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 Le vol de l'aigle [Solo]

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MessageSujet: Le vol de l'aigle [Solo]   Mer 19 Aoû - 16:58

La prison de Blackgate n'avait rien à envier au Salon de l'Iceberg, c'était une chose sûre, mais ce qui aurait été appréciable pour ses prisonniers, cela aurait été qu'elle les traite au moins comme des chiens et non pas du bétail. Tout ceci semblait être un cauchemar pour le prince des manchots qui devait supporter les cris incessants des prisonniers sulfureux en quête d'une liberté qu'ils n'auront jamais et bien évidemment les miasmes morbides qui s'échappaient de chaque cellule contenant aux moins deux prisonniers... Chaque cage se valait. Elle était étroite, pourvue de deux lits affreusement mal construits, doublés d'un matelas mité et drapés d'une toile rongée par on ne sait quel animal qui siégeait ça ou là. Étant considéré comme individu dangereux, l'on plaçait certain dans des cellules spécifiques avant certains transferts ou échanges avec l'asile d'Arkham, d'ailleurs c'était un qui s'effectuait près de la cellule 212. Située au deuxième étage, elle offrait une vue panoramique sur toute les autres cages parallèles au couloir 5, qui contenait les cellules 200 à 220. Ce n'était pas un grand réconfort pour quiconque vivait dans cette horrible chose, cette boîte d'allumettes pour ainsi dire, mais cela permettait de faire passer une heure ou bien deux, soit en insultant les camarades du couloir 7, soit en se moquant, soit en espérant. Les barreaux d'une prison étaient fait pour réprimer, plus que pour sécuriser. L'image même qu'un prisonnier pouvait se faire des barreaux d'une prison, après avoir moisi dans une cage depuis quelques temps déjà, semblait davantage spirituelle que matérielle. C'était l'interdiction, la revendication d'une chose horrible : l'enfermement. L'air ne passait plus dans les cellules et on envoyait au lavage les tenues de bagnard une fois par semaine, ce qui laissait aux plus suant le choix de demeurer en caleçon, si et seulement s'ils en avaient le droit. C'était à la fois risible et effrayant. Tous se ressemblaient, elles étaient d'un orange vif comparable à celui du fruit du même nom et arborait, au niveau de la haute-poche gauche un numéro, qui était établi en fonction du couloir et de la cellule. Un prisonnier demeurant cellule 109, couloir 2 aurait eu son premier matricule : 2 109 556, « 556 » aurait été son numéro attitré de prisonnier... Eh oui, même le prisonnier en lui-même n'était rien de plus qu'un numéro... La prison était une chose, la manière dont on considérait les prisonniers, une autre.


  C'était donc dans cet endroit qu'évoluait depuis un gros mois maintenant l'un des parrains les plus influents de la pègre de Gotham City. L'on se considérait d'abord comme ennemis entre leaders de bonnes familles mais certains étaient plus reconnus que d'autres. Il y avait Falcone, Maroni, Valestra et bien d'autres. Certains, dont la branche familiale provenait d'un arbre de mille ans, avait revendiqué le droit de devenir trafiquant et racketteur. C'était le cas du Pingouin. Et c'était dans cette cellule 212 que Cobblepot moisissait. Il se plaignait trois fois par jour : Un le matin, quand son compagnon de cellule, un maigre qui criait famine n'arrêtait pas de quémander de quoi satisfaire sa faim comme un pauvre chien errant, une deuxième fois lorsqu'il s'agissait de la nourriture et une troisième lors des douches, dont la prise quotidienne se révélait être un jeu d'évitement plutôt que de camaraderie. Il s'agissait dès lors de ne pas regarder dans les yeux, chose particulièrement difficile lorsque le fait de « tourner le dos » n'était pas préconiser non plus. C'était en somme une toilette sommaire et imparfaite, réalisée à la chaîne. Ce qui n'était pas au goût du Pingouin, c'est qu'il faille s'adapter comme tout à chacun, à ce train de vie désespérant et démoralisant, ce qui, pour lui, relevait de l'impossible tant sa condition, aussi chimérique que dépassée, l'obligeait à fréquenter l'élite. Il failli émasculer trois détenus, rendre hystérique trois gardiens et pour finir, énucléer son compagnon de cellule, telle sa vision lui rappelait le chien aboyant qu'était son associé Ignatus Ogilvy. Ce porc devait être entrain de se la couler douce au Lounge, revendiquant à outrance son nouveau statut. Il était évident que Cobblepot ne le laisserait pas faire mais, enfermer ici, il n'y avait rien d'autre à faire que penser et espérer, tant bien que mal. Il y avait Falcone et ses larbins, également. Ce couple en guimauve devait être mis à genoux, à l'égal de l'humiliation reçue par Oswald il y a de cela un bon mois et demi. Qui était ce vieux débris que pour pouvoir faire la leçon à un Cobblepot. Ce macho italien ne se souvenait donc pas que sa famille proven ait de la belle Rome alors que celle du Pingouin avait aidé à fonder la ville de Gotham ?! Il fallait remettre les choses à leur place.

  Un soir, la tournée pour la nourriture obligeait les gardiens à ouvrir les portes des cellules, aussi, l'on s'assurait qu'aucun des détenus ne sortent lors de la distribution. Il était 19h07, heure affichée au cadran d'une horloge dont on disait d'elle qu'elle avait 9min d'avance.  C'est à cet instant qu'on servit la cage 212.

  « Repas ! Éloignez-vous de la porte ! »

  L'on jeta, telle une offrande à un canin, la gamelle au sol, laissant le privilège aux deux compagnons le choix de savoir qui allait ronger la longe de porc, ce coup-ci et qui aurait droit aux fayots. La porte se referma.

  « Alors Strach, t'as faim ? J'espère qu'il te reste encore des dents pour broyer les fayots ! Ahahaahah ! »

  Un bruit sourd se fit entendre, un bruit qui attira sans plus Cobblepot, résigné à avaler son repas avant d'aller, encore une fois, dormir... et l'on entendit le bruit résonnant des roues inamovibles du chariot de nourriture qui passait.

  « Repas ! »

  Etait-ce une erreur ? La porte s'ouvrit alors.


  « On cherche le Pingouin !
-En chair et en plumes !
-Ramène-toi, le dirlo veut te voir...
-Vous me connaissez, je ne suis jamais contre une visite chez le directeur ! Aimable comme il est... On dit qu'il vient de perdre sa mère ! »


   Le Pingouin se retint alors de rire et suivi les deux gardes, qui, étrangement, n'étaient pas les mêmes que tout à l'heure. Dans le couloir D, Cobblepot suivait toujours les gardes mais il s'apercu dès lors qu'ils avaient préféré le costard, à l'habit professionnel de cuisinier standard... Cobblepot se demandait pourquoi ils se mettaient sur leur 31... Ils passèrent deux couloirs puis une intersection, avant de passer illico-presto devant la porte des bureaux de Blackgate.


  « Hé, vous connaissez la maison ?! Hé ! J'vous parle
-Ferme-là ! »

   Le Pingouin se contenta de se taire, même s'il voulait corriger l'affreux qui avait dit à un Cobblepot de faire silence... Ils se dirigeaient vers le hangar E, là où se disposaient des camionnettes de transports blindés. Une fois arrivés, le Pingouin constata que deux gardes avaient été étourdis, et qu'ils ronflaient comme pas permis sur une caisse de marchandises où s'échappaient moult effluves inqualifiables... De la nourriture, certainement...

  «Hé mais ! C'est quoi ce cirque ?! Dit il à l'un des deux gardes qui escortait Oswald
-T'es invité ! Répondit l'un
-Ouais, à ce qu'il paraît, il est temps que « l'aigle prenne son envol » lança le compère en faisant un rictus détestable et une voix caverneuse. »

  Sans ménagement, on emporta Cobblepot comme un vieux morceau de viande dans une camionnette et on ferma les portes.

  « Je veux des réponses, vous n'avez pas le droit !!! Je suis Oswald Cobblepot !!! Laissez moi sortir !!! »


  La camionnette prit la route. Et les derniers sons de Blackgate que Cobblepot entendait était le son de la sirène. On le faisait s'évader...


[…]


  Le voyage fut bref, mais il était à Gotham. Enfin, l'air irrespirable de cette ville lui revenait dans les narines, enfin, ce qu'il pouvait humer car il était toujours enfermé dans la camionnette qui fonçait dans le brouillard épais du soir qui doucement se baissait sur la cité. Un coup de frein bref et désagréable et l'on ouvrit les portes de la camionnette.


  « Je refuse de vous suivre, tant que vous ne m'aurez pas donné plus d'explications, bande de crétins !
-Bienvenue dans le nouveau Gotham, sieur Cobblepot, dit il alors en plaisantant et en mimant l'attitude d'un valet qui faisait courbette. »


  Dans l'épaisse couche brumeuse nocturne, Cobblepot s'enquit de pouvoir respirer l'air de sa ville à nouveau, il cherchait à comprendre ce que cet imbécile voulait signifier. Le Pingouin sortit du van et regarda le paysage. Dans le chaotique chassé-croisé des gratte-ciels, se profilait non loin de là la Black Tower...
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