place. D’abord on effraie les gosses, puis les citoyens normaux, puis les criminels. Chaque chose en son temps, ce moment viendra. Mais d’abord, occupons nous de ce gamin. Nous le voyons poser sa main sur sa bouche pour retenir un cri. Et avec une voix faiblarde, il nous salue. Ce gamin est surement en train de chier dans son froc, il est aussi courageux que les gars qui nous entourent. Virons-le, ça ne sert à rien de perdre du temps avec lui. Mais nous ne savons pas ce qu’il fait ici. C’est peut être un fouineur. Attendons au moins sa réponse.

Sa réponse finit d’ailleurs par venir, une réponse très … insolente. Ce mioche se fout de nous. Montrons lui qu’on ne se moque pas de Double Face impunément ! Ce gamin s’était relevé juste avant de parler mais nous avions fais la même chose et nous le surplombions aisément. A coté de nous, il est insignifiant, il est minable, il n’est rien. Il n’ose même pas nous regarder dans les yeux. Nous aurions mieux fait d’en coller une à ce gosse et de le faire filer. Ce n’est pas en frappant un gamin que nous nous ferons respecter. Ca ne sert à rien de la brutaliser plus que ça. Obtenons des réponses de sa part et faisons le partir, nous avons des affaires plus importante à régler.  

Il reprend la parole et nous donne la raison de sa présence ici. Au moins, si il dit vrai, il va bien avec ses copains. C’est une vraie tafiole lui aussi, il ne doit pas y avoir que des gouttes de pluie qui glissent le long de ses joues. Au moins, il n’est pas là pour nous espionner. Nous n’aurons pas besoin de continuer l’interrogatoire plus que ça. Mais qu’allons nous faire de lui maintenant ? Alors qu’il prononce une autre phrase, nous nous retournons et faisons quelques pas. Ce gamin pourrait être utile, il doit être facilement malléable. Nous pourrions l’utiliser comme d’un informateur. Avec la dégaine qu’il a et surtout pour se trouver dans un quartier pareil à une heure aussi avancée de la nuit, ça doit être un orphelin qui vit dans le quartier. Il doit être au courant de pas mal de chose. Et personne ne soupçonne un enfant de rendre des comptes à un criminel. C’est une option intéressante qui se présente à nous. Ou alors nous pouvons lui foutre la peur de sa vie. Il a osé se montrer insolent avec nous, il mérite de payer pour ça. Et ça pourrait aider à nous faire une réputation. Il dirait à ses copains que Double Face est de retour et qu’il n’est pas là pour rigoler. Et avec le bouche à oreille, tout le monde finirait au courant. La crainte les gagnerait sans avoir besoin de lever le petit doigt. Ca nous aiderait beaucoup aussi. Cette option est une possibilité que nous devons envisager. Il n’y a qu’une façon de décider de ça. Nous reprenons notre pièce et la lançons en l’air. Elle virevolte puis retombe dans notre main. Nous l’attrapons de la main droite, la retournons et la plaquons contre notre main gauche. Puis nous regardons le résultat. Face …

Nous prenons l’un de nos flingues et nous approchons rapidement du gamin. Il est toujours contre le mur, toujours aussi peu confiant. Et nous allons lui montrer pourquoi il doit avoir peur de nous. Nous arrivons à sa hauteur, le regardons dans les yeux et braquons l’arme contre son front. Est qu’il osera encore se montrer insolent avec une arme chargée plaqué contre son crane ?


« Voilà pourquoi tu me diras tout ce que nous voulons savoir. Parce que nous avons le flingue et pas toi. Toi, t’es qu’un mioche inoffensif, un gamin perdu dans une ville qui le dépasse totalement et qui peut le tuer à chaque instant. Et là, tu te retrouves face à Double Face, l’un des plus grands criminels qu’a accueilli cette ville. Alors si, tu nous diras tout ce que nous voulons savoir si tu ne veux pas finir comme l’idiot dont le cadavre trône derrière moi. Et si tu nous contraries, nous n’hésiterons pas à trouer ton petit crane fragile. Est-ce que nous nous sommes bien fait comprendre ? »

Qu’il ose se montrer insolent maintenant …J’espère qu’il a compris que tenir tête à Double Face n’est pas la chose la plus intelligente à faire … surtout quand la chance n’est pas de son coté.  


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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Sam 26 Sep - 12:39

les dingues et les paumés

« Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal »
– Hubert-Félix Thiéfaine.
La pluie continuait de s'abattre sur Gotham, et des mèches de cheveux trempées glissaient lentement sur le crâne et le front de l'enfant de Ste Ann. Derrière lui, on put entendre les feulements de chats errants en pleine bagarre, et le chien galeux se mit à grogner de plus belle. Tremblant de peur ou de froid, et transpirant de terreur ou de fièvre, le petit brun ne put s'empêcher un faible éternuement et frictionna ses épaules de ses petites mains tremblantes afin de se réchauffer un peu. Les yeux levés vers l'ex-procureur, il tenta de reculer lorsque l'homme s'approcha de lui.

ɴᴇᴍᴏ – « Oh 'chier... »

Furent les deux seuls petits mots qui réussirent à s'échapper d'entre les lèvres du gamin lorsque l'arme du criminel se braqua sur son front. Une exclamation de surprise qu'il ne put contenir, un cœur qui palpitait à une vitesse telle qu'il lui semblait vriller sa poitrine, le fils de Ste Ann, était à fleur de peau. Lui qui avait déjà une personnalité relativement nerveuse, était prêt à réagir au quart de tour, les muscles plus tendus que jamais, le souffle court et la mâchoire crispée au possible. Ses yeux, parfois, se décollaient du visage meurtri de son interlocuteur afin de chercher désespérément une sortie de secours, au cas où son insubordination venait à envenimer la situation. Un toit à escalader, une cachette idéale, ou une brèche étroite où se faufiler, il y en avait à la pelle, mais ils demeuraient difficilement accessible. Le petit avait beau être plutôt rapide, n'étant pas bien lourd, il était néanmoins incapable de rivaliser avec la balle d'un pistolet.

Puis il planta une fois encore ses grands yeux ronds dans ceux du fou, écoutant avec innocence les mots qu'il lui crachait au visage comme des menaces. Des criminels contre qui il était impuissant, et une ville qui le dépassait totalement. Il était fou, mais il avait raison. Cependant, Gotham restait le berceau de l'enfant de Ste Ann. Elle l'avait vu naître dans les tréfonds de sa vieille église en ruine, il avait vu le jour dans sa crasse et sa laideur, et n'avait toujours connu que ses larmes, son sang et sa souffrance. Il n'avait jamais eu de parents présents pour lui fermer les yeux, pour le préserver, le protéger de ce qu'un enfant ne doit pas voir. Qu'il le veuille ou non, Gotham le forgeait et l'élevait comme la mère qu'il n'avait jamais eu. Il était, on ne peut le nier, un fils de cette ville, à défaut d'être le véritable fils de quelqu'un. Et il craignait les criminels qui la souillait comme on craint un père violent. C'est néanmoins un père...

ɴᴇᴍᴏ – « Oui, Papa. »

Siffla l'enfant d'un air narquois, tandis qu'un sourire moqueur traversa un instant son visage, plus brièvement qu'une comète, avant de venir faner sur le bout de ses lèvres. Ces deux mots railleurs et insolents avaient franchit ses lèvres sans même qu'il n'ait pu s'en apercevoir, et il fut lui-même étonné de son hardiesse. L'enfant de Ste Ann supportait difficilement les ordres, encore moins ceux venant de personnes qui lui étaient étrangères et qui n'avaient rien à voir avec lui. Alors qu'il restait poliment silencieux, ses yeux semblaient foudroyer le criminel du regard, lançant avec toute la rage et la force qu'il avait put emmagasiner, Je ne te dois rien, ni biens, ni obéissance, car tu ne m'as ni élevé, ni donné la vie. Voilà ce qu'auraient dit ses yeux s'ils avaient pu parler. Mais ses lèvres, sagement, se turent un instant, avant de se corriger.

ɴᴇᴍᴏ – « J'veux dire...oui, m'sieur. »

Bien que sa voix s'éteignait timidement, ses yeux continuaient de défier l'homme aux deux visages avec toute l'effronterie insouciante dont il savait faire preuve. Tremblant comme une feuille, inquiet et terrorisé par l'arme qui menaçait son crâne, il était néanmoins fier et brave comme un homme, malgré son jeune âge, et avait tendance à l'insolence compulsive, à répondre spontanément et à s'en mordre les doigts après coup. Un tic nerveux agita un instant le coin de ses lèvres, avant de s'atténuer un peu. S'il n'avait aucune issue de secours facilement atteignable, il lui restait à jouer la carte de l'enfant sage et adorable afin d'attendrir son entourage. Comme pour vérifier qu'un cœur battait encore dans la poitrine de son interlocuteur, l'enfant de Ste Ann esquissa une moue espiègle et ouvrit un instant de grands yeux de chat botté.

ɴᴇᴍᴏ – « Regardez comme je peux être mignon quand je fais cette tête-là. Vous abîmeriez pas un si joli visage...si ? »

Mauvaise idée de parler d'abîmer un visage à cet homme-là. En matière de visage détérioré, le pauvre Dent semblait avoir bien dégusté. Nemo l'aurait plaint si un pistolet n'était pas actuellement braqué sur son crâne, prêt à recouvrir le mur derrière lui d'une multitude de petits bouts de cervelle. D'un geste lent et précis, l'enfant de Ste Ann leva un bras tremblant et caressa de ses petits doigts frêles le bout de l'arme, la repoussant légèrement afin de se défaire de cette emprise désagréable. Il se hasarda à risquer quelques petits pas sur le côté, les yeux encore plongés dans ceux du criminel, et le corps constamment face à lui. C'est à peine s'il osait ciller. Tâtonnant à l'aveuglette derrière lui, il put sentir une poubelle en métal sous ses mains tremblantes et, d'un geste lent, il se hissa sur le couvercle afin de s'y installer en tailleur.

ɴᴇᴍᴏ – « Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Dites-moi tout... »

Un léger sourire aux lèvres, il se mit à loucher légèrement sur l'arme braquée vers son front. Une seule balle crachée par cette chose, et il était bon pour le boulevard des allongés, il le savait. Un seul geste brusque, une unique parole de trop, un simple mouvement de fuite, et sa vie pouvait lui être arrachée en un instant. Pourtant, ses muscles se détendirent un peu. Orphelin qu'il était, ce n'était pas comme s'il avait beaucoup à perdre. Si sa vie lui était prise, peu nombreuses seraient les personnes à pleurer sur sa tombe et il n'aurait absolument rien à laisser. Rien qui lui appartienne, du moins. Il était sans attaches, et ne possédait aucun bien. Non, ce qui le faisait trembler, c'était un châtiment plus horrible encore que la mort : la douleur, la souffrance, la torture.

ɴᴇᴍᴏ – « Mais d'abord, comment vous pourriez être sûr que ce que je vous répondrai sera la vérité ? Je suis plutôt bon menteur... »

Évite de jouer au plus malin lorsque tu n'es pas sûr de gagner, Nemo... 
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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Sam 3 Oct - 21:37


Les dingues et les paumés

Pour se retrouver plaqué contre un mur et un pistolet braqué contre le front, ce mioche devait être un sacré malchanceux. C’était surtout le fait de croiser notre route qui fait de lui un gamin abandonné par la chance. Il tremble comme une feuille, les gouttes de sueur glissent sur son front comme celle de la pluie. Ce n’est qu’un gamin apeuré qui deviendra comme les types que nous avons recruté, un type misérable, de la vermine faite pour se courber face aux plus forts. Si il est comme eux, il pourrait nous être utile. Je suis sur que l’option où il travaille pour nous est toujours envisageable. Non ! Nous avons déjà lancé la pièce et le choix a déjà été fait ! Nous ne pouvons pas revenir là-dessus. Alors que faire de lui ? Le faire dégager ? Le blesser ? Le tuer ? Je suis sur que sa cervelle ferait une très belle décoration sur le mur de derrière.

Malgré la terreur qu’il doit ressentir, le gosse trouve la force de prononcer deux mots. Papa ?! Il se moque de nous ! Nous ne devons pas laisser pas ça, pas cette fois ! Montrons lui que tout le monde doit respecter Double Face ou alors payer le prix fort. Son regard est planté dans le notre, un soupçon de courage l’anime. Mine de rien, ce gamin est plus courageux que n’importe lequel de nos hommes. Aucun d’entre eux ne nous aurait regardés dans les yeux dans une situation pareille. Parce qu’ils sont lâches. Ce ne sont que des idiots qui ont peur pour leur vie. Et ils ont appris à nous craindre, ils savent que la moindre erreur peut leur être fatale. C’est surement le seul signe d’intelligence que l’on peut voir chez eux d’ailleurs …

Le gosse reprend la parole et se corrige. Comme quoi, en plus d’être plus courageux qu’eux, il est aussi plus intelligent. Nous pourrions presque regretter de le tuer. Rien n’est encore fait. Nous ne le tuerons pas sans consulter la pièce avant, c’est ainsi que ça fonctionne. La chance n’est plus avec lui de toute façon, ça sera vite régler. Terminons rapidement tout ça, ce n‘est qu’une perte de temps et nous n’avons pas de temps à perdre, surtout pas avec un gamin. Sa voix aigue s’élève une fois de plus dans la ruelle, cherchant à nous dissuader de lui faire du mal. Comme si c’était ça qui allait nous convaincre … Puis lentement, timidement, ses doigts viennent se poser sur le pistolet et il le repousse légèrement. L’envie d’appuyer sur la gâchette se fait ressentir … mais pas sans la pièce … Et il fait quelques pas, tout aussi lentement, se guidant avec ses frêles mains alors que ses yeux nous fixent toujours. Mais l’arme le suit dans sa veine tentative de s’éloigner. Ce n’est pas une distance aussi insignifiante qui lui donnera plus de chance. Non, la pièce est sa seule chance désormais. Il se heurte à une poubelle recouverte de crasses et de moisissures et monte dessus, s’ayant en tailler sur le couvercle. Puis il nous demande ce que nous voulions savoir. Il se met à coopérer maintenant … Il doit commencer à comprendre qu’on ne se moque pas de Double Face.


« Nous voulions juste savoir ce que tu fais là … Mais ça n’a maintenant plus aucune importance, seule la chance décidera désormais de ton sort gamin. »

Dans un mouvement assez mou, notre avant bras descend et le canon du pistolet fait désormais face au sol et non au gamin. Ca ne sert plus à rien de le menacer, l’effet de surprise a disparu et ça ne doit pas être la première fois qu’on le menace avec une arme. Non, mais c’est la première fois que Double Face le menace. Et nous ne sommes pas comme les truands des bas fonds de cette ville. Nous sommes au sommet de la chaine alimentaire alors que lui, il est tout en bas. Il nous répond. Il nous demande comment s’assurer qu’il nous dit bien la vérité. Il veut vraiment jouer à ça ?


« Ecoute gamin, si tu essaies de nous mentir, ton cadavre finira dans la poubelle sur laquelle tu es assise. Alors je te conseille de ne pas jouer à ce jeu là. »

Bon, il est temps de décider de ce que nous allons faire de lui. Je pense que faire de lui une sorte d’espion est toujours d’actualité, cette option est intéressante. Avoir des yeux et des oreilles dans ce quartier, ce n’est pas négligeable. Ou alors nous pouvons lui faire mal, assez mal pour qu’il se souvienne toujours de ce jour et que ça lui serve de leçon. Tuer ce mioche ne sera pas utile, juste lui faire mal.

Nous rangeons notre arme et reprenons la pièce. Pour la troisième fois ce soir, nous la lançons et elle retombe dans notre main. Nous la rouvrons …
Face …

Nous nous retournons vers le gamin toujours assis sur sa poubelle, avançons jusqu’à lui, lui saisissons le bras et nous le projetons violemment contre le sol. Il tombe à quatre pattes contre le sol mouillé par la pluie. Le sourire aux lèvres, nous lui mettons un coup de pied en plein dans les cotes, de quoi lui arracher un petit cri de douleur. Mais ce n’est pas encore fini. Nous l’attrapons par le col, le relevons et le plaquons brusquement contre le mur derrière. Notre regard se replante dans le sien et nous observons la peur et la douleur qui se dessine sur son visage.


« Tu as perdu gamin. Alors maintenant, tu te casses d’ici le plus vite possible et tu ne reviens plus jamais. Parce que la prochaine fois, nous serons beaucoup moins cléments. »

Et d’un violent mouvement de bras, nous le lâchons au milieu de nos hommes, face à la sortie de la ruelle. Aucun d’eux ne prononce un mot, ils se contentent de regarder le gamin par terre comme le rat qu’il est. Un rat face à un lion, rien de plus …




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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Dim 4 Oct - 12:29

les dingues et les paumés

« Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal »
– Hubert-Félix Thiéfaine.
Le petit souffla légèrement lorsque le bras du criminel s'abaissa, l'arme face au sol. Bien que sa vie ne fut désormais plus en danger, l'enfant de Ste Ann ne sous-estimait cependant pas les réflexes de l'homme face à lui, et encore moins son habileté à la gâchette, il était inutile pour lui d'essayer de prendre ses jambes à son cou. Si Dent ne voulait pas le voir déguerpir, il aurait tôt fait de le lui faire comprendre d'une balle dans les jambes ou pire ailleurs. Ainsi, obéissant malgré lui, il ne bougea pas de son perchoir. Du moins, jusqu'à ce que la pièce, moqueuse et cruelle, montre à tous son mauvais côté, et que l'homme aux deux visages ne s'avance vers lui afin de l'agripper par le bras.

A ce contact, le cœur de l'enfant rata un battement et, instinctivement, il tenta de se défaire de l'emprise du meurtrier. Mais la main puissante autour de son bras frêle le tenait fermement, et la force de l'enfant, aussi précoce pouvait-elle être, était incapable de rivaliser avec celle de l'homme. Un jour, peut-être, dans quinze ou vingt ans, le fils de Ste Ann aura accumulé assez de muscles sous sa peau, assez de bravoure dans ses tripes et assez de rage dans son cœur pour terrasser un homme aussi imposant que l'ex-procureur. Mais à cet instant, il était bien trop jeune encore et c'est à peine s'il serait capable de le déséquilibrer en le poussant.

Non sans râler un peu comme un chat mécontent d'être ainsi délogé, le petit brun se laissa traîner hors de son perchoir, tentant vainement de garder les pieds contre la terre ferme. Mais le criminel, avec force, venait de le jeter à quatre pattes contre le sol inondé et boueux. Puis, avant même que l'orphelin un peu surpris n'ait le temps de réagir et de se relever, le fou d'Arkham venait de lui asséner un violent coup de pied dans les côtes.

ɴᴇᴍᴏ – « Argh... »

Le gamin se laissa retomber sur le flanc, massant ses côtes endolories de ses mains trempées par la pluie, la joue collée au sol humide, barbotant dans l'eau sale de Gotham. Suffoquant, toussant à s'en abîmer la gorge, il sentit la main de l'ex-procureur se refermer sur son col et soulever sans aucun mal les quelques vingt-cinq kilogrammes que pesaient l'enfant. La mâchoire crispée, les yeux fermés et les sourcils froncés par la douleur qui vrillait ses côtes, le fils de Ste Ann sentit son crâne et sa colonne vertébrale cogner sans retenue le mur qu'il avait dégringolé quelques minutes plus tôt. S'il avait su, à choisir entre le chien galeux et l'homme déséquilibré, il aurait finalement préféré servir de repas au pauvre canidé plutôt que de punching-ball à l'échappé des petites-maisons.

Rouvrant finalement les yeux afin de faire face à son interlocuteur, il plongea alors ses prunelles noisettes dans le regard asymétrique du criminel, et l'affronta avec toute la rage et la fureur que pouvait contenir son jeune cœur. Toutes ses peines, toutes ses colères, toute la misère de son début d'existence, faisaient brûler au fond de ses pupilles un feu de courage et de détermination, et c'est avec force et volonté qu'il s'accrochait à sa misérable vie et au peu qu'il lui restait de dignité, forgeant chaque jour l'homme rongé par la haine et l'injustice qu'il deviendra, s'il parvient à rester en vie avant d'atteindre l'âge adulte.

Puis le petit sentit une fois encore ses pieds s'éloigner du sol, avant d'atterrir violemment, le ventre et le menton contre terre, seul môme au milieu des hommes. Sonné, il resta immobile un instant, les yeux à demi-clos, prenant le temps de vérifier qu'il n'avait rien de cassé. Se découvrant, miraculeusement, en un seul morceau, il se releva péniblement, boitillant, et frottant sa hanche endolorie, puis se permit une remarque, qu'il siffla furieusement entre ses dents.

ɴᴇᴍᴏ – « 'Faut savoir c'que vous voulez... »

La sortie de la ruelle était à quelques pas. Là, il lui faudrait marcher un peu tout en évitant les hommes louches, afin de tomber sur un ou plusieurs flics qui le ramèneraient à l'orphelinat. Une fois rentré, en sécurité, les nonnes le gronderaient à peine, commençant à avoir l'habitude de ses fugues à répétition, l'enverraient se doucher et finir le peu qu'il restait de la nuit dans les draps inconfortables de son sommier. Mais, alors que l'enfant s'apprêtait à quitter les lieux sous les yeux des hommes qui l'entouraient, il repensa à ses amis qu'il avait perdu de vue et fit volte-face, se dirigeant d'un air déterminé vers le mur qu'il avait dégringolé. Passant avec insolence à côté de l'ex-procureur qu'il toisa d'un air de défi, il rassembla toute la force qu'il lui restait et commença à escalader le mur, s'aidant des briques qui se déchaussaient et de son cerveau afin de choisir les prises les plus stables et les plus faciles à atteindre.

Finalement parvenu au sommet, il se laissa retomber de l'autre côté, sur la pile de caisse en bois, qu'il dévala en sautillant. Bien que l'absence de bruit laissaient supposer que le chien et le chat avaient déserté les lieux, l'obscurité gênait l'enfant de Ste Ann qui, en essayant d'avancer, se cogna à plusieurs reprises. Machinalement, il fouilla dans sa cape afin d'y trouver sa lampe avant de se souvenir de l'endroit où il l'avait laissé. Son cœur rata un battement une énième fois, cette nuit. Il hésita un instant avant de remonter la pile de caisses en bois afin de jeter un coup d’œil de l'autre côté du mur, ne laissant apparaître que ses grands yeux curieux. Il s'éclaircit la voix.

ɴᴇᴍᴏ – « Euh...j'ai oublié ma lampe. »

Fit l'enfant d'une petite voix presque timide, à moitié caché derrière le mur qui le séparait du génie criminel et de ses hommes. Un sourire presque amusé, moqueur, traversa un instant son visage, comme s'il les narguait à peine. Puis, sortant finalement complètement de sa cachette, il s'aida de ses mains moites afin de se hisser sur le mur, écorchant ses genoux au passage. La douleur de ses jambes griffées ne le fit pas grimacer, ni même ciller, il avait vécu pire et ses côtes se souvenaient encore des coups de Dent. Il finit pas s'asseoir sur le mur, rabattant ses jambes du côté du fou et de ses sbires, puis il voûta légèrement son dos, posant ses coudes contre ses cuisses, plutôt rassuré par le fait d'être en hauteur, donc hors de portée. D'une voix faussement naïve, il continua.

ɴᴇᴍᴏ – « J'en ai besoin, en fait... Sinon, je retrouverai pas mes copains... Et en plus j'me cogne partout, j'ai des bleus, là, regardez... »

Levant un bras, il montra son coude et afficha un petit sourire gêné, histoire d’attendrir un peu les hommes cruels à qui il s'adressait, puis, du haut de son perchoir, il balaya l'endroit du regard afin de retrouver sa lampe torche. Il l'aperçut finalement, à quelques pas de Dent, illuminant encore, inutilement, les pieds de ses hommes.  
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MessageSujet: Re: les dingues et les paumés » ft. double-face   Dim 11 Oct - 20:47


Les dingues et les paumés

L’enfant en a pris plein les dents, ça c’est sur. Mais il arrive à se relever tant bien que mal. Qu’ils prennent exemple sur lui. Si nous sommes capables de faire ça à un mioche, nous sommes capables de leur faire bien pire et ça n’est pas sur qu’ils se relèveront eux. Mais contrairement à ce que nous pensions, il ne part pas d’ici par le bout de la ruelle en face de lui. Au lieu de ça, il se retourne, passe au milieu de nos hommes qui le dévisagent de regards inquiets pour lui, comme si il jouait avec ça. Mais c’est le cas. Ce môme nous défie en passant devant avec le peu de fierté qu’il a. Pourquoi ne pas l’attraper une nouvelle fois pour lui infliger une correction qui cette fois le dissuadera totalement de continuer ce genre de connerie. Non, c’en est assez pour ce soir. Laissons le partir et revenons en à nos affaires. Nous le regardons escalader le mur avec une agilité étonnante après ce qu’il a subi. Il finit par passer de l’autre coté et disparait sans un bruit. Nous nous retournons vers nos hommes qui nous regardent.

« Ce gamin a peut être la vie sauve mais c’est juste parce que c’est un gamin. Essayez de faire comme lui et vous finirez comme l’autre abruti. »


Nous pointons du doigt le macchabé dont la cervelle se répand sur le sol. Ils le regardent tous brièvement avant que leur yeux reviennent se pointer sur nous, une lueur de peur dans leur regard.  Ils savent désormais tous de ce dont nous sommes capables. Ils vont être aussi dociles que de vulgaires animaux. De toute façon, ils ne sont que de la vermine …

Mais soudainement, la voix de l’enfant résonne dans la ruelle. Nous nous retournons et voyons le sommet de son crane dépasser du mur. Il nous a demandé sa lampe. Qu’il aille crever, il ne l’aura pas. Ce n’est pas comme ça que ça marche. C’est une question de justice, est ce qu’il mérite sa lampe ? Il mérite de souffrir encore plus pour son arrogance. Ce n’est pas à nous de décider ça, nous le savons parfaitement bien. L’enfant s’assoit sur le mur et continue à parler sur un ton innocent, presque trop innocent pour berner qui que ce soit … Ce genre d’enfant qui excelle quand il s’agit de mentir, nous en avons vu des dizaines autrefois. Alors que fait on ? Nous allons voir ça. Nous reprenons la pièce dans notre poche et la lançons en l’air. Elle retombe dans notre main et que nous ouvrons. Pile …

Nous rangeons la pièce dans notre poche puis nous regardons au sol pour voir où est sa lampe torche. Nous l’apercevons à à peine deux mètres de nous. Nous avançons pour la prendre puis nous l’envoyons au gamin, toujours assis en haut de son mur. Il la rattrape, c’est la première fois que la chance lui sourit ce soir. A croire que même elle a fini par avoir pitié de lui …


« Maintenant file gamin, c’est pas un quartier pour les enfants ici. »

Et nous nous tournons vers nos hommes sans plus prêter attention à lui. Ce contretemps nous aura bien occupés alors que nous avons des problèmes plus urgents à régler … et des armes à récupérer.


« On y va les gars, on a votre incompétence à rattraper. Et tachez de ne pas vous montrer plus stupide que ça à partir de maintenant, sinon, nous nous ferons un plaisir de vous remplacer par des hommes plus intelligents que vous. »

Aucun d’eux n’ose répondre. Ils se contentent de sortir de la ruelle les uns après les autres. Certains prêtent attention au cadavre de leur ancien camarade mais ils craignent plus pour leur vie que pour celle des autres. Ils savent que eux aussi peuvent devenir un cadavre à la moindre erreur. Ils n’ont aucune chance face à nous …


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