Batman Legacy


 
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  Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...

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MessageSujet: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Ven 13 Déc - 0:55


« « Il faut croire que vous l'êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici. »  »


J'ai envie d'un chapeau. Et c'est comme ça depuis hier soir. En réfléchissant à ce que j'allais mettre comme vêtement le lendemain, mon choix s'est porté pour une robe orange fluo à dentelle blanche, avec un jean vert pomme et des basket bleue. Jusque là, rien d’inhabituelle... Jusqu’à que je décide de mettre ma veste violette à rayure noire. Ça été la révélation. Il me fallait un chapeau. Pas n'importe quel chapeau. Il ma fallait un beau chapeau. Le genre de chapeau qui coute un salaire mensuel à la plèbe Gothamienne.
Le problème quand on vit seule en étant mineur, c'est qu'on a tendance à passer sur tout ses caprices, et par la même occasion, à devenir capricieuse, donc.

Donc, en me réveillant ce matin là la bave au lèvre après m'être tranquillement endormie dans mon large fauteuil en cuir (pourquoi croyez vous qu'il fait le double de ma taille?), j'ai mis mon magnifique ensemble, et j'ai quitté la maison  un paquet de bonbon en main en guise de petit déjeuné, après avoir activé Chibi Mao, le petit frère de Mao.  Je risque d'en avoir pour la journée, et ils ne seront pas trop de deux intelligence virtuelles pour protéger mon empire informatique.

J'ai a peine fait dix pas qu'il y a déjà trop a voir. Le chien du voisin qui aboie à l'autre bout du square, un enfant derrière une fenêtre regardant ce même chien en rigolant, le livreur de journal ratant lamentablement son jet, perturbé par mon ensemble rayonnant. seize feuilles tombant simultanément des arbres dans mon champ de vision, une femme disparaissant au coin de la rue et un chat, gros et noir, caché sous la voiture de Madame Smith, ses yeux ne quittant pas le chien. Même si je ferme les yeux, ça ne changera rien, le bruit et les odeurs ne sont pas en reste. Tout ce que je peux faire, c'est mettre mes écouteurs, la musique assourdissant tous les autres son, tandis que Beethoven vibre dans mes oreilles. Sans cela, la moindre sortie deviendrait si éreintante...
Est-ce que j'ai besoin de préciser que je lis sur les lèvres ou vous avez fini par capter sans que j'ai à le répéter dix fois que je suis un génie?  

Même en gardant les yeux fixés sur le sol et avec une frange me bouffant la moitié du visage, je ne peux m’empêcher d'analyser le goudrons pour comprendre ce qui le compose et calculer depuis combien d'années chaque chewing-gum y est collé. Ma vie est passionnante, imaginez ce que ça donne quand j'ouvre un paquet d'm&m's. Heureusement, j'arrive bien vite à l'allée commerçante, légèrement vide en cette matinée de mardi. Vous pensez bien que, ça aussi, je l'ai calculé, non?
Cependant, les heures passent sans que je n'arrive à trouver quelque chose qui me plaise. Soit c'est trop moderne, soit ce n'est pas assez coloré. Pourtant je cherche, je fouille, je m’agace, et après la sixième vendeuses envoyées sur les roses, je m'en vais alors qu'on me menace d’appeler ma maman. S'ils veulent se lancer dans la nécromancie c'est leur problème, pas le mien.

C'est plutôt agacée et remontée que j'arrive finalement a Bowery. Je sais qu'on y trouve un magasin de chapeau. Je sais aussi qu'il y a de drôles de rumeurs qui circulent à demi-mot sur le net. Enfin, "drôle", je me comprends. Il  parait que le vendeur est un excentrique. Je ne demande qu'a voir. C'est vague, très vague, mais je suis de ceux qui pensent qu'il n'y a pas de fumé sans feu. Quand on travail dans l'information, il faut savoir se montrer curieuse de tout... Cela fait un moment  que je me dis qu'il me faudrait venir voir de mes propres yeux, et c'est justement l’occasion. Si en plus je trouve un chapeau qui me plaît, c'est parfait.
C'est si compliqué un chapeau rouge saturé a rebord  noir?

Le bâtiment est ancien. Moins que la boutique,  mais j'y trouve ici et là les marques du temps. Une boutique familiale, sans aucun doute. L'ambiance y est très... Britannique, à la fois austère et raffiné, bien que rustique. Ça me va, ça me fait penser à la maison. Puis les chapeaux sont beaux. Je pousse alors la porte d'entrée, tandis qu'une petite clochette sonnaille, indiquant mon intrusion. Je ne l'entends pas à cause des écouteurs, mais je la vois bouger. Tant mieux, pas besoin de tousser pour signaler ma présence. Ni vendeur, ni chapelier. Peut-être à l’arrière boutique? Tant pis, je prends quand même la parole, enlevant mes écouteurs rose pailleté un à un...

- Bonjour, Je prends ma voix de petite fille, celle qui fait vomir des arc-en-ciel, je cherche un chapeau...

En même temps, si je venais ici pour trouver un imperméable, je commencerais à m’inquiéter sur ma santé mental déjà suffisamment menacée...


Dernière édition par Li Wei Zheng le Ven 20 Déc - 15:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Ven 13 Déc - 12:24

Que pouvons-nous dire du Hat Shop ? C'est un commerce banal, qui fut dirigé par la famille Tetch avant d'être léguée à l'unique rejeton : Jervis Tetch, anglais d'origine et malheureusement doté d'une taille ingrate. Le bâtiment était vieux, usé, défraichi, mais l'intérieur était bien plus agréable qu'il n'y paraitrait. Alors que l'enseigne de la boutique était un chapeau haut-de-forme lumineux vert et que la structure semblait vouloir s’effondrer, l'intérieur était tout autre, plus propre, plus entretenu, et même de jolies fondations architecturales en bois.
L'intérieur était une assez jolie petite boutique, dans le plus pur style anglais traditionnel. Un comptoir en bois de chêne trônait au milieu de la pièce tandis que de nombreux mannequins portaient des chapeaux de toute apparence, de toutes tailles, de toutes couleurs. Excentriquement vôtre bien entendu. Nous avions de tout ! Différents chapeaux, de toutes les origines, de toutes les formes, pas un chapeau ne manquait à la collection de Jervis Tetch. La plupart était en provenance même des voyages que la famille Tetch avait rapportée. Pas de chichis entre nous, on travaillait du chapeau par ici, et c'était bien plus qu'une histoire d'amour de chapeaux.


N'y avait-il que des chapeaux pour rendre les gens méchants ? Les chapeaux tuaient bien sur ! Ils forçaient les gens à accomplir des choses horribles. Oh bien sur ! Il paraitrait que les gens étaient eux-mêmes capables du pire par eux-mêmes et sans chapeaux ! Quelle aberration navrante. J'étais sur et certain que nous étions tous dirigés par des chapeaux invisibles qui nous dirigeaient et nous faisaient faire ... Des choses horribles.


Mais là n'est absolument pas la question. La matinée venait de commencer et je venais de finir de m'habiller. Vêtu de mon fidèle chapeau et de ma tenue de Chapelier Fou, j'étais descendu à mon laboratoire personnel pour continuer à travailler sur mes drogues et mes différents résidus de contrôle mental. Oh bien sur, le travail de Dollmaker m'avait bien aidé. J'avais réussi a intégrer les paroles dans les puces et les sujets étaient capables de parler. Ce n'était que quelques balbutiements mais ça marchait ! Il fallait juste améliorer ça et donner une dose de drogues plus forte. Bien entendu, j'avais ma petite réserve de thé personnelle pour améliorer l'écoute de mes hommes de main. Et cela marcherait.

Après plusieurs essais, j'en étais arrivé à la meilleure des réalisations ! Des puces de contrôles mental avec possibilité de parler et de m'offrir la meilleure des sensations de contrôle. Il me fallait maintenant passer à une autre étape de ma vie, devenir un vrai criminel et bien entendu, avoir moi aussi une part importante de contrôle dans Gotham City. C'était tout bonnement injuste au final, je n'avais même pas le droit d'avoir mon mot à dire. Je me faisais braquer, racketter, voler, tout ça, c'était fini.

Alors que je passais en revue mes troupes, enfin le peu d'hommes de mains à mon actif dans le Hat Shop, je faisais les cent pas devant mes hommes contrôlés. C'est alors que la sonnette retentit et une image me fut donnée grâce à la caméra de surveillance à l'entrée. Ce n'était qu'une gamine, une jeune fille qui venait surement voir la mode actuelle en chapeaux ? Intéressante idée. Elle pourrait servir pour ma démonstration. Je retire mon tablier et je remet ma veste verte de Chapelier Fou.


La pièce d'entrée était, en plus d'être parsemée de chapeaux, enduite d'une espèce de halo vert sombre. Une rare lumière jaune aussi, mais sous les quelques tableaux représentant la famille Tetch. Une espèce d'hommage aux prédécesseurs de ma famille surement. Je n'avais jamais compris cette idée égocentrique que mon père avait pour lui-même. Ouvrant la porte qui donnait sur la pièce centrale, je vis la jeune fille, qui était encore un peu plus petite que moi avec mon un mètre soixante. Je ne pouvais que bien l'accueillir dans cet antre qui m'appartenait. Le bruit de mes bottes résonnait sur le plancher de bois.


"Bienvenue chère demoiselle ! Vous cherchez un chapeau ? Mais je vais vous aider, cependant, il me faudrait vos gouts, vos demandes et votre façon de vous habiller. Un chapeau se doit d'aller à son propriétaire n'est-ce pas ? Ce sont les chapeaux qui choisissent leurs maitres Hihi."

Dis-je avec un immense sourire démesuré. Bien entendu, cela faisait parti de mon petit folklore. J'étais un spécialiste vous dis-je ! Vous ne pouvez pas comprendre l'importance du Chapeau ! De sa magnificence, de sa prestance, le chapeau est un être vivant, comme vous et moi. Je déploie mes mains vers l'ensemble des chapeaux présentés.


"Baladez-vous et observez, cherchez et vous trouverez. Voulez-vous un peu de thé pour accompagnez votre choix ma chère ?"

Il y'avait juste à côté du comptoir, un petit réchaud à gaz pour la bouilloire. Histoire de patienter avec du thé l'arrivée de clients imminents, ou non. De simple manière, disons tout de suite qu'une vie sans Thé, avait beaucoup moins de charmes qu'il n'y paraissait. Alors que je me dirige vers le comptoir, j'observe la jeune fille d'un discret regard. Elle semblait être une de ces "punks" qu'on croise souvent.

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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Ven 13 Déc - 13:48


« « Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?»  »

Il a beaucoup à voir dans cette boutique. Mais quelque chose me dérange. Quelque chose que je n'arrive pas à analyser. Je fronce les sourcils. Les rumeurs ont donc bien une source, maintenant, il faut que je trouve pourquoi et comment. La curiosité est un vilain défaut. J'entends des bottes approcher, raisonnant sur le parquet qui grince légèrement. Au son et à la lourdeur des pas, je devine un homme de petite taille, car les chaussures me semblent particulièrement lourde. Des talons? Des hauts talons alors.  De très petite taille. Cela pique ma curiosité.  
Je tourne le regard et... J'ai devant moi un personnage de conte.

J'attendais de l’excentrique, et je suis copieusement servis. Un chapelier... Fou. J'ignore si son esprit est aussi dérangé que l'es celui de Lewis Carroll, mais sa tenue en tout cas me donne l'impression d'avoir fait halte au pays des merveilles. Je souris malgré moi, alors qu'il prends la parole, un sourire digne du chat de Chester au visage.
Je lève un sourcil, j'arrive pas a savoir si je dois rire ou m'enfuir. Dans de telle situation, la relation entre l'enfant et le génie devient conflictuelle...

- Bienvenue chère demoiselle ! Vous cherchez un chapeau ? Mais je vais vous aider, cependant, il me faudrait vos goûts, vos demandes et votre façon de vous habiller. Un chapeau se doit d'aller à son propriétaire n'est-ce pas ? Ce sont les chapeaux qui choisissent leurs maîtres Hihi.

Ah bon? Je savais que c'était le cas pour les chats, qui choisissent toujours leur propriétaire, mais pour les chapeaux? Cette idée me semble aussi abstraite qu'illogique, me faisant froncer les sourcils alors que je cherche une réponse métaphorique pouvant expliquer cette logique. Admettons, tous les chapeaux ne vont pas à tous le monde (d’où l'expression avoir "une tête à chapeau"), par conséquent, on peut en effet retourner la situation en ne disant pas que c'est toutes les têtes qui ne vont pas à tous les chapeaux, mais plutôt les chapeaux qui choisissent leurs têtes. Hypothèse concluante, je l'accepte et mon visage se décrispe.
Ajoutant les gestes à la paroles, il étend ses bras pour me montrer l'ensemble des chapeaux présent, avant de continuer.

- Baladez-vous et observez, cherchez et vous trouverez. Voulez-vous un peu de thé pour accompagnez votre choix ma chère ?

Du thé. Il est rare que j'en bois, ou avec tellement de sucre qu'au final c'est plus du sirop qu'autre chose. Je suis plus grenadine, chocolat chaud et soda. Que voulez-vous, ma maturité excessive n’atteint pas mon palais. J'ai des goûts d'enfant, ce qui fait que je me gave de sucrerie toute la journée, sans prendre un gramme naturellement.

- Pourquoi pas. Tant que vous avez du sucre...

Voir toute la sucrière. Suivant ses conseils, je m'en vais regarder les chapeaux, cherchant celui que je veux. Je les ai déjà tous observées en arrivant, naturellement, puisque je n'ai aucune inhibition latente, mais par habitude, j'ai appris à m'adapter à la lenteur des autres. Tout en flânant, je réponds à sa question, faisant mine d'observer les chapeaux.  

- je cherche quelque chose de coloré... Arc-en-ciel serait le mieux, mais rouge et jaune, ou violet et fushia m'iraient très bien. Mes goûts sont colorés, tout comme mes vêtements. Il n'y en a jamais assez...

J'attrape un chapeau qui me semble convenable et je l'essaie. Mon impression que quelque chose ne va pas s'accentue, alors que je fronce les sourcils. C'est... Étrange. C'est comme... Je n'arrive pas à mettre un mot dessus. Je retire rapidement le chapeau, le tournant entre mes deux mains, cherchant... Je ne sais pas, quelque chose. Je l'analyse, comme j'analyse tout. Sa taille, ses composant, son poids. Ça ne va pas, il y a quelque chose qui cloche. Mais inutile de crier au loup maintenant. Pas sans savoir pourquoi.
Je remets le chapeau en place sans un mot.

- C'est de l'artisanal je suppose? Commençais-je en tournant le regard vers le chapelier. J'ai toujours été passionné par les artisans.

C'est a moitié sincère. En vérité, je me passionne pour tout, mais je me lasse vite, très vite. Il faut toujours de nouvelles choses sur quoi me pencher, car une fois que j'en ai compris l'intégralité et que quelque chose n'a plus aucun secret pour moi, je m'en détourne. Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas de cette boutique, de son chapelier, de ses chapeaux. Ils me captivent...
Et c'est plutôt mauvais signe.
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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Sam 14 Déc - 14:50

Les Chapeaux sont nos amis, ils le sont et seront toujours. Dans un coin de ma boutique, j'avais toute une collection que j'avais stocké il y'a longtemps. Cela allait du tricorne de Benjamin Franklin, au chapeau de Barbe Noire, en passant par les chapeaux d'Orient ou ceux d'Europe. C'était une collection, une affection particulière pour un objet certes classe, mais parfois bizarre. On pouvait vraiment m'accorder ce patronyme de Chapelier Fou, en effet, et j'avais hélas la même folie que mon mentor.
Savez-vous, honorable lecteur, d'où ce proverbe "Fou comme un Chapelier ?" C'est tout simple. Jadis, les chapeaux avaient dans leur confection, une substance nommée Mercure. Les Chapeliers l'utilisaient pour créer et améliorer le tissu de leur travail. Malheureusement, l'exposition au Mercure était bien réelle, et les chapeliers en perdirent aussi la tête. Voila la grande raison du pourquoi du comment, cher lecteur. A ceci près, Lewis Carroll, que Dieu ait son âme, aimait tout particulièrement les chapeaux, et c'est en perdant un de ses hauts-de forme au cours d'un jeu avec les filles Liddell, qu'il créa ce personnage du Chapelier Fou pour illustrer les aventures d'Alice au Pays des Merveilles. Quel doux génie.


Petite chose amusant qui surprendra surement la clientèle, chez Tetch and Hats, nous avons des chapeaux qui vous aspirent le cerveau. Enfin, c'est une façon de parler, mais ces chapeaux ont des petites surprises cachées en eux. Des puces de contrôle mental qui offrent à la personne une joie immense ! Celle de devenir un véritable petit zombie sous mon contrôle. Oh bien entendu, ce ne serait pas drôle pour la victime, mais pour moi si. C'était une mode des chapeaux, une de mes modes ! J'étais un génie, un précurseur, et il me fallait du thé.

Me dirigeant vers le comptoir, je sors la sucrière avant de verser des perles de sucres dans deux tasses et enfin, je sors deux sachets de thé spécial : Ma spéciali-thé hein. Grand sourire sur le visage, je mis la bouilloire sur le petit réchaud.


"Le Thé sera bientôt prêt, mademoiselle."

Elle semblait regarder les chapeaux. Elle voulait un chapeau excentrique, un chapeau agréable, un chapeau qui illuminait de ses couleurs flashy une ville sinistrement grise et terne, sans amour, sans beauté. Je dois avouer qu'elle avait des gouts parfaits. S'appelait-elle Alice ? Serait-elle Alice ? Elle avait des cheveux noirs, elle ne pouvait pas être Alice, oh que non. Il faudrait la teindre en blonde et elle avait besoin d'une bonne coupe de cheveux n'est-ce pas ? Oh faites qu'elle s'appelle Aliiiiice.

Revenant aux moutons qu'on appelle "gens" et aux armes de destructions massives que sont les "chapeaux." La jeune asiatique semblait se demander de quelle provenance ils étaient issus. C'étaient mes bébés et j'en étais absolument fier, tel un père pour ses petits face à ces merveilleux enfants. Les chapeaux sont les enfants du futur. Alors que je dispose l'eau chaude dans les tasses, qui elles sont sur un petit plateau, je m'avance vers la jeune fille avec le thé.


"Confection artisanale, fait par mes propres soins, très chère. Du Thé ?"

Il y'avait tellement de chapeaux qu'il faudrait plusieurs mois pour se décider. Cela passait de n'importe quel style à son courant opposé. Chacun d'entre eux avait sa propre histoire, sa propre création, sa propre origine et c'était ce qui était magnifique. Chacun racontait son histoire, et moi je racontais mes histoires aux chapeaux, et les chapeaux m'aidaient à raconter mes histoires aux gens. C'était la loi naturelle ! J'étais fait pour diriger des armées de chapeaux, et les collectionner tous. Comme les gens.
Mais dites voir ? Quelle est l'heure du thé au Pays des Merveilles ?
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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Dim 15 Déc - 16:52


« « - La question est de savoir si vous pouvez obliger les mots à vouloir dire des choses différentes.
- La question est de savoir qui sera le maître, un point c'est tout.»  »

Je n'aime pas être si loin de chez moi. Je me sens... Aveugle. L'absence d'informations a tendance à me rende anxieuse, voir irritable. Je suis restée trop longtemps loin des autres, en sachant tout d'eux sans qu'ils n'en sachent rien. Je meurs d'envie de rechercher tous les antécédents de cette boutique, jusqu'au moindre de ses secrets, de connaître jusqu'au premier prénom du propriétaire, de savoir l'age de l’architecte en charge des travaux, de voir tout ce que je pourrais apprendre sur ces lieux, au-delà de simples bavardages sombres et flous. Et pourtant, pourtant... Je sais que c'est une pulsion uniquement guidée par ma vanité, par l'habitude du pouvoir. Je suis une "miss-je-sais-tout", j'aime savoir pour savoir. J'aime la connaissance par simple besoin d'en avoir toujours plus, par cupidité, c'est le principe même des surdoués. Je ne suis pas curieuse, c'est bien pire que ça, j'aime tout savoir pour avoir le contrôle. Pour prouver que je peux tout savoir, contrairement aux autres. C'est indiscret, malsain et parfaitement despotique.
Mais le savoir est le pouvoir, quiconque dit le contraire est un idiot.

- Le Thé sera bientôt prêt, mademoiselle.

J'aimerais vous dire que je suis surprise, et que ses paroles me sortes de mes pensées, mais ce n'est pas le cas. Il est difficile de me surprendre par les sens. Il a beau être loin de moi, j'entends tout ce qu'il fait. Le bruit de l'eau bouillant doucement, du petit tintement de la cuillère sur la porcelaine de la tasse, tandis que le sucre tombe doucement, tintant à son tour. Je ne dis rien, je suis habitué. J'ai grandis en voyant le monde ainsi, pour moi, c'est ça, la normalité.
Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que je me trompais.    

- Confection artisanale, fait par mes propres soins, très chère. Du Thé ?

Fit le chapelier, une fois à mes cotés, plateau en main. Je pris une tasse avec un petit sourire, faisant un signe de tête en guise de merci, y réchauffant un instant mes mains qu'aucune pair de gant ne protège de l'hiver s'installant doucement à Gotham. Je note cette information dans ma tête. Confection artisanale. Le problème vient peut-être de là? A creuser.

- C'est... J'allais dire "fort aimable à vous". Trop polie pour une gamine. Gentil. Merci monsieur.

Dans la plupart de mes statistiques, à 70% des cas, c'est mon langages qui me trahis, suivit de loin par mon regard, puis par mes attitudes. Je dois continuellement faire attention aux mots que j'emploie, à la façon dont je me tiens. A mes habitudes. Je doute qu'un simple chapelier fasse attention à cela, mais il vaut mieux ne pas prendre de mauvaises habitudes. Les enfants n'utilisent pas des mots d'adultes, ou suffisamment peu pour que personne n'y prenne garde. C'est une véritable mascarade à laquelle je me déshabitue trop vite en restant terré chez moi.
Comme dans un terrier.

Les arômes du thé comblent mon odorat, alors que je les identifies machinalement, tout en continuant ma recherche. Je dois l’avouer, cet homme sait choisir son thé. A la maison il n'y avait que du thé au jasmin, maman en buvait tout le temps. Si l'odeur est tentante, je ne bois cependant pas encore, ne tenant pas à me brûler. Je préfère continuer a flâner en chantonnant tranquillement du Chopin ("Fantaisie Impromptu", connaissez-vous?). Pour information, je dénote la présence de 58 chapeaux de tout type, dont une majorité écrasante de haut-de-forme. C'est impressionnant. Même pour mes capacités de perceptions. J'ai du prendre au moins... Cinq minutes pour tous les examiner. J'en ai d'ailleurs vu un qui semble parfaitement répondre à mes attentes: Un haut-de-forme blanc de petite taille, entouré de volumineux rubans en tulles colorés et suturés, finissant par un large nœud papillon au centre duquel se trouve une fleur en tissu noir. Un ruban pour chaque couleur de l'arc-en-ciel. Il est tellement beau que j'en oublierais presque ma méfiance et cette étrange impression latente que quelque chose ne va pas. Volontairement, je vais directement vers ma trouvaille, faisant mine de flâner qu'un instant, mais en ayant déjà assez d'attendre.
Oui. Capricieuse.

- Lui. Lui, il me semble parfait! Dis-je résolue, le prenant de ma main libre, le faisant même tourner un instant entre mes doigts, calculant son poids, ses matériaux, sa composition. Je fronce des sourcils, encore. Toujours, quelque chose me bloque, mais quoi? Il faut que je rentre travailler sur la question ou je vais finir par me trahir.

Il est plutôt masculin, mais un chapeau de femme ne m'irait pas. Jouons le franc-jeu, je n'ai rien de féminin, hormis ma jupe. Je n'ai aucune courbe, aucune poitrine, et mes origines asiatiques font de moi l'androgyne par excellence. Je suis en retard, bien en retard sur ma croissance, et c'est à peine si on me donnerait onze ans. Je le sais bien, mais ça ne m’inquiète pas vraiment. Au contraire, les voisins sont plus enclin à me croire, quand je dis que ma maman travaille tard la nuit. Parce qu'une gamine de dix ans ne peut pas être autonome. Mon corps n'a jamais été mon atout principale.
Il me reste deux ans avant de réellement devoir m’inquiéter d'être toujours... Une fillette.

Finalement, je pose le chapeau sur ma tête. Prenant enfin le temps de touiller mon thé avant d'y goûter. Parfumé, mais trop peu sucré. Quelques culière de plus n'aurait pas été de refus. Mais je suis polie (ou presque), je ne dis rien. Le chapeau est plus important que le thé. Me tournant vers le chapelier, je cherche son avis avant de partir vers un miroir. Quoi de mieux que l'avis de l'artiste pour savoir si cela va?

- Alors, qu'en pensez-vous?

Un avis extérieur? Oui, oui, cela peut être utile. Parfois, ça aide à voir ce qu'on ne voit pas soit même. Bien que ce soit rarement mon cas, mon génie excessive parlant pour moi.
Et non, je ne me lasse pas de mon absence totale de modestie.


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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Mar 17 Déc - 15:34

En tant que vendeur de chapeaux, je vous aurais certainement bien conseillé, même que trop bien conseillé au niveau du chapeau, des couleurs, des accessoires et bien entendu pour tout ce qui était de la confection, du soin à suivre et de l'entretien continuel. Car oui, un chapeau c'est comme un être humain, il faut l'aimer, en prendre soin, lui donner à boire, à manger, et le laver. Il faut toujours en prendre soin, sinon, ils finiront par tous nous tuer, nous égorger, ils en étaient capables. Ils ourdissaient les plus vils complots. Par exemple, le Chapeau de Napoléon Bonaparte, un bicorne d'une grande beauté, dont l'Empereur prit soin jusqu'à sa mort, mais il faut savoir le véritable aspect de l'Histoire. C'était CE chapeau qui avait insufflé son génie à Bonaparte, il lui avait donné sa sagesse, son esprit tactique, son pouvoir, sans cela, le petite Napoléon serait rester un petit homme dans l'Histoire !
Voila ce dont on se souviendra de Jervis Tetch : L'homme qui murmurait aux oreilles des chapeaux et qui les comprenait. J'avoue que pour mériter ce genre de titre, il fallait perdre assurément tout sens de la vérité et de toute sa santé mentale. Mais consolons-nous, caloo calaie, le vin est prêt, et l'avenir semblait si radieux. Revenons à nos petits lézards et observons la scène.

La jeune fille s'était hasardée sur un de mes nombreux ouvrages, une de mes créations dont j'étais certes le plus fier. Souriant, je regarde attentivement la scène en offrant et en posant le petit plateau à thé sur la petite commode. Scintille scintille ô ma chauve-souris, où vas-tu donc dans le gris de la nuit ? Tu scintilles dans le ciel d'été comme un petit plat à thé. Scintille, Scintille chantait le Chapelier Fou du conte éponyme de Lewis Carroll. Et je faisais une grande joie d'être son sosie, aussi physiquement que mentalement.

Le couvre-chef de la jeune fille était maintenant sur la tête, laissons là en profiter avant de la passer sous contrôle. Elle me demanda mon avis ? Etonnemment, c'était la première fois qu'on me demandait quelque chose dans ce monde d'adultes sans coeur, et c'était une jeune fille qui me faisait cet honneur. Ô Caloo Calaie ... Pourquoi le destin est-il si cruel ? Dois-je réellement placer cette jeune fille sous ma coupe ? Doit-elle subit quelques tortures ? Elle pourrait être Alice, elle pourrait l'être, une coupe de cheveux ... Une teinture. Elle pourrait être Alice et m'accompagner à jamais dans un délire Carrollien des plus tendres.

Non. Pensais-je dans ma tête. Mon sourire se changea en une moue légèrement triste. Elle ne méritait pas de finir comme ça, elle ne méritait pas de mourir de ma main, elle méritait de vivre, et je l'appréciais. Elle semblait si détachée de ce monde, comme un ange, une déesse de l'aléatoire.


"Il vous sied parfaitement au teint et à votre physique, ma chère."

Dis-je avec un grand sourire sur le visage. Il n'était pas question que je la transforme en zombie. Je pourrais, tester, pendant quelques temps, ce sentiment "d'amitié" que je venais de redécouvrir. Peut-être que je pourrais vivre une vie normale ? Peut-être que je n'étais pas obligé de devenir fou, fou d'être ami avec elle oui ? Fou de cette nouvelle amitié ? Ou peut-être que nous passerions du temps ensemble, à boire du thé en l'honneur de nos folies traditionnelles ? Peut-être ... Voyons comment cela pourrait marcher. Je dévoila alors en tirant sur un petit cordon dissimulé, un petit intérieur personnel pour prendre le thé.


"Je vous offre le chapeau très chère, et je serais ravi de vous avoir à ma tablée, si cela ne vous dérange pas."

Il y'avait dans ce petit coin dissimulé, un joli petit endroit entouré de plantes, d'herbes et une simulation d'une forêt. Au milieu de la pièce se trouvait une petite table, avec un service à thé, des chaises et deux peluches : Une du Loir et une du Lièvre de Mars. Quand on est dans une folie, autant y rester et en faire sa passion, n'est-ce pas ? Je prend le plateau à thé avant de me diriger vers cette petite pièce agréable, tiède, mais jolie.


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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Mer 18 Déc - 0:41


« « Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté...»  »



J'ignore pourquoi, mais alors que j'attends l'avis du Chapelier, son regard et son attitude change. De joyeux, il passe à une moue presque triste, toujours en me regardant. Je penche la tête sur le coté. Je cherche la raison. Le chapeau? Non, non, son regard ne s'y est pas assez attardé. Sa pensée est centrée sur moi, je suis la cause de cette mine triste. Pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai beau retracer la moindre de mes paroles, le moindre de mes geste, je l'ignore, et je n'aime pas cela. Je déteste ne pas comprendre. Je dois tout comprendre. Parce que je suis faite pour tout comprendre. Je suis née comme ça, je comprends tout ce que ce monde a à me donner, que cela aille de la physique quantique, au jardinage. J'analyse tout, je peux tout apprendre. Sauf la compréhension du comportement humain. Leurs attitudes, leurs pensées, leurs réaction sont si... imprévisibles. Ils ne suivent pas ma logique, ils ne suivent pas un profil type jusqu'au bout, ils sont tellement éloigné de moi, par un gouffre qui je ne pourrais jamais traverser. Génie ou non.
Il n'y a rien d’étonnant à ce que la plupart d'entre nous finissent mal. La jalousie, la solitude, et pour finir, la tristesse, tout cela nous rend amer. La normalité ressemble à un rêve inaccessible, a quelque chose qu'on n'en vient inévitablement à jalouser dans nos moments de peine, puis a envier en secret dans un bref sursaut de lucidité, avant que  tout cela ne devienne qu'un amas de haine, froid et calculé, tandis qu'on se drape dans notre génie pour cacher nos pleures. Ce n'est qu'une question de temps avant que cette petite voix vienne murmurer doucement, tout doucement a nos oreilles... "Et si je me vengeais?". Oui, et si... Et si...
Le génie n'est pas un don, juste un fardeau duquel on s’enorgueillit pour ne pas pleurer.

- Il vous sied parfaitement au teint et à votre physique, ma chère.

Je rougis violemment. Il m'a pris au dépourvu. On ne me complimente jamais pour mon physique ingrat, et puisque je cache mon intelligence, au final, on ne me complimente tout simplement pas. Son sourire réapparaissait sur son visage. Un peu prise prise par surprise, j’essaie d'y répondre, mais mes sourcils restent froncés, je reste perturbée dans ma démarche de réflexion, ne sachant plus sur quel pied danser. J'ai une facilité d'adaptation assez impressionnante... Tant que je comprends et analyse tout, ce qui n'est plus le cas. Là, je suis perdue. Je déteste ça. Au final, j'ai un sale caractère.
Heureusement, sans le savoir, le chapelier m'aide à reprendre pied en tirant sur un cordon jusqu'alors dissimulé, ouvrant l'accès à une petite pièce. Ça, je peux le comprendre. L'analyser. Je regarde alors la corde, puis remontant, j'en comprends le mécanisme. Intéressant. Sophistiqué. J'avais raison depuis le début! Il y a bien quelque chose de bizarre ici. On ne construit pas une pièce cachée dans une boutique de chapeau habituel. Je m'approche alors pour regarder la pièce, toujours maladivement curieuse. Herbe haute, plantes, lièvre de Mars et thé. Le délire du chapelier fou est poussé loin. Mais il faut tout de même l'avouer, c'est charmant, bien que particulièrement singulier.
Excentrique ou non, j'en arrive à la conclusion que le chapelier est fou. Mais le génie côtoie souvent la folie, aussi n'ai-je pas peur. Pour peu qu'il évite de me tuer, ça me va... Et puis même s'il venait à le faire, tant pis. La mort n'est rien de plus qu'une fatalité, une fois mort, de toute façon, il est trop tard pour s'en plaindre. Mon génie sera gâché, c'est tout, mais ce ne serait pas la première fois qu'un génie meurt injustement en ce monde.
Je ne suis pas réaliste, juste fataliste.

- Je vous offre le chapeau très chère, et je serais ravi de vous avoir à ma tablée, si cela ne vous dérange pas.

Je ne me vois pas répondre non. D'après mes calcules, c'est une mauvaise, bien que rationnelle idée. C'est probablement ce que ferait une personne de moins intelligence (ça, et courir en criant). Mais reprenons l'analyse: Le fait de me montrer cette salle, une pièce cachée et probablement intime, montre que j'ai gagné sa confiance. Il m’estime, j'ignore pourquoi, mais c'est le cas. Fuir, refuser, décliner reviendrait à trahir cette confiance, ou toute autre sentiment découlant de cela. Donc de le blesser. Cependant, rappelez vous, quelques lignes plus haut, j'en ai conclu que notre ami chapelier était, comme son modèle, totalement fou. La folie est imprévisible, dangereuse et irrationnelle. On ne blesse pas un fou. Je prends moins de risque en acceptant qu'en fuyant. Et puis, je n'ai pas peur. Ni de lui, ni de sa folie. Je n'ai aucune raison d'avoir peur, il est excentrique mais... Gentil? J'ignore si c'est une généralité, mais je me fiche des généralité.
Je suis naturellement une exception, après tout.

- Aucunement, j'accepte avec plaisir, Chapelier, c'est la moindre des choses, en échange d'un si beau chapeau.

Fis-je avec un sourire que j'aimerais croire sincère. Mais je n'ai rien de sincère, tout chez moi est calculé, mesuré et analysé. Je n'y peux rien, je présume que cela fait partie de ma personnalité. Ma folie personnelle.
Je rentre donc dans la pièce. Elle n'a qu'une sortie. L'air est moite, presque tiède, mais c'est paisible, joli. J'ai presque l'impression d'être ailleurs, l'espace d'un instant. Un petit coin du pays des merveilles. Si un lapin blanc venait à sauter devant moi avec une montre à gousset, je n'en serais pas surprise.
Je m'en vais m'attabler avec le sourire. Je l'avoue, cela m'amuse. Je présume que je dois un sentiment dû à mes relents d'enfance. Je n'ai jamais été une enfant, cependant, il m'arrive, par moment, d'avoir des piques de puérilité. Généralement, je trouve cela agaçant, car ça me renvoie ma faiblesse, ma "jeunesse", en pleine figure. Cependant, pour une fois, je suis contente d'être jeune. D'être une gamine.
Juste pour pouvoir m’émerveiller de ce que je vois, là où tant d'autres auraient peur.

- Je pense qu'il est peut-être temps de vous donner un nom à mettre sur ce visage. Je m'appelle Li Wei, enchantée, Chapelier.

Je regrette presque de ne pas m’appeler Alice. Mais de vous à moi, je tiens plus du Chat de Chester, qui, si on oublie son sourire inquiétant, est probablement le plus censé des fous: celui qui porte sur le monde des merveilles un regard moqueur et ironique, ne tombant alors pas dans ses travers et sa folie du temps.
Mais, savez-vous au moins ce que veut dire Li Wei, en chinois? Jolie rose. J'ai toujours trouvé cela d'une ironie haineuse. La rose n'est plus une jolie plante, en vérité, elle tient plus de la mauvaise herbe. Elle n'a aucun mal à pousser, ne demande pas beaucoup de soin, et s'étale avec une facilité déconcertante. Mais elle sent bon, alors même si ses épines sont cruelles, on lui pardonne. Parce qu'elle est belle. Mes épines sont féroces, mais ma beauté inexistante. J'ignore si ma mère le savait, en m’appelant ainsi, mais j'ai toujours pensé que oui.
Elle était aussi sournoise que belle. Alors, je lui pardonnais.

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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Mer 18 Déc - 15:47

Un si beau chapeau pour un si joli visage ? Peut-être. J'étais un de ces fanatiques en manière de mode de chapeaux. Pour moi, le chapeau devait refléter l'apparence du personnage. Ce n'était pas une question de gouts, mais de liens physionomistes. Si le Chapeau est un chapeau feutre et que le quidam est obèse, mange des donuts, et qu'il travaille dans la police, le chapeau lui ira à coup sûr ! Tout est question de normalité et de complémentarité. Pour ma part, mon chapeau était le parfait représentant de ma folie. Douce, Folle et excentrique. Mais quand on était fou, ce n'était qu'une question de temps avant de sombrer définitivement dans la folie dure, celle qui rendait les gens terriblement atteints, irrécupérables, détruits.

C'est alors qu'elle dévoila son nom : Li Wei.


C'était courut d'avance avec ses origines. Mais en quelque sorte, je m'y attendais. Mais dans Li, il y'avait le Li caractéristique à A"Li"ce. Ce serait assez joli en fait, amusant même en quelque sorte. Mais elle ne serait jamais Alice, non non, elle était trop folle pour l'être. Alice était une petite fille normale perdue dans la folie, Li, elle était déjà dans la folie. A la limite, elle pourrait être une alliée, une amie, une confidente, cependant, je ne devais pas lui faire le moindre mal. Pourtant, elle aimait le thé, elle l'aimait et cela me faisait plaisir. Elle siégea alors dans mon petit espace personnel, en compagnie du Loir et du Lièvre de Mars. Je ne pouvais m'empêcher à la voir habillée en Alice, mais ça ne lui irait pas, jamais. Elle n'avait pas la stature, ni la mentalité. Elle avait cette folie de la jeunesse, pas la normalité d'une petite fille modèle.

M'asseyant à la tablée, je sers une nouvelle tasse de thé, pour moi, vu que j'avais déjà avalé la mienne aussi rapide qu'un léopard. Le thé était délicieux, chaud, rempli d'arômes sublimes et colorés, venant d'horizons inconnus et magiques. Un thé se devait d'apporter le mystère, d'offrir le bonheur, d'offrir une part de rêve aux gens. Mais personne ne pouvait le comprendre désormais, seuls ceux qui aimaient le thé pouvaient comprendre.


"Mais je suis tout à fait dans la mesure de vous retourner ce compliment."

Dis-je avec une légère pointe de douceur. Le Chapelier Fou était aussi un fou, mais un vrai gentleman aussi. Je repose la bouilloire sur le petit support sur la table. Je prend ma tasse, toujours lever le petit doigt, très cher, avant de le porter aux lèvres. C'étaient les règles de l'art à l'anglaise. Après tout, mes origines étaient anglaises.


"Je me nomme Jervis Tetch, vendeur et inventeur, Chapelier à ses heures perdues, c'est à dire tout le temps. Vu que le Temps n'a aucune incidence au Pays des Merveilles. Nous nous querellâmes, le Temps et moi, et maintenant, je suis forcé de rester Chapelier en permanence."

Logique purement Lewis Carrollienne. Rien à dire dessus. J'étais le Chapelier Fou, j'avais été bercé depuis ma petite enfance dans un monde de couleurs et de rêves, j'étais un enfant dans un corps d'adulte, incapable d'évoluer, malgré mon génie. Je réfutais ce monde froid, cruel, sombre et déprimant qui m'attendait derrière tout ça. Mon enfance et ma folie étaient mes remparts, mes protections, mes barrières.

Je ne sais pas quoi faire de cette jeune fille. Dois-je me la garder comme amie ? Confidente ? Puis-je l'aider à quelque chose ? Peut-être que je devais l'aider, lui laisser un quelconque héritage de moi avant de sombrer dans ma folie ? Les souvenirs, c'est la seule chose qu'il reste à l'Homme, le reste n'est que vanité, perte purement normale de Temps. Seul avec ma Alice dans la tête, je ne rêve que de cela, d'un monde où je pourrais être heureux, un monde où je pourrais être moi-même.


"Je suis un véritable virtuose de la micro-technologie ma chère. J'aime concevoir, créer et tout de manière minutieuse, tel un moine."
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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Mer 18 Déc - 19:14


« « Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »  »



- Mais je suis tout à fait dans la mesure de vous retourner ce compliment.

toujours cette tristesse que je ne comprends pas. Cette douleur. Est-ce ma faute, une fois encore? Je l'ignore. Cependant, profitant de la présence d'une sucrière, je décide de rajouter du sucre à mon thé. Pour qu'il soit plus à mon goût. J’aime les choses sucrés et acidulés. Parfois, je m'étonne d'avoir encore des dents en bonne santé.
Je regarde le Chapelier se servir à nouveau du thé. M'amusant de ses attitudes britishs. Je présume que nos mimique finissent toujours par trahir nos origines, quand ce n'est pas notre physique. De toute façon, tout ce magasin respirait l'élégance à l'anglaise. Et je n'aurais pu imaginer un Chapelier sans son coté anglais.
Une cuillère de sucre, deux cuillère de sucre...

- Je me nomme Jervis Tetch, vendeur et inventeur, Chapelier à ses heures perdues, c'est à dire tout le temps. Vu que le Temps n'a aucune incidence au Pays des Merveilles. Nous nous querellâmes, le Temps et moi, et maintenant, je suis forcé de rester Chapelier en permanence.

Je souris, amusée de voir ce que je sais déjà. Un parfait chapelier fou, derrière lequel se cache un homme. Jervis Tetch. Vendeur, mais surtout inventeur. Cette dernière information m’intéresse au plus haut point. J'aime ceux qui inventent, qui innovent. Qui osent regarder plus loin que ce qui existe déjà. Je suis moi-même une inventrice. Que croyez-vous qu'est Mao, si ce n'est le début de mon œuvre?  Cependant, il me tarde de savoir ce qu'il créer de ses mains. Nous avons tous nos domaines de prédilections, n'est-ce pas? Est-ce un simple inventeur de mode, créateur de chapeaux, ou est-il bien plus encore? Jervis est passionnant, bien plus qu'il ne pourrait le croire.
Je goûte mon thé. Hum, ça manque encore un peu de sucre.

- Je suis un véritable virtuose de la micro-technologie ma chère. J'aime concevoir, créer et tout de manière minutieuse, tel un moine.

La micro-technologie! Voila qui m’intéresse plus que grandement! Imaginez ce que je pourrais faire avec! Mais si, voyez plus loin que les barrière de nos inventions actuelles. Des ordinateurs plus puissant, tout en devenant plus petits. Donner la puissance d'une centaine de machines à un seul appareil. Peut-être m'imaginez vous futuriste, voir utopiste. Pourtant, j'en suis certaine : l'informatique, tout comme la technologie, c'est l'avenir.  Un avenir radieux où l'homme compensera sa médiocrité par des créations toujours plus puissante.
Après trois cuillères de sucre supplémentaires, mon thé me semble enfin sucré comme il faut. Je le bois tranquillement, avant d'enfin, prendre la parole.

- J'ai toujours été passionné par la technologie. Pourrais-je voir ce que vous faites? Ça à l'air tellement intéressant.

Intéressant, passionnant. Captivant. Il n'y a plus de doute, plus de méfiance. Juste un intérêt dévorant. Obsessionnel. Le savoir est la seule chose capable de me passionner, faisant naître un sourire rempli de convoitise sur mes lèvres d'enfants. Je veux savoir, tout savoir. Que ce monde m'offre tous ces secrets, car il n'y en a aucun que je ne peux comprendre. Plus j'apprends, et plus je me sens utile. Plus j'ai l'impression d'exister pour autre chose qu'être une anomalie...
J'hésite un instant à lui proposer mon aide. A lui dire mes domaines de connaissance. Est-ce une bonne idée? Non, non, assurément, non. Je ne suis qu'une enfant. Les enfants ne conseils pas les adultes. Les enfants se contentent de sourire, de boire et d'ajouter toujours plus de sucre à leur thé.

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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Jeu 19 Déc - 15:00

Ah visiblement la jeune fille semblait s'intéresser au domaine de la technologie. N'était-ce juste qu'une divagation pour s'intéresser de loin, histoire de gagner mes bonnes faveurs ? Ou bien était-ce sincère ? Réel ? Peut-être, je voulais le croire. Elle ne semblait pas comme les autres enfants, criards, idiots, méchants. Les enfants méchants doivent être punis, les autres enfants doivent être aidés, appréciés, c'était comme ça. Jadis, durant mes années d'étudiant, j'avais donné des cours d'informatiques à des petits jeunes. Des enfants sympas qui vivaient dans le même immeuble que moi, ils étaient les boucs émissaires dans leurs écoles, mais ça a bien vite changé. Ils apprenaient ce que je leur avait appris, et maintenant, ils devaient être les meilleurs au lycée. Prenant une légère pause dans ma démarche, j'observe la jeune fille avec un petit sourire.

"Pas de Jument ? Voyons comment."

Je me mis alors à sortir quelques petites pièces personnelles, pas grand chose, mais c'était déjà quelques débuts. Posant mon matériel sur la petite table, je différenciais le travail accompli par mes soins. Oh par mes moustaches, ce n'était certes pas grand chose, mais il y'avait de quoi intéresser le fan moyen de technologie dans ces petites choses. Les petites choses et leurs petits secrets forment un tout merveilleux et énigmatique. Avec de bonnes bases et des lapins et du thé, on arrive forcément à tout et n'importe quoi !


"La microtechnologie est hélas bien trop en retard par rapport à mon travail. Je pense être sur le point de capter ce que je désire. Imaginez jeune fille ... Pouvoir contrôler les organes, pouvoir renforcer un poumon, un cœur. Dans un avenir proche, ce serait possible ! On implante ce matériel et hop, on évite les accidents cardio-vasculaires. Un futur bienfait pour l'Humanité n'est-ce pas ?"

C'était depuis longtemps un de ces projets que j'avais eu en tête après la conception de mes puces de contrôle mental. Je n'étais pas réellement un vrai criminel pour le moment, j'avais encore quelques moments de lucidité. Pour le moment, il ne fallait pas en dire de trop sur les puces de contrôles mental. Mais je pouvais sans équivoque lui parler de projets laissés en suspend. Cela laissait un peu de marge et donnait une vraie vision de mon travail. Je n'étais certainement pas un amateur minable. Il fallait la laisser dans le flou. Je n'étais pas particulièrement fier de lui mentir, mais je ne pouvais pas aborder le sujet de mes connaissances en matière de contrôle mental. Mais ... Pourquoi pas ? Si ça se trouve, cette petite demoiselle aurait du mal a comprendre le peu que je puisse lui offrir.


"Mais je peux vous offrir un autre aspect de mon travail ..."

Grâce à mon chapeau, j'envoie un ordre certain. Deux lapins surgirent alors, avec deux petits chapeaux sur leurs têtes, fixés par un petit élastique. Les deux lapins se mirent l'un à côté de l'autre, bien en face de moi et de la jeune demoiselle. Puis ils se mirent sur leurs deux pattes avant de danser comme ils le pouvaient avec leurs petites articulations. En rythme, bien entendu. Cela m'amusait, mais je n'aimais pas utiliser des petites peluches comme ça, pour la science. Les humains étaient de meilleurs cobayes, plus civilisés certes, et ça empêchait les problèmes avec les associations des animaux. Je souriais d'avance à la réaction prévisible de la jeune fille. Peut-être qu'elle allait s'étouffer dans son thé ? Peut-être qu'elle aurait les gros yeux d'étonnement ? Qui sait ? Les deux lapins continuèrent à danser et disparurent suite à mon ordre.


"La science à de beaux jours devant elle n'est-ce pas ?"
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MessageSujet: Re: Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle...   Ven 20 Déc - 15:06


« « Qu’est notre vie, sinon un rêve ? »  »



- Pas de Jument ? Voyons comment.

Posant ma tasse, je ne peux m’empêcher d'avancer la main, comme une enfant capricieuse, pour attraper les quelques merveilles de technologie apparaissant devant moi. Comme les horloges faites de rouages et de patience, la microtechnologie est un des prodiges de l’Humanité. Toucher l'infiniment petit pour atteindre la puissance de l'infiniment grand. Ce n'est pas un domaine que je maîtrise. Pas encore, mais je ne demande qu'a apprendre. Il me faudrait un microscope et de quoi les désassembler pour en comprendre l’intégralité. Et même avec cela, il me faudrait des jours, voir des semaines avant d'en maîtriser le plus important. Même un génie autodidacte ne peut pas tout savoir en quelques secondes. Cependant, avec l'aide d'un maître en la matière... le temps d'apprentissage se retrouve coupé en deux (j'ai presque envie de rire en imaginant se pauvre temps couper en deux. Cet endroit commence à déteindre sur moi).

- La microtechnologie est hélas bien trop en retard par rapport à mon travail. Je pense être sur le point de capter ce que je désire. Imaginez jeune fille ... Pouvoir contrôler les organes, pouvoir renforcer un poumon, un cœur. Dans un avenir proche, ce serait possible ! On implante ce matériel et hop, on évite les accidents cardio-vasculaires. Un futur bienfait pour l'Humanité n'est-ce pas ?

Oh oui, j'imagine. J'imagine très bien. A vrai dire, j'ai déjà étudié cette hypothèse, sachant qu'un jour ou l'autre, elle deviendrait réalité. Le synthétique se mêlant à l'organique. Les machines venant renforcer la chair faible. Pour l'améliorer. Pour la renforcer. Du moins, au début. On connaît tous le scénario, je présume. On sait tous, comment finissent les choses quand on commence à essayer d'implanter la machine en l'Homme, ou suis-je vraiment la seule assez lucide pour le comprendre? Le Synthétique représente la perfection. L'ordre. La finalité et l'accomplissement. Ils s'améliorent, puis finalement, nous dépassent. Alors que les organiques, c'est à dire nous, pauvres créatures faites de chair et de sang, nous somme le chaos. Nous sommes mortels. Nous n'avons aucun but. Aucune raison d'être. Nous ignorons la cause même de notre existence. Nous ne pouvons évoluer, et nous ne pouvons nous améliorer.
Contrairement aux machines. Aux synthétiques.
A cause de notre nature orgueilleuse et envieuse, l'Homme tendra toujours à vouloir toucher la perfection (donc, le synthétique, suivez), impossible à atteindre pour un organique. Car nous sommes tous imparfait, même moi. C'est notre nature. Alors, ce qui au début ne devait être que des améliorations synthétiques ( des mains plus rapide, un cœur plus fort, des pieds plus agiles), finiront pas être dominant dans nos corps. Des jambes plus rapides. Des bras plus fort. Un esprit plus agile. Fatalement, les synthétiques prendront le pas sur l'organique. Nous sommes voués à disparaître à cause de leur perfection. A cause de notre orgueil. C'est écrit. On ne peut pas changer cela.
Ce n'est pas un bienfait Jervis, non, juste notre perte. Le jour ou l'Homme créa la technologie, il se condamna sans le savoir.

Mais mon esprit ne s’arrête pas là, alors qu'il additionne toutes les options possible. Qu'il créer tous les liens imaginable entre les talents de Jervis et ses inventions. Je vous l'ai dit, il n'y a aucun bouton "off". Les télécommandes ordonnent à partir d'onde. La microtechnologie ayant pour but de soigner par le contrôle. Le contrôles des organes. Le contrôle par des puces. Le cerveau est un organes. Le contrôle de l'esprit. Avec les bonnes fréquence, c'est tout à fait possible. C'est un jeu d'ondes, cérébrales ou non.
Le puzzle est terminé. Je connais cette boutique. Je sais son secret. Je ferme les yeux un instant, alors que le Chapelier reprent la parole. Il l'a fait. Évidemment qu'il l'a déjà fait. Il ne pouvait pas passer à coté d'un tel pouvoir, qu'importe sa bonne volonté. Il n'y a pas d’éthique qui tienne face à la science.

- Mais je peux vous offrir un autre aspect de mon travail ...

Deux lapins, sertis de beaux chapeaux, sortent de l'herbe. J'ignore si je suis effrayée ou fascinée. Peut-être un peu des deux. Je me sens excitée, en tout cas. C'est magnifique. Détestable, mais magnifique. Ils obéissent à sa volonté. A sa pensée. Imaginez une telle technologie entre de mauvaises mains. Imaginez, un simple instant, des armés entière, ne ressentant ni peur, ni douleur, écrasant leurs ennemis tel des petits soldats de plomb bien dressés, n’obéissant qu'a une personne. A une seule fréquence. Ce n'est pas entre les mains du Chapelier que cette technologie m'effraye le plus, oh non. C'est entre les mains de ceux qui se disent lucides, que cela me terrorise: leur folie est froide. C'est ce qui les rends encore plus dangereux que nous. Nous, nous recherchons l’accomplissement, la finalité de nos œuvres, aussi folle ou dangereuse soit-elle, nous avons une limite, floue et distendue, mais nous en avons. Eux ne cherche que le pouvoir.
Il n'existe pas de limite à cela.

- La science à de beaux jours devant elle n'est-ce pas ?

Je lève les yeux vers le Chapelier alors qu'il me regarde, souriant, attendant ma réaction. Pendant quelques secondes, je ne dis rien. Je ne ressens pas le besoin de poser des mots sur le court de mes pensées. Je me contente de sourire, puis finalement, j'hoche de la tête pour répondre à sa question. Cela va beaucoup plus loin que le simple fait de faire danser des lapins. Je le sais. Nous le savons. Cela va tellement, tellement plus loin...
En cet instant, je suis certaine d'avoir le même sourire que ma mère.

J’enlève mon chapeau si beau et si coloré. D'une main agile et rapide, je me mets à tâter la doublure couleur lait à la fraise. Sans surprise, je la trouve, petite et minuscule bosse parmi le satin. Si je ne savais pas ce que je cherchais, même avec mes talents d'observatrice, je ne l'aurais pas trouvé. Une puce de contrôle dans mon chapeau. Une puce de contrôle dans tous les chapeaux. Faire de tous les Gothamites des lapins serviles et obéissants, dansant pour le plaisir de leur maître.
Je reste pensive un instant. Dois-je m'en mêler? Dois-je en penser quelque chose? Dire que c'est mal? Parler du libre-arbitre? Moi qui vit en marge de cette sociétés, qui me nourris de ses travers et de ses vices pour vivre, ai-je vraiment le droit de juger ses actions? Ma tête se penche, alors que je caresse toujours distraitement la doublure de mon chapeau.
Je ne suis pas quelqu'un bon de nature. Pour être bon, il faut se bercer d'illusion, croire aux mensonges. Être utopiste. Il n'y a pas la place pour le rêve dans ma tête, juste pour la vérité, crue et froide. Je vois les choses telles qu'elles sont, et j'en trouve profit. Oui, je suis égoïste. Terriblement égoïste, pourtant, je ne me sens pas mauvaise pour autant. Il n'y a pas de bien ou de mal comme on aimerait tellement le croire : ces notions n'existent que dans les livres, le monde réelle n'est fait que de nuances de gris. Jervis à quelque chose à m'offrir. En me taisant, je gagne. J'ai quelque chose à apprendre.
C'est la seule chose importante.

- Ne vous en faites pas, je ne dirai rien. Ça sera notre petit secret. Après tout, ne sommes-nous pas  amis, désormais?

Pour appuyer mes dires, je remets mon chapeau en place. Sans enlever la puce (naturellement, c'est la première chose que je ferai en rentrant). Amis. Oui, j'accepte de lui faire confiance, comme il l'a fait pour moi... Du moins tant que je jugerai sa folie acceptable. Mais entendons nous bien: c'est purement par intérêt. Je suis horrible, j'en ai conscience, pourtant, je n'éprouve aucun remord. Aucune pitié. Je ne peux pas changer ce que je suis, pas plus que je ne peux ignorer tout ce qui m'entoure.
Je me contenterai d'être une enfant un peu différente à ses yeux. Un peu trop intelligente, prête à tout apprendre, mais je garderai tous mes secrets de Neko pour moi, et je prendrai les siens contre mon indéfectible amitié et des heures de thé. S'il y a bien une seule chose nécessaire pour être revendeuse d'information, c'est ça : la parole. Je mens comme une arracheuse de dent, mais paradoxalement, je n'ai qu'une parole. C'est pour cela que je la donne si rarement...
Alors d'accord. Et tant pis si ce mot sonne encore bizarrement à mes oreilles: Nous seront amis. Mais juste le temps d'une danse...

- Il y a quand même quelques avantages à se fâcher avec le temps regardez : c'est toujours l'heure du thé. Alors, me resservirez-vous, cher Chapelier?

J'avance ma tasse pour appuyer mes dires, commençant déjà à mettre les cuillères de sucres tout en reprenant notre conversation sur les inventions de ce cher Jervis, n'hésitant pas à commenter avec mes propres connaissances en technologie et cybernétique.
Et pourquoi pas une valse à mille temps?

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