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 Un aller-retour pour la folie

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MessageSujet: Un aller-retour pour la folie   Dim 14 Déc - 15:25

Je pousse la portière du taxi et paye le chauffeur. Une fois dehors, un frisson glacé secoue mon échine et dresse les petits cheveux de ma nuque (en tout cas ceux qui ne sont pas emprisonnés dans mon chignon). Je ne frissonne pas à cause du froid, même si ce serait tout à fait possible. Une bourrasque de vent froid me gifle le visage et soulève la neige qui s'était déposée sur le trottoir. Non. Ce n'est pas à cause du froid que je frissonne. C'est à cause du splendide panorama que j'ai sous les yeux : l'asile d'Arkham. Même si je ne peux pas distinguer la bâtisse située de l'autre côté de la chaussée à cause de la poudreuse qui vole, le lieu en lui même dégage une atmosphère angoissante.

Je traverse la rue pour mieux voir l'asile avant d'y pénétrer et regarde les bâtiments à travers le grillage. Le grillage ! Comme si le dangereux malade mental sur le point de s'évader allait se dire « Ah ben mince ! Il y a un grillage ! Et moi qui avais prévu un marteau-piqueur pour percer le mur ! Il ne me reste plus qu'à retourner gentiment dans ma cellule pour réfléchir à un nouveau plan d'évasion. » Sérieusement. C'est quoi cette sécurité ? Il paraît qu'elle a été renforcée récemment... Je n'ose même pas imaginer ce que c'était avant...

Avec un nouveau frisson, j'ajuste mon sac sur mon épaule et lisse les plis de mon manteau avant de me diriger vers l'entrée. C'est un grand portail. Il mesure presque deux fois ma taille et est composé d'une grille de fer forgé noir. On fait difficilement plus effrayant. Il ne manque plus qu'un panneau usé couvert de mousse indiquant « Toi qui entre ici, abandonnes tout espoir. » Histoire d'ajouter au charme de l'endroit.

Je presse la sonnette et, en attendant qu'on vienne m'accueillir, me compose un visage indifférent. J'aperçois un homme armé, sans doute un garde, qui s'approche. Je souffle calmement et étire mes lèvres en un sourire de circonstance, tout juste aimable. Pas la peine de faire un effort de politesse pour ce type.

Il me demande, à travers le portail :

-Qui êtes vous ? Que voulez vous ?

J'élargis mon sourire et brandis ma carte d'identité sous son nez avant de répondre, d'une voix aimable :

-Charlotte Rivers, journaliste au Gotham Globe. J'aimerais interviewer le docteur Simon Hurt s'il vous plaît.

Il me regarde. J'espère ne pas lui faire trop mauvaise impression...

Il s'éloigne, je le vois sortir une sorte de talkie-walkie et baragouiner des choses que je comprends pas, à cause du vent et de la distance.
Je profite de ces quelques secondes de répit pour réfléchir. J'ai déjà réfléchi pendant tout le trajet, c'est vrai, mais là, je ne peux pas m'empêcher de ruminer notre plan. Un plan fort simple au demeurant : J'entre grâce à mon poste de journaliste, Kate me rejoint, je-ne-sais-pas-comment, et nous menons l'enquête sur les patients disparus. Que du simple et du subtil. Seulement... Maintenant que je suis devant l'asile, quelque chose me dit que ce plan n'est pas si génial que ça. Si je dois m'éloigner du garde et que quelque chose se passe mal, il se souviendra que Charlotte Rivers est passée à Arkham le jour où une justicière masquée s'est introduite par effraction dans l'asile. Et puis je n'aurais plus qu'à trouver un bon avocat...

Le retour du gardien interrompt mes réflexions. Avec un soupir, il décroche un trousseau de clés de sa ceinture et ouvre le portail.

-Il est sans doute au centre de Détention. Venez.

Comme je ne bouge pas, il me fait signe de le suivre. Mais juste avant, sans doute grâce à un éclair de lucidité, je sors un pense bête et griffonne « Centre de Détention » dessus avant de le laisser tomber dans la neige et de faire rouler un petit caillou dessus. Maintenant il ne me reste plus qu'à espérer que Kate remarque le post-it vert sur la neige grise... Ce serait dommage qu'on perde un temps précieux à se chercher mutuellement dans les multiples bâtiments de l'île. Afin d'éviter d'éveiller les soupçons de l'homme alors que je n'ai même pas encore franchi l'entrée, je lui emboîte le pas sur une allée gravillonnée.
Mes chaussures s'enfoncent dans la neige en crissant. Il m'entraîne vers un bâtiment de style assez gothique, avec gargouilles à l'appui des fenêtres et toits pointus comme dans le château de Dracula. Je me demande si les cellules se trouvent ici... Ce ne serait pas très prudent... Mais bon. Je me souviens du grillage autour de l'île et soupire. C'est vraiment inquiétant. Et je ne parle pas du fait que tous les criminels psychopathes puissent sortir de leur asile comme ils veulent ! Non ! Je parle de l'asile en elle-même. Je m'attendrais presque à apercevoir un cimetière et une brume menaçante entre les flocons.

Nous entrons dans un bâtiment situé derrière de manoir de Dracula. Ce n'est pas du tout le même genre de bâtisse. On dirait un gros bloc de béton. Pas de fenêtres. Ah oui ! Ça c'est plus sûr... C'est sans doute le bloc de détention. Mon compagnon exhibe son badge à une caméra et la porte en métal s'ouvre sur un couloir blanc, aseptisé et éclairé pas des néons blancs. C'est clinique et froid. Je  commence à me sentir mal à l'aise. Je n'aime pas vraiment les hôpitaux. Il m'accompagne jusqu'à un secrétariat.

-Charlotte Rivers. Elle vient pour le docteur Hurt.

Aucune réponse, mais une autre porte s'ouvre, sur un autre couloir. Bon. Je retire ce que j'ai dit sur la sécurité. S'il faut un badge ou une autorisation pour passer chaque porte de cet établissement, alors on peut dire qu'il est équipé d'une sécurité de base. Je ne vais pas trop m'avancer.

Nous avançons donc dans ces couloirs blancs, mes talons claquent sur le sol tandis que je regarde les noms inscrits sur les portes métalliques. Je suppose que ce sont les malades « moyens ». Je vois mal de véritables psychopathes internés à cet étage. Ce serait vraiment trop facile pour eux de filer. A cette pensée, un léger frisson me parcourt la nuque. Pourvu que notre visite ne se passe pas pendant une des très nombreuses évasions massives des malades... Ce serait embêtant...

Bon... Il faudrait sérieusement que je pense à me séparer de ce garde qui semble déterminé à m'escorter jusqu'à ce docteur que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam et qui risque probablement de se demander pourquoi je viens le voir. Surtout que je n'ai pas annoncé ma venue à l'avance ou quoi que ce soit... Si on y réfléchit, c'est très bancal comme plan... Je demande d'une voix la plus ferme possible :

-Nous arrivons bientôt ?

-Deux couloirs.

Je ralentis légèrement l'allure. Me séparer du garde... Pas facile quand on pense que je suis coincée avec lui dans une asile psychiatrique haute sécurité... Discrètement, je fouille dans mon sac. Rien de bien utile... A moins que je puisse l'assommer avec la crosse de mon pistolet, comme dans les films. Mais je doute d'avoir la force nécessaire pour quelque chose comme ça. En plus je ne sais pas si une crosse de mini-pistolet puisse assommer qui que ce soit...
Toutefois, j'extirpe l' « arme terrible » de mon sac et, profitant du fait qu'il soit devant moi dans le couloir, je le frappe de toutes mes forces à l'arrière du crâne.
Il sursaute, et se retourne vers moi. Paniquée, je cache mes mains derrière mon dos dans une position qui, je le sais, doit être parfaitement ridicule. Au  prix d'un difficile effort de volonté, je le laisse détailler mon visage de marbre. C'est un garde d'Arkham. Il va comprendre... Je suis morte. Il m'examine toujours. Il ouvre la bouche et je crispe ma poigne sur le canon de mon pistolet, tenant la crosse prête à le frapper.
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