Batman Legacy


 
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 A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]

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MessageSujet: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Lun 16 Mar - 0:25

Burley était l'un des quartiers les mieux surveillés de la ville ; tu savais qu'il était truffé de caméras de surveillance et tu ne connaissais la localisation que d'une petite poignée. D'habitude, tu n'étais pas du genre à venir dans la zone, hormis pour acheter quelques friandises d'urgence à l'épicerie du coin ou pour voir ton cousin – tu le rencontrais dans une petite pâtisserie à l'ancienne faisant office de salon de thé ; elle était non loin de l'hôpital. Toutefois, depuis environ deux semaines, tu venais rendre visite à certains patients se trouvant dans l’aile psychiatrique qui hébergeait aussi les malades en phase terminale, séparant les deux zones par une double porte.

Pourquoi faisais-tu cela ?
En échange d'un peu de compagnie jusqu'à des heures très tardives, certains te donnaient un peu de leur sang et, puisque l’euthanasie était interdite, certains patients alités devaient patienter jusqu'à ce que la Mort voudrait bien les emporter, souffrant toujours plus. Tu trouvais que c'était inhumain, d'autant plus que la plupart n'avaient pas de famille ou s'entendaient très mal avec eux ou, bien, dans le cas contraire, les parents les gardaient en vie contre leur gré dans un élan d'égoïsme ayant l'apparence de ce qu'on appelle affection ou amour. Leurs revenus étaient très maigres et tu savais parfaitement ce qu'ils ressentaient puisque tu avais aussi été malade : tu souffrais de Sclérose en Plaques, une maladie neurodégénérative, qui te tuait à petits feus depuis tes onze ans. Tu venais tous les deux ou trois jours, visitant les mêmes patients à chaque fois et, bien que tu changeais de tenue, tu portais toujours un masque noir de médecin de peste – cachant la partie supérieure de ton visage.

Au fil des heures et des jours, tu avais appris à connaître ces gens et, celui qui semblait le plus désagréable et grognon était en fait un ancien professeur de littérature et écrivain. Il n'avait plus de force dans les mains pour tenir un livre ou un stylo c'est pourquoi, lorsque tu allais le voir, tu lisais pour lui ou tu lui récitais des poèmes que tu connaissais. Ainsi, arrivées vingt-et-une heures et demie, tu as pénétré dans l'hôpital central par une sortie de secours. Tu as patienté jusqu'à ce que les dernières allées retour du personnel ont cessé afin de monter jusqu'au troisième étage du bâtiment où tu te trouvais afin de rejoindre l'aile où se trouvaient tes clients.

Aujourd'hui, tu allais prendre la vie de cet homme, de cet écrivain comme il te l'avait demandé – il y a quelques jours. Tes morsures l'avaient considérablement affaibli, soulageant sa douleur grâce à l'anesthésiant qui se trouvait dans ta salive et que tu ne manquais point de lui injecter à chaque fois que tu le mordais – tu nettoyais ensuite la morsure afin de ne pas laisser d'indices. Silencieusement, tu as longé les ces sinistres couloirs dont la couleur rappelait celle de tes cheveux. Avec la délicatesse dont toi seule faisais preuve en ces lieux, tu as ouvert la porte de la chambre de ton aîné avant de t'y glisser, le sortant de sa torpeur : il rêvassait, il luttait contre le sommeil, attendant le moment où tu allais lui rendre visite. Pour la première fois depuis que tu le connaissais, il semblait heureux, il était serein, calme : il savait que son heure était arrivée. Maladroitement, le mourant se décala et tapota son lit, t'invitant à t'asseoir près de lui –- chose que tu fis, lui rendant le sourire. Vous êtes restes ainsi, en silence, pendant plusieurs minutes.

Ma petite Alice, la journée a été longue, très longue. J'ai cru que tu ne viendrais pas... souffla-t-il, joignant ses mains devant lui, les posant sur ses jambes. Tu n'osais rien dire et, même si ce que tu faisais était la volonté de cet homme, comme pour les autres, abréger les jours d'un innocent était dur pour toi – même si tu les délivrais de la souffrance. Aujourd'hui, j'aimerais que tu me récites un poème extrait des Contemplations de Victor Hugo. En connais-tu ?

Doucement, tu hoches la tête et tu poses une de tes mains sur les siennes ; tu n'eus point besoin de réfléchir au poème que tu comptais réciter car la situation t'en inspira un qui convenait parfaitement, selon toi : « Demain, dès l'aube... ». Tu savais que Victor Hugo était un de ses auteurs préférés, tout comme Louise Ackermann, une auteure victorienne ayant écrit plusieurs poèmes gothiques. Tu avais fait quelques recherches sur elle et mémorisée quelques unes de ses créations afin de les réciter à cet homme. C'était une très bonne personne et, même si vous ne vous connaissiez pas de puis longtemps, il te manquera considérablement.

« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
 »

Tu as récité le poème d'une voix douce, baissant progressivement le ton afin de détendre ton aîné. Ce dernier bailla doucement, sentant le sommeil le regagner au fil des vers. De ce fait, tu as aidé le quinquagénaire à s'allonger, ajustant son oreiller. Tu t'es penchée légèrement vers lui, levant ton masque lorsqu'il ferma les yeux. Ton sourire s'est lentement effacé : tu ne voulais pas qu'il te voit ainsi, tu allais attendre au moment où il s'endormirait pour le mordre. De cette façon, tu lui as soufflé que tu avais une surprise pour lui avant de lui réciter « Adieu à la poésie de Louise Ackermann.

« Mes pleurs sont à moi, nul au monde
Ne les a comptés ni reçus,
Pas un oeil étranger qui sonde
Les désespoirs que j’ai conçus.
L’être qui souffre est un mystère
Parmi ses frères ici-bas ;
Il faut qu’il aille, solitaire,
S’asseoir aux portes du trépas.
J’irai seule et brisant ma lyre,
Souffrant mes maux sans les chanter ;
Car je sentirais à les dire
Plus de douleur qu’à les porter.
 »

Entendre ces vers sembla le ravir puisque son sourire ne manqua point de s'élargir. Il poussa un petit soupir d'aise et, lorsqu'il sembla dormir, tu as approché tes lèvres de son cou et tu as soigneusement enfoncé tes crocs dans sa carotide. Tu as prit plus de sang que la dernière fois, le laissant dans au seuil de la Mort. Tu entendais son pouls chuter, sa respiration faiblir. Sans faire de bruit, tu as prit un peu de coton au fond de la salle et tu l'as trempé dans le liquide antiseptique que tu as trouvé au même endroit, ensuite, tu as nettoyé la morsure.

Après avoir caressé la tête du vieil homme, le laissant pousser son dernier souffle, tu as quitté la chambre – replaçant ton masque. Pas de claquement de talons, pas de froufroutement d'habits, rien : juste du silence. Son moniteur commença à biper, alertant le personnel chargé de l'aile. Rapidement, tu as changé de zone, poussant les portes de l'aile psychiatrique. Te mouvant avec la même discrétion que tantôt, tu comptais te diriger à la chambre du prochain patient à visiter.
HRP:
 


Dernière édition par Amerlyllian Die Rosenberg le Sam 20 Juin - 16:16, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Lun 16 Mar - 8:42

L'hôpital central de Gotham City. Encore une fois il devait s'y rendre tard la nuit pour effectuer quelques tests sur un patient qui commençait à faire des siennes dans l'aile psychiatrique. Il commençait à s'agiter disait-on, à parler de rôdeur dans la nuit. Était-ce encore une élucubration ou bien le Batman s'amusait-il à visiter les fous? Quoiqu'il en soit, malgré l'heure tardive, Jonathan Crane ne pouvait manquer une si belle opportunité de tester sa nouvelle toxine sur patient régulier. Cette fois, il l'avait fait plus fort histoire de bien constater la terreur dans les yeux du malheureux, cet instant où l'esprit flanche lorsque la lumière quitte les pupilles des yeux. Oh il adorait ces moments. Cette puissance qu'il ressentait lorsqu'une personne voyait en lui la chose la plus terrifiante de toute la création l'emplissait de joie. Il avait été une victime toute sa vie, cette époque était révolue. Vêtu d'un complet gris foncé et d'une cravate rouge, ouvrit la porte de la pièce.

- Bonsoir monsieur Thomas.

Chambre 436, patient John Thomas. Souffre d'un dérèglement mental assez sévère pour l'envoyer croupir dans un hôpital, mais pas assez distinctif ou remarquable pur être transféré à Arkham. L'homme, un adulte dans la cinquantaine, semblait en avoir 20 de plus tellement sa condition pesait lourd sur son être entier. Il lui arrivait pourtant d'avoir des éclairs de lucidité et Jonathan espérait en voir un cette nuit. Après tout, il ne fallait pas qu'il ait apporté tout son attirail pour rien. Posant sa valise sur le sol, Crane continua.

- On m'a rapporté que vous aviez vu, et ce durant plusieurs nuits, quelque chose se promener dans les couloirs de l'hôpital la nuit. Pouvez-vous me la décrire?

Crane avait sortit un carnet et un stylo pour prendre en note ce qu'il pourrait. Thomas avait l'air catatonique, mais il pouvait en tirer des réponses s'il se montrait patient et insistant. Et s'il s'avérait grincheux pour une quelconque raison, il suffirait de passer à la manière forte. Il obtenait toujours d'excellent résultat lorsqu'il faisait appel à l'autre. Souvent il obtenait plus d'informations qu'il ne l'espérait vraiment. Le pouvoir de la peur est immense, berceau d'un potentiel insoupçonné. Il devait en savoir plus sur le sujet, faire des expériences dès qu'il le pouvait, sur tous les types de sujets, de plus en plus nombreux.  Mais patience, une chose à la fois.

Crane attendit plusieurs minutes, répétant plusieurs fois la question ou en posant des nouvelles. Parfois le patient murmurait des sons incompréhensibles s'apparentant à du charabia, faisant perdre patience à Crane. D'ordinaire patient, il se faisait tard et sa journée avait été épuisante. Devait-il recourir à l'autre aussi rapidement? C'était drastique, le terrain devait être bien préparé. En revanche, il pourrait essayer les effets de la peur immédiate. Oui, il devait essayer. Posant son carnet et son stylo, Crane s'empara de la valise. Alors qu'il allait l'ouvrir, il entendit la porte de la chambre s'ouvrir et se refermer rapidement.

- Mais qu'est-ce que...

Ce que Jonathan Crane avait sous les yeux le sidéra. Une personne vêtue élégamment se tenait sur le pas de la porte. Non, il serait plus juste de dire inhabituellement vêtue. Le genre de robe qu'on ne voit pas tous les jours. Et que dire de ce masque noir clairement influencé par ceux que portaient les docteurs de la peste lors de la Renaissance et même avant? La personne devant lui semblait être une femme. Une femme complètement affublée de la couleur noire... Était-ce là la forme que John Thomas voyait se promener dans les couloirs de l'hôpital? La soirée devenait intéressante.

- Non... Pitié... Laissez-moi...

Le pauvre patient écrasé dans son lit semblait enfin reprendre conscience. La présence de la femme semblait le stimuler grandement. Aucun doute, il y avait un lien ici et Crane entendait bien découvrir lequel.

- Tiens tiens tiens, mais qu'avons-nous là? Puis-je savoir qui vous êtes?

Thomas commençait à paniquer. Il n'aimait pas la vue du masque corbeau. Bien que Crane aimait voir la peur défigurer le visage du patient, le simple fait de voir quelqu'un lui voler la vedette dans ce domaine l'enrageait. Pour éviter tout problème, Crane s'empara d'une seringue dans sa mallette et piqua Thomas, ce qui eut pour effet de l'endormir.

- Désolé. Il n'aime pas la visite des étrangers. Pour éviter qu'il n'appelle les gardes, je l'ai endormis, ce qui me laissera tout le loisir de vous interroger. Maintenant soyons clairs : j'ai dans ma main le dispositif que voici.

Crane montra une petite manette dans sa main droite munie de plusieurs boutons, dont un rouge.

- Répondez à mes questions et rien sur vous ne sera dévoilé. Faites ne serait-ce qu'un seul geste vers l'extérieur de cette chambre et l'hôpital entier sera alerté dans la seconde. Ah au fait, je m'appelle Crane, docteur Jonathan Crane. Et à qui ais-je l'honneur?
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Lun 16 Mar - 21:43

Quelques patients savaient que tu passais dans le coin à des heures tardives et guettaient ton arrivée par crainte, d'autres par curiosité. Nul n'osait crier ou parler : ils retenaient leur souffle dès qu'ils t'apercevaient. Ta chevelure immaculée semblait flotter, reflétant paisiblement la lumière des néons, clignotants, qui menaçaient de s'éteindre à tout moment. Tu avais prévu la présence du personnel, certes, mais tu ne connaissais pas l'horaire des patients alors, une voix fit frémir ton ouïe, te mettant sur tes gardes. Des pas s'en suivirent et, plutôt que rebrousser chemin – car tu aurais été surprise par le personnel qui s'occupait de feu le professeur- tu t'es précipitée dans la chambre la plus proche.

Rapidement mais silencieusement, tu y as perpétré puis tu as refermé la porte avant de te décaler. Il y avait un homme à l'intérieur, un psychiatre ou un psychologue, tu n'en savais rien mais il avait une tête du métier. Il s'occupait de M. Thomas, un quinquagénaire très hargneux qui réagissait violemment quand tu passais : tu l'avais vraiment effrayé, il s'enfonçait contre son lit, te suppliant de le laisser. Du coin de l’œil, tu surveillais le moindre des mouvements de ton cadet, guettant le couloir ; alors qu'un infirmier passa, muni d'un plateau de médicaments, le jeune homme aux lunettes s'adressa à toi : tu n'as point répondu à sa première question, pivotant lentement vers lui tout en l'observant tandis que son patient paniquait. Tu ressentis que la réaction du vieillard plut à ton cadet, tout comme elle l’enrageait parce que TOI tu l'avais fait réagir – il lui injecta des calmants, l'endormant.

Désolé. Il n'aime pas la visite des étrangers. Pour éviter qu'il n'appelle les gardes, je l'ai endormi, ce qui me laissera tout le loisir de vous interroger. Maintenant soyons clairs : j'ai dans ma main le dispositif que voici. lança-t-il, désignant une manette de secours. Répondez à mes questions et rien sur vous ne sera dévoilé. Faites ne serait-ce qu'un seul geste vers l'extérieur de cette chambre et l'hôpital entier sera alerté dans la seconde. Ah au fait, je m'appelle Crane, docteur Jonathan Crane. Et à qui ais-je l'honneur ?

Laissant tes bras gésir le long de leur flanc, immobile, tu as levé un peu la tête avant de l'incliner. Pourquoi devrais-tu te présenter ? Décliner ton identité reviendrait à être découverte ; d'un autre côté, cet homme t'avait aidé, en quelques sortes. Un léger sourire fendit tes lèvres à la teinte naturellement rosée tout en offrant une petite révérence à ton interlocuteur – te redressant aussitôt :

Que pensiez-vous dévoiler d'une ombre que vous n'osiez espérer, silhouette monochrome que certains a su épouvanter car à la Faucheuse on a dû - malencontreusement - m'apparenter. Si nulle contrainte n'existe pour me présenter, ce sera par courtoisie que je le ferais ; ainsi, je me dois de vous remercier, Docteur. commençais-tu, t'éloignant de la porte, tout en contournant ton cadet, t'approchant de la fenêtre – qui était verrouillée afin d'éviter d'éventuels suicides. Ne vous méprenez point : nulle allégorie je ne suis, mais je n'agis guère en faveur des maux qui rongent cette ville. Je n’accoutume point à voiler mon visage, je n'ai rien à me reprocher. Nonobstant, comprenez-moi, je souhaite garder l'anonymat afin d'éviter d'éventuels différends. continuais, marquant une pause avant de te tourner de nouveau vers ton interlocuteur. Mon nom est Deliverance et je ne suis qu'une humble citoyenne. Ravie de faire votre connaissance~
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Lun 16 Mar - 23:12

Eh bien, voilà une scène que le docteur Jonathan Crane ne s'attendait pas à voir. Peut-être un peu en fait, faut dire qu'il a l'habitude de voir des cinglés affublés de costumes étranges, un de plus ne changeait rien. Il faisait lui-même partie de cette catégorie, mais ça devait rester secret pour le moment. Mais ce qui rendait la chose intéressante, c'était le pourquoi et le comment de la présence de cette silhouette. Pourquoi arpentait-elle les couloirs de cet hôpital habillée ainsi? Cette Délivrance comme elle se nommait semblait cacher quelque chose, il fallait que Crane le découvre.

- Il est assez habile d'éviter le personnel de cet édifice toutes les nuits sans alerter qui que ce soit en dehors de certains patients encore lucides dit Crane en regardant Thomas endormis. Ou votre chance est immense ou vous avez des talents cachés.

La jeune femme avait parlé avec des vers, employant de complexes structures de phrase. Crane n'avait pas tout saisit du premier coup, mais il comprenait que certains patients la voyaient comme la grande Faucheuse. Elle-même par contre indiquait qu'elle n'était ni une justicière ni un criminel. Une âme errante donc, rongée par ses problèmes internes qui pourraient être extériorisés si son visage venait à être découvert. D'une manière ou d'une autre, Crane devait tenter de découvrir qui se cachait derrière ce masque.

- Mais peu importe, je suis également ravis de faire votre connaissance. Dites-moi Délivrance, pourquoi ce nom? Et que faites-vous en ces lieux? Votre place semble y être justifiée, mais pas dans cet état. Vous devriez plutôt être à la place de monsieur Thomas.

Tandis qu'il parlait, Crane plaça sa mallette sous le lit du patient, hors de vue de son interlocutrice. Il ne savait pas à quoi il avait affaire véritablement, il devait jauger la question, éviter tout mouvement hâtif. Sa toxine permettrait de faire des miracles sur la psychologie de cette personne, mais les réactions qui s'ensuivraient alerteraient le personnel. Il fallait trouver un lieu plus adéquat. Elle le remerciait pour son aide, c'était déjà un début. Ne restait qu'à exploiter cette brèche et la visite du docteur à l'hôpital se révélerait à être plus fructueux que prévu.

Se levant à son tour, Crane s'approcha de son invitée, allant de l'autre côté du lit, également près de la fenêtre. Il n'avait pas à prime abord remarqué la longue chevelure de la jeune femme et cela l'intrigua. Vraiment, il avait devant lui un beau spécimen. Toute personne s'affublant d'un tel déguisement ne pouvait receler qu'un esprit riche et immense à explorer. Tout en gardant ses distances, il fixait Délivrance de ses yeux perçants, guettant le moindre de ses gestes, attendant sa réponse.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mar 17 Mar - 2:02

Immobile, tu ressemblais à une sinistre poupée et, tu devais l'avouer, ce masque effrayait plus qu'il ne te protégeait. Même si épouvanter n'était point un effet désiré, l'intimidation n'était pas refusée afin de compenser ton apparence chétive. Sans perdre le sourire, tu as écouté attentivement ce que ton cadet te disait :

Il est assez habile d'éviter le personnel de cet édifice toutes les nuits sans alerter qui que ce soit en dehors de certains patients encore lucides. te dit-il, tout en regardant dormir son patient. Ou votre chance est immense ou vous avez des talents cachés.

Tu as plissé les yeux en l'entendant. Tu ne savais pas s'il te complimentait vraiment ou s'il ne faisait que t’interroger. Comme bon nombre de tes contemporains, il eut un bref moment de réflexion avant de comprendre ton discours. Doucement, tu as croisé les bras sous ta poitrine, suivant le moindre des mouvements du psychiatre du regard : il y avait quelque chose à lui que tu ne saurais décrypter, quelque chose qui te faisait frissonner. C'était quelqu'un d'imprévisible et ça, il ne fallait pas être voyant pour en avoir le sentiment. Même s'il t'avait aidé, pouvais-tu lui faire confiance ? Tu te permettais de douter, jusqu'à ce que tu aies preuve du contraire.

Mais peu importe, je suis également ravi de faire votre connaissance. Dites-moi Délivrance, pourquoi ce nom ? Et que faites-vous en ces lieux ? Votre place semble y être justifiée, mais pas dans cet état. Vous devriez plutôt être à la place de monsieur Thomas. termina-t-il, rangeant sa mallette sous le lit du vieillard avant de se lever, s'approchant de toi – tout en gardant une distance respectable, te fixant.

Tout comme tu le faisais, il te surveillait, il te détaillait en silence. À cette distance on pouvait sûrement apercevoir la lueur sanguine de tes iris – dont les pupilles étaient étirées en fines fentes. Tu as plongé ton regard dans le sien avant de regarder à l’extérieur, par dessus ton épaule. La ville s'activait, la nuit et, en effet, c'était un prodige d'être entrée dans l'hôpital sans être vue, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur – mais tu ne comptais point t'exprimer à ce sujet. Tu n'étais pas vexée par le fait qu'il t'ait traité subtilement de folle, tu avais l'habitude puisque tu étais une artiste : pour toi, tout le monde était sujet de sa propre folie car le génie et la souffrance forgeaient les fous puisqu'on ne les comprenait pas toujours.

Le fou se croit sage et le sage reconnaît lui-même n'être qu'un fou. rétorquais-tu, calmement, faisant comprendre à ton cadet qu'il n'était peut-être pas en mesure de jauger ta folie : tu n'appréciais pas qu'on te juge sans te connaître, même si l'avis d'autrui t'était irrelevant – la plupart du temps. Deliverance est l'un de mes prénoms, il n'a jamais été question d'une appellation ou autres. Puisque rares sont ceux à le connaître, c'est le seul que j'ose vous décliner. Pour ce qui est de ma tenue... j’accoutume à me vêtir ainsi. Le masque n'est qu'un accessoire voué à protéger mon anonymat. Je ne désire point m'attirer des ennuis. ajoutais-tu, posant de nouveau ton regard sur l'homme aux lunettes. Ma présence, quant à elle, ne peut être facilement justifiée, si puis-je dire... Je doute que vous puissiez comprendre ce qui me meut ; d'autant plus si le mal-être de vos patients vous ravit, Docteur.


Dernière édition par Amerlyllian Die Rosenberg le Mer 6 Mai - 16:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mar 17 Mar - 8:54

Plus les mots s'échangeaient, plus le docteur Jonathan Crane était fasciné. Cette jeune femme s'exprimait très bien, sa voix résonnant dans son esprit comme la douceur du miel sur une langue. Il la fixait toujours, ayant remarqué ses yeux d'une rareté inégalée jusqu'à présent dans sa vie. Non vraiment, il ne pouvait laisser ce sujet si prometteur s'éclipser ainsi sans qu'il ait pu tester sa toxine sur elle. De plus, elle semblait avoir du caractère et la répartie ne lui était pas étrangère. Cela allait être amusant.

- Ah, je vois que vous connaissez vos classiques. William Shakespeare, oeuvre intitulée Comme il vous plaira. J'ai eu l'occasion d'en lire dans ma jeunesse, oh cela semble si lointain déjà... Enfin bref.

Jonathan ne pouvait pas ne pas le faire, il devait répondre avec une tirade shakespearienne. Personne ne devait juger son travail sans en connaître les fondements, les causes et les buts. Il ne dévoilerait rien de bien précis par contre, l'heure du dévoilement n'était pas encore venue. Cela promettait d'être diablement instructif.

- Rien n'est bon ou mauvais en soi, à part si la pensée le rend tel. Pour vous, ce que je fais est peut-être mauvais, à supposé que vous ayez réellement compris toute l'importance de mes actes. Mais pour moi, c'est l'expérience de toute une vie ma chère, ma destiné. Ce qui permettra à l'humanité de s'élever. D'un autre côté, vous voir déambuler dans les couloirs de ce bâtiment habillée de la sorte, on pourrait croire que vous préparez un coup sordide. Mais pourtant vous êtes là, calme tel un ange, à vous défendre des viles intentions et cachant votre visage par simple soucis de garder l'anonymat. Est-ce la vérité néanmoins? Ou est-ce que votre masque, comme tous ceux qui sont portés dans cette ville, sont en fait le reflet véritable de votre âme?

Jonathan se laissait emporter, transformant presque sa réponse en monologue dans lequel il montait toujours un peu plus le ton, se perdant dans ses pensées. Tandis qu'il parlait, ses lèvres prenaient la forme d'un sourire pervers tandis que ses yeux fixaient quelque chose que lui seul pouvait voir. Pourtant, sa stature restait droite et noble, ne bougeant pas d'un poil, les mains dans le dos. En dehors des quelques instants d'excitations, sa voix restait parfaitement neutre et désintéressée. Il tenait toujours la manette dans sa main droite, jouant avec elle sans vraiment s'en rendre compte. Se ressaisissant, Crane retourna devant le lit de Thomas, prenant sa fiche médicale entre les mains, analysant son contenu et notant certaines choses au stylo. Malgré la situation, il demeurait d'un calme absolu, pas le moins du monde décontenancé par la présence d'une personne au costume morbide. Il attendait la réaction de son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mar 17 Mar - 13:36

Cet homme t'intriguait autant que tu t'en méfiais. Tu ne savais pas ce qu'il en tête mais il devait avoir des mauvaises intentions à ton égard puisqu'une voix te criait, au fond de toi, de partir tant que tu le pouvais : après tout, tu avais répondu à ses questions et tu n'aurais qu'à venir un autre jour pour rendre visite aux patients que tu avais manqué. Tu étais contente de porter ton masque puisque le regard de ton cadet semblait vouloir te sonder. Il était intelligent, très intelligent même, il n'aurait pas tardé à découvrir que tu n'étais plus du commun des mortels.

Ah, je vois que vous connaissez vos classiques. William Shakespeare, œuvre intitulée Comme il vous plaira. J'ai eu l'occasion d'en lire dans ma jeunesse, oh cela semble si lointain déjà... Enfin bref. fit-il, lorsque tu eus fini de parler. Et, afin de te répondre, il le fit avec une tirade shakespearienne, veillant à ne point t'informer de trop – ou de moins : Rien n'est bon ou mauvais en soi, à part si la pensée le rend tel. Pour vous, ce que je fais est peut-être mauvais, à supposé que vous ayez réellement compris toute l'importance de mes actes. Mais pour moi, c'est l'expérience de toute une vie ma chère, ma destiné. Ce qui permettra à l'humanité de s'élever. D'un autre côté, vous voir déambuler dans les couloirs de ce bâtiment habillée de la sorte, on pourrait croire que vous préparez un coup sordide. Mais pourtant vous êtes là, calme tel un ange, à vous défendre des viles intentions et cachant votre visage par simple soucis de garder l'anonymat. Est-ce la vérité néanmoins ? Ou est-ce que votre masque, comme tous ceux qui sont portés dans cette ville, sont en fait le reflet véritable de votre âme ?

Au fur et à mesure qu'il prononçait ses mots, ses lèvres s'étirèrent en un rictus pervers. Tu ne comprenais pas pourquoi est-ce qu'il souriait ainsi, sans perdre son sérieux, les mains dans le dos. Du coin de l’œil, tu surveillais ses mouvements, guettant la manette qu'il gardait entre ses mains grâce à son reflet sur la vitre. Sa voix demeura neutre et désintéressée – si on exceptait les rares moments d'excitation. Un long frisson parcourut ton corps lorsqu'il daigna de se déplacer, retournant près du lit de son patient. Si tu usais toujours de ton cœur ou tes poumons, ils t'auraient trahi, accélérant ton pouls et écourtant ta respiration. Visiblement, il avait repris son travail, analysant la fiche du quinquagénaire, notant quelques choses. Tu n'as point bougé, tu as juste laissé tes bras pendre le long de leurs flancs – restant loin de ton interlocuteur.

Les préjugés et les conclusions hâtives sont, tout comme le mensonge, des artifices dont l'Être humain use afin de tenir à écart ce qui lui est inconnu, ce qu'il craint ou ce qu'il veut obstinément cacher... Ainsi, ce ne sont que des artifices auxquels je ne saurais y avoir recours. Je n'en ai jamais éprouvé le besoin et, quitte à enrober la vérité, la détourner, je préfère ne pas l'exposer. De ce fait et en aucun cas, je ne vous ai jugés, vous ou votre travail ; je n'ai fait que des constations. répondis-tu, parlant toujours d'une voix aussi douce que calme, ne laissant paraître ta méfiance. Tes iris quittèrent leur teinte rougeoyante, devenant verts caraïbe – au contour de la pupille ambré, couleur influencée par ta curiosité. Prétendre que je n'ai rien à cacher serait vous mentir mais, à différence de mes contemporains, je sais que le silence est le meilleur moyen de cacher la vérité : tout le monde n'a guère besoin de la connaître puisqu'elle ne les concerne que lorsqu'ils en sont involucrés. Autrement, ils ne devraient avoir que faire d'elle. De ce fait, vos actes et méthodes ne concernent vous, docteur, du moment que vous n'osez m'y immiscer. Il devrait être de mêmes pour vous. continuais-tu, soulignant ta dernière phrase d'un ton un peu sec mais pas moins poli, pour autant. En ce qui concerne mon âme, elle n'a point été souillée. Nonobstant, si mon masque doit refléter quelque chose, ce serait plutôt mon esprit et il n'est pas plus sombre que le votre, je pense. Hélas, je suis tout sauf un ange et plus que de lumière – comme certains le veulent-, je serais faite de claires ténèbres ; le choix de ce masque n'est guère fruit du hasard mais, j'aurais préféré m'assimiler à un tout autre oiseau. Je ne cache mon visage que lorsque je souhaite protéger mon esprit ou mon identité, je ne crains pas d'être découverte mais d'être chassée et que mes proches soient nuis par mes actes.

Finalement, tu as opté pour t'approcher, d'un pas léger avant d'effleurer le bras du vieillard. Tu as gardé silence pendant quelques secondes ; le sourire aux lèvres, tu as replacé une mèche derrière ton oreille avant de t'asseoir sur le bord du lit, continuant d'observer ton interlocuteur, posant tes mains sur tes cuisses.

Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas la subtilité de la neutralité, de n'agir que pour ce que l'on considère comme étant juste sans pencher du côté de la Justice ni celui du Crime, sans plonger dans l'égocentrisme ni se mêler et/ou entraver les entreprises d'autrui. Enfin... veuillez me pardonner, il est rare que je parle autant. terminais-tu, t'excusant sincèrement auprès du psychiatre, qui devait te supporter.


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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mer 18 Mar - 6:09

Elle n'en démordait pas, Jonathan Crane devait l'admettre. Il avait l'habitude des cinglés réels et des imposteurs. Ces derniers finissaient par déballer tellement de mensonges qu'ils finissaient par s'entre-mêler dans ce qu'ils racontaient. Les véritables quant à eux ne se trompaient jamais dans ce qu'ils disaient, décrivant encore et encore les événements sans jamais faire une seule erreur. Le seul moyen de différencier les vrais cinglés des menteurs bien préparés était de voir la différence dans l'intensité des émotions employés durant le discours des patients. La plupart des gens, trop concentrés à se rappeler leur texte, en oublieront d'y mettre de l'énergie et de la vigueur. Mais les véritables, c'était autre chose. Ils connaissaient ça l'émotion, elle parcourait leurs visages et brillait au fond de leurs yeux. C'était ceux-là les meilleurs spécimens, les plus fascinants à observer. Il y avait plusieurs échelons, les plus intenses se trouvant déjà sous sa garde à Arkham. D'autres, moins spéciaux comme ce cher John Thomas, étaient des cas standard.

Mais que pensez de cette Déliverance? Clairement elle n'entrait dans aucune catégorie de cinglés. Disait-elle donc la vérité? Si c'était le cas, ce qu'il avait sous les yeux était hors de son expertise. Cependant, son intérêt s'en trouva renforcé. Il fallait ajouter à cela les yeux qui semblaient changer de couleur derrière les vitres du masque et aussi le fait qu'elle ne semblait pas reprendre son souffle lorsqu'elle parlait. En fait, Crane était certain que son interlocutrice ne respirait pas du tout. Il n'y avait aucun mouvement de va-et-vient de la part de sa poitrine. Était-ce subtile ou avait-il devant lui un cas de... mort-vivant? Non c'était absurde, cela ne se pouvait. Et pourtant...

- Ne vous excusez pas ma chère, vous parlez avec éloquence et sagesse. Il est rare d'avoir une conversation sérieuse et intelligente dans ce milieu. Vous vous défendez bien, et je ne doute pas du bien-fondée de votre présence ici. Malgré les apparences, je n'agis ici que dans l'intérêt pure de la science, dans la plus stricte neutralité. Mon intérêt est certes piqué, mais je ne perd pas de vue mes objectifs personnels qui sont dans l'intérêt de l'humanité toute entière. Cependant, vous avez dit avoir constaté certaines choses à mon propos et ce sans porter de jugement d'aucune sorte. Je suis bien curieux de les entendre.

L'envie de la tester le démangeait. Pourquoi le masque de corbeau d'ailleurs? Était-ce un signe que le destin lui envoyait? Depuis son plus jeune âge on l'avait traité d'épouvantail et il avait finit par adopté ce surnom, le retournant contre ses ennemis. Devait-il éloigner ce corbeau de cet hôpital comme le faisait les épouvantails dans les champs? Ça devait être ça... Mais comment l'approcher sans éveiller l'attention, là était toute la question.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mer 18 Mar - 22:45

Ne vous excusez pas ma chère, vous parlez avec éloquence et sagesse. Il est rare d'avoir une conversation sérieuse et intelligente dans ce milieu. Vous vous défendez bien, et je ne doute pas du bien-fondée de votre présence ici. Malgré les apparences, je n'agis ici que dans l'intérêt pure de la science, dans la plus stricte neutralité. Mon intérêt est certes piqué, mais je ne perd pas de vue mes objectifs personnels qui sont dans l'intérêt de l'humanité toute entière. Cependant, vous avez dit avoir constaté certaines choses à mon propos et ce sans porter de jugement d'aucune sorte. Je suis bien curieux de les entendre. te répondit ton cadet, te provoquant un haussement de sourcils.

Avait-il vraiment compris ce que tu disais ou tentait-il de prouver si tu mentais – ou pas – en revenant sur tes dires ? Hum, va savoir. Et, était-il vraiment neutre, n'agissant que pour la science ? Tu lui conférais le bénéfice du doute puisque tu n'étais pas en mesure de le juger : tu ne le connaissais pas suffisamment pour tirer des conclusions à son égard mais, ce pourquoi tu étais sure et certaine, c'était le fait qu'il se plaisait de la souffrance d'autrui – de ses patients, en l’occurrence. Était-ce tout le temps ou était-ce un cas ponctuel ? Tu l'ignorais. Ton sourire s'affaiblit, sans pour autant disparaître, avant que tu ne prennes pas parole.

Vous pardonnerez mon audace mais je n'ai, en aucun cas, dit cela ; j'ai uniquement dit que mes propos étaient une simple constatation et non un quelconque jugement. Je vous prierais de ne point déformer mon discours, Docteur Crane. lui soufflais-tu d'une voix plus douce que tantôt. Tu demeurais toujours aussi calme, imperturbable en apparences alors que, dans ton esprit maintes pensées et émotions se bousculaient – te défendant de baisser la garde face à cet homme. Bien. Si vous me le permettez et si vous n'avez plus de questions, je souhaiterais prendre congé : un client m'attend et je sens le sommeil me gagner.

Suite à ces mots, tu es descendue du lit et tu as contourné le lit du quinquagénaire, passant non loin du psychiatre. En effet, après ta visite à l’hôpital, tu avais prévu de rencontrer quelqu'un qui devait te donner ce qu'il te devait : quelques kilos de vanille, de cannelle et de thé oriental – provenant d'Inde, Chine et Japon. Tu ne tenais pas à ce qu'il file si tu arrivais en retard.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mar 24 Mar - 0:07

La voilà la chance qu'il attendait. C'était à se demander si le destin accomplissait ses désirs, mais peu importe, il devait réagir vite. Jonathan Crane, au moment où passa la jeune femme près de lui, se retourna et se mit à la suivre. Lorsqu'elle fut près d'ouvrir la porte, le psychologue enclencha un bouton sur sa manette, révélant une petite seringue dissimulée jusque là. Sans attendre un instant, il la planta violemment dans le bras droit de la femme masquée et n'attendit pas que sa toxine fasse effet. Elle avait un côté qui se voulait paralysant et pouvait rendre amnésique sur les dernières minutes avant la piqûre, le tout en plus de dévoiler la peur. Il était cependant difficile pour Crane de savoir si sa victime y succomberait facilement. Déjà qu'il la suspectait de ne pas être tout à fait humaine, il s'attendait à être déçu. Il ne pouvait par contre cacher son excitation devant ce moment. Sa carrière était probablement entrain de se jouer maintenant, mais peu importait, il lui restait l'autre...

Ne perdant pas de temps, il retourna à sa mallette dissimulée sous le lit en prenant soin d'éviter de se manger d'éventuels coups défensifs de la part de la femme. L'ouvrant en vitesse, il s'empara du masque de son double. Crane n'avait pas le temps d'enfiler le tout, mais le masque était une nécessité. Le mettant sur sa tête, il attendit que sa victime se retourne vers lui. Lorsque ce fut le cas, il comprit que sa toxine, au niveau de la peur, fonctionnait bien : les yeux et le visage en général de Deliverance étaient crispés, en proie à quelque chose. Jubilant, Crane, ou plutôt l'Épouvantail, approcha son visage du sien et se mit à lui parler.

« AlOrS mA cHèRe, QuElLe EsT vOtRe PeUr La PlUs TeRrIbLe? HaAaAhHhAhAhAhAhAaA! »


Autrefois, Crane avait testé son propre gaz sur lui pour en voir les effets. Il savait que ce que voyait sa victime n'était pas du tout agréable ni aux yeux ni aux oreilles. Mais il s'en délectait et s'en délecterait encore... Et avant la fin des effets, elle serait hors de l'hôpital, abandonnée et son masque retiré.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mer 25 Mar - 21:49

Tu n'eus pas de réponse – surtout négative –  de la part de ton interlocuteur, c'est pourquoi tu lui as complètement tourné le dos et tu as posé ta main sur le pommeau de la porte. Tu sentis un mouvement derrière toi, tu savais que cet homme avait bougé et, si tu avais été plus loin de lui, tu aurais eu le temps de réagir. Hélas, c'était trop tard, tu ne compris pas ce qui en retourna lorsque tu as commencé à ressentir quelque chose couler dans tes veines. Tu n'avais pas ressenti l'aiguille, car trop habituée aux injections alors, tu ne comprenais pas vraiment ce qui t'arrivait. Tu te sentis trembler comme lorsque la faim t'assaillait, comme le jour de ta renaissance : quelque chose d'étrange se passait, ta gorge était sèche, elle te faisait mal et tu peinais à te mouvoir.

Lentement, tu t'es retournée, espérant trouver une quelconque réponse chez ton interlocuteur qui... n'était plus ; à sa place, il y avait un hideux épouvantail. Ton visage se crispa, tes sclérotiques se tinrent de noir et tes iris devinrent d'une sombre couleur mauve : tu avais peur, mais pourquoi étais-tu ainsi terrorisée ? Tu aimais les épouvantails, pourtant... Pourquoi te faisait-il tressaillir ? Que t'avait-on fait ? Tu avais des spasmes musculaires, surtout aux mains, aux bras et au cou, produisant des mouvements involontaires et des craquements d'os : tu perdais peu à peu le contrôle de ton corps – ce qui t'angoissait.

L'écho d'une voix  tonitruante et difforme se discernait du bourdonnement qui hantait ton ouïe, t'isolant de la réalité. Tu ne comprenais pas ce que cette voix disait, seulement des bribes te parvenaient, suivies d'un rire glauque, moqueur, cynique. Tu t'es légèrement penchée en avant, agissant instinctivement : tes canines poussèrent alors que tu te calais contre le mur – tu te sentais acculée, piégée ; les murs semblaient se rapprocher, cherchant à te cloîtrer dans cette sinistre pièce où aucun son, autre que la voix de ton diabolique geôlier et tes pensées ne perçaient : un monde morne, une réalité limitée dans laquelle tu étais piégée... pour l'instant. Si ton cœur battait et/ou tes poumons fonctionnaient encore, tu aurais risqué de faire de la tachycardie, un infarctus ou une crise d'hyperventilation.

Maladroitement, tu t'es éloignée de l’épouvantail, longeant le mur contre lequel tu te trouvais, jusqu'à te toper avec l'un des coins de la pièce, prenant ta tête entre tes mains, tremblant : tu ne voulais pas te retrouver dans un tiroir de la morgue, tu n'aimais pas les espaces restreints et, dans ton imaginaire, les murs se rapprochaient toujours plus. Tu t'es laissée glisser contre le mur jusqu'au sol, fermant fortement les yeux : ce n'était pas la réalité, tu le savais, mais la peur te paralysait. Toute crispée, tu as attiré tes genoux contre ta poitrine : tu voulais que ça passe, tu tentais d'ignorer tout ce qui t'entourait. Quam honte avais-tu de te montrer aussi vulnérable. Toutefois, tu ne manquais point de transmettre ton angoisse aux êtres vivants qui se trouvaient dans la pièce – même si n'était-ce qu'involontairement – par le biais de ton empathie.
HRP:
 


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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Sam 2 Mai - 22:40

Jonathan Crane était heureux de voir que sa formule fonctionnait même sous forme liquide et sur les êtres qu'il n'était pas en mesure de clairement classifier, outre le fait qu'elles n'étaient pas humaines. Ce sentiment de triomphe l'emplit de fierté et de puissance. Si un être tel que cette femme pouvait succomber aux effets de la peur, personne ne pourrait lui résister. Ne pouvant s'empêcher de s'extasier devant l'état lamentable dans lequel sa victime se trouvait, Crane s'approcha de cette Deliverance, jusqu'à n'être qu'à un mètre d'elle. Elle était coincée entre le Scarecrow et le mur, nul échappatoire.

« Et au terme de la peur, il ne reste que le néant. »

Crane inspectait les effets physiques. La jeune femme avait des spasmes musculaires et tremblait. Il jurait même avoir entendu un os ou deux craquer. Comment était-ce possible qu'elle ne se torde pas de douleur? Était-ce un moyen de défense de sa part? Il ne pouvait le vérifier. Elle ne semblait pas suer, ce qui en disait beaucoup plus que tout le reste. Son corps ne semblait pas combattre la substance comme le font les êtres vivants en éjectant le poison par les pores de la peau. Cette fois, il en était certain, peu importe ce qui se tenait à ses pieds, ce n'était pas vivant.

« Je veux voir qui tu es. »

S'approchant encore plus, le Scarecrow approcha son visage de celui de sa victime. Pas le moins du monde inquiet, il enleva le masque du visage de Deliverance et ce qu'il vit l’abasourdit. Un visage jeune et magnifique, quoique pâle. Des cheveux longs aux couleurs splendides. Et ces yeux... Ces yeux qui semblaient vous scruter l'âme de fond en comble. Hypnotisé, Crane ne réalisa pas tout de suite qu'il commençait à ressentir les effets de son propre poison. Ne comprenant pas d'où l'origine de cette angoisse semblait provenir, il ne pu que déduire que cette chose avait des pouvoirs et qu'elle était entrain de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il ne pouvait laisser faire cela. Injectant une nouvelle dose, plus petite cette fois, de sa création, Crane allait guider par la peur et la folie cet être vers l'extérieur où il l'abandonnerait à son sort. C'était déjà risqué de ne pas déclarer la présence de cette chose au personnel de l'édifice, il l'était encore plus de se tenir avec elle affublé d'un déguisement d'épouvantail. Discrètement il allait la faire sortir et revenir ici, comme si de rien n'était. Il espérait néanmoins que cette nouvelle dose, ajouté au fait qu'il allait la forcer à se déplacer, serait tout aussi intéressant que les moments précédents.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Dim 3 Mai - 12:44

Bien que déformé et en bribes, le premier commentaire du Épouvantail te parvint, te plongeant davantage dans tes pensées. Au terme de la peur, il n'y avait pas le néant. Tu savais ce qu'était le néant, le rien, le vide ; tu l'avais visité, tu en avais été consciente et le fait d'oublier que tu existais, le fait de douter sur le fait d'être ou pas n'était pas ce que tu craignais le plus : c'était le silence. Pendant toute la semaine que tu avais passé dans ce tiroir froid et étroit, tu avais été plongée dans la totale obscurité, ton corps refusait de se mouvoir, tu n'avais plus aucune emprise sur lui et tu n'entendais rien. Pas un bruit, ta voix ne sut s'élever et, même tes pensées étaient parfois étouffées. Tu te retrouvais seule au milieu des ténèbres que tu accoutumais à côtoyer depuis ton plus jeune âge.

Tu te sentais acculée, menacée et tu étais nerveuse.
Cet homme, cette chose, s'était approchée de toi – trop à ton goût. Il se plaisait à te voir dans cet état, il en semblait fier, content d'avoir pu atteindre une créature comme toi. Néanmoins, il était étonné de voir que tu ne réagissais pas comme les être vivants, que ton corps ne rejetait pas le poison : il luttait contre, il le dévorait à chaque seconde qui s'écoulait.

Je veux voir qui tu es. lança-t-il, s'approchant davantage avant de retirer ton masque – sans hésitation.

Ton apparence le surprit encore plus que la réaction de ton organisme face à sa drogue. Il te détaillait ouvertement, plongeant son regard dans le tien. Désormais, un de tes yeux brilla momentanément d'une acide teinte verte : signe de méfiance. Tu le scrutais, silencieuse et ton corps refusait encore de bouger. Pendant un bref instant, tu t'es remémorée les instants passés à la morgue. Tu ne sentis même pas l'aiguille qui transperça de nouveau ta peau – cicatrisant au fur et à mesure qu'elle se retirait. La lumière te dérangeait, tu as plissé les yeux, baissant un peu la tête afin de les voiler grâce à ta frange. Les tremblements persistaient mais les spasmes disparurent pratiquement. Lentement et poussée uniquement par ta volonté de survivre, de t'éloigner de ce monstre, tu t'es levée. Tes genoux ainsi que chacune de tes vertèbres, jusqu'aux cervicales craquèrent.

Vous n'avez point idée de ce qu'est le Néant. murmurais-tu d'une voix étouffée et passablement froide.

Rapidement, tu as tendu le bras, serrant ta main sur celle de ton cadet qui tenait la seringue ; au contact et malgré le fait que tu portais des gants, tu as établi un lien spirituel avec lui, lui transmettant le souvenir de ton passage par le néant, de ton séjour à la morgue. Tes émotions pénétraient dans son esprit, lui imposant la peur que tu avais ressenti et que tu ressentais, ainsi que ton angoisse et la solitude que tu avais éprouvé. Ce qui semblèrent être des minutes n'étaient que quelques misérables secondes, en réalité. Tu as rompu la vision et ce lien involontaire au moment que tu lui as arraché ton masque des mains – le replaçant aussitôt avant de le contourner. Tu n'étais pas consciente du fait que tu bougeais bien plus vite qu'un être humain et, pourtant, pour toi, tu pensais le faire lentement. Tes fonctions s'étaient accélérées grâce -ou à cause ? – de la peur, tout comme tes pouvoirs s'étaient amplifiés.

À hauteur de la porte, alors que tu venais de tendre la main pour l'ouvrir, ton corps s'arrêta sur place ; les murs se rapprochaient toujours, tu voulais sortir mais, cette fois-ci ce n'était pas la peur qui te pétrifiait mais la fatigue. Tes paupières se fermèrent lentement avant que tu ne t’effondres comme un vulgaire pantin, une poupée : tu tu avais succombé au sommeil mais ton organisme continuait à lutter contre le poison.
HRP:
 
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mar 5 Mai - 7:26

Lorsqu'elle lui agrippa le bras, Crane ressentit quelque chose de terriblement désagréable. Était-ce... de la peur? Comment cela se pouvait-il? Il était en pleine possession de ses moyens, il dominait la situation. Cette femme... Avait-elle le pouvoir de transmettre les émotions par le simple contact? Déjà il sentait une certaine forme de claustrophobie l'envahir, sans parler de ces rats volants qui commençaient à apparaître. Il devait mettre fin à tout ça, il ne pouvait tomber face à son propre jeu. Il était le maître de la peur, personne ne se moquera de lui. Crane se débattit promptement pour que la femme cesse de lui transmettre ses émotions. Aussi rapidement qu'elles étaient venues, elles s'estompèrent. Pendant un instant par contre, il avait sentit qu'il perdait le contrôle. Cela le mit dans une rage folle. Il n'allait pas laisser cela arriver de nouveau.

La jeune femme s'endormie en plein milieu du couloir. Crane avait déduit que la peur de sa victime était la claustrophobie, ou quelque chose qui pouvait s'en rapprocher. S'acculer ainsi dans un coin et repousser des murs imaginaires sans s'arrêter était assez significatif. Elle avait murmurer qu'il ne connaissait pas ce qu'était le néant, mais ce qu'elle ne savait pas c'est qu'il y avait plusieurs formes de néant. La plus connue était bien évidemment l'arrêt physique complet de l'existence d'un objet. Dans ce cas-ci, le néant auquel le Scarecrow faisait référence était l'oubli de soi dans les situations désespérés. Nous sommes tous des masques cachant nôtre âme véritable, mais pourtant ceux-ci tombent lorsque vient le moment de la survie. Il ne se le répétera jamais assez, mais la peur, cette si douce émotion, était l'essence même de l'instinct de survie. Qu'êtes-vous prêt à faire pour survivre? Probablement que la réponse est aussi simple et courte que le mot « tout ». Une fois le masque tombé et la crise passée, que reste-t-il? Les vestiges de votre ancien déguisement, laissant à découvert votre âme et votre véritable vous. Vous avez clamé toute votre vie ne jamais être en mesure de tuer un proche pour épargner votre vie? Et si la peur, la véritable peur, vous forçait à transgresser cette loi, qu'adviendrait-il de vous? Que deviendrait cette opinion de vous-même? Comment les autres vous verraient-ils? Vous ne seriez plus perçus de la même façon. Votre ancienne existence prendrait fin, ne laissant en votre cœur que le néant : la fin d'une vie et, éventuellement peut-être, le début d'une autre. Après la peur viendra toujours le néant.

Ne pouvant se permettre de laisser une telle créature allongée dans le couloir, Crane agrippa les bras de la femme et la traîna jusqu'à la porte de service la plus proche. Une fois la porte refermée derrière lui, il prit Deliverance dans ses bras. Surpris qu'elle ne pèse pas une tonne malgré tous les vêtements qu'elle portait, Crane descendit aisément les marches jusqu'au premier étage. Il espérait que le personnel de l'hôpital n'ait rien vu de la scène lors de leur bref passage sous les projecteurs. il préparait quelque chose pour Gotham, il ne fallait pas que tout soit gâché pour si peu. Une fois en bas des escaliers, il prit une carte magnétique de sa poche et la passa devant une petite machine émanant une lumière rouge. Lorsque celle-ci devint verte, Crane ouvrit la porte et jeta le corps de la jeune femme plus loin, dans un tas de boîtes de carton. Il allait rentrer, mais il devait faire quelque chose avant.

« Je ne laisserai pas passer cette chance. »

Prenant une petite seringue à l'intérieur de son veston, le docteur Crane en vida rapidement le contenu et piqua la jeune femme dans la cuisse. Un échantillon de sang lui permettrait de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce dont il avait été témoin ce soir. Une fois la seringue pleine, il s'éloigna du corps et retira son masque qu'il cacha dans son veston. Retournant à l'intérieur de l'hôpital, le Scarecrow redevint Jonathan Crane et retourna à la chambre du patient pour reprendre son travail. Il ne savait trop comment réagir à cette rencontre, mais une chose était certaine : cette chose était surnaturelle et cela allait lui être utile.
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MessageSujet: Re: A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]   Mer 6 Mai - 23:13

Le silence et le calme régnaient de nouveau dans ton esprit. Profondément endormie, tu n'étais plus consciente de ce qui t'entourait. Tu ne te sentis point emporter et déplacer, tu n'entendis pas la voix de cet homme et tu ne vis plus cet affreux épouvantail qui se plaisait à t'intimider et qui avait osé te droguer. Il se moquait de tes phobies, ça lui plaisait, il était fier de t'avoir fait passer un sale quart d'heure mais il était loin d'imaginer que tu étais habituée à t'angoisser : le destin avait choisi de te priver de rêves, te faisant cauchemarder depuis ton plus jeune âge. Tu avais fini par accepter ces mauvais rêves, ils te rendaient nerveuse mais seulement quelques uns faisaient que tu continues à te réveiller en sursaut et/ou à te priver du sommeil. Des songes où tu étais seule, où tu étais uniquement entourée de ténèbres qui s'ébranlaient jusqu'à devenir une puissante lumière d'un blanc immaculé, t'effaçant, te engloutissant avant de t'abandonner quelque part en ville, en pleine journée : tu disparaissais et tu finissais par devenir invisible aux yeux de ceux qui t'étaient chers, au yeux de tes animaux de compagnie.

Tous t'avaient effacés de leurs vies ; ils t'avaient oublié, il n'y avait aucune trace de toi dans ce monde imaginaire : tu n'étais plus, pour autrui. Les gens qui sont morts par ta faute et/ou en ta présence, comme ton ami Kyle ou ton ancienne patronne, Claris Smith, vivaient toujours et paisiblement : rien ne semblait avoir changé pour eux. Même ton adoré Alexander, le lévrier afghan que tu avais quand tu étais enfant était toujours vivant, ta mère ainsi que ton père adoptif. Tu ne voyais pas son visage, tu ne le connaissais pas mais tu savais qu'il devait être albinos, comme toi.

Voilà l'un de tes pires cauchemars, celui qui s'était frayé chemin dans ton âme jusqu'à ce qu'on te jette sur une pile de cartons, hors de l'hôpital. Tu ne t'es pas réveillée, malgré tout : tu ne ressentais rien, pas de douleur, pas de froid. Juste de la peur, de la solitude et une profonde tristesse qui rouvrait des vieilles blessures. Cependant,cette fois-ci une nouvelle séquence s'ajouta à ton cauchemar durant laquelle tu te trouvais face à une petite fille qui pleurait, une petite fille qui craignait le regard d'autrui et qui tenait un petit oiseau bleu entre ses mains : c'était toi, le jour où cette pauvre créature est venue dépérir sur tes coussins et que tu as été incapable de l'aider. Ce souvenir te serra le cœur, tu aurais aimé détourner le regard, fermer les yeux et chasser cette image d'antan mais tu ne fis que t'approcher de ton reflet en miniature.

Lorsqu'une des larmes de ton alter-ego s'échoua sur le plumage du corvidé, celui-ci se désintégra mais la petite fille pleurait toujours et ses sanglots ne semblaient vouloir cesser. Tu t'es arrêtée à un mètre d'elle, l'observant en silence : ton visage affichait de la tristesse, certes, mais, même si tu avais envie de pleurer aussi, tu en étais incapable – tu ne pouvais plus verser de larmes. Doucement, tu as pincé tes lèvres, frottant doucement l'un de tes bras – tu ne savais pas quoi faire, tu ne pouvais que la regarder. Tu aurais aimé la réconforter mais, quelque part, tu t'en sentais incapable. Tu as baissé les yeux regardant les mains de l'enfant : elle les tendit vers toi, t'incitant les saisir.

Pourquoi pleures-tu, Lys ? te demanda-t-elle au moment où tu as posé tes mains sur les siennes.

Je ne pleure point... je ne peux. répondis-tu, laissant que ta miniature entrelace tes doigts, serrant tes mains dans les siennes.

Tu es moi, je suis toi et, moi, je pleure les larmes que tu ne peux plus verser. Ceci dit, on peut pleurer sans avoir les yeux humides et c'est bien pire... Ton cœur s'est noyé dans cette peine que tu cherches à oublier, ton âme saigne encore et tes blessures ne semblent vouloir cicatriser, quoi que tu fasses, Lys. rétorqua-t-elle, te faisant te pencher avant de poser son front contre le tien. Elle te regardait dans les yeux. Malgré le fait que quelques perles salées ruisselaient sur ses joues, elle t'adressa un petit sourire, reprenant aussitôt la parole : N’étouffe guère tes émotions, exprime-les avant que tu n'en sois asphyxiée par leur poids : c'est un lourd fardeau dont tu peux te passer, désormais. Tu n'es plus seule, ne l'oublie pas.

Suite à cela, elle commença à devenir transparente, lâchant tes mains pour venir t'enlacer, te serrant aussi tendrement et fortement qu'il lui fut possible. Tu lui rendis son étreinte alors que le décor changeait, rasant la ville pour la transformer en une vaste prairie aux herbes hautes. De plus, tu redevins visible aux yeux de ceux qui t'étaient chers. Ils se tournaient vers toi, le sourire aux lèvres eux-aussi. Ton alter-ego défit son étreinte avant de lever les yeux vers toi, cessant ses pleurs.

Et au terme de la peur, il ne reste que le néant.
Réveille-toi.

Un long frisson parcourut ton échine peu moment que la voix du monstrueux épouvantail résonna dans ton esprit, suivie de celle de ton reflet qui chassa les fragments résiduels de la peur que tu avais éprouvé à cause de cette étrange substance qu'on t'avait injecté. Ainsi, tu ouvris les yeux, retrouvant les bruits de la ville. Des voitures de police passèrent devant l'hôpital, se dirigeant quelque part afin d'arranger et/ou d’envenimer un quelconque conflit, l'écho des sirènes et des klaxons des voitures roulant encore sur la chaussée de Gotham complétèrent cette désagréable symphonie que, pourtant, tu te réjouissais d'entendre à nouveau.

Lentement, tu t'es redressée, balayant la ruelle où tu te trouvais. Tu ne te souvenais pas d'être sortie de l'hôpital et une partie de ta mémoire était floue, tu n'arrivais pas à te souvenir de ce qui s'était passé peu après que tu entres dans la chambre de M. Thomas. Néanmoins, tu aurais été incapable d'oublier l'Épouvantail – du moins, son apparence. Qu'est-ce qu'il t'avait dit ? De quoi aviez vous parlé ? Qu'est-ce que vous aviez fait ? Était-il réel, au moins ? Tu n'en avais pas la moindre idée et, tu ne te souvenais même pas d'avoir été droguée. Tu n'avais pas dormi longtemps, une demi heure, tout au plus, mais ce fut suffisant pour recharger tes piles. À force de réfléchir, essayant de comprendre ce qui t'était arrivé, tu as fini par passer une main dans te cheveux : tu allais laisser couler, pour l'instant. Après un haussement d'épaules, tu as épousseté tes habits et tu es partie. Le sourire aux lèvres, tu as couru jusqu'au lieu où tu avais rendez-vous : tu étais en retard et ton client t'attendait depuis quelques minutes déjà.
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A midnight requiem : meeting with a vampire [Pv Jonathan Crane]
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