Batman Legacy


 
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 Qui analyse l'autre?

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MessageSujet: Qui analyse l'autre?   Ven 7 Aoû - 22:12


Qui analyse l'autre?

- Scarecrow, Hugo Strange -


Jonathan Crane était au fond de sa cellule, étendu sur ce qu'il pouvait difficilement appeler un lit. L'endroit était malfamé, sale et il régnait une odeur nauséabonde que l'ancien directeur de l'asile n'osait vouloir identifier. Par contre, les lieux étaient bien éclairés, un peu trop même. Il était vêtu d'une tunique blanche et mal lavée : hors de question de laisser aux patients le luxe de pouvoir incarner et représenter leur alter ego. Crane n'avait aucune idée de l'emplacement où avait été rangé son costume lors de son arrestation. Heureusement, il avait fait des doublons et les avait cachés ici et là pour d'éventuelles futures opérations. Il espérait bien évidemment que la mission de White Rabbit ce soit passé comme prévu et qu'il serait prêt à se remettre au travail dès qu'il pourrait sortir de cet endroit. Les gardes étaient de véritables tortionnaires, chacun ayant ses propres raisons personnelles de vouloir battre chacun des détenus. Seulement quelques jours qu'il était là et, malgré la vitesse de sa guérison, Crane gardait quelques ecchymoses de types un peu trop zélés désirant la mort d'un « malade mental sadique et sans âme » ou « taré qu'on devrait faire griller sur la chaise électrique. ». Lorsque ses tortionnaires relâchaient leurs attaques, Crane prenait toujours un malin plaisir à leur répondre tout en demeurant calme, comme s'il n'était pas affecté par leurs commentaires.

« La flatterie ne vous sauvera point. »

Et ils recommençaient de plus belle, leurs esprits insignifiants incapables de comprendre que toute cette violence allait s'accumuler en Crane pour être relâchée sur Gotham et ses habitants. Lorsque ce n'était pas la violence, c'était les repas infectes. Lorsque ce n'était pas la nourriture, c'était les rares sorties auxquelles il avait droit en compagnie d'autres insignifiants retardés fixant le vide et bavant sur le sol. Arkham avait-elle toujours été ainsi ou si la situation se dégradait à cause de Sharp, le nouveau directeur? Lorsqu'il en aurait l'occasion, il irait lui rendre une visite personnelle pour féliciter, à sa manière bien unique, le nouveau chef de l'établissement. Puis, sans crier gare, quatre gardiens firent irruption dans sa cellule sans prévenir. Tirant Crane hors de son lit, ils l'attachèrent  solidement sur un lit de sangle tout en ne manquant pas de le ruer de coups par ci et par là.

« Tu as de la visite Crane. »

« Ça fera changement de vos visages insigifiants, bonne nouvelle pour moi. »

Retenant son coup, le gros baraqué vint placer une chaise à 3 mètres de l'Épouvantail. Qui pouvait bien venir lui rendre visite pour recourir à d'aussi intenses précautions pour empêcher tout échappatoire, pour ne pas dire bloquer tous les mouvements possibles? Un civil? Quincy Sharp? Le maire? Non pas le maire, cela n'avait pas de sens. Jaina Hudson avait autre chose à faire que de venir voir un interné d'Arkham. En fait, les gens de cette classe pensaient tous la même chose des gens comme Crane : des déchets qui ne seront pas pleurés. Il allait devoir rendre visite à cette femme lorsqu'il sortirait de l'asile.

« Le docteur Hugo Strange va te recevoir. »

Strange? L'éminent psychiatre? Jonathan n'avait pas eu beaucoup l'occasion de lui parler par le passé, mais il savait l'individu très intelligent et redoutable. En quelque sorte, il était excité par cette rencontre : un psychiatre examinant un psychiatre, mais lequel saura percer l'autre en premier? Crane attendait l'arrivée du bon docteur, impatient de voir ce que Strange allait bien pouvoir trouver et déduire entre chaque mots de chacune de ses phrases.
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Sam 8 Aoû - 0:09

L'asile d'Arkham, un lieu sain, pour soigner des personnalités folles et excentriques. Même si Quincy Sharp règnait en maitre sur ces lieux, j'étais libre de mes allées et de mes venues, capable de faire ce que bon me semblait dans cette ville en décomposition. Oui, l'asile d'Arkham était dépassé, fini, usé, rempli de fantômes, mais je ferai quelque chose de merveilleux, de plus audacieux, et ce jour-là, ce sera merveilleux, un spectacle qui propulsera mon nom vers la gloire. Mais pour le moment, je me devais de voir un ancien collègue, un homme qui avait sombré, l'ancien directeur même de cet asile, enfermé à double tour, je parle naturellement de Jonathan Crane. L'ascenseur dans lequel je descends est bruyant, pénible. Mes oreilles sont offusquées de ce bruit de rouage électronique et mécanique qui n'a pas été revu depuis un moment. Je fronce les sourcils, ce n'est pas tant ce qui bruit qui m'énerve, mais un profond ressenti vis à vis des collègues qui m'ont refilé ce cas. Pourquoi le refuser de toutes façons ? Je suis le professeur Hugo Strange après tout. Alors que je regarde les deux gardes qui m'emmènent au second sous-sol du bâtiment, j'observe patiemment l'heure à ma montre. Je reste calme, courtois et froid. La porte de l'ascenseur s'ouvre et je passe la porte le premier. Muni de ma sacoche et de mes stylos personnels, j'attendais que l'on me dirige vers le cas que l'on m'a signalé. L'asile d'Arkham, du moins, le Pénitencier, était le lieu où l'on enfermait les plus dangereux cas. Même si c'était pratiquement impossible d'en ressortir et de s'y évader, il n'y avait pas de risque zéro. Non, chacune des personnalités enfermées avait sa fonction et son mode opératoire. Ils savaient être intelligents quand cela leur chantait.

Garde << C'est quand même dingue vous trouvez pas ? Un directeur qui sombre comme ça ... >>

<< Ah oui ? >>

Garde << On a rien vu venir. Déjà le coup du Joker, maintenant ça, c'est vraiment une mauvaise publicité pour Arkham. Vraiment. >>

<< Les choses vont changer, garde. Ne vous en faites pas, je prend les choses en main. >>

<< Dieu vous entende, m'sieur ! >>

Je ne fais même pas attention à cette imbécilité. Croire en Dieu, si Dieu existait vraiment, comment pouvait-il laisser faire ces horreurs ? Pédophilie ... Assassinats ... Massacres ... Auto-destruction du genre humain activé. Tout cela n'était qu'une chute sans fin, un simple compte à rebours, et le jour où on atteindra zéro, l'Humanité s'évaporera dans un bruit sourd. Personne dans l'univers ne l'entendra. L'être humain est condamné à s'auto-détruire. C'était la triste vérité. Les idées pieuses de mes deux gardes me révulsaient, l'intelligence permettait de se détacher des icônes du passé. Un bon livre ne fait jamais de mal. Ces deux-là, ne devaient pas avoir une culture des plus élargies. Malgré tout, vu les montres qu'ils portent tous deux au poignet, on sent très bien dans quel domaine ils arrondissent leurs fins de mois. Je comprenais que j'étais dans un nid de vipères, qu'aucun garde autour de moi n'était digne de ma confiance. Arkham sera purgé de ses éléments les plus nuisibles, c'était certain, et je ne me faisais aucune idée à ce sujet. Je purgerai cet asile des éléments les plus corrompus, et je me chargerai de faire en sorte que tout aille pour le mieux ici. De toutes façons, un être humain qui se laisse guider par ses pulsions et par l'argent n'est pas un homme. Pour mon plan, bien sur, il me faudrait ce genre de crétins, manipulables à souhait, prêts à m'obéir, mais la formule n'était pas au point, pas encore. Le garde sort sa clé et ouvre la porte de la cellule avant de me laisser la place.

Garde << On y'est doc ! >>

<< Je me charge de l'ancien Directeur, vous pouvez disposer. >>

Garde << Mais, je dois vous accompagner pour votre sécurité ! >>

<< Ce sera tout, j'ai dis. Attendez moi ici, et restez aux aguets. >>

Le garde se tait et se positionne sur une chaise en face de la porte. J'entre alors dans la petite cellule capitonnée, un léger sourire sur le visage, tandis que je me présente devant le vieil homme qui devait être enfermé ici. Il était temps de faire les présentations tandis que je restais debout, à scruter le directeur déchu d'un air d'un air neutre et passablement calme. C'était amusant le destin. Un jour, vous étiez tout, le lendemain, vous n'étiez plus qu'un détritus que l'on pouvait jeter aux ordures. Amusante idée.

<< Bonjour, je suis le docteur Hugo Strange, je suis là pour vous aider, docteur Crane. >>

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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Lun 10 Aoû - 3:58


Qui analyse l'autre?

- Scarecrow, Hugo Strange -


Le docteur Hugo Strange. Ainsi il était là devant lui, paré de sa tenue blanche de psychiatre, chauve et barbu avec un regard à la fois sévère et paraissant vieux. Jonathan Crane savait que ce n'était que parure. Au fond de lui, Strange était un homme incisif qui savait toucher directement les gens là où ça faisait mal. Il pouvait lire les gens comme on lisait dans un livre. L'ancien directeur d'Arkham n'allait pas se laisser faire comme cela. Fixant le bon docteur dans les yeux à travers les lunettes, Crane parla d'un ton calme et froid avec quelques touches de moquerie. Crane avait désormais prit cette habitude de voir tous les autres comme des faibles assujettis à la peur, cette émotion si primaire qu'elle pouvait obliger n'importe qui à exécuter n'importe quel ordre, même au prix de sa santé mentale. L'Épouvantail avait dépassé ce stade il y a longtemps, ses recherches lui avaient été bénéfiques. Devenu le maître incontesté de la peur, il avait fait disparaître ou cacher ses recherches et autres papiers loin à l’abri des regards pour que personne ne puisse le contrecarrer ou l’imiter. Au moins, Strange n'aurait pas l'occasion de se servir de ce matériel contre lui. Avant la fin de cet entretien, Crane introduirait une goutte d'angoisse dans l'âme du bon docteur, lui apprenant par la même occasion

« Docteur Strange. Vous devriez dire à votre personnel de cesser leurs petits jeux, sinon ils finiront dans un état pire que ceux que j'ai laissé pour mort dans la cathédrale.

Crane avait remarqué le regard de haine porté contre lui venant du garde posté dans le couloir. Elle semblait particulièrement développée. Avait-il sans le vouloir fait du mal à cet homme lors de son règne de la peur dans la cathédrale de Gotham? Avait-il touché l'un de membres de sa famille? Cette personne croupissait-elle dans les catacombes, dévorée par les mouches et les vers? Si c'était le cas, l'Épouvantail ne pouvait que sourire, car il avait déjà un certain contrôle sur cet individu particulier. Le temps venu, il utiliserait la colère de cet homme et la retournerait contre lui, non sans lui injecter une peur si intense qu'il regretterait son erreur d'avoir sous-estimer l'Épouvantail. La peur de perdre ses proches était une chose que la grande majorité des êtres humains partageait. Seulement, cette peur ne se manifeste que très clairement que lorsqu'il est trop tard. Et ce moment là, lorsque ce garde sera dévoré par ses propres phobies, qu'il comprendra l’inévitable : que sa famille était en grand danger. Crane reporta son attention sur Strange.

« Cela dit, je n'ai nulle besoin de votre aide. Vous en revanche... Dites-moi, comment allez-vous aujourd'hui? »

Jonathan se demandait ce que pouvait bien contenir l'esprit d'un homme comme Hugo Strange. Quelles pouvaient bien être ses peurs les plus intimes? Il est toujours intéressant d'analyser l'univers de ses semblables. De psychiatre à un autre, les perceptions et les idées devaient être fondamentalement différentes. Crane était stimulé par la peur et la motivation principale de Strange était de comprendre, de démanteler et de réhabiliter les supposés psychopathes auxquels il avait affaire. Crane devait être un nouveau gibier sur son tableau de chasse. Le détenu ferma son esprit à toute analyse. Il n,allait pas rendre la tâche facile pour le bon docteur.
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Lun 10 Aoû - 10:32

Le ton de Crane était des plus narquois, tandis que je m'installais confortablement dans le siège que l'on m'avait préparé. Bien, il semblait que tout soit en ordre, selon l'état de Jonathan Crane, sur le plan du physique. Au moins, son mental n'avait pas trop souffert lors de sa dernière rencontre avec le Batman. Cela devait être intéressant. Quand le Chevalier Noir l'apporta ici même à Arkham, comme j'aurai aimé le toiser, droit dans les yeux, le voir, l'observer, bien sur, ce n'était pas pour maintenant, mais le jour où je le verrai, nous serions tous deux dans l'optique d'une guerre ouverte contre le crime, et contre la pseudo-justice qu'il incarnait. Moi, je voulais faire de cette ville, un support pour ma gloire personnelle, le triomphe de mon génie sur l'homme qu'on appelait Batman. Revenons à nos moutons, pour le moment, Jonathan Crane était un sujet des plus intéressants, des plus vifs, mais aussi un des plus sadiques. D'après ce que j'avais lu de son travail à la cathédrale, il avait fait de grandes choses, de terribles choses oui, mais de grandes choses. Rentrons dans son jeu, j'étais certain de faire mouche, et surtout, de faire peur à cet être qui se prenait pour un maitre incontesté de la peur. Avec un léger sourire, je le regarde avant de lui dire d'un ton sec et d'un ton légèrement lent dans mes paroles, il fallait que j'établisse un premier contact, une sorte de confiance qui pouvait se révéler fort intéressante.

<< Je tenais d'abord à vous adresser mes félicitations. Vous avez réussi à produire un magnifique gaz de peur. Vous êtes de la race des seigneurs après tout, un véritable génie. >>

Il me demande comment je vais, nous avions laissé de côté les questions du petit personnel. Qui se soucie des gardes travaillant à Arkham ? Ce ne sont que des pauvres ères sans grand intérêt. Ni-même intéressants. Ce ne sont que des gardes-fous, oui, mais les citoyens de Gotham City avaient besoin de peur, de véritable peur. Pourquoi se contenter d'une simple reprise ? Pourquoi enfermer des criminels alors qu'il y'avait encore tant à faire dans Gotham City ? C'était amusant non ? Après tout, si Batman continue à ramener des criminels, mon projet ne viendrait jamais à terme, et je ne pourrais pas me charger de mettre à bien mon projet d'Arkham City. Non, il fallait à Gotham encore plus de monstruosité, il fallait qu'elle sombre définitivement dans les ténèbres, pour qu'en jaillisse l'espoir que j'incarnais. Batman n'était pas un héros, clairement pas. Mais je gardais ce genre de considérations pour moi-même. Un être tel que Crane ne comprendrait pas ce qui m'animait au plus profond de mon être. Non, il ne le pourrait pas. D'un simple plissement des yeux, derrière mes lunettes, je lui rend sa politesse.

<< Je vais bien, merci. Et vous Jonathan ? Comment vous sentez-vous après votre œuvre à la cathédrale ? >>

Sans émotions, sans véritable peur dans la voix, j'attendais sa réponse. Pour tout dire, je trouvais son travail fascinant. L'étude de la peur. Ce n'était qu'un entretien oui, un simple entretien, et je m'attendais à ce que ce soit le double de Crane, l'homme qui se cachait au plus profond de Jonathan Crane qui se mette à parler. Qu'il puisse me dire ce qu'il avait à dire, ce qu'il ressentait. Jonathan Crane était quelqu'un de fier, oui, quelqu'un de puissant et de terriblement imbu de lui-même, c'était certain. Le flatter pourrait l'aider. Après tout, sa fonction de provoquer la peur, de vouloir terroriser les foules, de mettre à bas Gotham City, tout ça, c'était pour assouvir un de ses penchants personnels, qu'on lui donne un respect qu'il n'a certainement jamais eu dans son enfance. Oui, l'enfance était le fondement de l'être humain, l'enfance était un socle qui forgeait le caractère du futur adulte, et de ce que j'en déduisais, Crane était encore un enfant, un enfant qui voulait jouer au petit chimiste, et qui avait surement déjà eu sa dose de terribles bêtises quand il a officié dernièrement. Comme tous les mauvais enfants, il recommencera, j'en étais certain. Il faudra néanmoins lui donner les bonnes bases pour qu'il puisse continuer à semer la terreur dans Gotham City. Crane était un sujet intéressant, certainement, mais pas autant que le Batman.

<< Qu'avez-vous éprouvé à la cathédrale, Jonathan ? Pas quand Batman était présent non ... Quand vous avez testé votre gaz sur ces cobayes. Fascination ? Intérêt ? Ou même Peur ? Peur d'avoir conçu quelque chose de terrifiant, et d'extrêmement agréable ? La peur n'est pas que négative nous sommes d'accord sur ce point. Dites-moi, Jonathan, quel effet cela vous a procuré ? >>

Non pas que j'avais certaines pulsions aussi sadiques que Crane, mais j'avais envie de voir jusqu'à quel point il avait apprécié son expérimentation. J'étais curieux de voir ce qu'il avait en tête, de voir son travail se régler d'une simple manière. J'avais envie de le voir me dire tout ce qu'il avait apprit. Pas pour mon propre profit non, le gaz de Crane me serait bien inutile pour ce que je voulais faire, mais j'avais envie de voir ce qu'il pouvait ressentir. Après tout, il fut médecin comme moi, et je voulais savoir, pourquoi avait-il décidé de se plonger dans une telle déchéance. Quelle était sa véritable motivation ? Quelle était son envie la plus forte en ce moment même ?
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Mar 11 Aoû - 10:10


Qui analyse l'autre?

- Scarecrow, Hugo Strange -


Jonathan Crane ne savait pas grand chose à propos d'Hugo Strange, surtout à propos de ses motifs personnels. Le bon docteur était là devant lui, assit nonchalamment à lui poser questions après questions. Cela n'en finissait plus. Qu'espérait-il trouver? Un être brisé prêt à se livrer corps et âme à la conscience d'un autre peut-être? Ou alors un excellent moyen de propulser sa carrière suite à quelques publications sur le sujet du directeur déchu devenu un monstre appelé l'Épouvantail? Non, il ne servirait pas tremplin pour autrui. Après tout, Strange l'avait déjà compris : il était de la race des seigneurs. C'était lui qui devait être en position de commander, de régner sur les vers abjectes de Gotham. Lui qui devait briser la légende de la chauve-souris... Briser l'espoir de Gotham et la mettre à genoux. Non, il ne serait pas le tremplin. Il avait trop de choses à réaliser pour se laisser faire ainsi.

« Attention à vos paroles docteur Strange. Même si j'ai un certain respect pour vous, sachez que la flatterie ne vous sauvera pas d'une éventuelle action... agressive, de ma part. Cela dit, je ne vous empêche pas de continuer. Après tout qui sait ce que je ferai lorsque je serai sortit d'ici. »

Oui, Crane laissait présager son évasion prochaine. Il tenterait cette fois une expérience différente. Maintenant qu'il faisait partie de la « famille » d'Arkham, rien ne l'empêchait de créer quelques liens avec les autres membres. Il les savait tous instables à leur façon, mais ce n'était pas un problème pour Crane qui était un habitué des cas désespérés au niveau psychologiques. Des années durant il avait testé sa toxine sur les cas les moins sévères de l'asile, évitant soigneusement ceux à risque comme le Joker. Une fois cela fait... Non, laissons à Gotham la surprise totale. Cela ne fera que créer un torrent de peur encore plus gigantesque et plus pure également.

« Tant de questions... Qu'avez-vous ressentit, quel était votre sentiment, qu'ais-je éprouvé, quel effet mon oeuvre à eu sur moi? Vous savez, j'aimerais bien avoir quelque chose à boire. Un truc fort, de préférence. Toutes ces questions sont d'un ennui... »

Crane cependant se posa la question : qu'avait-il ressentit? Une satisfaction plus grande qu'il ne l'aurait cru possible. Il pouvait même dire qu'il avait éprouvé jusqu'à du plaisir à faire son travail. Après tout, il avait passé une partie de son enfance et toute sa vie d'adulte à faire peur aux gens, prenant un malin plaisir à les voir se tortiller et crier devant des choses aussi inoffensives que des insectes. Ainsi, Crane avait dans un sens rendu service aux gens qu'il avait croisé : il avait brisé leurs masques, leur protection face à la société, cet espèce de semblant de courage que tout le monde arbore pour paraître normal aux yeux des autres et éviter le jugement d'autrui. Il avait transformé les brutes en victimes et les victimes en loques humaines. Pas facile, n'est-ce pas, de vivre sa vie lorsque l'on est confronté sans relâche à la peur? Elle est l'instinct le plus primaire de l'être humain et est également le moteur de toutes les actions menées à court ou à long terme. De la fascination et de l'intérêt, oui il les avait ressentis. Mais de la peur? Strange était-il idiot au point d'ignorer le fait que le maître de la peur ne pouvait succomber à ses propres armes? Il y était immunisé depuis longtemps déjà. Sa longue exposition aux produits chimiques lui avait octroyé cette aptitude, mais était venue avec un prix : l'incapacité d'exprimer le moindre sentiment... ou presque.

« Mais vous mon bon docteur, que ressentez-vous là devant moi? Puissance? Fascination?  Quel effet cela vous fait de parcourir librement les couloirs d'Arkham, demeure des criminels les plus dangereux de tout le pays? Vous devez vous sentir au paradis... Vous devez vous sentir comme chez vous. »

Crane jouait avec Hugo Strange, à sa manière. Il évitait de répondre aux questions, répliquant par d'autres questionnements ou par des phrases détachées du contexte original. Il n'allait pas lui donner ce qu'il désirait. Il n'allait pas lui parler de l'Épouvantail, ce serait entrer dans son jeu. Il allait faire de cet entretien son terrain de jeu. Il allait inverser les rôles : Crane deviendrait le bon docteur et Strange la pauvre victime. Qui analysera l'autre désormais?

« Eh l'empaillé, cesse de faire le malin et répond au docteur Strange! »

« L'empaillé? C'est la première fois que je l'entend celle-là. Dites-moi mon cher... Vincent, c'est cela? Je vous suggère de prendre soin de votre famille. Votre femme Carol et votre fille Jenny vont bien? Un malheur est si vite arrivé... »

« Espèce de... »

« Ah non non non, n'aggravez pas votre cas. On ne touche jamais vraiment le fond du malheur vous savez? Il saura toujours trouver le moyen de vous percer l'esprit afin de vous entraîner plus loin encore dans les ténèbres... »

Crane connaissait les employés d'Arkham comme le fond de sa poche, du moins les anciens qui étaient présents lorsqu'il dirigeait encore l'établissement. Carole avait été une excellente collègue, mais aujourd'hui il ne voyait plus le besoin d'entretenir cette relation. Elle l'avait soigné lorsque Batman l'avait amené, il avait ouvert les yeux sur le monde maintenant. De nombreuse fois il lui avait dit que son mari était une ordure, mais l'esprit humain étant aussi borné qu'indiscipliné, il avait laissé tomber. Crane s'occuperait du cas de cette famille une fois sortit de l'asile et ne lésinerait pas sur la quantité de terrifiants détails à mettre en place. Reportant son attention sur Hugo Strange, Jonathan attendait une réaction de la part de son hôte. Il trouvait cela amusant que le psychiatre ne congédie pas l'imbécile. Ou alors il avait autre chose en tête...
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Mar 11 Aoû - 14:09

Le sujet Jonathan Crane n'était pas vraiment coopératif. Pour tout dire, il était dans un état encore proche de l'hostilité, et malgré les médicaments qui avaient été prescrits, il était sur et certain que Crane ne les avaient pas avalé. Certes. Bien, le bon vieux docteur Crane semblait ne pas vouloir comprendre, ni même saisir la perche que je lui tendais, je voulais lui offrir une aide courtoise, et précieuse pour son éventuelle sortie de l'asile. Son hostilité ne faisait que cacher le fait qu'il était extrêmement nerveux à l'idée d'être analysé par quelqu'un qu'il ne connaissait que très peu. Je renvoie le garde séance tenante, une chose était certaine, avec le nouveau dispositif que je mettrais en place, tout cela changerait, pour le mieux. Le garde semblait nerveux, derrière la vitre, et pour cause, Crane menaçait sa famille. Bien, au moins, cela montrait que Crane avait un certain bras long, et qu'il avait tendance à vouloir menacer la vie des gens qu'il a jadis côtoyé. Il ne m'en fallait pas plus. Sharp avait beau être le directeur de l'asile, j'en avais les commandes totales, et je savais comment gérer ce genre de cas. D'une voix mielleuse et totalement douce, je repris la parole une nouvelle fois.

<< Cela suffit, docteur Crane. N'essayez pas vos menaces sur le personnel, les équipes seront remplacées très bientôt. Toute forme de menaces sera obsolète et même inutile. >>

Je regarde ma montre, on s'éternise. Il veut jouer à un jeu, alors soit, nous continuerons dans son sens, mais même s'il croyait que je serais son sujet d'étude pendant toute la durée de notre interrogatoire, chaque personne, par ses actes, par ses paroles, passait un sens caché dans son subconscient, et même si cela était terriblement difficile à percevoir, la seule chose que je pouvais déterminer, c'était que Jonathan Crane n'était pas vraiment un fou à proprement nommé. Il était diabolique, oui, c'était une évidence, fou, pas spécialement non, je ne le croyais pas. Il avait certes, un léger problème, mais je le voyais bien plus dans un établissement comme Blackgate, livré aux brutes, et aux autres monstres qui se feraient un plaisir de lui apprendre ce qu'était la véritable peur de vivre dans un lieu aussi dangereux. Je retire mes lunettes pour essuyer les saletés et la poussière, sortant un petit chiffon, je nettoie minutieusement chaque centimètre de mes lunettes rondes avant de dire d'une voix douce et calme.

<< Et si nous arrêtions de jouer la comédie qu'en dites-vous ? De une, si je ne vois aucune preuve que vous êtes fou, je serais obligé de vous transférer à Blackgate, dans ce lieu infâme où les détenus s'entassent dans les cellules. J'ai cru comprendre que Batman avait été très productif, avec ses alliés, dernièrement. >>

Mes paroles sont sèches. J'imagine parfaitement Jonathan Crane, sans son masque, dans une belle tenue orangée, seul, maigrichon, au milieu des tatoués et des hommes musclés qui sévissaient à Blackgate. Ce ne serait pas une partie de plaisir pour lui, très loin de là. Nul doute qu'il aurait déjà des problèmes à son arrivée, et que ce ne serait certainement pas drôle pour lui. Je l'imaginais, et s'il continuait, ce serait une terrible sinécure pour lui de finir dans un pareil endroit. Quincy Sharp avait été tenté, de purger Arkham de ceux qui se croyaient fous et de les envoyer manu militari à Blackgate, grâce à de nombreuses lettres qu'il pouvait envoyer au directeur Joseph de Blackgate. Une manière comme une autre de faire le nettoyage de l'asile qui avait besoin de plus de visibilité. Et puis, auprès du public, cela permettrait à Quincy Sharp de mieux se faire voir et d'être un peu plus ancré dans la ville de Gotham. D'où les prochaines échéances électorales qui seront, je l'espérais, bien mieux que les résultats que nous avions eu.

<< Pouvons-nous reprendre ou bien dois-je me montrer plus ... Incisif dans mon rapport ? Vos travaux sont géniaux oui, mais je me pose une question. Certes, banale, mais une question sur votre motivation. Pourquoi ? Quel fut le moment déclencheur ? Qui vous a fait sombrer dans la folie ? Ne soyez pas avare en détails je vous prie. >>

Ce genre de comportements pouvait m'énerver. De plus, je me devais de gérer l'amas de folie qui commençait à s'accumuler dans mon établissement. Une chose que Crane devait savoir : Il n'était plus le directeur de l'asile d'Arkham. Tout ça était révolu pour de bon, une bonne façon de lui dire qu'il n'était plus rien, plus rien du tout. Il n'était plus qu'un numéro derrière une vitre en verre, rien de plus, rien de moins. Terminant de nettoyer mes lunettes, je les remet en place. Le garde était maintenant à l'extérieur, et nous étions vraiment seul.
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Mer 12 Aoû - 8:23


Qui analyse l'autre?

- Scarecrow, Hugo Strange -


Remplacer le personnel? Comme si cela suffisait pour protéger ces imbéciles de leur innévitable destin. Jonathan Crane était un homme intelligent et méticuleux, remarquant et retenant tous les détails possibles. Un bien triste sort attendait cet individu. D'ailleurs, Strange avait bien raison de vouloir remplacer le personnel, car Crane purgerait lui-même l'asile à sa façon le moment venu. Personne ne le savait bien évidemment, mais il irait cogner à chaque maison pour semer la peur dans les coeurs de toutes les familles. Ils allaient subir le même sort que ces deux idiots qui s'étaient moqués de lui dans sa jeunesse. Il était là, vivant et bien portant. Quant à eux, ils gisaient au fond d'une tombe dévorés par les vers et le temps. Crane aurait le dernier mot sur les employés d'Arkham.

« Inutile? Obsolète? Mon pauvre docteur Strange, là est votre méprise. Il m'a entendu, la graine de la peur vient d'être semée dans son esprit. À partir de maintenant, elle va germer et il vivra dans la crainte. La crainte de réaliser que ses gestes et ses paroles pourraient lui coûter plus qu'un salaire. Pourquoi ne pas envisager sa propre vie ou même celle de sa famille... Oui... »

Scarecrow ricana légèrement, le plaisir de cette situation dépassant ses propres attentes. Un sourire carnassier se dessina sur son visage. Fixant Strange tel un oiseau de proie, il l'écouta parler jusqu'à ce qu'il ait terminé ses propos. Ainsi, il pensait l'envoyer à Black Gate? Si c'était le cas, la vie de Crane en serait faciliter. Oh bien sûr, il y avait les brutes, mais avec le bon doigté, il était possible de les dompter. On s'imagine que c'est le maigrichon qui va se prendre les raclées. Jonathan pensait tout le contraire : c'était le maigrichon qui allait prendre le contrôle de toute cette bande d'attardés mentaux et qui allait joueur dans leurs têtes, dévoilant au grand jour ce qu'ils étaient : des pleutres, des lâches, des hypocrites. Une fois son travail terminé, il n'aurait qu'à sortir de Black Gate par la porte de devant. Bien plus facile qu'à Arkham.

« La psychologie est une arme tout aussi dévastatrice, sinon plus, que les blessures physiques. Même sans mon masque et mon gaz je peux faire des ravages. Pour la sécurité de Gotham et des détenus de Black Gate, me garder ici sera votre meilleure option. Qui plus est, vous voulez vraiment m'envoyer dans un endroit où tous on une haine envers la chauve-souris? Ils seront prêts à être cueillis et être manipulés afin de servir mes desseins. Pensez-y à deux fois. »

Batman. Rien que ce nom lui écorchait l'esprit. Le plus grand tortionnaire de Gotham était là dehors, agissant en toute liberté et en toute impunité main dans la main avec les forces de police. Les incompris, ceux qui pouvaient menacer la toute puissance de ce soit disant justicier étaient durement tabassés, écartés et enfermés. C'était le même scénario que dans les classes d'école : les brutes s'unissent pour s'en prendre aux plus faibles. De dignes représentants de la lâcheté. L'Histoire cependant a démontré à maintes reprises les effets d'une union des opprimés contre les oppresseurs. Les résultats ont souvent été sanglants. La même chose se passerait à Gotham, mais pas maintenant, pas tout de suite. Pour l'heure il devait finir de guérir, se débarrasser de Strange qui commençait à le fatiguer et finalement s'évader. Il ne se laisserait plus jamais intimider par quoique ce soit, pas même par la mine sévère actuelle du bon docteur.

« Qui n'aime pas faire peur? La sensation de contrôle est évidemment sans précédent. Pendant un court instant, vous possédez votre victime. Elle ne voit rien d'autre que ce qui l'effraye et seul son instinct de survie est opérationnel. Bien sûr il n'est actif que pour un bref instant et pour des raisons futiles, mais là est tout le charme : la paranoïa se développe.  À long terme, cette personne finira par s'écrouler sur elle-même par elle-même. C'est ça ma motivation docteur, c'est ça mon but. »

Crane n'allait évidemment pas lui raconter son passé avec sa grand-mère et ses années difficiles au collège. Cela resterait bien à l'abri dans sa tête. Jonathan reprit le contrôle, laissant l'Épouvantail retourner dans les coins sombres de son esprit. Là n'était pas le moment de se laisser aller. Qui sait ce dont Strange était en mesure de faire? Malgré tout, Jonathan envoya une dernière tirade.

« Vous me demandez quelle a été la cause primaire de ma descente vers la folie. Juste avant vous avez dit que vous aviez besoin de preuves pour vérifier si oui ou non j'étais fou. Faudrait savoir ce que vous croyez réellement à ce sujet. »
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Mer 12 Aoû - 11:48

<< La graine de la peur ... Oui, si on veut. Ne pensez-vous pas qu'un homme puisse se lever et dire non à votre toxine. Batman l'a prouvé, je me trompe ? >>

Voila le sujet qui m'intéressait le plus. Pour tout dire, je me moquais éperdument de Jonathan Crane et de ses petits complexes, il avait perdu de son intérêt le moment-même où il s'était lui-même perdu dans la folie. Oui, enfin, folie était un mot à double-tranchant. Il n'était pas quelqu'un de fou, seulement quelqu'un de diabolique, qui n'avait aucune estime de lui-même et qui n'avait aucun remords à faire souffrir les autres. Moi non plus, je n'éprouvais aucun remords, et pourtant, l'idée de briser ce petit homme me ferait le plus grand des plaisirs. Je pourrais très bien lui montrer ce qu'est réellement la peur. Lui montrer qu'il y'a d'autres souffrances avec lesquelles on peut jouer comme ça, sans faire le moindre mal, sans toucher à son physique. Oui, il y'avait tellement de choses que l'on pouvait faire avec les craintes d'un homme, et cela le poussait dans ces derniers retranchements. L'homme en question ne m'intéressait pas, le garde dont je parlais bien sur, Crane pouvait en faire ce que bon lui plaisait s'il arrivait à s'évader. Pour tout dire, cela n'arrivera pas, Arkham était en train d'être renforcée par mon génie et par mon intelligence. Je ferai tout ce qui était en mon pouvoir pour forcer Sharp à enfermer ces animaux dans les cages dans lesquelles ils doivent aller.

<< Savez-vous ô combien je me moque de vos expériences et de votre personne ? Pour moi, vous n'êtes qu'un petit rouage, un petit être qui finira par être avalé par le destin, et qui ne laissera aucune trace derrière lui. Voila votre finalité. Je souhaitais discerner certains aspects de votre passé pour en tirer la raison du pourquoi vous êtes enfermé dans un établissement pénitentiaire destiné à soigner. Je dois avouer, que je suis déçu. >>

Sur le calme le plus sain du monde, je me met à écrire quelques notes sur un calepin prévu à cet effet. Crane était au final, une espèce de sadique sado-masochiste qui prenait plaisir à torturer ses victimes de manières psychologiques et terrifiantes. C'est tout, rien de plus. Le personnage était vite cerné, il devait faire cela en fonction d'un passé déraillé, il avait dû subir une terrifiante expérience, ou quelque chose dans ce style, ce qui le poussa inéluctablement vers cette porte de sortie des responsabilités. J'émets un petit rictus, tandis que je le voyais défendre son point de vue. Il souhaitait faire mon analyse lui aussi ? Intéressant. Le jeu n'en devenait que plus ennuyeux. C'était vrai, Crane avait beau être un psychiatre, il n'était qu'un pauvre ère à qui la raison faisait hélas bien défaut. Je me lève, et je pose le calepin sur la chaise, avant de me diriger vers Jonathan Crane d'un pas mesuré et légèrement lent. Souriant, je me savais en position de force, et au pire, certains gardes viendraient s'occuper harmonieusement de ce cher Crane. Je n'avais pas peur de lui, personne n'a peur de Jonathan Crane. Pas moi en tout cas.

<< Quelqu'un vous a tenu tête, Crane. Le Batman, il est votre ennemi, il est celui qui résiste à votre poison. Et vous le haïssez n'est-ce pas ? Je peux sentir votre haine pour lui, je la sens parfaitement. Et je sais aussi que vous auriez aimé continuer vos petites expériences. >>

Je lui tourne le dos, puis, je continue, à parler, sur un rythme lent et presque désagréable. Pour tout dire, le sort de Crane m'indifférait. Je pouvais très bien le laisser là, à croupir dans sa cellule, à l'abandonner à jamais dans ce trou. Mais je savais que ce genre d'individus avait de la ressource, et qu'il trouverait un grand moyen pour sortir d'Arkham. L'asile avait certes des bonnes sécurités, mais l'île était difficile à protéger, et à bloquer. Le vaste réseau de tunnels sous l'asile était un imbroglio de problèmes pour les travaux. Et beaucoup de tunnels étaient trop instables pour faire la moindre réparation. Pourtant, Crane avait raison sur un point : Tout le monde finit par être brisé. Tout le monde finissait par tomber, inéluctablement, il fallait néanmoins doser la terreur et la cruauté que l'on veut infléchir à la personne qui subissait toute cette colère. Avec un sourire, je reporte mon regard sur l'homme enfermé dans sa cellule, un grand sourire sur mon visage. Il avait échoué, c'était tout ce qui m'intéressait.

<< Vous avez tenté, Crane. Vous avez tenté et vous avez échoué. C'est tout ce que je peux vous dire. Dites-moi Crane ... Avez-vous eu peur de la chauve-souris ? >>
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Jeu 13 Aoû - 6:17


Qui analyse l'autre?

- Scarecrow, Hugo Strange -


Pour qui se prenait-il cet espèce d'excentrique à deux balles? Tout le respect qu'avait eut Jonathan Crane envers Hugo Strange venait de voler en éclats. Il osait le diminuer lui et l'impact qu'il aurait sur Gotham et probablement le reste du monde s'il en avait l'occasion. Crane avait la folie des grandeurs, mais il devait régler plusieurs choses avant de faire quoique ce soit à l'échelle mondiale. Gotham était déjà bien difficile avec tous ces justiciers présents, il devait faire une étape à la fois. Mais là, se faire insulter de la sorte par Strange venait de l'énerver. Était-ce le plan du docteur de le faire sortir de ses gonds ou s'il était comme ça avec tous ses patients? Quelle bien mauvaise façon de discerner le profil psychologique de ses sujets. Finalement, Hugo Strange n'était pas tellement mieux que tout le reste des Arkhamites : les seules différences étaient qu'il ne savait pas encore que la graine de la folie poussait en lui et surtout, il n'était pas encore découvert par le monde extérieur. Cela viendrait, cela finirait ainsi comme tous ceux qui ont voulus changer et diriger Arkham. Ça ou bien Scarecrow s'occuperait de lui bien avant que cela n'arrive.

« Entendez-moi bien Strange : la Peur cache nos impulsions les plus hideuses. En d'autres termes, la Peur gouverne toutes nos actions. Tout ce que vous faites en ce moment, ces tentatives d'intimidation, de percer à jour mon esprit et de m'humilier dans ce que je fais ne sont que des conséquences face à la peur que je représente. J'instille ce sentiment avec une facilité déconcertante. Vous aussi vous connaissez la peu. Je pourrais la pousser en vous aussi facilement qu'un enfant déplace un jouet. Votre heure viendra Strange, j'y veillerai. Lorsque la peur vous gagnera, je me ferai une joie d'être présent pour vous regarder tremblotant comme une feuille au vent, appelant une aide qui ne viendra jamais. Vous aurez succombé à vos plus bas instincts et ne serez plus qu'un livre ouvert pour qui voudra bien le lire... Et tous vos secrets, sinistres j'en suis certain et qui intéresseraient nombre de gens, seront dévoilés. »

Crane en avait assez. Il avait ce qu'il désirait savoir d'Hugo Strange : un autre sinistre personnage à l'esprit dérangé cachant bien son jeu, obsédé par la chauve-souris et se trouvant, pour le moment, du mauvais côté de la grille. Il osait l'insulter pour lui demander tout de suite après ce qu'il avait ressentit face à Batman. Batman... Même ici il venait tourmenter Jonathan et lui rappeler son échec. Ce n'était qu'un test par contre, la prochaine toxine serait assez efficace pour assommer des dizaines d'hommes. Même Batman, aussi surhumain soit-il ne résisterait pas à une telle dose. Il avait envie d'envoyer promener Strange pour son attitude désagréable. Cependant il se retint. Insulter ouvertement reviendrait à s'avouer vaincu et Crane ne l'était pas, loin de là. Il était seulement agacé.

« Oui je le hais, c'est indéniable, comme tous ceux qui ont vu leurs plans défaits par ce faux représentant de l'espoir. Ce n'est pas hors du commun dans ce pénitencier vous savez. Un jour il viendra voir ce que vous faites et il vous écrasera. La chute sera difficile Strange, vous verrez. Ma défaite n'est qu'un léger contretemps. J'ai été surpris par la résistance de Batman il faut le dire, mais aucunement effrayé : il ne m'en a tout simplement pas laissé le temps. Essayant de trouver la raison pour laquelle ma toxine ne fonctionnait pas, il m'a rué de coups jusqu'à ce que je perde conscience. Non docteur Strange, je n'ai pas peur de Batman. Je n'ai plus rien à vous dire. »

La tension montait, Crane le sentait. Il valait mieux pour tous les deux que cette discussion cesse. Bien que Jonathan soit resté d'un calme presque détaché, à l'intérieur il n'avait qu'une envie : montrer à Strange ce qu'il en coûtait de sous-estimer l'Épouvantail. Il n'était pas en mesure de le faire maintenant, mais un jour le bon docteur subirait le courroux de la toxine, lui dévoilant ses plus immondes terreurs. Il s'en faisait la promesse. Cela dit, il n'était pas non plus en position de force et se mettre à dos son geôlier ne pouvait que mal finir pour lui. Il attendrait son heure. Crane se mit ;a fixer Strange sans toutefois le regarder véritablement. C'était sa manière de dire que la discussion était terminée.
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MessageSujet: Re: Qui analyse l'autre?   Ven 14 Aoû - 10:06

<< Vous avez raison sur un point, docteur Crane. >>

Je me lève, droit comme un i, souriant, et terriblement content de la raison qu'il venait de me donner. Indirectement, Crane faisait part de sa jalousie, de son mépris, Batman montrait qu'il avait énormément d'intérêt pour ce rachitique et pauvre petit professeur déchu. C'était ironique n'est-ce pas ? Sombrer soi-même dans la folie, après tout ce qui avait été entreprit. Les études, les diplômes, et tout ça pour gâcher sa vie en finissant dans un asile de fous. Triste avenir pour Jonathan Crane, mais ce qu'il y'avait d'encore plus drôle, c'était le fait qu'il ne se doutait pas que Batman serait toujours plus fort que lui, qu'il s'arrangerait pour être meilleur, toujours, encore, et incessamment, jusqu'à ce qu'il meurt de mes mains. Batman n'était pas un humain normal, ce n'était que ce que l'on appelait : un homo über, un homme supérieur à la masse, un homme comme moi, prêt à diriger les hordes d'humains inférieurs vers un avenir plus meilleur. Debout, je reprend mes dossiers, je crois que je n'avais rien à espérer de ce petit homme, sa vie était toute tracée, il s'échapperait, surement, il reviendrait, inévitablement, et ensuite il mourrait dans cette cellule, et personne n'entendrait plus parler de Jonathan Crane, la lamentable erreur d'Arkham.

<< Nous n'avons plus rien à nous dire. Néanmoins, j'ai quelque chose qui devrait vous intéressez. >>

Je me dirige vers la porte de la cellule, et je l'ouvre. Quatre gardes, armés jusqu'aux dents, masqués, armés de bâtons électriques et de matraques entrèrent. Qu'ils étaient fièrement dressés, les médicaments que je leur donnais leur permettait d'avoir une mémoire sélective, ils ne se souviendraient pas de cet épisode de ce soir, et pour tout dire, cela me confortait dans mes idées. Ils n'obéissent qu'à ma voix, qu'à mon contact, seulement, ils m'obéissent moi, et ils sont parfaits. Parfaits en tout genre, ils seront l'avenir de Gotham City, un jour, un avenir qui viendrait. Pour le moment, ce ne sont que des ébauches, mais ils étaient déjà l'avenir des gardes de l'asile d'Arkham. Je redresse mes lunettes tout en me tenant près de la porte de sortie.

<< En ligne. >>

Les quatre hommes se mettent en ligne dans la cellule. Imperturbables, droits, fixant leurs yeux dans le vide. Moi, j'étais content de mes progrès, le travail fut dur, mais intéressant, et puis de toute manière, qui irait blâmer l'avancée de la science ? Quand on travaillait dans ce domaine, il fallait savoir repousser les limites de l'éthique et briser tout ce qui avait d'humain pour faire de grandes choses, de magnifiques choses, des choses terribles oui, mais importantes et nécessaires pour l'humanité. Avec un léger sourire, je m'apprêtais à donner mes ordres. D'une voix ferme et bien distincte, sans même hausser le ton, prenant une petite touche bien mielleuse dans ma voix. Un léger rictus sur mon fasciés.

<< Messieurs, veuillez apprendre à l'ex-directeur Crane la nouvelle hospitalité de l'asile d'Arkham. >>

Et d'un coup, les quatre gardes se dirigèrent vers le patient, l’assenant de coups, de décharges électriques, de matraques. Il allait souffrir oui, il allait apprendre le respect. Les animaux se tiennent à carreaux quand on les éduquent. Parfois, oui, ils deviennent plus hargneux, plus méchants, mais ça ne donnait que la bonne excuse pour les euthanasier. Jonathan Crane était une petite ordure, un vicieux qui pourrait en profiter pour faire un coup bas à mes propres plans, il fallait lui apprendre qui était le patron, et qui menait la barque à l'asile d'Arkham. Les coups pleuvent, ils ne s'arrêtent pas. Je lève mon bras, les hommes s'arrêtent et se retirent en arrière d'un pas pour me permettre de bien jauger de l'état de ce cher Jonathan.

<< La prochaine fois que vous me menacerez ou que vous menacerez mes équipes, je serais au regret de transmettre un rapport de condoléances. Votre probable suicide au point de l'Homme mort aura sa première page dans le journal, mais soyez surs, que l'asile d'Arkham saura disposer de votre cadavre comme il se doit. Je me fais comprendre ? Très bien. >>

Je pars le premier de la cellule, les quatre hommes me suivent. Jonathan Crane n'était pas un idiot, c'était certain, néanmoins, il apprendrait que la triste et sublime terreur de venir me voir débouler dans sa cellule pour mettre fin à ses jours le hanterait pour un petit moment. Les coups qu'avaient donné mes hommes n'étaient pas là pour faire rire, ni même pour faire peur. Mais une chose était certaine, j'avais gagné une certaine assurance dans cette petite épreuve de force, et rien ne m'empêcherait de faire d'Arkham mon propre camps de prisonniers à moi seul.
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