Batman Legacy


 
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 NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »

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MessageSujet: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 9:12



DOSSIER N° : 80750NAMELESS40372

Nom : de Ste Ann.
Prénom : Aucun prénom officiel connu à ce jour.
Alias : « Nemo », signifie personne, sans valeur, en latin.
« Quidam », personne dont on ignore ou dont on tait le nom.
« John/Baby Doe », nom attribué à une personne non-identifiée.
« Oliver », référence à l'orphelin Oliver Twist du conte éponyme.
Parfois appelé « Nobody », personne, ou « Nameless Boy », le garçon sans nom.
Sexe : Masculin.
Nationalité : Inconnue, sûrement Américaine.
Base d'opération: Gotham City

Date de naissance: Inconnue, il y a huit ou neuf ans, approximativement.
Lieu de naissance: Inconnu, hypothétiquement né à Gotham City.
Rhésus: O-

Orientation sexuelle : Indéterminée.
Situation familiale: Enfant abandonné, parents inconnus, supposément morts (?).
Autre information: Âme Errante, interne à l'Orphelinat Robinson.


Génétique du patient
Taille : 1m35.
Poids : 28kg.
Description physique du sujet : Gabarit correspondant approximativement au poids et à la taille moyens d'un enfant d'une huitaine d'années. Cheveux châtains, yeux noisettes, teint de peau clair. Nez retroussé, bonnes joues, petit front, peau lisse. Style vestimentaire lambda, T-shirts et pantalons souvent de couleurs unies, vêtement très fréquemment déchirés ou abîmés. Porte parfois le pyjama de l'orphelinat : une simple robe de nuit, trop grande, abîmée, recousue mille fois. Incommodé dans des chaussures, se déplace très souvent pieds nus. Semble avoir beaucoup de mal à porter ses habits du Dimanche, est facilement gêné par la cravate, les chaussettes hautes et les chaussures vernies. Dissimule son visage sous la capuche de sa cape lorsqu'il fugue ou lors des intempéries. Constamment couvert d'ecchymoses, de bleus, d'égratignures, ou de pansements et de compresses. A également de nombreuses cicatrices, dont la plus profonde au mollet gauche après avoir tenté d'échapper à un chien de garde. Est actuellement en train de perdre certaines de ses dents de lait. Tâche de naissance ayant une vague forme de 5 dans le bas du dos, tâche de naissance ressemblant à...une tâche, près du genoux droit, ainsi qu'un grain de beauté sur la lèvre supérieure. Visiblement gaucher, semble pourtant savoir écrire de la main droite.
Capacité physique du sujet : Bonne musculature, corps athlétique et robuste. Agilité et souplesse bien développés. Très bonne résistance aux chocs et aux maladies, guérit vite et sans problèmes majeurs. Ne semble pas spécialement handicapé par le froid et les intempéries. Connaît les avantages liés à sa petite taille, sait également contourner les inconvénients. Rapidité impressionnante, capacité à se faufiler dans les endroits les plus étroits généralement inaccessibles pour des adultes de constitution normale. Peut alors y rester caché des heures entières. Gravement allergique aux crustacés, légère sensibilité au pollen.
Comportement potentiellement à risque : Actuellement inoffensif. Influençable, peut mal tourner et devenir une menace majeure si l'entourage est mal intentionné. Intelligence normale, se montre néanmoins très rusé et logique. Tempérament têtu, contestataire et remuant. Inconscience face au danger, difficultés à distinguer le bien du mal. Vivacité d'esprit hors norme. Tendances à contredire et à fuguer, ainsi qu'à chercher l'affront moral. Préfère prendre la fuite lorsqu'il s'agit d'un affront physique. Insupportablement nerveux, sarcastique, moqueur et insolent.



Profil psychologique


« Je n'ai pas relevé de problème psychologique majeur, chez le patient de Ste Ann. Le seul trouble inquiétant que j'ai pu observer est un certain manque de contrôle de lui-même, une hyper-nervosité problématique, qui pourrait, si on ne fait rien, prendre une tournure dramatique. C'est un enfant impulsif et coléreux. On le cherche, il se braque, puis il attaque avant qu'on ait eu le temps de réagir. C'est une vraie boule de nerfs, il démarre au quart de tour et n'a aucun recul, aucun humour, lorsque son égo est en jeu. Alors il attaque, blesse, puis il prend peur, regrette ses actes et se met à pleurer... Voyez par vous-même : il a brûlé une petite fille, crevé l'œil d'un garçon, il s'est battu avec les trois quart des autres garçons de l'orphelinat...
– Le tout sans jamais donner d'explication aux adultes.
– En êtes-vous sûr ? Peut-être que ce garçon a trop de fierté pour vous donner directement sa version des faits à chaque fois qu'il se dispute gravement avec quelqu'un. Alors, pour se faire comprendre, il vous donne des indices qu'il dissimule dans ce qu'il raconte, car il est trop timide pour vous expliquer directement ce qui le contrarie. Il maquille ses propos, et c'est à vous, adultes, de trouver le mal-être qui se cache dans les histoires qu'il vous raconte. Réciproquement, vous n'obtiendrez jamais rien de lui en lui donnant des ordres directs. Il vous faut penser à sa manière, quitte à le manipuler, pour lui faire faire ce que vous désirez qu'il fasse. Dans un couloir obscur, dites à l'enfant qui a peur du noir d'allumer la lumière au fond du couloir, car l'obscurité vous fait peur. Il vous trouvera ridicule, vous voir partager sa peur lui donnera du courage, et il la surmontera pour vous montrer à quel point la vôtre est futile. Déguisez un coulrophobe en clown et il comprendra que ce n'est qu'un simple maquillage. C'est à peu près comme ça que marche ce garçon. Vos interminables sermons ne lui font ni chaud, ni froid. C'est un enfant contestataire qui cherche sans arrêt l'affront, à contredire les autres, à défier l'autorité, il a un besoin compulsif de désobéir aux ordres : il faut donc marcher dans son sens pour arriver à le faire changer d'avis.
– Vous savez combien on a d'enfants, dans cet orphelinat ? Chaque attentat, chaque meurtre de masse, ajoute d'autres orphelins entre nos murs. Pensez-vous réellement qu'on puisse se permettre d'adopter une approche particulière avec chacun d'entre eux ? Continuez votre bilan, je vous prie.
– Que dire ? C'est un garçon remuant, énergique, sportif, qui repousse sans arrêt les limites de son corps. D'après ce que j'ai pu constater, il a une bonne musculature, une bonne endurance et une sacrée robustesse, il se rétablit vite et se montre résistant à la douleur physique. Il a beaucoup d'énergie à revendre, je pense que certains sports pourraient l'aider à dépenser quotidiennement ce surplus d'énergie et à canaliser ses sautes d'humeur. Si vous l'épuisez le matin, il sera plus calme le soir venu, et vous laissera tranquille. A le garder enfermé entre quatre murs, vous le transformez en une véritable dynamite vivante. Et, d'après ce que j'ai pu entendre, il a du coffre, aussi, et son sens du rythme ferait de lui un bon chanteur.
– Certains de nos pensionnaires font partie de la chorale d'enfants de l'église, Madame, mais ce garçon ne s'est jamais porté volontaire afin de rejoindre leurs rangs. Il préfère fuguer avec ses petits amis, semer la zizanie dans l'orphelinat et nous inquiéter.
– Soit. J'ai aussi pu constater que c'était un enfant têtu, manipulateur et... bourré de tics. Comment oublier ses tics et ses manies ? Du simple cillement anormal aux tremblements incontrôlables, son visage, ses mains et ses jambes sont constamment agités par des tics. D'abord plutôt calmes lorsqu'il est serein, ses tics peuvent tripler de violence en quelques secondes s'il est inquiet ou agacé. Quant à ses manies... rien de bien dérangeant, ni de spécialement handicapant, elles sont plutôt anodines et amusantes. Il range même ses sous-vêtements dans un ordre bien précis...
– Ce démon a-t-il au moins une qualité..?
– Il en a, oui. Il a surtout des valeurs. C'est un enfant abandonné, Monsieur le directeur. Par conséquent, il y a très peu de chance pour qu'il abandonne lui-même quelqu'un ou quelque chose. Son abandon est, en quelque sorte, ce qui fait sa force. Ça le rend persévérant et solidaire. A l'inverse, il a énormément de mal à supporter la trahison. Et, compte tenu de son tempérament, la trahison d'un être, aimé ou non, est susceptible de le faire entrer dans une colère noire. Il a également un certain sens de l'honneur, du devoir et du courage. C'est quelqu'un de très mature et responsable, malgré ses sautes d'humeur et ses difficultés à distinguer le bien du mal. Je n'ai pas fait faire de test intellectuel aux enfants, mais celui-ci est largement dans la moyenne, s'il n'est pas légèrement au dessus. Il est malin, logique, espiègle et très curieux, peut-être un peu trop, malheureusement. Il ne manque pas d'audace, non plus, il semble n'avoir peur de personne.
– Plus globalement, avez-vous trouvé la raison des fugues perpétuelles de ces six enfants, docteur ?
– Je suis psychologue, moi, pas magicienne. Je viens de vous en donner plusieurs, des raisons. Occupez-vous un peu de vos enfants et ils n'auront pas l'envie de fuguer constamment. S'ils s'ennuient, s'ils ne se sentent pas à leur place, alors ils vont voir ailleurs, c'est compréhensible. Ils ont l'air d'avoir un certain but, car ils ne se contentent pas d'errer dans les rues de Gotham, lorsqu'ils s'échappent. Ils cherchent quelque chose, ou quelqu'un, ou les deux. Je ne sais pas, ils n'ont rien voulu me dire à propos de ça.
– Et pour le cas de l'enfant de Ste Ann?
– A surveiller étroitement. Ce n'est qu'un enfant, il n'est pas foncièrement mauvais et ne représente pour l'instant pas de réelle menace. Mais un jour viendra où ce petit garçon deviendra un homme, un adulte. S'il est encadré, et s'il le reste, il ne représentera jamais un réel danger. En revanche, s'il tombe entre de mauvaises mains, il risque de devenir plus problématique dans les années à venir. »




Antécédents et suivi du patient


On frappe à la porte, puis on fait entrer une femme grande et svelte, au visage creusé par le temps et aux vêtements salis par des petites mains grasses d'enfants. L'air sévère, le visage tiré par un chignon, elle s'avance d'un pas assuré vers le bureau du commissariat. Le lieutenant Bill Harmon, assis au bureau, trie ses derniers papiers, lève les yeux vers la vieille femme, l'invite à s’asseoir puis soupire d'un air las.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Bonjour. Je vous en prie, entrez. D'après ce qu'on m'a dit, vous venez faire une déclaration de fugue d'un mineur, c'est ça ? C'est la cinquième fois ce mois-ci, et on n'est qu'à la moitié du mois, il serait peut-être temps de revoir vos mesures de sécurité, vous n'croyez pas ? »
Elle ne répond pas, visiblement agacée par le ton sarcastique qu'il emploie. Sans insister davantage, il saisit un calepin, sort un stylo de la poche de son uniforme et s'apprête à prendre des notes.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Bon. Décrivez-moi ce garnement... »
ᴍᴍᴇ ᴡɪʟᴋɪɴs  – « Nemo de Ste Ann. Ses cheveux sont châtains, ses yeux noisettes. Il est à peu près haut comme ça, et il a la manie de se faufiler dans des petits endroits difficilement accessibles pour les adultes. »
Il esquisse un sourire en coin, étouffe un léger ricanement, à la fois amusé et attendri par cet enfant, ce petit voyou qu'il ne fait qu'imaginer, pour l'instant. Il reprend.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Son âge ? Des signes distinctifs ? »
ᴍᴍᴇ ᴡɪʟᴋɪɴs  – « Pas de signe particulier, à part de nombreuses blessures, ce n'est pas un enfant très délicat, il est totalement inconscient du danger. Son âge exact est inconnu. On l'estime à huit ou neuf ans, mais il raisonne comme un adolescent d'une douzaine d'année, voire plus, parfois. »
Concerné, il fronce les sourcils et hoche légèrement la tête en signe de désapprobation. Le regard dur, il fixe la jeune femme, la glace de ses yeux aux iris grisâtres, et se redresse lentement pour venir s'adosser contre le dossier de sa chaise, les bras croisés contre son torse.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Comment se fait-il que vous ne connaissiez même pas l'âge d'un de vos enfants ? »
Légèrement intimidée, un peu déroutée, elle hésite...
ᴍᴍᴇ ᴡɪʟᴋɪɴs  – « Ce sont des orphelins, Monsieur. Certains, comme lui, n'ont ni nom, ni âge. On doit leur en attribuer un et leur donner un âge approximatif. Il y a environ huit ou neuf ans, un groupe d'adolescents qui visitaient Devil's Square pour se faire peur a trouvé cet enfant, encore nouveau-né, emmailloté dans un couffin, sur le parvis de l'église de Ste Ann -d'où son nom de famille. Nous avons une centaine d'orphelins, ceux qui connaissent leur date de naissance connaissent leur âge, mais nous, nous avons autre chose à faire que compter les années des enfants abandonnés. »
Le visage du lieutenant s'endurcit au fur et à mesure qu'elle parle. En colère, sur les nerfs, il élève la voix, s'indigne devant tant de négligence envers des enfants, des humains, et des adultes en devenir.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Comment voulez-vous que vos mioches ne fuguent pas si vous leur accordez aussi peu d'importance ? On a pas assez de cinglés en liberté comme ça, il faut que vous nous encombriez encore plus avec des futurs petits délinquants qui auront mal grandi à cause d'un personnel d'orphelinat négligeant et incompétent ! »
sɢᴛ s. ᴋᴀɴᴇ  – « Hé, Lieutenant, qu'est-ce qu'il se passe ? Allez vous calmer, je me charge du p'tit, ok ? »
Alerté par le bruit, son collègue intervient, le prend par l'épaule comme on enlace un vieux frère, l'entraînant à l'extérieur afin de prendre l'air et de se calmer, et mettant fin à la discussion par la même occasion.

Le brouhaha de la cantine résonne dans tout l'orphelinat. A l'intérieur, de grosses dames en tabliers servent une nourriture non-identifiée en forme de bouillie comestible dans les assiettes stérilisées d'une petite centaine d'enfants. Les quelques membres du personnel chargés de surveiller la pièce lèvent parfois les yeux vers la pendule, vers un marmot qui râle ou un groupe d'enfants qui se disputent. Ils élèvent un peu la voix, rappelant les enfants à l'ordre, hurlant les noms des quelques têtes turbulentes, puis ils replongent le nez dans leur assiette. D'un geste agacé, l'un des petits pose son plateau sur la table, s'installe devant son amie qui, surprise par la brutalité de son camarade, sursaute. Il lance, la voix pleine de rage.
ɴᴇᴍᴏ – « Si je retrouve l'enfoiré qui a choisi mon prénom, je le bute. J'te jure que j'le bute ! »
Elle le regarde. C'est Nemo. Personne d'autre n'est capable de cumuler autant d'hématomes sur le visage, ici. Mais sa blessure la plus récente est dissimulée sous une compresse, sur l'arcade, elle date de ce matin. La petite devine qu'il s'est encore battu pour une histoire de prénom.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Dis pas ça, il est très joli ton nom... »
Elle pince ses lèvres, un peu moqueuse. Il sait bien qu'elle ne le pense pas vraiment. Irrité, boudeur, mauvais comme la peste, il commence à manger, vexé, sans lui adresser un regard de tout le repas. Finalement, alors qu'il commence à éplucher sa clémentine premier prix, il s'exclame.
ɴᴇᴍᴏ – « T'as jamais eu envie de retrouver tes parents, toi ? »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ils sont morts dans un attentat quand j'avais deux ans. »
ɴᴇᴍᴏ – « Désolé. »
Silence. Il n'ose pas vraiment s'aventurer sur ce terrain-là. Les gosses de l'orphelinat sont fragiles, susceptibles, voire impulsifs, lorsqu'il s'agit de leurs parents. Pas elle, apparemment, puisqu'elle reprend.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ils était salariés dans une petite entreprise, un terroriste a fait exploser une bombe dans les bureaux. Il est en taule, maintenant, je l'ai appris le jour de mon anniversaire. »
Elle esquisse un petit sourire mutin, apparemment satisfaite. Il fond. Elle est craquante, quand elle sourit, avec cet air espiègle, cet air mesquin, satisfaite du malheur d'un autre.
ɴᴇᴍᴏ – « Tu dois être contente. »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « J'ai pleuré de joie, j'espère qu'il va se faire descendre par d'autres détenus, là-bas. »
Il rit brièvement. Un très joli éclat de rire, comme un ange. La tension baisse un peu tandis qu'il se cale contre le dossier de sa chaise, les bras croisés.
ɴᴇᴍᴏ – « T'es dure. »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Tu peux toujours parler, tu prévois de tuer celui qui t'as donné ton prénom pourri ! »
Il rougit, un peu honteux, puis il engloutit les derniers quartiers de sa clémentine trop fade. Une sonnerie retentit, annonçant la reprise des cours. D'un air las, les enfants se dirigent lentement vers la sortie de la cantine afin de regagner leurs salles de cours respectives, dans l'Aile Est.

Nemo de Ste Ann ou « Nameless Boy », Entretien N°1.

Appelé « Nemo » par défaut, le patient n'a pas de réel prénom connu à ce jour. Abandonné par ses parents sur le parvis de la vieille église de Ste Ann -ou ce qu'il en reste-, il a été trouvé par un groupe d'adolescents de quinze ans alors qu'il n'était âgé que de quelques jours.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Bien. Nemo. Entrons dans le vif du sujet. Nous sommes bientôt en Avril et, depuis le début de l'année, tu t'es évadé treize fois de l'orphelinat. Treize fugues, dont cinq qui ont failli te coûter la vie ! Toi et tes petits amis...Hm... Zack Stansfield.. Vance Roosevelt.. Mortimer Avery.. Nelson McLaughlin et... Helena Carpenter, c'est bien ça ? »
Le patient ne semble pas vouloir coopérer. Il se mure dans un silence pesant et refuse tout contact visuel. Il semble attiré par quelque chose, dehors, car il regarde par la fenêtre. Lorsque j'ai fermé les rideaux, il s'est contenté de baisser le regard vers le bureau, sans me regarder. C'est comme si je n'existais pas.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Es-tu conscient que les rues de Gotham ne sont pas sûres pour des enfants comme vous ? Que le personnel de l'orphelinat se fait toujours un sang d'encre pour vous ? Que vous faites perdre du temps à la police qui a déjà tant de travail ? Pourquoi fuguez-vous sans arrêt ? Que trouves-tu de si attrayant dans le fait de se mettre en danger ? »
Il me regarde enfin ! Peut-être bien que celui-ci sera plus facile à interroger que ses petits camarades, espérons au moins qu'il me parlera... Il faut que je persévère.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « N'es-tu pas bien, ici, à l'orphelinat ? Il faut que tu saches que les adultes qui s'occupent de toi ne sont pas là pour te punir sans arrêt, nous pouvons t'aider à surmonter tes angoisses. Notre rôle n'est pas d'entraver ta liberté, mais de te protéger, tu comprends ? »
Je crois que j'ai parlé trop vite. Il me fixe, il semble comprendre et entendre ce que je lui dis, mais il n'a pas l'air enclin à me parler. J'ai bien peur que ses petits copains et lui aient décidé de ne rien révéler à propos de leurs excursions nocturnes à répétition.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Est-ce que tu m'écoutes, Nemo ? »
C'est peine perdue. Comme ses amis avant lui, je n'ai pas entendu la voix de Nemo, aujourd'hui. Ce premier entretien s'est soldé par un échec, mais je ne perds pas espoir.

Paisiblement couchés sur le dos, deux petits fugueurs contemplent avec un certain flegme le ciel marbré de teintes rougeâtres et orangées par le coucher du soleil. Une des rares journées de beau temps s'achève à Gotham, et, déjà, la météo annonce le retour des nuages dès demain. Ce matin, un ciel bleu timidement caché derrière un éternel, mais léger, voile de pollution, avait fait sortir les oisillons de leur nid, et les voilà désormais étendus sur les toits de Gotham, se prélassant tous deux et profitant des derniers rayons d'un soleil qui se fait rare.
ɴᴇᴍᴏ – « Helena ? »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ouais ? »
Elle ouvre péniblement les yeux lorsqu'il prononce son prénom, brisant le silence paisible de sa voix encore fluette, presque chantante. Sa voix d'enfant qui n'a pas encore mué. Il se redresse, semble hésiter, puis il se lance, un peu tremblant.
ɴᴇᴍᴏ – « Tu crois qu'ils sont morts aussi, mes parents ? »
La fillette se redresse à son tour, un peu agacée. Pourquoi faut-il toujours qu'il interrompe des moments aussi doux, aussi sereins, et aussi rare qu'ils en devenaient précieux, avec ses questions morbides et plombantes qui demeurent sans réponse ?
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ben tu sais, c'est difficile d'être positif quand on parle de Gotham City, faut toujours s'attendre au pire dans cet enfer. »
ɴᴇᴍᴏ – « Tu parles bizarrement...t'es toujours super optimiste, d'habitude. »
Il se vexe un peu. Il s'attendait à une réponse plus positive, à un peu de consolation, à une blague réconfortante, venant de cette enfant habituellement si optimiste.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ça fait longtemps que j'espère plus rien de cette ville. Un jour, je partirai loin d'ici... Pourquoi pas à Hawaii ou aux Bahamas ? Après avoir pourri ici pendant tout ce temps, je l'aurai bien mérité, non ? Tu viendras avec moi ? On ira tous les deux ! »
ɴᴇᴍᴏ – « Non. »
Elle s'étrangle, s'étouffe toute seule. Vexée, elle cherche à comprendre pourquoi il ne la suivra pas. Sa voix se brise lorsqu'elle l'interroge.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Quoi ? Pourquoi ? »
ɴᴇᴍᴏ – « J'crois que j'aurai le mal du pays... Ne pas allumer la télé sans tomber sur l'annonce d'un attentat ou d'un cinglé en cavale, ça me manquerait... »
Il rit, se moque un peu d'elle, et elle comprend que leur destin est cellé à jamais dans les entrailles de cette maudite ville. Car il ne la quittera pas, et elle ne l'abandonnera pas ici. Pas tout seul. Ce serait le jeter aux loups. Elle ne laissera pas son ami, son frère, ce jumeau avec qui elle défie les liens du sang. S'il reste, elle restera. Ils mourront là, tous les deux.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « T'as un problème, Nemo, j'te comprends pas... »
Un peu vexée, elle refoule ses larmes en fixant l'horizon, tandis que la nuit engloutit Gotham, plongeant ses habitants dans une obscurité légèrement atténuée par les lampadaires et les néons des quelques magasins encore ouverts. Et le soleil fut.

La lourde porte se referme derrière lui, grinçant en un fracas assourdissant, qui fait trembler les murs et entretient les migraines. Tout est plus calme, plus rassurant, ici, presque reposant. De vieux livres sur les étagères, la douceur de la tapisserie, une odeur de poussière qui accompagne celle du vieux bois usé et celle du papier. L'unique fenêtre laisse difficilement entrer la lumière, seule une faible lueur, presque divine, illumine le crâne dégarni de l'homme d'église assis à son bureau. Un beau et vieux bureau, propre, bien rangé, avec des feuilles et des stylos, ainsi qu'un globe terrestre. La voix grave et rendue rauque par l'âge du pasteur, tonne comme une sentence.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Nemo. Approche. Assieds-toi, mon garçon. »
L'enfant s'exécute, timidement. Il fait doucement glisser ses petits pieds nus sur la moquette tout en froissant nerveusement les pans de sa robe de chambre recousue. Ses yeux sont encore bouffis et son visage rougi par ses larmes. Il s'assoit sans bruit, presque sage.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Tu sais pourquoi tu es là ? »
Affalé sur la chaise, le regard fuyant par la fenêtre, l'enfant secoue la tête en signe de négation. L'homme d'église, devant lui, murmure en un soupir.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Madame Wilkins ne t'a pas expliqué ? »
Second hochement négatif. Tout ce que cette vieille peau sait faire, c'est hurler. L'enfant semble se murer dans un silence boudeur, vexé. Têtu, le pasteur insiste, réitère sa question, espérant entendre, cette fois, la voix fluette du garçon. En vain. Il continue.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Rappelle-moi ce que tu as fait, à l'heure du déjeuner ? »
ɴᴇᴍᴏ – « J'ai jeté mon bol de soupe sur une fille. »
L'homme d'église se redresse sur son bureau, attentif. L'enfant se décide enfin à parler, de sa voix boudeuse, pleine d'insolence, de colère et de cette rancœur qui pince un peu lorsque l'on se fait injustement sermonner. Comme pour souligner la gratuité de son acte, l'homme ponctue la phrase de l'enfant.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Ton bol de soupe, brûlant. »
ɴᴇᴍᴏ – « Et même pas bon ! »
Il élève un peu la voix, agacé, et l'on peut voir une colère noire pétiller au fond de ses pupilles dilatées par les pleurs et l'énervement. Son visage esquisse un faible rictus, un tic nerveux, qui disparaît aussitôt. Mains croisées sur le bureau, l'homme d'église conserve un calme olympien devant la petite boule de nerfs qui se tient là, devant ses yeux, assise sur la chaise, prête à bondir.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Nemo... Elle a été brûlée. T'es-tu excusé ? »
Il ne répond pas. Bien sur que non, il ne s'est pas excusé. Et puis quoi encore ?
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Bien. Rappelle-moi, Nemo, de quelle façon tu as réagi lorsque Charlie s'est approché de toi afin de défendre sa jeune sœur ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Je l'ai... »
Il baragouine un mot de plus, incompréhensible, qu'il mâche à moitié. Le pasteur le fixe de ses yeux bleus glacés, à travers ses petites lunettes rondes. Des yeux que l'enfant ose à peine affronter.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Pardon ? Je n'ai pas très bien entendu... »
Le petit se lève, nerveux, tremblant, comme une bombe à retardement, il bouscule la chaise sur laquelle il s'était assis, éclate violemment son genoux gauche contre le bureau, à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la vue de son propre sang l'interrompe. Il hurle.
ɴᴇᴍᴏ – « Mordu ! Je l'ai mordu ! »
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Nemo. »
ɴᴇᴍᴏ – « Il méritait que je le morde plus fort, ce salaud ! »
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Nemo... »
ɴᴇᴍᴏ – « Un jour, j'le tuerai, j'vous le jure ! »
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Ne jure pas, Nemo. Écoute-moi. »
La pression redescend soudainement. L'homme d'église n'a pas bougé, n'a pas cillé, devant ce petit tas de dynamite vivant qui vient d'exploser sous ses yeux, qui vient d'envoyer voler une chaise et d'éclater son genoux ensanglanté contre un bureau qui n'a rien demandé à personne. Et, devant tant de passivité, l'ange désespéré s'effondre en larmes.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Ce sont les chiens qui mordent, Nemo. Est-ce que tu es un chien ? »
Entre deux sanglots, il hoche négativement la tête.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Et, dis moi... Est-ce que tu voudrais que l'on te considère comme un chien ? »
Du revers de sa manche, il essuie les larmes interminables qui coulent sur ses jouent et inondent sa robe de chambre. Il hoche la tête en signe de négation.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Alors conduis-toi en être humain, Nemo. Mieux encore, conduis-toi en homme. Crois-tu qu'un véritable homme brutalise les jeunes filles ? »
Une vive lueur de défi embrase les yeux du petit.
ɴᴇᴍᴏ – « Ils ne pleurent pas non plus, les hommes. »
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Si, ils pleurent, mais pas pour des raisons aussi stupides que la tienne. N'as-tu rien d'autre à dire, Nemo ? »
ɴᴇᴍᴏ – « C'est eux qui ont commencé. »
Le pasteur soupire devant le garçon têtu qui se remet à sangloter.
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Non, j'attendais autre chose. »
ɴᴇᴍᴏ – « Je vous demande pardon, mon père. »
ᴘᴇʀᴇ ғʟᴀᴠɪᴜs  – « Tu es un brave petit. Maintenant vas-t-en, j'ai d'autres choses à faire. »
D'un pas encore tremblant de nervosité, boitillant, il se dirige vers la grande porte trop lourde pour lui, se hisse sur la pointe des pieds et l'ouvre avec peine, de ses petites mains fragiles. De l'autre côté, dans le couloir, c'est un des surveillants qui réceptionne le petit ange et tente de consoler l'inconsolable.

La nuit vient de s'abattre sur Gotham City, faisant sortir la canaille de leurs cachettes. Et les affaires plus ou moins légales reprennent leur court là où elles s'étaient arrêtées la nuit dernière. Les ordures en costard empochent leurs billets verts, les petits voyous ruminent leurs idées noires et les fous mettent en place les stratégies de leurs cerveaux malades. La routine. Une voix rauque s'élève d'un bâtiment douteux.
ʙᴏss ᴍᴀғɪᴇᴜx  – « Comment ça : "Des morveux sont entrés ici" ? C'est une blague ? »
Il crache la fumée de son cigare sur le visage de son sbire le plus loyal, le foudroie de ses yeux dissimulés sous des lunettes de soleil hors de prix, l'attrape par le cou et le serre, de plus en plus fort, jusqu'à faire rougir son visage. Le jeune homme étouffe, suffoque, articule péniblement.
ʙʀᴀs ᴅʀᴏɪᴛ – « Je ne sais pas encore comment ils ont réussi à entrer, chef, mais ils l'ont fait... Une bande de cinq ou six gosses, tous entre huit et quatorze ans, j'dirais. Ils portaient l'uniforme de l'orphelinat. »
ʙᴏss ᴍᴀғɪᴇᴜx  – « Comme si on avait pas assez des tarés d'Arkham dans les pattes, il faut que l'orphelinat aussi sème ses gosses partout... Qu'est-ce que vous attendez ? Vous laissez pas attendrir, tuez-les ! »
Ils empoignent leurs armes mais hésitent. L'idée de tirer sur des enfants, d'ôter des vies naissantes les rebute un peu. Mais c'est la loi de la jungle, ici, le plus fort est roi. Tandis que des hommes s'affolent, les petits, perchés dans les conduits d'aération, cherchent un moyen de naviguer plus facilement au sein du bâtiment.
ɴᴇᴍᴏ – « Zack ! Zack, hé, Zack ! J'crois qu'on est dans la merde ! »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Mais non, t'inquiète, je gère ! »
ɴᴇᴍᴏ – « C'est justement ça qui m'inquiète... »
Le prénommé Zack passe une main dans ses cheveux décolorés, scrute attentivement le couloir et repousse légèrement le plus jeune du groupe qui, coléreux, commence à remuer. Finalement, son âme de leader commence à donner les directives.
ᴢᴀᴄᴋ  – « Bon. Nelson et Helena montent la garde. Nemo, rends-toi utile au lieu de te plaindre, essaie d'attirer l'attention des deux Terminators, là-bas, pour que Vance et Mortimer puissent passer sans problèmes. »
Le petit s'étrangle, baisse les yeux vers les deux tas de muscles qui montent la garde devant la porte pour être sûr d'avoir bien compris, puis articule péniblement d'une petite voix étouffée.
ɴᴇᴍᴏ – « Si j'ai bien compris, tu me demandes de faire l'appât ? »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Ouais. »
ɴᴇᴍᴏ – « T'es au courant que ces mecs font le tour de ma taille avec une seule main ? »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Et alors ? T'es plus intelligent et tu cours plus vite. Regarde, ils ont tellement de muscles qu'ils ont du mal à se déplacer. »
Un frisson parcourt soudain le dos du plus jeune lorsqu'il pose une fois encore les yeux sur la musculature surdéveloppée des deux colosses.
ɴᴇᴍᴏ – « Peut-être mais ils font un pas quand j'en fais vingt, et si par malheur ils arrivent à me coincer, ma tête ils en font du smoothie rien qu'avec leur pouce et leur index ! »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Oh, tu vas pas me dire que t'as peur ? Aller, passe-leur le bonjour de ma part ! »
Sans même le laisser riposter, l'aîné du groupe pousse le petit de leur perchoir, siffle afin d'attirer les mastodontes, et regarde son ami prendre ses jambes à son cou, les deux gardes à ses trousses.

Ses yeux s'ouvrent péniblement tandis qu'il reprend soudainement son souffle et se met à tousser. L'eau glacée qu'on vient de lui lancer au visage a trempé ses cheveux et ses habits, mais commence à le faire revenir à lui. Il ne se souvient pas très bien de ce qui lui est arrivé, juste d'un violent coup au visage et du néant total. Un arrière-goût de fer dans la bouche le fit grimacer. Il se rendit compte que ses mains et ses pieds avaient été liés lorsqu'il tenta d'essuyer le sang qui coulait de son nez endoloris. Allongé à plat dos sur le sol, il avait un mal fou à bouger la tête sans qu'un horrible mal de crâne ne l'en dissuade.
ʙᴏss ᴍᴀғɪᴇᴜx  – « Bon. Dis-moi, bonhomme, depuis combien de temps vous traînez dans les parages, tes petits amis et toi ? »
Sa vue brouillée commence à se faire de plus en plus nette, ses cinq sens reviennent peu à peu, la douleur également. Il distingue, autours de lui, des types armés jusqu'aux dents, les deux boules de muscles qui s'en sont pris à lui, et un homme, plutôt grand, la quarantaine, en costard-cravate, un cigare coincé entre les lèvres, penché au-dessus de lui, le surplombant avec prestance.
ɴᴇᴍᴏ – « Ça dépend, en comptant les heures que j'ai passé ligoté ici ? »
Un violent coup de pied dans les côtes lui fait ravaler son insolence. L'enfant se remet à tousser mais ne semble pas réellement intimidé par son entourage. Ses yeux pétillants de colère traduisent une certaine provocation. L'homme au cigare l'empoigne par le col et approche son visage du sien, crachant sa fumée comme une vieille locomotive.
ʙᴏss ᴍᴀғɪᴇᴜx  – « Qu'est-ce que tu sais ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Assez de trucs pour vous mettre dans une sacrée merde. »
La tension monte. Les mains agrippées à son col se resserrent, commencent peu à peu à comprimer son cou, tandis que les hommes autours d'eux braquent leurs armes sur le rejeton. Asphyxié par les mains qui oppressent son cou et par la fumée crachée sur son visage, l'enfant a de plus en plus de mal à reprendre son souffle, et commence à sentir sa tête tourner à nouveau.
ʙᴏss ᴍᴀғɪᴇᴜx  – « Tu sais ce qu'on fait aux gamins trop curieux ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Quelque chose me dit que je vais pas tarder à le savoir... »
L'homme le lâche soudainement lorsque des coups de feu se mettent à retentir dans la pièce. Encore affaibli par le choc précedent, l'enfant perd connaissance lorsque, dans sa chute, son crâne heurte violemment le sol.

sʙɪʀᴇ – « John...hé, John ! Ramène-toi ! Le gosse revient à lui... »
Doucement, le petit ouvre les yeux, porte une main à son front, en visière, afin de s'adapter peu à peu à la lumière aveuglante de la pièce. Lentement, il décolle sa joue ensanglantée du carrelage glacé, puis se redresse péniblement, salement amoché. Il met un peu de temps avant de reprendre ses esprits, puis se rend compte qu'il a été amené autre part, que ses mains et ses pieds ont été déliés, qu'il a terriblement froid, et que deux hommes sont à côté de lui.
sʙɪʀᴇ – « Qu'est-ce que t'attends ? Fais-lui cracher l'morceau ! »
L'un des deux, le plus grand et, accessoirement, le plus costaud, l'attrape par les épaules, le relève et le plaque contre le mur non sans une certaine brutalité.
sʙɪʀᴇ – « Hé, gamin, dis-nous tout c'que t'as appris, là-bas ! »
ɴᴇᴍᴏ – « Hé ! Si j'vous l'dis, ils vont me buter ! »
Le petit se débat légèrement, tentant de regagner le sol comme il peut, mais les mains sur ses épaules resserrent leur étreinte. L'une d'entre elle sort doucement un petit couteau de sa manche et se met à menacer dangereusement son cou.
sʙɪʀᴇ – « Si tu préfères crever maintenant, p'tit, c'est ton choix... »
L'autre homme, moins bestial, plus frêle et visiblement plus malin, se précipite sur son acolyte et l'arrête en posant sa main sur l'épaule de la brute.
sʙɪʀᴇ – « Du calme, Karl ! Si tu l'égorge maintenant, le chef aura pas ses infos et il va pas être content. Laisse-moi faire, j'ai trois p'tits frères, je sais comment m'y prendre avec les gos-... »
Un vacarme assourdissant retentit dans la pièce. Quelque chose semble avoir explosé à quelques mètres d'eux, les sirènes des voitures de police résonnent, à l'extérieur, et une sorte de fumée commence à se répandre à l'intérieur de la pièce. Profitant de la situation, l'enfant parvient à se défaire de l'emprise de son bourreau et se précipite hors de la pièce, sans réellement savoir où aller. Les poumons gênés par la fumée, il regarde à peine où il met les pieds, descend les premiers escaliers, emprunte n'importe quelles portes. A bout de souffle, il parvient finalement à tomber dans les bras d'un des policiers qui avaient commencé à s’immiscer à l'intérieur du bâtiment.

Nemo de Ste Ann ou « Nameless Boy », Entretien N°4.

Au moins, nous avons pu avancer un peu, depuis la toute première visite. Depuis deux entretiens, Nemo accepte de me parler. Il a une très jolie voix, d'ailleurs, c'est un véritable amour. Néanmoins, je n'arrive toujours pas à déterminer où est le problème, pourquoi ces enfants ont-ils cette manie de fuguer ? Qu'est-ce qui pourrait pousser de si jeunes adolescents à vouloir constamment braver les interdits, à aller au devant du danger et à tromper la mort ?
ɴᴇᴍᴏ – « Et donc, vous travaillez aussi à l'asile d'Arkham ? Vous interrogez des vrais fous criminels et tout ? »
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Je suis psychologue, moi, mon petit, pas psychiatre. C'est différent. Je ne m'occupe pas des cas extrêmes, juste des personnes un peu perdues qui, comme toi, ont besoin de quelques mots pour les remettre dans le droit chemin, tu comprends ? J'évite de croiser les grands malades... »
ɴᴇᴍᴏ – « Oh... Vous devez pas avoir beaucoup de travail, alors. A Gotham, y'a que des cas extrêmes. Mais genre... Vraiment très, très extrêmes... »
Je viens de me rendre compte que je ne connais quasiment rien de lui. En quatre séances, je n'ai pu relever que son tempérament coléreux déjà connu de tous, une capacité d'adaptation inhabituelle et une certaine malice. On m'a aussi dit que c'est un fin manipulateur...je commence à comprendre pourquoi. Il ne répond jamais aux questions.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Assez parlé de moi, parlons plutôt de toi, d'accord ? Dis-moi, par exemple, quelle est la matière que tu préfères à l'école, ta couleur préférée ou tes passes-temps favoris ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Vous savez, je commence à penser que votre sœur vous en veut. Elle doit être jalouse à propos de ce que vous m'avez dit, la dernière fois... »
Je crois bien qu'il en sait plus sur moi que je n'en sais sur lui. C'est un bon garçon, mais je n'avance pas avec lui...pas plus qu'avec tous les autres, d'ailleurs. Ils ont vraiment l'air décidés à ne rien me dire.
ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Oh, Nemo... »

ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Où tu vas comme ça ? C'est plutôt calme, cette nuit, non ? »
sɢᴛ s. ᴋᴀɴᴇ  – « Ouais, ben ça risque de pas le rester très longtemps. J'ai reçu un coup de fil, un môme de l'orphelinat est encore parti. Si on le laisse dehors trop longtemps, des mecs risquent de le trouver, ça va semer la pagaille et on le ramassera en miettes, comme la dernière fois... »
Harmon soupire, puis se lève de son bureau et commence à enfiler son manteau par dessus son uniforme. Pour une fois que les malfrats étaient plus sages qu'à l'accoutumée, et que le commissariat bénéficiait d'une nuit de calme qui se faisaient, à Gotham, si rares et si précieuses, il fallait qu'un enfant risque de tout perturber.  
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Si tu veux pas avoir droit à des cris et des larmes, laisse-moi y aller... »

Il boude. Comme l'enfant qu'il est, il n'a parlé à personne depuis sa dernière fugue. Il a eu mal, il a eu peur, ce n'est pas la première fois qu'il souffre de ses blessures, qu'il est terrorisé. Mais c'est la première fois que ses amis l'abandonnent. Ils étaient tous rentrés dans un sale état, mais il était celui qui était rentré le plus tard et le plus amoché. Ils avaient appelé les secours, prévenu l'orphelinat, ils avaient eu peur et pleuré pour lui. Mais ils l'avaient laissé. Et, à ses yeux, c'était impardonnable. La nuit noire est tombée sur Gotham. Une nuit sans étoiles. Perché sur les toits de la ville, le petit ange gamberge, seul, les yeux rivés sur la vie nocturne de Gotham, en bas, moins agitée mais tout aussi intéressante, si ce n'est plus, que la vie diurne. Un bruit, derrière lui, le fait sursauter.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Dis-donc, toi ! Qu'est-ce que tu fais sur les toits ? Il fait nuit, tu devrais pas plutôt être gentiment dans les dortoirs de l'orphelinat ? »
Le lieutenant Bill Harmon se tient derrière lui. Bien qu'il soit l'un des flics les plus concernés par le sort des enfants de l'orphelinat -peut-être est-ce parce qu'il en était un-, Nemo reste sur la défensive, prêt à se débattre, malgré son plâtre, pour ne pas rentrer.
ɴᴇᴍᴏ – « J'rentrerai pas à l'orphelinat ! Vous pouvez m'trainer, me frapper ou m'tuer si vous voulez, j'rentrerai pas ! J'rentrerai jamais ! »
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Du calme, boule de nerfs, j'viens pas pour toi. »
L'enfant se calme aussitôt, intrigué.
ɴᴇᴍᴏ – « T'es là pour quoi alors ? »
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Ça t'regarde pas, t'es trop p'tit. »
Il se vexe un peu, puis il marmonne, étrangement calme.
ɴᴇᴍᴏ – « N'importe quoi, j'suis grand. »
Un silence commence doucement à s'installer entre le flic et l'orphelin. Assis côte à côte, devant les buildings, surplombant la ville du haut de leur perchoir. Prudent, le lieutenant garde ses distances par rapport à son petit prince. Il tente une approche, en se mettant dans la peau de l'enfant, en se rappelant l'orphelin qu'il était il y a quelques années. Un seul faux pas, et l'ange s'envole, comme un petit animal apeuré, seul et incompris aux yeux des adultes. Pour apprivoiser un enfant, il faut penser comme lui.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Quand j'avais ton âge, j'avais une amie... Et on allait toujours voir le coucher du soleil à la même heure. Et puis un jour, Maman a fait de la mousse au chocolat, et j'ai pas été au coucher du soleil. »
ɴᴇᴍᴏ – « Et alors ? »
Suspendu à ses lèvres, le petit semble réceptif, il retient son souffle pour entendre la fin de l'histoire.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Et alors elle est plus jamais revenue, et Maman m'a plus jamais fait de mousse au chocolat. Elle a eu le cancer du poumon. C'est quand on croit pouvoir tout avoir qu'on perd tout ce qu'on a déjà. »
ɴᴇᴍᴏ – « Qu'est-ce que ça veut dire ? »
Un peu sceptique, l'enfant esquisse une petite moue.
ʟᴛ ʙ. ʜᴀʀᴍᴏɴ  – « Ça veut dire qu'il faut jamais arriver en retard quand t'as rendez-vous avec le soleil. Et encore moins quand t'as rendez-vous avec une fille que t'aimes vraiment. »
Un nouveau silence s'installe, durant quelques minutes. Tous deux perdus dans leurs pensées, ils se contentent de savourer ce vent frais qui souffle dans leurs cheveux, caresse leurs joues et continue sa course. Finalement, l'enfant balbutie, d'une toute petite voix.
ɴᴇᴍᴏ – « Bill ? Bill, j'crois que j'dois y aller... Y'a quelqu'un qui m'attend... Plusieurs personnes, même. Et puis, j'ai pas bien compris ton truc, là, mais si je les laisse tous seuls, ils vont avoir le cancer du poumon... Et c'est pas cool. »
Il se lève, se retourne, et disparaît.

ᴢᴀᴄᴋ  – « Hé l'nabot ! Ça fait plaisir de voir qu'ils t'ont pas bouffé, l'autre jour ! Tu vas bien à part...ça ? »
D'un petit mouvement du menton, la masse qui vient de s'abattre sur lui, entourant ses épaules meurtries de ses bras d'adolescent, désigne le plâtre qui orne son bras droit. Malgré cet air confiant et sûr de lui que ce garnement arbore continuellement, on peut sentir un soupçon de culpabilité dans sa voix.
ɴᴇᴍᴏ – « Va chier. »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Oh aller ! Sans rancune, hein ? Comment j'aurai pu savoir que ça aurait été jusque là, mh ? Je plaisante mais j'ai eu peur pour toi ! »
Le regard noir que l'enfant lançait au plus vieux s'adoucit légèrement.
ɴᴇᴍᴏ – « C'est vrai ? »
ᴢᴀᴄᴋ  – « Ben ouais, t'es plutôt résistant comme appât, ç'aurait été con de te perdre, il aurait fallut trouver quelqu'un d'autre... »
ɴᴇᴍᴏ – « ...Saloperie. »
L'aîné éclate de rire devant ce manque cruel d'humour dont fait preuve le plus jeune -ou peut-être est-ce juste de la rancune. Puis, prenant un air plus calme, plus doux, il continue.
ᴢᴀᴄᴋ  – « Tu veux qu'j'te dise un truc ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Non, évite. »
Malgré ce refus, l'adolescent se penche à l'oreille du plus jeune pour lui souffler, un air espiègle collé au visage.
ᴢᴀᴄᴋ  – « T'as été génial, contre ces abrutis. »

Il couine, rumine et grogne, puis il se met à gémir et à feindre des pleurnicheries d'enfant, mais rien, personne ne daigne l'écouter, personne ne prête attention à ses plaintes. Il tente de tirer sur la cravate nouée à son cou, essaie d'élargir le plus possible le col et les bras de sa chemise, et tente, en vain, de se débarrasser de son chapeau trop étouffant. Il tape des pieds avec ses chaussures à petits talons, vernies et brillantes, presque neuves. Il frotte ses chevilles l'une contre l'autre, incommodé par ses chaussettes hautes. Seul son joli petit short de cérémonie, qui lui arrive un peu au dessus des genoux, le gêne moins. Il râle.
ɴᴇᴍᴏ – « Pourquoi on doit toujours aller à la messe ? C'est ennuyant... »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ben parce qu'on est dans un orphelinat religieux, t'es couillon ou bien.. ? »
Le garçon pose à peine les yeux vers son amie et continue inlassablement son cinéma.
ɴᴇᴍᴏ – « Je sens plus mes pieds... Ma cravate est trop serrée... Et j'en ai marre de ces chaussures ! »
ʜᴇʟᴇɴᴀ – « Si t'en portais plus souvent, elles finiraient par ne plus te gêner... »
L'enfant de Ste Ann enfouit ses mains dans ses poches et se met à bouder.
ɴᴇᴍᴏ – « Je vois pas l'utilité d'aller à l'église... »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « On est Dimanche. C'est le jour de Dieu. »
Il étouffe un éclat de rire moqueur, cynique, puis lève les yeux au ciel. Il sait très bien qu'elle n'y croit pas vraiment. La fillette baisse les yeux vers ses petites chaussures vernies, agacée par le cynisme de son ami. Cet air moqueur et défaitiste qu'il prend sans même s'en rendre compte, comme pour lui-même, l'irrite, mais elle sait qu'il a raison. Et elle ne peut se mentir : elle est de son avis. Prier les dieux du monde n'est qu'une tragique ironie lorsqu'on habite à Gotham.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Mais tu sais, si ça peut te réconforter, il y a longtemps que je prie plus la bonne étoile, moi non plus... »
Ils s'échangent un sourire, puis une brute épaisse s'approche en hurlant, son insupportable voix résonne dans les oreilles. Sans aucune délicatesse, il frappe l'enfant en guise de salutation.
ᴍᴏʀᴛɪᴍᴇʀ  – « Hé, p'tit enculé, t'as pas vu l'autre bouffon et sa grognasse ? »
Drôle de manière de dire "Bonjour, mon cher ami, sais-tu où sont Zack et Vance ?" Mortimer et la délicatesse ne se sont jamais réellement bien entendus.
ɴᴇᴍᴏ – « Il est malade à ce qu'il paraît... Moi j'pense que soit il voulait pas aller à l'église, soit il prépare un truc. A l'heure qu'il est, il doit déjà être en train de cavaler dans Gotham, avec Vance... »
Il scrute les environs. Le reste du groupe a une longueur d'avance sur eux, ils s'éloignent de plus en plus, tandis qu'eux sont à la traîne. Soudainement, Nemo s'arrête, déboutonne sa chemise non sans maladresse, jette sa cravate et son chapeau dans le buisson le plus proche, puis se déchausse.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Nemo, qu'est-ce que tu fais ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Je vais les rejoindre ! »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Tu devrais pas t'attirer plus d'ennuis...hé ! Attends-moi ! »
Voyant son ami se mettre à courir dans la direction inverse, la fillette ôte son chapeau à son tour et se lance à sa poursuite.
ᴍᴏʀᴛɪᴍᴇʀ  – « Attendez-nous, bande de salauds ! »
Et les oisillons s'échappèrent encore une fois...

Doucement, il se remet de ses émotions, confortablement installé dans son lit d'infirmerie. Tout est blanc, les murs, les draps, les meubles. Seuls quelques dessins offerts par les autres enfants de l'orphelinat, égayent les murs de leurs couleurs vives. Sur les meubles, des vœux de rétablissement attendent patiemment d'être ouverts et des fleurs commencent petit à petit à se faner. Bientôt, elles seront remplacées par de nouvelles, qui faneront et seront remplacée à leur tour, et ce, jusqu'à ce qu'il sorte de l'infirmerie. Il ne devrait plus en avoir pour très longtemps. Il a toujours été rapide pour se remettre de ses blessures. On frappe à la porte, puis on fait entrer une petite brune, dans son pull rose trop grand, qui se dirige jusqu'au lit. Helena.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Euh...ça va ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Mh. »
Pas très convaincant. Elle lui tend une tasse. Une jolie tasse bleue avec de petits et mignons lapins blancs dessinés dessus, comme tous les autres garçons de l'orphelinat. Les filles ont des tasses roses.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Tiens, un chocolat chaud, ça va te remonter le moral. »
Il la prend entre ses mains puis attend qu'elle refroidisse un peu pour la boire. Ses bras et ses jambes sont encore un peu engourdis par les coups. Ses lèvres sont éclatées d'ecchymoses, un énorme bleu orne sa pommette droite et une compresse ensanglantée cache son arcade gauche. Dans sa bouche, le goût de la bile et du sang persiste, ainsi que cet arrière-goût amer lorsqu'il a rendu son déjeuner sur le parquet du couloir.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Il reste muet, puis prend une gorgée de son chocolat chaud, le regard dans le vide. Encore un peu sonné, légèrement shooté par les antibiotiques, il semble un peu perdu dans ses pensées. Comme en plein conflit intérieur.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Ils vont finir par t'envoyer pourrir à Arkham, si tu continues. Il doit bien y avoir un secteur de psychiatrie juvénile, dans c't'enfer... »
Finalement, il la regarde, un petit sourire en coin au bord des lèvres.
ɴᴇᴍᴏ – « Où est-ce que tu crois qu'ils vont t'envoyer si tu continues de raconter des bobards à tout le monde ? Ils te prennent déjà pour une cinglée. »
Elle semble un peu vexée, puis s'assoit sur le lit.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Moi j'ai jamais crevé l'œil de personne. Son œil gauche ne verra plus jamais ! »
ɴᴇᴍᴏ – « Et j'ai eu un traumatisme crânien, on est quittes. »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Pas vraiment, non. Tu guéris. Lui, il est borgne pour toute sa vie... »
ɴᴇᴍᴏ – « Et alors ? J'y peux rien, moi, s'il est venu s'empaler sur ma fourchette... »
Mauvaise foi quand tu nous tiens. Il se recroqueville, rabat ses jambes meurtries contre son ventre, puis les entoure de ses petits bras. Les quelques tâches de sang sur sa robe de nuit blanche lui rappellent la bagarre d'hier.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Pourquoi vous vous êtes battus ? »
ɴᴇᴍᴏ – « Parce qu'il est con. »
C'est simple, bref, mais très peu objectif. La petite fille lève les yeux au ciel, exaspérée, puis soupire. Elle reprend la tasse vide des mains de son ami et se lève.
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Si tu devais crever les yeux à tous les cons du monde, t'aurais pas fini, mon pauvre... »
Lentement, elle se dirige vers la porte.
ɴᴇᴍᴏ – « Où tu vas ? »
ʜᴇʟᴇɴᴀ  – « Te chercher un mouchoir, ton nez recommence à saigner. »
Lorsqu'elle referme la porte, elle le laisse seul avec sa conscience et sa culpabilité.

Nemo de Ste Ann ou « Nameless Boy », Entretien N°9.

ᴅʀ. ʜᴀʀʀɪᴇs  – « Nemo, c'est notre avant-dernier entretien. Le prochain sera un bilan de tout ce dont on a pu parler et, sincèrement, vous six ne m'avez pas donné grand chose à dire... »
Zack répondait à mes questions en enchaînant sarcasmes et plaisanteries, Vance ne répondait qu'à mes questions fermées -et encore-, Mortimer a passé des heures à demander un avocat et à me hurler des insultes, Nelson est resté muet, Helena n'a pas arrêté de me raconter des histoires abracadabrantes en sautillant sur sa chaise et Nemo connait plus de choses sur moi que je n'en connais sur lui. Aucun d'entre eux n'a prit ces visites au sérieux.
ɴᴇᴍᴏ – « C'était le but. »
Au moins, il est franc.
ɴᴇᴍᴏ – « J'ai cru que Mortimer allait tout vous avouer. On dirait pas comme ça, mais c'est un gars de confiance, en fait. »
Je ne sais plus quoi lui répondre, ils me désespèrent. Tous. Jamais je n'aurais cru que des enfants pouvaient être aussi coriaces et, surtout, aussi soudés. La chose la plus intéressante que j'ai pu noter sur Nemo, c'est qu'il est bourré de tics et de manies. Je n'ai jamais vu un enfant aussi nerveux.
ɴᴇᴍᴏ – « Vous savez, Madame, on ne trahit pas ses amis. Même s'ils n'hésitent pas à vous jeter dans une pièce gardée par des espèces de titans. »
Je n'ose même plus lui demander de quoi il parle, cette fois-ci...




Behind the screen
Information(s) importante(s) : Étant loin d'être incollable concernant le Batverse, j'ai préféré jouer un personnage inventé. Mais comme je le dis, même si j'ai dévoré la série animée de 92 en...quelques jours et lu quatre malheureux bouquins, je risque de faire des broutilles alors n'hésitez pas à me reprendre, surtout concernant l'orphelinat Robinson -jamais entendu parler. x)
Un surnom ? Aucun en particulier.
Nom de l’avatar : OC de Chencoilufi.
Lien éventuel avec un joueur déjà présent : Aucun.
Disponibilité pour poster ? Tous les soirs, mais surtout les w-e. Quasiment tous les jours durant les vacances scolaires.
Comment as-tu connu le forum ? Sincèrement ? Aucune idée. Pur hasard, je crois. x)
Avez-vous besoin d'un Parrain pour vous aider ? Je dis pas non à un coup de main de temps en temps, mais ça ira, merci. ♥

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Dernière édition par Nemo de Ste Ann le Mar 4 Aoû - 10:37, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 9:16

Bienvenue à toi dans ma ville.
Je pense que Joker et les autres se feront une joie de t'accorder leur aide, et leur expérience dans le domaine de Batman.
Si je peux te conseiller une marraine, Klara Sovaris serait mon choix :)
Cordialement, p'tit gars. Et bonne chance pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 10:25

Bienvenue à toi à l'asile de Fous !
Si tu as besoin de la moindre aide, n'hésite pas à nous MP. On mord pas, enfin, pas quand on est sous médicaments.
Bonne chance pour ta fiche ! Pour les Parrains / Marraines, hésite pas à aller voir ici :)
http://batmanlegacy.forumactif.org/t1290-parrainage-des-nouveaux

Cordialement, Monsieur J.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 10:40

Merci, vous deux ♥
Je ne pense pas avoir besoin de parrain ou de marraine. En revanche, je viendrai t'embêter par Mp si j'ai des doutes ou des questions, mais ça devrait plutôt bien se passer, je pense. x)
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 10:43

Bienvenue dans cette ville fantastique. Bientôt, elle sera libérée.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 11:09

Bienvenue Nemo !


Youpi youpi un gosse à martiriser !  Tu vas me filer ton pain au chocolat !

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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 11:47

Bienvenue à Gotham City Nemo !
Bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 11:52

Bienvenue dans ma ville, p'tit gars.
Tant que tu finis pas à Blackgate, tout ira bien.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 13:18

Bienvenue à toi Nemo !
Bon courage pour ta fiche Hap
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 14:15

°Tacle-hug le petit pitchoune en lui offrant une montagne de cookies°

Ouai... Je sais, j'ai dis que je faisais une pause mais heu.... UN CH'TI N'ENFANT COMME MON ZACKOUNET BEBE PNJ (Que-j'ai-renoncé-à-faire-jouer-depuis-le-dernier-désistement) !! °0° J'étais donc genre "obligée" de venir te saluer quoi. Tout à été dit, alors du coup, je te souhaite bon courage pour ta fiche jeune padawan.

°regarde d'un œil inquisiteur les gens qui l'ont vue gagatiser° ... No comment... ! :suspect:

EDIT: Hanw, j'avais pas vu, merci mon Batounet pour la recommandation ^^"
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Lun 3 Aoû - 23:40

Bienvenue :D
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 5:32

Bienvenue Nemo.
Un enfant perdu dans notre ville remplie d'adulte fou à lié.
C'est une idée originale. Les enfants sont hélas négligés, dans notre bonne vielle ville.

La référence de 92 est plus que suffisant pour cerner l'univers. x)
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu le comics, pour cerner Gotham City.
Même la référence de 66 est largement suffisante ! Quoiqu'il en soit, bonne chance petit bonhomme.

Si tu as des questions, nous sommes à votre service.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 9:29

Strange » Avec de la patience et du courage, on y croit, on y croit. Merci x)
Klarion » J'veux bien me faire racketter ce que tu veux mais on plaisante pas avec les pains au chocolat, c'est sacré. Merci ♥
Klara » Awh, si j'avais su... Merci *hug* ♥

Et merci à vous tous pour votre accueil, z'êtes trop choupis ♥
Fiche terminée. C'est affreusement long, désolée. Et encore, la limite de caractères autorisés m'a obligé de raccourcir certains passages et d'en supprimer d'autres. C'est un peu fouillis, aussi, et pas super précis, je m'en excuse... En espérant que ça aille et que ça plaise quand même. Bonne lecture ! x)
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 10:13

Bienvenue à Univers Batman :)
Sauras-tu trouver les bons indices ? ;)
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 11:27

Impressionnante Présentation.
Je donne mon +1
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 12:41

Bonjour, petit bout de chou !
Tout d'abord, sois le bienvenu au forum~ Tu as un personnage très intéressant, gg ! Si tu as besoin d'une maman, j'suis là :B J'ai des cookies, des gros boobs animaux et plein de calins à t'offrir.
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   Mar 4 Aoû - 12:52

Méga long... :scratch:
Tu as mon +1
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MessageSujet: Re: NEMO Δ hush, child, the darkness will rise from the deep and carry you down into sleep. »   

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