Batman Legacy


 
AccueilRechercherGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Event Ellipse] ...And Justice for all

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Mer 22 Oct - 10:48








...and Justice for all.







Gotham City, 1999. 22 Octobre...

Des années. Cela fait des années que la ville chute sans pouvoir interrompre son interminable descente. Une décadence, une vraie. Digne des grands empires de l'Histoire. L'Histoire... Un homme semble prêt à la marquer en ce jour. Un procès s'ouvre, opposant cet homme, procureur de son état, à quelques uns des plus dangereux criminels de Gotham. Impressionnant coup de filet du GCPD, l'Unité des Crimes Majeurs en tête, menée par James Gordon, nommé Commissaire voilà maintenant quatre ans.

En quatre ans, Gordon avait mené une véritable croisade contre le crime organisé. Un paquet d'arrestations, mais presque jamais de vrais résultats. Du moins rien de plus concluant que quelques mois de prison contre les prévenus. Les peines obtenues étaient généralement écourtées, pour bonne conduite, ou de discrètes évasions que d'aucuns qualifieraient de disparitions organisées par la corruption. À tous les niveaux, Gotham était corrompue, obligeant le système entier à s'affaisser sous son propre poids. Flics, gardiens, huissiers, tous vendus, ils permettaient d'enrayer la machine en fonctionnement, mettant les enquêtes en panne ou autorisant les échappées belles rendues possibles par des mesures de sécurité revues à la baisse. Magistrats, juges, achetés ou tenus en respect par des maîtres-chanteurs, rendant des sentences dérisoires, prononçant des non-lieux aberrants, ou mettant en évidence des vices de procédures qui n'existaient pas, sortant de leur manche ourlée d'hermine des preuves fabriquées de toutes pièces. Qui pouvait lutter contre ça ?

Harvey Dent. Il l'avait promis, juré devant le peuple de Gotham. Il avait dédié sa carrière, sa vie en fait, à cette tâche harassante. Et il était sur le point de réussir. Il avait annoncé beaucoup de choses, apportant l'eau au moulin de ses détracteurs. Il promettait trop, il n'y arriverait jamais. Il avait pourtant fait chaque chose qu'il avait dite. Chacune jusqu'ici, montrant par l'exemple qu'il finirait par tenir parole et débarrasserait la ville de la criminalité.

Il avait purgé la Cour des juges pourris. Ses amis au gouvernement l'avaient bien aidé sur ce coup. Nommés par le Président en personne, les juges étaient bien loin de sa portée, mais avec les bons contacts, et en appuyant aux bons endroits... Dent avait raboté la tête du tribunal, bien dégagé derrière les oreilles, merci pour la coupe. Les juges-magistrats, assistants du juge en question, avaient tous été évincés et remplacés par des figures bien connues de droiture et d'incorruptibilité. Deux avaient été assassinés, et leurs remplaçants étaient des modèles encore plus soucieux de la justice. Les criminels se faisaient du souci, mais n'osaient plus s'en prendre à eux.

Le juge avait été démis de ses fonctions, envoyé à une retraite bien méritée après des années de bons et loyaux services au nom de la justice et de la protection des citoyens. Dieu bénisse l'Amérique. Amen. Le nouveau juge, l'Honorable Juge Janet Surillo, était une femme courageuse, inflexible et juste. La personne parfaite à mettre à la tête de la cour du district. Et elle était nommée à vie.

En fait, Dent avait fait du bon travail. Son premier mandat avait été plein de bonnes choses pour la ville, et il avait été récompensé pour ces trois années de travail acharné : il avait été réélu. Trois nouvelles années pour continuer le travail. Trois ans de plus pour ramener Gotham dans la lumière.

Et ça commençait bien ! James Gordon et son Unité des Crimes Majeurs – encore une chose que Dent avait obtenue de son premier mandat – avait travaillé d'arrache-pied. Une unité faite d'hommes et de femmes, flics exemplaires, triés sur le volet par Gordon en personne. La fine fleur de la police de Gotham. Ils avaient remonté de nombreux réseaux undergrounds, infiltré les mafias, usé un nombre incalculable d'informateurs, payé des balances, pour arriver au résultat que le Procureur désespérait de voir arriver un jour. Un procès. Un vrai procès, qui mettrait en lice plusieurs des criminels les plus recherchés de la ville. Et ce jour était enfin arrivé.

Le Courtyard grouillait de monde pour l'occasion. C'était une date historique. Ce 22 Octobre 1999, Gotham allait enfin savoir que le crime n'avait plus sa place entre ses murs. Gotham allait savoir qu'il y avait encore un avenir brillant pour elle. Et c'était Harvey Dent qui l'avait permis. Cet homme qu'elle avait choisi pour l'aider.



La salle d'audience était pleine à craquer. Les huissiers avaient du sortir leurs matraques pour refouler du monde, tant on s'était bousculé pour réussir à entrer pour assister à cette séance historique. L'endroit était aussi austère qu'il pouvait l'être, avec le box des accusés sécurisé au maximum pour l'occasion. Du verre pare-balle se dressait tout autour d'une épaisse rembarde de bois, qu'on devinait doublée d'une bonne couche de métal destinée au même usage que les vitres.
Autour du box, un cordon humain fait de policiers en uniforme, arme de service à la ceinture et casquette enfoncée sur la tête, menait la garde. On fit entrer les accusés, un à un, et ce fut un défilé de sales têtes où se terraient les esprits les plus noirs.

Le premier à entrer était Jeffrey Manson. Un malade de la pire espèce. Selon Dent, son cas relevait davantage de la psychiatrie, mais Manson avait signé des aveux avant de se rétracter et de se réfugier dans un mutisme sans faille. Personne n'était certain de son état de lucidité à ce moment, mais aux yeux de la loi, impossible de plaider la folie après ça. Même son avocat ne pouvait aller contre ça. Il ne lui restait plus qu'à défendre sa cause au mieux. Manson avait clairement énoncé sa volonté de plaider non-coupable, malgré son avocat qui lui conseillait le contraire. Il n'y entendait rien, et campait sur ses positions. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis, mais il avait donné du fil à retordre à ses gardiens.

Juste derrière lui, un homme brun au type italien. La mâchoire carrée, le menton volontaire et porté haut en signe de dédain pour la foule, il avançait lentement, comme en promenade. Le public ne semblait pas l'intimider ni l'ensevelir sous la honte. Rien ne transparaissait dans ses yeux plissés, comme sous l'effet de la méfiance ou d'une intense concentration. Tony Zucco. Un mafieux. Ses liens avec les différents gangs n'étaient plus à prouver, la police l'avait dans ses dossiers depuis longtemps déjà. Il comparaissait pour de multiples meurtres, association de malfaiteurs, entente délictueuse, faux, usage de faux, port d'arme illicite, recel... Son compte était bon. Le Juge Surillo ne le laisserait pas s'en tirer sans la perpétuité, c'était certain. Même Harvey aurait donné Zucco perdant à cinquante contre un. C'était du tout cuit.

Après Zucco, une femme, jeune et frêle. Elle avait les yeux pointés vers ses pieds et avançait à petits pas empotés, poussée par un gardien. Elle, c'était un cas particulier. Elle avait été connue voilà quelques années sous le nom de Duela Dent. Un nom d'emprunt, très certainement, mais le cas était compliqué. Fichée dans aucun registre officiel. Ni empreintes digitales connues, ni carte ADN, pas de numéro de sécurité sociale, pas de permis de conduire, pas de dossier médical ou scolaire. Rien. Elle n'existait littéralement pas. Pourtant elle était bien là, dans le box, assise maintenant. Elle avait fait quelques temps à l'asile d'Arkham, pour des faits dus à une démence profonde. Après une évasion et une cavale, elle avait fini par être prise à nouveau, et traitée. C'était une nouvelle femme, aujourd'hui, mais sa présence était le fait d'une loi que Dent avait fait mettre en activité dans le district. La loi des Trois Coups. Cette loi lui avait valu un mandat d'arrêt, alors qu'elle était encore à Arkham, à l'isolement et protégée par le secret médical. Elle était sortie depuis moins de deux jours quand la police lui mit le grappin dessus, dénoncée par des gens qui avaient reconnu le portrait diffusé depuis des mois.

Le dernier prévenu à entrer était un homme. Un petit homme aux cheveux noirs. Un asiatique. Ses yeux bridés et perçants avaient le don de vous réduire au silence, sans qu'on puisse dire pourquoi. Peut-être la peur de finir dépecé, ou juste parce que son apparence donnait à penser qu'il était coupable des pires atrocités. Et c'était proche de la vérité. Cet homme, tout le monde le connaissait. C'était Heung Koo, baron notoire du crime à Gotham, membre avéré de la Sun Yee On, grande Triade de Hong Kong. Il était un Maître de la Montagne. Comprenez un grand ponte. Un 438, dans le code du milieu chinois. Il dirigeait une partie des affaires sur le territoire américain, et particulièrement Gotham. Un poste de prestige pour la Triade, et un gibier de premier choix pour la justice. C'était le plus gros poisson qu'il ait été donné à Dent d'obtenir en quatre années d'activité. Et c'était particulièrement celui-ci qui l'intéressait aujourd'hui. De par son rang et son importance, sa dangerosité et sa nature, si Koo était ici et qu'il tombait sous le coup de la loi, au vu et au su de tous, c'était un sévère coup porté à toutes les mafias. Pas seulement aux chinois, mais à tous les autres. Et un message adressé aux criminels de toutes envergures. Un manière de leur dire "Personne n'est au-dessus des lois, pas même à Gotham". Surtout pas à Gotham, aurait préféré dire Harvey, mais il était encore trop tôt, même si l'on en prenait le chemin.

L'huissier annonça la Cour, et demanda à l'assistance de se lever. Bruit de foule. Le Juge Surillo entra, flanquée de ses deux juges-magistrats. Ce fut ensuite le tour du jury. Douze hommes et femmes, de toutes classes sociales, choisis de manière représentative du peuple de Gotham. Ces douze personnes seraient celles qui devraient donner leur ressenti sur les quatre affaires, et voteraient après délibération sur la culpabilité de chaque prévenu. Ensuite, les juges décideraient de quelle peine ils écoperaient, selon les réquisitoires du procureur.

Les portes étaient closes. Chacune d'elles. Les officiers les gardaient. L'assistance chuchotait encore, emplissant la salle d'audience d'un incessant bourdonnement. D'ici quelques instants, le maillet du Juge Surillo s'abattrait pour réclamer le silence. Dent s'installait à la table qui lui était réservée, tout comme le faisait son assistante. Rachel Dawes. À eux deux, ils représentaient le Ministère Public pour l'accusation. Ensemble, ils allaient purger Gotham d'une partie de leur pègre, et envoyer un message fort.

« Qui commence : toi, ou moi ?
Tu devrais y aller, je sais que tu en meurs d'envie...
Mais c'est une occasion en or pour une brillante assistante du procureur comme toi.
Arrête, tu sais bien que c'est toi que les gens veulent voir monter au créneau.
Très bien... Si tu le prends comme ça... Il sortit de sa poche une pièce en argent et la montra à Rachel. Pile, tu commences. Face, je commence.
Quoi ? Tu laisses décider le hasard sur une telle chose ? »
Harvey lui sourit, plein de désinvolture, et lança la pièce avant de la rattraper et de la dévoiler. Face.
« Je ne laisse rien au hasard. Je suis maître de ma chance. »




Codage : Darth Oxious
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 25 Oct - 11:15

Quel putain de merdier. Quand t'as les flics qui déboulent dans ta caravane et qui te foutent le nez dans ta merde, c'est certainement le meilleur moment avant qu'on te colle en taule. Bordel, il semblerait que Dent lance ses chiens contre les membres de la pègre de la ville. Merde, qui c'est qui va les gérer mes affaires en mon absence ? Si je suis au trou, j'en sortirais pas avant perpét. Alors que les flics me montraient le mandat, tout en me cognant le crane contre le sol de la décharge, je vis que c'était bel et bien un ordre signé par Harvey Dent, ce foutu fils de pute qui se prenait pour une chevalier blanc en ordonnant la traque aux membres de la famille. Le panier à salades comportait pas mal de petits poissons comme on les appelait : Johnny Sabatino, un petit con qui se prenait pour un dur et qui se faisait casser la gueule par son père. De l'autre côté, Antonio Canelli, un pote flingueur, il avait dessoudé une bonne troupe de mafieux avant, avant de se faire pincer plusieurs fois par les flics, il connaissait bien Blackgate celui-là, et enfin, à côté de moi, Maria Vissili, une petite dans le recel et dans les coups fourrés, mais spécialiste des matières qui brulent bien. Elle s'était fait connaitre car elle avait cramé un entrepôt à Falcone avant de demander pardon, et le Romain avait accepté contre son âme, elle n'était qu'une marionnette, rien de plus, dans l'organisation.

> "Bordel, c'est quoi ces conneries ?"

On nous emmenait carrément au QG du GCPD. En tant normal, on devrait être en instance dans une petite localité du GCPD, mais là, on va direct dans la gueule du loup, en section d'attente pour Blackgate, je n'aimais pas vraiment ça. On m'isole des autres et on me colle à côté d'un chinetoque, d'une espèce de cinglée déguisée en clown et d'une espèce de pervers zoophile sous un chapeau. C'était quoi ? le zoo des horreurs ? J'avais gardé mon silence, tout en dévisageant l'espèce de clown qui était plus pénible que les autres. J'aimais déjà pas les clowns, c'est con, c'est nul et en plus ça fait du bruit inutile. Le traitement pour palier à ça, c'était une balle dans le crane. Les clowns, j'aime pas ça. Le chinetoque devait être en train de faire sa séance de méditation ou un truc du genre, ils sont comme ça les chinetoques, toujours fourbes et toujours prêts à vous en foutre une dans le cul quand vous vous y attendez pas. Quand au gugusse avec son chapeau, je prefère fermer ma gueule, j'aimais déjà pas les types de ce genre. Ce mec, il avait plus la tronche d'un sadique zoophile plutôt que d'une bonne soeur. Et pourquoi on me mettait avec eux ?
Le lendemain, un flic nous annonce qu'on passe en jugement immédiat. Quoi ? Sans déconner ? C'est quoi cette justice aveugle ? J'étais un Zucco, j'avais le droit d'avoir une caution et de sortir quand bon me semblait. Je me plaignais, mais les ordres étaient clairs, personne n'avait le droit d'avoir sa caution, ordre du procureur Dent. Ce vieux salaud avait paufiné son truc pour nous empêcher de sortir et nous passer direct en taule. Il me le paierait sincèrement. On nous embarque vers le tribunal, menottes aux poignets et interdiction de l'ouvrir. On ne me donne pas d'ordres !
Alors que l'on entrait dans le banc des accusés, ce connard de Dent était déjà là, avec sa garce, j'éprouvais le besoin de le remercier en lui offrant des pompes en béton, et à venir les essayer dans la baie de Gotham City, il me dirait si ça lui plait, s'il arrivait encore à respirer après ça. Ou bien, on passe son corps dans la broyeuse de chair, ça pouvait être un peu plus amusant, mais trop facilement traçable. Jouons les imbéciles, et faisons semblant d'être là en vacances. Après tout, les flics, le système était avec nous, on aurait aucun soucis. Et puis Carmine Falcone et Salvatore Maroni nous aiderait.

> "C'est une atteinte à mes libertés et à mes droits. Nous n'avons pas eu le droit d'avoir notre caution !"

Hurlais-je à l'assemblée, pour lui montrer le déni de démocratie dans lequel nous vivions. Un garde me somme de me taire, mais on ne fait pas taire Tony Zucco impunément. Je m'installe sur mon siège et j'attends patiemment le déroulement de cette farce de procès.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 25 Oct - 19:52

Il y avait la réactivité des autorités américaines, leur efficacité pour appréhender le crime, sitôt qu'on leur en donnait l'opportunité. Chinatown redevenue, l'espace d'un après-midi, un petit morceau de Vietnam. Saïgon, Khe Sanh, et même la bataille d'Inchon ou le pont sur la rivière Kwai. Tout un pan de l'Histoire qui se répétait : un vrai petit carton, avec toutes les petites frappes du quartier qui, profitant de l'essor économique, s'étaient engagés dans les Triades pour se sentir membres d'un tout, d'une énorme communauté.

Les chinois intégrés, un mythe ? Pas vraiment, si les clichés étaient tenaces, personne ne les avaient soupçonnés de s'asseoir sur un tas d'armes de guerre soviético-coréano-chinoises, et le SWAT eût un mal de chien à venir déloger l'Oncle Heung, rien de moins qu'un descendant direct de Heung Chin, le fondateur des Sun Yee On. La venue d'un tel cadre aux Etats-Unis d'Amérique, alors qu'il gérait normalement tout depuis un bureau de Hong-Kong, lui avait valu un traitement spécial, autant d'un côté que de l'autre : il n'y avait qu'à voir quand les voitures de patrouille et les fourgons blindés se virent transformer en boules de feu par des hommes de main un peu trop zélés et suffisamment équipés pour repousser un assaut sur le Rideau de Fer. Lance-roquettes, lance-grenades, mitrailleuses lourdes, fusils anti-matériels, fusils d'assaut et pistolets-mitrailleurs... Au bout de trois heures, alors qu'on pensait qu'il faudrait appeler la Garde Nationale - et peut-être même les Marines - pour sécuriser une zone plus explosive encore qu'une frontière irakienne une veille de Tempête du Désert, les unités d'élite de la police, fortes d'un entraînement supérieur - et ne disposant sérieusement que de cet avantage, tant ils étaient désespérément sous-armés face à la menace -, réussirent à faire taire le dernier nid de mitrailleuse, non sans faire eux-même usage d'un canon d'assaut monté sur un châssis de camion de marchandises prestement subtilisé aux insurgés.
La "Bataille de Chinatown", rien de moins que ça. On l'avait titré dans tout les journaux. Les dégâts de chiffraient en millions de dollars, les pertes des deux côtés s'exprimaient avec deux chiffres, et les blessés avec trois. Les Talk-Shows n'hésitaient pas à s'épandre sur le risque renouvelé qu'il y avait à voir ces immigrés bridés venir brandir des armes jusqu'au cœur même des cités américaines...

Harvey Dent pouvait être fier. Pour Gotham, et pour l'Amérique entière, la plus grosse perquisition en armes, drogues, marchandises de contrefaçons et fausse monnaie depuis l'âge d'or des Incorruptibles était son oeuvre, à lui. Pour certains, faire comparaître immédiatement les victimes de son prestigieux coup de filet - qui tapait non seulement dans les Triades, mais dans tous les milieux de Gotham - passait pour une gigantesque farce, un procès stalinien. Une affaire sans lendemain.

Et puis il y avait le citoyen lambda, qui pouvait enfin se sentir en sécurité. Il pouvait enfin imaginer la ville sur le chemin incroyable de la pacification. Moins de drogues, moins de meurtres, moins de crimes ... Une utopie en passe de se réaliser ...

Mais c'était sous-estimer les Sun Yee On, et même la Chine, elle-même. L'Empire du Milieu, longtemps oublié, longtemps martyrisé ... Avec la rétrocession de Hong-Kong, l'ouverture des Triades à la Perle de l'Orient, et cette fenêtre qu'elle offrait tant vers l'intérieur des terres que sur le monde entier, rendait l'entreprise non seulement colossale, mais tentaculaire et extrêmement influente.
Il avait suffi d'un coup de fil paniqué, de la capture de l'une des plus grosses têtes pensantes du réseau criminel chinois international, pour provoquer une véritable tempête.

Le Dragon s'était levé.

En l'espace d'une journée, les fils avaient été tirés, les dossiers consultés, et les hommes renseignés : Harvey Dent était incorruptible, et quelque scandale politique international que l'on pouvait tenter de provoquer en demandant l'extradition, le gouvernement chinois ne le soutiendrait pas. Il était encore trop dépendant du géant américain.

Qu'à cela ne tienne. Six heures avant le procès, alors que Heung Koo était dans l'antichambre de son procès, les Sun Yee On avaient tiré de nombreuses ficelles. Tout ce qu'ils avaient pu payer et réunir avec l'efficacité du Grand Dollar, qui surpassait même celle du réseau intégré de bases militaires de l'armée américaine, se réunissait dans un hangar de l'Aéroport International de Gotham.

Lady Shiva. La Lady Shiva. La pièce qui, à elle seule, avait nécessité une dizaine de millions de dollars à déplacer. Celle qui représentait en même temps une star et une totale absence de recul de la part des têtes pensantes du crime organisé chinois.

Ils avaient dépensés sans compter, pour qu'elle puisse s'asseoir au procès, avec une carte de presse, car on avait connaissance du Batman, on avait connaissance du danger que représentait Gotham, et on savait que si on voulait récupérer l'Oncle Heung, il faudrait frapper vite, et frapper fort.

Et Heung Koo, plus qu'aucun autre dans la salle, pouvait être conscient du fait. Il n'avait aucune idée de ce qui pouvait bien attendre tout ces pauvres fous qui pensaient pouvoir décapiter aussi "aisément" la pègre de Gotham, mais il ne pouvait que sourire en imaginant les bousculades qui avaient dû agiter l'autre côté du globe, autant que les familles mafieuses italo-américaines et siciliennes.
Tony Zucco ... Il avait entendu le nom, peut-être. Pour lui, tout ces fielleux mangeurs de spaghettis ne faisaient que piétiner un business model bien plus ambitieux et adapté au vingt-et-unième siècle à venir que le leur, mais ça ne l'empêchait pas de les respecter, au moins en tant qu'adversaires. Ce n'était pas ces malades de russes, d'albanais ou de yougoslaves. Ceux-là étaient une purge, avec leurs stupides vendettas sanglantes ... Et l'on entrait même pas dans le domaine de ces amuseurs publics en costumes d'Arkham. Ceux-là, ils étaient dangereux.

C'était ceux-là, avant tout, qu'il fallait condamner. Ceux-là ne se souciait pas de notions aussi prosaïques que l'argent, le respect, l'influence ou les services rendus. Ceux-là, on ne pouvait pas négocier avec, on ne pouvait pas arranger des services comme la Police l'avait fait si longtemps avec la Pègre.

Ceux-là, ils étaient le pendant criminel de Batman, si tant est que celui-ci ait un jour été bénéfique dans sa puérile croisade contre le crime. Ils n'étaient que des électrons libres. Des fous. Ils avaient contaminés jusqu'à la Justice de la ville, qui s'en remettait à jeter des pièces dans une salle respectable pour décider de tel ou tel acte.

On ne perturbait pas si aisément l'ordre établi, et il faudrait à n'en pas douter leur apprendre que l'on n'évoluait pas à Gotham sans une notion de la responsabilité, et une notion du respect envers les autres maillons de cette grande chaîne du lien social, car tous, du petit criminel au commissaire de la Police, ont un rôle qu'ils se doivent de respecter. On ne bafoue pas une grande chaîne que les aînés ont mis des décennies à bâtir.

" Mr. Zucco a raison ! " déclara d'une voix forte et résolue le Maître de la Montagne, rajustant ses épaisses lunettes carrées avec ses mains entravées de menottes, " Cette mascarade est anticonstitutionnelle ! Je suis citoyen chinois, j'exige d'être jugé dans mon pays, par les autorités compétentes ! De quel droit sommes-nous logés à la même enseigne que ces monstres de foire ? "

Evidemment, sa remarque allait à l'égard des autres phénomènes, le bûcheron et la fillette : on entrait dans le domaine du blasphème, de l'insulte directe à la glorieuse carrière d'un homme qui, sous tout rapports, n'avait pas le moindre lien avec ces bouchers sans scrupules !

Et là-bas, dans l'assemblée, il y avait une asiatique de plus, pour le compte du South China Morning Post, qui attendait son heure.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Jeu 30 Oct - 23:32

And Justice for All
   Event Harvey Dent
Please, no.

   
Duela avait les yeux qui piquaient Une sensation terriblement désagréable, comme si on les lui transperçait avec des aiguilles avec passion. Cette sensation elle la connaissait, à son plus grand désarroi, enfin elle la retrouvait, cette sensation qu'elle avait fuit en sombrant avec amour et horreur dans la folie profonde. Elle était tombée comme une poupée dans un trou sans fond, se frappant violemment contre la déchéance, la violence, la haine, la mort, les extorsions barbares et autres faits totalement immondes. Elle s'essuya machinalement le nez avec la manche de sa veste, un garde lui tapa sur la main comme à un enfant. La jeune fille lui lança un regard non pas méchant, non pas vicieux mais plaintif et bizarrement dépourvu de fausseté. Duela cligna des yeux et baissa le regard avec mélancolie. Elle reprit le cheminement de ses pensées. Elle avait souffert, la folie l'avait sauvée. Elle avait oublié son passé, l'avait bouffé avec une sauce tomate au goût léger du sang qu'elle avait fait couler sous ses éclats de rire. Elle était la fille de ce criminel, du Joker et elle en était heureuse. Pire ? Elle ne l'avait jamais autant été et pourtant, Duela était là, dans un Tribunal et horriblement saine d'esprit.
Duela n'était plus Duela mais un numéro, comme si elle retournait à ses origines qu'elle avait laissé derrière elle, pensant que se serait à jamais. On lui avait dit qu'elle n'avait ni famille, ni identité, rien, elle n'était juste rien. Elle était maigre, ses joues creusées offraient un spectacle immonde de maquillage en déroute, sa peau était pâle mais de nature, Duela venait de passer quatre années d'horreur. Son cerveau n'était qu'une masse informe, gélatineuse et complètement rongé par les médicaments en tout genre. Des anti-dépresseurs, des calmants, des trucs bizarres qui font que tu vois flou, tu te sens lourd et pataud. Comme si tes jambes s'enfonçaient dans le carrelage de la pièce dans laquelle Duela se tenait, voûtée, contraire à sa tenue droite et étroitement serrée dans un corset. Elle était terriblement maigre, on en regretterait sa folie. Elle était redevenue cette petite fille malheureuse au bord du suicide dont l'allure cadavérique lui donnait des airs de petit oiseau malade et déplumé.  On balança la jeune femme devant une foule de gens en quête de criminel à insulter et à détruire, elle ne regardait que ses pieds, rien d'autre que ses pieds. Le silence envahi la pièce et des voix de personnes mauvaises commencèrent à se plaindre, un type voulait se faire juger à son pays, quelqu'un d'autre voulut la même chose, n'hésitant pas à dénigrer Duela et … d'autres bêtes de foire ?
La jeune fille avait tellement honte qu'elle n'osa pas lever les yeux pour voir si, avec un minimum d'espoir quelqu'un qu'elle connaissait était dans la pièce, elle espérait peut-être que ce soit le Joker ou Gilda. Gilda lui manquait, elle voulait la retrouver car finalement, c'était la seule personne en qui elle pouvait avoir confiance. Duela devait réagir, plaider sa cause, pour espérer que le juge soit plus clément. Elle ferma les yeux, forçant sur ses paupières, elle soupira un grand coup.

- Je… je ne suis pas une bête de foire.
Tout le monde posa son regard sur la jeune fille, ses longs cheveux blonds étaient en bataille, un souvenir de son passé était visible sur ses cheveux, les pointes étaient vertes, ses cicatrices sur les joues la rendait sinistre.

- Comme vous pouvez le voir… je ne suis plus celle que j'ai été … j'ai passé quatre années à l'asile d'Arkham sous la tutelle sévère du professeur Crane et même si ce fus dur, je suis redevenue quelqu'un de… stable.
Des rires retentissèrent dans la pièce, Duela serrait des poings. Une petite voix insupportable au fond d'elle lui disait 'Ya quatre ans ma chérie, tu aurais eu un flingue dans ton slip, ça aurait été facile de sortir d'ici.' Des larmes dévalèrent sur ses joues, elle releva les yeux, dévoilant son regard de petite fille fragile. Quand tout à coup, elle reconnu un visage, un visage terriblement familier, celui de son père, son père adoptif à l'emplacement des jurés. Harvey Dent se tenait en face d'elle. Duela cligna des yeux sans lâcher celui d'Harvey, elle balbutia :

- Pa… papa ?
On se mit à rire encore plus dans l'assemblée.
- Mais… mais ! C'est mon père ! Harvey ! Dis leur ! Je ne ments pas !
- Gamine, t'es la fille du Joker. Rétorqua un journaliste, faisant baisser les yeux à la jeune fille, elle se rassit. Ravalant sa salive nerveusement, Dent tourna la tête vers celui qui se tenait à côté d'elle, elle eu un sursaut d'effrois. Jeffrey ou plutôt Lumberjack était à côté d'elle, un ancien compagnon de fortune dont Duela s'était éprise, avant.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Mar 11 Nov - 19:40

Non loin du box des jurés, Jack était fier. Cela ne faisait qu’une demi-année qu’il était arrivé à Gotham, le chemin parcouru n’en était que plus stupéfiant.  Sous la direction du commissaire Gordon, l’Unité des Crimes Majeurs avait réalisé des miracles pour une ville aussi corrompu que l’était Gotham City.

Le commissaire Gordon avait personnellement sélectionné chaque membre de cette Unité. De bons flics, déterminé à redresser la ville et à lutter contre sa criminalité. A son arrivée à Gotham, le zèle de Jack avait attiré l’attention de Gordon. Ce dernier avait été néanmoins clair : appartenir à son Unité était une preuve de confiance. Un nouvel arrivant tel que lui n’aurait pas de seconde chance.

Cet avertissement n’avait que motiver davantage le jeune Kyler à rejoindre l’armée de Gordon. Ils multiplièrent les arrestations, qui n’allèrent jamais plus loin que quelques mois de prison. Malgré leurs efforts, la corruption ne cessait de s’opposer à eux. Gordon ne comptait pas abandonner la lutte, pas plus que Harvey Dent.  Le Chevalier Blanc apportait son soutien au GCPD, travaillant en étroite collaboration avec le Commissaire. Leurs efforts finirent par être récompensés par le plus grand coup de filet que le GCPD n’avait pas connu depuis de nombreuses années.

Jack était fier d’avoir été choisis par Gordon pour représenter le GCPD. Le Commissaire avait hésité à être présent lui-même au tribunal, mais avait finalement choisis de coordonner les forces de police à l’extérieur du tribunal. En vue de la réputation de la plupart des accusés, la surveillance devait être assurée avec minutie.

Les accusés entrèrent un par un. Jack ne prêta guère d’attention à Jeffrey Manson, qui n’était qu’un malade mental qui méritait un internement à vie. Il ne lâcha pas du regard l’Italien qui emboîta le pas à Manson. Celui-là, Jack l’avait personnellement arrêté.  Une fois toutes les preuves réunis, lui et son équipe avaient débarqué dans la caravane du rital. Jack connaissait le dossier et la réputation de l’homme et n’avait pas pris de gant. Clef de bras, tête claqué contre sa table, menotte. Zucco s’était débattu, l’amenant à le faire chuter au sol. Il s’était quelque peu calmé lorsque l’un des policiers lui mit sous le nez le mandat signé par Harvey Dent. Jack avait ensuite tenu la garde à bord du fourgon, le temps que ses collègues cueillent le reste de la bande. A présent, Zucco était furieux et cela se voyait. Il avançait lentement et toisait du regard chaque personne qui se présentait à son champ de vision. Jack crut percevoir de la haine lorsque Zucco l’aperçut.

Alors qu’on le faisait entrer dans le box des accusés, Tony Zucco jeta avec haine à Dent :

-C'est une atteinte à mes libertés et à mes droits. Nous n'avons pas eu le droit d'avoir notre caution !

Le poing de Jack se crispa. Une pourriture coupable de meurtres et de tous les vices existants réclamant ses droits… Cela avait le don de lui mettre les nerfs à vif. Jack fit de son mieux pour masquer son énervement. Il ne devait pas laisser ses émotions prendre le dessus. Trop de choses étaient en jeu.

L’asiatique assis à côté de l’Italien s’exclama :

-Mr. Zucco a raison ! Cette mascarade est anticonstitutionnelle ! Je suis citoyen chinois, j'exige d'être jugé dans mon pays, par les autorités compétentes ! De quel droit sommes-nous logés à la même enseigne que ces monstres de foire ?


*Il fallait y réfléchir avant de ramener ta merde dans notre pays, saleté de mafieux.*

Cet homme était dangereux. La plus grosse prise présent dans le box des accusés. Heung Koo, baron des Sun Yee On. Jack se permit un regard vers Harvey Dent, qui fixait l’asiatique en souriant. Nul doute que ce tribunal allait être un duel entre les deux hommes. Chacun champion dans sa catégorie. Le mafieux au cœur corrompu contre le Chevalier Blanc, porteur de la lumière.


*Harvey Dent, le phare éclairant les ténébres de Gotham.*

Jack observa l’un des « monstres de foire », comme les avait appelé Heung Koo. Lorsque Gordon lui avait dit que la fameuse Duela Dent serait jugé durant le procès, l’agent Kyler s’était attendu à rencontrer la criminelle dont il avait tant entendu et étudié les crimes. Ce n’était pas le cas. La jeune fille qui se tenait dans le box des accusés n’avait rien d’une meurtrière. Celle qui avait prétendu être la fille du Joker n’était plus que l’ombre d’elle-même.  Voutée, le visage horriblement courbé.. Le traitement d’Arkham était gravé sur son visage. Nul doute qu’elle avait été abrutis par une quantité phénoménale de calmants  et autres antidépresseurs. Malgré son apparence actuelle de victime, Jack rejeta tout sentiment de pitié qui l’envahissait à son encontre. Elle avait commis moults crimes, et c’est pour cela qu’elle sera jugée. Elle tenta de se justifier, ce qui provoqua de nombreux éclats de rire parmi l’assemblée.

Alors qu’elle avait gardé les yeux baissés depuis son arrivée, Duela leva le regard et croisa celui de Harvey Dent.  Ses yeux s’écarquillèrent, connaissait-elle le procureur ?


- Pa… papa ?

Nouveaux éclats de rire. Jack, lui, ne riait pas. Il pouvait se vanter d’avoir un don avec les gens et de savoir détecter le mensonge. Il lui arrivait bien sûr de se tromper, mais aucun doute n’était présentement permis à ses yeux. Duela avait reconnu Dent comme étant son père, ou du moins était convaincu que tel était le cas. Une question lui vint à l’esprit : sa folie avait-elle été véritablement soigné ?


- Mais… mais ! C'est mon père ! Harvey ! Dis leur ! Je ne mens pas !

- Gamine, t'es la fille du Joker, rétorqua un journaliste.

Duela Dent baissa les yeux, puis s’assit. Le « Dent » ne serait donc pas qu’un pseudonyme excentrique ?

Jack se tourna discrètement vers le procureur Dent et le scruta avec la ferme attention de saisir chaque émotion sur son visage et dans le ton de la voix. Si Duela était véritablement sa fille, ce n’était pas le moment que cela soit révélé au grand. La crédibilité du procès tenait en grande partie dans celle du Chevalier Blanc.

Les enjeux étaient trop grand.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Lun 17 Nov - 9:47

Comment louper le procès du siècle ? Enfin du siècle, c'était peut-être exagéré, mais au moins de l'année dira t'on ! C'était par une de ces belles journées, dans laquelle on découvrait toujours un renseignement sympa sur de nombreuses personnalités sur Gotham, que Knox se leva de son lit d'un entrain presque non dissimulé tandis qu'il allait jouer à la lance incendie dans les toilettes. Après avoir pris une douche et après s'être peigné, Knox ajusta sa cravate de "tocard" et se dirigea d'un pas assuré mais déterminé vers le Tribunal. Sur la route, il acheta un café, il ne déjeunait presque jamais, car quand on travail à des heures différentes, on a le système chamboulé, c'est pas faute d'essayer de garder un rythme normal quand on travaille comme journaliste.
Knox monta les marches du Courthouse, le tribunal de Gotham, le central si on préfère, pour les grandes affaires et pour les journalistes essentiellement. Alors que Knox prit place dans la salle, il ne put s'empêcher de regarder aux alentours, notant chaque détail comme si chaque pièce s'emboitait parfaitement dans l'article. Le détail faisait tout. Assis sur un banc, le calepin sur les genoux et le crayon dans la main, Knox notait de nombreuses informations. Sur les criminels tiens. Anthony Zucco, racket, meurtres, bagarres, il faisait la totale. Il bossait pour les Maroni essentiellement, en tant que porte-flingues officiel. Une belle ordure, c'était certain. Le second prévenu était asiatique et Knox ne le notait pas, néanmoins il avait un accent bien prononcé pour ce qui était de la justice en tout cas. Quant à la dernière prévenue, son maquillage en faisait trembler plus d'un. Duela Dent, une monstrueuse bestiole connue dans le milieu, folle, qui a passé quatre années à Arkham. Ils allaient être jugées, pour le bien de la ville.
Knox ne s'attendait pas à ce que Dent prenne lui même en charge cette affaire, d'ailleurs, le dispositif policier était impressionnant. Comme si on risquait une magnifique évasion ? C'était bizarre oui ... Totalement bizarre et Knox savait qu'il y'avait quelque chose de lourd dans l'atmosphère. Tout ça sentait le scoop inopportun. Finalement, ça sert à quelque chose de se lever très tôt le matin. Mettons ça sur le coup de l'intuition journalistique. Tout ce qui allait se passer pour le moment, c'était de poser ses fesses et d'écouter la plaidoirie du Procureur. Bien sur, il y'aurait surement de sacrées révélations. Tout comme le coup du Papa prononcé par Duela Dent. L'assistance avait bien rigolé. Au moins elle ne manquait pas d'humeur. Knox se leva comme les autres, plié en deux avant de répondre en criant dans la salle à la gamine colorée comme le Joker.

- "Et le Joker, c'est la maman ?"

Nouvel éclat de rire dans la salle. Knox était un bout en train, le roi de la classe et des costards foireux. Bien sur, la suite allait reprendre son calme, mais la Duela avait quand même un bon sens de l'humour, même meilleur que celui du Joker. Si l'on pouvait dire. Néanmoins, encore une chose que le Joker ne soit pas là, il aurait flingué toute la salle pour ça. Le calme revient petit à petit, et le procès va pouvoir enfin commencer, après tout ce temps perdu, on allait enfin passer aux choses sérieuses.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 22 Nov - 16:57








Plaidoirie pour quatre pourris en Ut Mineur







Dès qu'elle fut installée, le Juge Surillo autorisa la salle à s'asseoir à nouveau, ce que tout le monde fit. Mais les accusés semblaient avoir choisi de semer la pagaille dans le box, Tony Zucco en tête, suivi de près par Koo, qui revendiquait les mêmes atteintes à ses droits civiques, et la dénommée Dent, qui fit rire l'assistance en interpellant le Procureur sous le nom de "papa". Un journaliste, bien connu du juge et de pas mal de gens pour sa présence sur les sujets putassiers ou dérangeants, Knox, en profita pour insister sur la rigolade en lançant une pique à Duela, et Surillo fronça les sourcils. Il ne serait pas dit qu'on mette le bazar dans sa salle d'audience. Elle fit retentir avec fracas son maillet de bois sur le bloc qui lui était réservé. Trois coups bien francs, qui coupèrent net le bruit de la salle.
    « SILENCE ! Les accusés auront l'occasion de parler lorsqu'ils seront entendus. Ils répondront aux questions que Monsieur le Procureur leur posera, et s'ils souhaitent faire des réclamations, ils le feront par l'intermédiaire de ces messieurs de la Défense.

    Quant à vous, Monsieur Knox, et vous autres, Mesdames et Messieurs les journalistes, votre carte de presse vous donne accès à cette salle d'audience, mais ne vous autorise pas à attiser un éventuel début de vent de révolte. Souvenez-vous en, sans quoi je vous ferai évacuer manu militari, et vous gratifierai d'un outrage à la Cour.

    Ceci étant dit... Nous allons commencer. Monsieur Dent, à vous d'ouvrir la séance.
    »


Le Juge Surillo n'était pas connue pour tourner autour du pot. C'était l'un des juges favoris de Dent, pour cela, et pour sa droiture sans faille. Elle restait une figure de proue de la justice gothamite, et pour cela, Harvey lui vouait un respect sans bornes.

Le Procureur se leva et remercia le Juge. Avec un clin d'œil pour Rachel, il rangea sa pièce truquée dans sa poche de veste, et quitta sa place pour gagner le centre de la scène, là où l'attendait sa partie du spectacle. C'était son moment préféré. Il savait que c'était sur ce moment qu'il aurait le jury dans la poche ou pas. Les dossiers, il les connaissait par cœur. Les preuves, il les avait. Les connexions, il les avait travaillées assez longtemps pour pouvoir les exposer les yeux fermés, sans avoir besoin de lire ses notes. Il s'était préparé si dur pour ce procès qu'il savait que tout se jouerait sur cette prise de parole.

Avant de commencer, il prit tranquillement la carafe d'eau devant lui, se versa un verre et but une longue gorgée. Cette assurance et cette façon de prendre son temps étaient minutieusement étudiées, pour exaspérer la Défense, et cela marchait. Les avocats des accusés secouaient la tête, l'air excédés par tant de lenteur. Harvey leur adressa un large sourire digne d'une publicité pour du dentifrice, avec l'air de leur dire "Sans rancune pour cette défaite à venir ?". C'était parti.

    « Mesdames et Messieurs du Jury, Messieurs les Magistrats, Votre Honneur...

    Nous sommes tous réunis ici pour contribuer à rendre la justice. Chacun de nous s'est levé ce matin et est venu ici, dans ce tribunal, dans ce seul et unique but : déterminer si ces hommes, si cette femme, sont coupables de ce qui leur est reproché. Et chacun va avoir ici son rôle.

    Le mien sera de vous exposer les raisons qui font que je suis convaincu de leur culpabilité.
    Celui de la défense sera de vous démontrer le contraire. Ils auront des preuves soit-disant irréfutables, des témoins de toutes sortes, et comme ce sont de bons professionnels, ils arriveront certainement à semer le doute dans vos esprits. Ne soyez pas dupes. Ils savent exactement comment manipuler la vérité pour en faire ce dont ils ont besoin.

    Je ne vous ferai pas l'affront de dénigrer leur travail et de vanter le mien, constitué de faits et de preuves examinés et répertoriés avec soin par l'élite de la Police de Gotham City, d'un dossier monté consciencieusement par mon assistante ici présente. Mais, comme je le disais, ne soyez pas dupes.

    La vérité est que chacune de ces personnes dans ce box, chacune... est coupable des faits qui leurs sont attribués. Et ceci, est la Vérité. La seule. Tout ce qu'on pourra vous dire pour vous prouver le contraire n'est qu'une tentative de plus pour laisser notre ville vivre dans sa gangue de criminalité. Voulez-vous vraiment voir ces personnes de retour dans nos rues ? Voulez-vous les voir reprendre leurs activités criminelles, sans être inquiétés ? Je suis persuadé que la réponse est "NON". Dans ce cas, c'est à vous de rendre la justice que Gotham mérite. Celle qui ramènera un peu de paix dans notre ville.

    Merci.
    »

Le silence qui suivit était lourd de sens. Dent avait touché les consciences. Les jurés avaient les yeux désormais rivés sur les avocats de la Défense. Ils allaient devoir fournir un sacré boulot pour contrer les attaques de Dent. Tout le monde le savait. Harvey était réputé pour travailler ses dossiers à fond, à tel point qu'il ne s'engageait jamais dans une accusation sans savoir exactement ce qu'il utiliserait et quelles peines il pouvait obtenir. L'un des avocats se leva, ajusta sa veste et avança à son tour pendant que le Procureur regagnait sa place. En le croisant, il n'eut même pas un regard pour le Chevalier Blanc. Il allait représenter l'ensemble des défenseurs devant l'assistance, pour son petit numéro contre le Procureur. Ensuite viendrait la vraie partie, celle où s'enchaîneraient les auditions de chacun des prévenus. Serment sur la Bible, questions, réponses, objections, on connaissait la chanson par cœur.
    « Mesdames, Messieurs,
    Jurés, Magistrats,
    Votre Honneur...

    James Paddington, avocat de Monsieur Koo, et représentant de la Défense.
    Monsieur le Procureur a bien résumé la situation, à l'exception d'une chose : il a tort. Mon client, ainsi que les autres accusés ne sont aucunement coupables. D'aucun des faits ici jugés, ni d'autres éventuels. Monsieur Zucco n'est qu'une victime d'une mafia qui utilise les gens pour ses propres intérêts. Madame Dent, elle, n'est pas coupable de quoi que ce soit, à moins qu'être sous le coup d'une maladie mentale, aujourd'hui traitée, ne soit un crime fédéral passible de prison. Quant à Monsieur Manson...

    NE PRONONCE PAS MON NOM, ENCULÉ DE COSTARD-CRAVATE DE MES DEUX ! »

Brouhaha dans l'assistance, choquée. Les gardiens, sur la brèche, se saisirent de Manson sans ménagement, mais il se débattit rudement, les forçant à intervenir à quatre contre un. Le bourdonnement de voix outrées se changea en éclats de voix, les unes encourageant la bagarre, les autres appelant au calme. Le maillet du Juge Surillo s'abattit frénétiquement, sans résultat. Manson continuait à se tortiller entre les mains des gardiens, qui avaient visiblement beaucoup de mal à le contenir. Ça allait tourner au pugilat, sans une intervention rapide de quelqu'un. Ce que fit un cinquième garde.

Un coup de matraque derrière la nuque réduisit Manson au silence et à l'immobilité flasque. Les voix s'exprimèrent une fois de plus, en un "Hoooooo" d'exclamation qui en disait long. Le maillet de Surillo ne se taisait pas non plus, réclamant le silence, rejoint cette fois par la voix du Juge.

    « SILENCE ! SILENCE ! Ou je fais évacuer la salle ![/b] »

Évidemment, ce n'était pas ce que voulaient les gens comme Dent, Dawes, et même Surillo. Un huis-clos n'aurait pas le même impact, dusse-t-il se clore par une condamnation exemplaire de chacun des accusés. Il fallait mener cette bataille au grand jour, si l'on voulait qu'elle pèse sur le crime organisé.
    « Huissiers, maintenant que Monsieur Manson est... calme, veuillez l'emmener en dépôt de sûreté. Il sera auditionné séparément, lorsque les conditions le permettront. Monsieur le Procureur, conservez le dossier de Monsieur Manson de côté, pour un jugement ultérieur. Et poursuivons dans le calme.

    Maître Paddington, à moins que vous ne vouliez reprendre, nous allons commencer les auditions.

    Je... heu... comme vous voudre, Votre Honneur.
    Bien. »

Voilà qui arrangeait bien les affaires de l'Accusation et du Ministère Public. Paddington déconcentré par le coup d'éclat de Manson et ce qu'il a provoqué, en avait perdu le fil, et laissait ainsi en suspens son discours. Harvey Dent, un. Avocats de la Défense, zéro. L'arbitre Surillo pour la remise en jeu.
    « Nous débuterons par votre client, Maître. La Cour appelle à la barre Heung Koo. »








Codage : Darth Oxious
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Jeu 27 Nov - 12:01

Le procureur pouvait savourer sa victoire, cela n'était pas à douter, mais la délectation qui était celle de ses opposants n'en serait que plus grande. Aujourd'hui, il gagnait, mais pour combien de temps encore ?

Heung Koo s'en doutait : d'une certaine manière, jamais ses camarades, jamais les compagnons de route avec lesquels il avait grandi, avec lesquels il avait ses premières armes, ne l'abandonneraient. C'était foncièrement impossible, cela ne s'était jamais vu, car les Triades connaissaient plus qu'à leur tour la notion de dette et la notion d'honneur. La notion de famille et la notion de fratrie. Les Sun Yee On étaient plus qu'une simple association de bonne volonté, c'était une véritable maisonnée, une famille soudée.

Et une famille soudée ne laisse jamais ses membres dans l'adversité, moins encore quand cette adversité porte le masque de l'arrogance américaine. Le masque de la résurgence mal placé de leur impérialisme, dans une époque qui a encore à voir monter la puissance du Dragon de l'Orient...

" Je vous remercie, Monsieur le Juge, Monsieur le Procureur, en dépit de ces accusations que je qualifierais au mieux de fallacieuses. J'essaierais de vous prouver en quoi ce raisonnement est biaisé et en quoi ce simulacre de jugement n'a même pas lieu de se tenir, et j'espère que vous, jurés, saurez faire la part des choses ... "

La part des choses, lui, la faisait. Il se savait condamné, à la minute à laquelle il était entrée dans ce tribunal, à la minute à laquelle Harvey Dent avait ouvert la bouche. Ce n'était pas une audience digne d'un pays démocratique : c'était une chasse aux sorcière, une mascarade, un procès stalinien, et il n'était pas le seul à en être arrivé à cette conclusion.

Car déjà, à quelques pâtés de maisons d'ici, on se préparait au grand spectacle. Ils étaient arrivés aussi vite que possible, avec tout ce que les Triades avaient pu remuer de ciel et de terre pour les faire venir, et avec eux, du matériel de dernière génération. Si la Police et la Justice américaine, toutes barbares qu'elles étaient, ne comprenaient que la violence, et bien ... Qu'il en soit ainsi, elles auraient la violence.

Et dans la salle d'audience, on était tout ouïe, buvant ce qui semblait être la dernière confession d'une grande ponte :

" Je l'avoue, je ne suis pas un enfant de chœur. Je ne suis certainement pas un homme blanc de tout soupçon, mais voyez cet homme, qui m'a interpellé sans même se faire interrompre. " déclara-t-il en pointant Jack Kyler de la main, " Dans la violence de ses propos, qui ne sied guère à la solennité d'un tel lieu, et leur seule tenue, il est possible de voir que tout ce qui se passe ici est biaisé. Oh, je n'en doute pas, le Procureur Dent a des preuves. Elles sont regroupées, elles sont recoupées, elles sont solides et elles sont accablantes, mais sont-elles honnêtes ? "

Et plus loin, devant le commissariat central de la ville, une berline Mercedes flambant neuve, d'un noir anthracite, se garait. D'elle sortait un homme en costard-cravate, un asiatique à l'air patibulaire. A sa démarche, on pouvait clairement voir qu'il n'était pas un homme des plus innocents. Ce n'était certainement pas un garçon des quartiers, et probablement pas même un simple malfrat, tout distingué fut-il : il avait un pas plus ordonné, moins flambeur, plus militaire.

Dans le hall, la population était fourmillante, aujourd'hui comme toujours. Chacun avait une plainte, une requête, et toutes les télés du bâtiment retransmettaient ce qui promettait d'être le procès du siècle : l'un des rares procès que l'on avait autorisé à être filmé. Un véritable message, une épopée.

L'homme, lui, en poussa un autre, avant de grimper sur une chaise, un carnet à la main, de se racler la gorge et d'émettre une phrase dans un anglais des plus hésitants, car ce devait sûrement être sa première expression orale dans cette langue :

" J'ai ... un ... message des ... Tliades, des Sun Yee On ... de la famille de Heung Koo " peina-t-il, tandis que tous s'interloquait et que déjà, quelques agents s'étaient retournés et portaient leurs mains à leurs ceintures, en quête de leurs armes.

Le mafieux, lui, avait vu la réaction, et de son coté, il lâcha dans un même geste son carnet et fourra ses mains dans sa veste. En l'ouvrant, on put remarquer que ce n'était véritablement une chemise qu'il avait dessous, bien que d'un discret col-cravate eût dépassé. Non, c'était un lourd gilet pare-balles qu'il couvrait, et un harnais aux multiples chargeurs, avec deux emplacements pour deux petits pistolets-mitrailleurs : cela ne manqua pas, et deux pièces de métal à l'air particulièrement agressif surgirent de son costume entre des mains expertes, sous les yeux interloqués de la foule, et les jurons de surprise des policiers. Deux Skorpions, discrets prodiges de l'ingénierie tchécoslovaque, qui se mirent à cracher leur plomb dans un boucan d'enfer. Dans les cris et la bousculade paniquée des civils se ruant vers la sortie, les premiers policiers commençaient à tomber, et la fusillade s'entamait dans les locaux de la police centrale : l'assaillant initial présuma trop de son avantage, néanmoins, car un officier du SWAT présent de l'autre côté des comptoirs, un fusil d'assaut à la main, lui expédia une paire de balles au visage, profitant du moment où la faible capacité de ses rafaleurs le forçait à recharger.

Et dans la tribunal, on ne se doutait pas encore de ce qui était à l'oeuvre :

" Croyez-vous réellement qu'enfermer des hommes dans une salle d'audience, avec la seule volonté de les condamner, avec le plus grand déni de la présomption d'innocence et avec la plus diligente des volontés à lancer une inquisition aussi honnête et nébuleuse que les méthodes que ce pays condamne en la personne des "mafieux", continuait le parrain des Triades, " vous rend meilleurs qu'eux, plus vertueux ? Aujourd'hui, peut-être, je n'en doute pas, vous pouvez vous esbaudir, vous dire que vous avez gagné, mais ne vous méprenez pas... "

L'officier du SWAT, attrapant son casque et son fusil, se précipita vers la porte pour observer les alentours, pour savoir si c'était l'acte d'un fou isolé. Il enjamba le cadavre de deux de ses collègues, celui, au visage défiguré, de l'assaillant, et l'arme la première et l'oeil dans la mire, esquissa quelques pas très professionnels vers la porte.
Ce qu'il vit lui fit simplement pousser un "Merde." de surprise, avant de tomber à son tour sous une rafale précise : deux colonnes d'ennemis supplémentaires avaient surgis de fourgons de livraisons, et ceux-ci n'avaient pas le moins du monde l'allure un brin gaillarde et orgueilleuse de leur précédent camarade. Ceux-là, ils étaient harnachés de pieds en cap. Casques, armures de kevlar intégrales aux motifs de camouflage grisâtres et noirs urbains leur recouvrant jusqu'aux tibias et aux avant-bras, masques à gaz sur le visage et formation compacte derrière une paire de gaillards ouvrant la marche avec d'énormes boucliers rectangulaires. On pouvait en être sûrs, ces hommes n'étaient pas là pour une simple promenade de plaisance, ou plutôt, si : ils s'étaient préparés ardemment pour que leur excursion au commissariat central ressemble à cela.

Sur l'écran de télévision, la tirade de Heung Koo semblait faire écho à ce chaos.

" ... car au moment où vous franchissez la ligne. Au moment où vous abandonner d'exercer la Justice en respectant tant les lois des Hommes que celles de votre Pays, vous ne faites que donner raison à vos adversaires, cela même contre lesquels vous pensez lutter en utilisant leurs méthodes ... mais eux ... Eux, ils les connaissent, ces méthodes. Ils en sont passés maîtres, et ils auront toujours un coup d'avance sur ceux qui pensent pouvoir suivre leur chemin sans encombres pour les détrôner. Tout comme les criminels ne pourront jamais vaincre la Justice en utilisant ses armes, les justiciers ne pourront jamais vaincre le Crime en utilisant ses armes. C'est tout ce que j'ai à dire. "

Et dans le commissariat central, c'était le chaos, alors que des équipes entières de forces spéciales chinoises corrompues se livraient à un massacre en règle. Au début, les officiers avaient tentés de riposter, hasardant quelques tirs de pistolet ou de revolver à travers l'épaisse fumée des grenades lacrymogènes, en direction des lasers de visée qui fendaient la brume et des ombres qui glissaient dans l'inconnu... Peine perdue. Leurs armes étaient trop légères pour avoir un effet, et chaque tir récoltait un véritable mur de plomb en guise de réponse, et tout ceux qui espéraient fuir par la fenêtre étaient promptement abattus par un quatuor de tireurs d'élites qui s'occupaient de cerner le bâtiment.

Finalement, dans toute la ville, toutes les radios des officiers de police se mirent à raisonner, chacune à leur tour, en fonction de leurs officiers et des différents relais, d'un même message dont la teneur s'en tenait à peu près à :

" Appel à toutes les unités, je répète, 10-71 : Alerte prioritaire, le QG est pris d'assaut. Nombreux assaillants lourdement armés et entrainés, d'origine paramilitaire probable : Toutes les unités de la ville en mission non prioritaire ont ordre d'abandonner leur tâche actuelle et de rallier le commissariat central pour assister... "

Et pendant ce temps-là, la supposée journaliste asiatique ne put s'empêcher de glisser à Knox, après avoir regardé sa montre et coché immédiatement après une case à côté d'une longue ligne de caractères chinois ayant sûrement une quelconque signification :

" Dites-moi, vos procès, en Amérique, ils ont toujours l'air aussi ... "hollywoodiens" ? "

Elle ne put s'empêcher de sourire, d'ailleurs. Un petite sourire charmant, pas malicieux pour un sou ... Non, cela viendrait pour plus tard.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Jeu 27 Nov - 13:13

Alors qu'un putain de brouhaha se déroulait dans l'allègresse et dans le bordel organisé, je me levais, contenu par deux gardes qui me tenaient en joue et me retenaient d'aller plus loin que de ma place. Tout le monde semblait remonté, et pour ma part, j'étais foutrement en colère. Tout le monde se payait notre gueule dans cette assemblée. Pas loin de moi, j'avais Bozo la clown qui semblait avoir perdu son sifflet et tching tchong qui, lui, m'appuyait. Dans un autre cas, un autre contexte, j'aurais cogné ce chinetoque, mais il défendait mon innocence. Et c'était pas si mal. Machin Koo était le premier à passer à la barre, pour ma part, je me détendais et j'observais patiemment ce qui allait se passer. Il avait de quoi se défendre le vieux Tchong, et il savait servir ses intérêts en prenant l'éloquence nécessaire pour défendre des accusés qui sont pleinement innocents et simplement des victimes de ce mal être qu'est la justice américaine. Alors qu'on me permet de sortir un cigare, je mate l'assemblée, y'avait ce petit connard de fouille-merdes, Knox. Dans le torchon du globe, c'était le plus fantaisiste et le plus pro-Batman qu'on pouvait trouver. Ce petit con s'est même illustré en faisant tomber Carl Grissom, un vieux pote des Familles. Mais là n'était pas la question, j'étais salement dans la merde, et fallait que je compte sur un niakoué pour me sortir de là, quelle tristesse. Sa tirade était bonne, très bonne, et il faisait de bons choix de mots. Quelque chose cependant, collait pas. On voyait la plupart des flics, et Dieu sait qu'il y'en avait dans la salle, un bon trois quart semblait se diriger vers l'extérieur, pour une raison inconnue. Dans ce genre de cas, c'était louche, surtout à Gotham City. J'observe ma montre tout en continuant à fumer le cigare. Tchong a bientôt finit sa tirade que je ne peux m'empêcher de conclure en disant d'un ton solennel.

> "Dieu bénisse l'Amérique !"

Je ne pouvais pas m'en empêcher. J'étais un rital ok, mais j'avais le tempérament d'un américain, un pur souche, un homme qu'il faut pas emmerder, qu'il faut pas faire chier. Vraiment pas. C'est cependant une belle tirade patriotique que je venais d'entendre, même de la part d'un bridé. Le sentiment de patriotisme, c'était un sentiment noble, qui nous faisait aimer ce putain de pays et de donner envie de mourir pour un drapeau. Le pays nous a toujours bien aidé, il nous a accueillit et c'est maintenant que nous nous apercevions que son système juridique n'était rempli que de porcs dépendant de lois et de prétextes fallacieux pour bafouer l'essence même de l'Amérique : Le Self Made Man.
Je suis, en l'occurence, un self made man, mon entreprise embauche, avec de l'argent pas trop légal d'accord, mais au moins, elle profite et apporte de la ressource aux américains, et ce procès n'était qu'une vaste fumisterie pour que Dent puisse faire son malin chez nous et se tailler sa part du lion. C'était surtout pour faire sa communication, comme tout bon politique. "Juge moi sur ma cravate et pas sur mon boulot, les chiffres ça se manipule." Je ricanais, sérieusement, de voir toute cette merde remuer. Le système politique américain était tellement corrompu.

> "Réveillez-moi quand je serais acquitté. Ce procès est une putain de fumisterie. Je veux parler à mon avocat."

On me fait clairement comprendre que, mon avocat est bien loin de moi, et qu'il n'était pas encore arrivé au procès. Vaste fumisterie je disais ? Bordel, dans quel pays était-on tombé ? C'était pire que le communisme ! On se croirait chez les cocos, à juger sans raisons valables. L'Amérique et sa décadence, nous sommes foutus et déjà condamnés au goulag. Mais bon, au moins, je reverrais des potes en prison.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Mer 3 Déc - 17:56

And Justice for All
Event Harvey Dent
Please, no.

Dent observait d'un air médusé la scène. Elle écarquillait les yeux, observait son père adoptif la snober comme si elle n'était plus qu'une poussière à oublier sur son chemin. Ce cocktail de moqueries et de désillusions faisait monter la colère de la jeune fille qui, cinq minutes auparavant aspirait encore à faire de son mieux pour bien se tenir. Mais sûrement était-ce déjà trop pour Duela qui s'en prenait plein la figure pour juste avoir dit la vérité, oh, elle s'en rappelait de Harvey et elle tenait bien à dire ce qui devait être dit. C'était comme un vieux thermomètre, son énervement grimpait de plus en plus, elle regardait le procureur faire son petit débat et son ami Jeffrey se faire renvoyer comme un vulgaire déchet. Duela soupira. Cette ville est vraiment un carnage. C'était tellement plus drôle d'être le bourreau de ces vulgaires petites choses. La jeune fille observait l'italien et le chinois débile faire leur numéro semi provoquant-semi abruti qui donnait au procès une allure de mauvais sketch humoristique. Mais si il y avait bien quelqu'un qui agaçait la jeune fille, c'était ce journaliste arrogant qui semblait se croire tout permis. Insulter Duela Dent, fraîchement sortie de l'asile, certes pleine de bonnes volontés n'était pas la meilleure idée du monde.
«Il ne suffit que de vous contenir un peu lorsque quelque chose ou quelqu'un vous énerve, Duela» susurrait le Docteur Crane à chaque fois, cette phrase tournait en boucle dans la tête de Dent, mais après tout, il n'était pas là celui là pour lui faire la morale ? Puis, elle n'était pas ici pour se faire insulter et envoyer balader, elle avait des droits après tout. Duela observa le flic obèse qui se tenait droit comme un piquet à côté d'elle, lui voler son arme serait une chose si facile, la jeune fille calculait tout, les quelques secondes qu'il lui faudrait pour coller une balle dans la tête de ce journaliste, comment son pied pourrait s'enfoncer dans le bide de ce flic, la distance qui la séparait toujours de ce journaliste.
Tandis que Zucco faisait son air blasé à souhait, Duela envoya son pied dans les fesses du flic et attrapa son revolver avec ses deux mains féminines. Elle frappa le second en pleine tête avec la crosse de l'arme à feu et se dressa face à l'assemblée en dévisageant l'italien et le chinois.

- Le bouffeur de spaghetti et l'rouleau de printemps, fermez vos … putains de gueules !

C'est avec un sourire divin et adorable, que Duela tourna la tête dans la direction de Knox et s'exclama :

- Et toi là, tu vas aller gentiment de faire foutre !
PAN. C'est aussi vite qu'un balle se planta dans le banc, entre les jambes de Knox, son expression fit sourire Duela, elle pointa alors l'arme sur son paternel adoptif et continua :

- Maintenant, j'aimerai bien qu'on m'écoute un petit peu vu qu'il faut prendre les manières fortes pour se faire entendre ici. Alors oui, finalement j'aurais bien aimé rester à l'asile, là bas au moins, on est nourri et on a le chauffage, donc finalement, être là à attendre que des guignoles se foutent de moi, ça va pas le faire m'voyez ? Et toi là, procureur de mes deux, tu pourrais au moins faire un petit sourire gentil à ta fifille d'amour. Tu changes ses foutus cheveux verts crasseux en blond, tu m'enlève dix ans et ça y est, peut-être que j'te rappelle quelqu'un !
Duela soupire un grand coup et donne un léger coup de tête pour enlever les mèches de sa frange qui lui gène la vue. Elle s'attendait déjà ce qu'une armée de flic déboule et la canarde comme un vulgaire gibier, elle retourna alors entre les gardes, balançant l'arme parmi la foule pétrifiée. L'air mauvais, elle balaya la salle du regard tout en se faisant menotter et insulter de tous les noms possibles et inimaginables par le policier aujourd'hui eunuque.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 6 Déc - 22:11

En entendant la Juge Surillo rugir pour un retour au calme, le jeune flic ressentit un immense soulagement. Le procès était bien trop important pour en perdre le contrôle. Il fut rassuré de constater que son contrôle était assuré par des mains expertes. Surillo et Harvey Dent semblaient déterminés à ne pas laisser les accusés et les journalistes agir selon leur bon vouloir.

Jack Kyler ne parvint pas à retenir un sourire illuminer son visage. Aujourd’hui, la justice allait triompher. Il en était persuadé de par l’intransigeance de Surillo et l’assurance de Dent. Il écouta avec attention ce dernier, approuvant inconsciemment d’un hochement de tête chacune de ses paroles.

Il jeta un œil à l'assistance. Le regard des accusés toisait avec haine le procureur, tandis que le public et les jurés semblaient autant subjugués que Kyler. Rares étaient les hommes droit et combattif tel que Dent. Jack n’écouta que distraitement la Défense, écœuré par leurs propos. Il ne comprenait pas comment l’on pouvait dormir sur ses deux oreilles en défendant de tels monstres. Ces avocats avaient-ils une âme ? Jack en doutait.

Les vociférations de Manson ramenèrent l’attention de Kyler. Il n’eut pas besoin de s’en charger, les gardiens l’amenant rapidement hors du tribunal. Tandis qu’un immense vacarme prit place, Jack sourit de bonheur. L’avocat de la Défense venait de perdre en crédibilité. Parfait…

Surillo ordonna une fois de plus un retour au calme et appela Heung Koo à la barre. Ce dernier semblait furieux envers l’assistance. Certainement estimait-il comme un sacrilège sa présence en ce lieu. Lui, un éminent baron du crime, trainait comme un vulgaire sous-fifre par la Police ? Jack ricana intérieurement. Aujourd’hui, Harvey Dent allait leur prouver à tous que la Justice frappait sans distinction de puissance.


L’homme commença son discours, qui donna envie à Jack de régurgiter son déjeuner tant il lui était exécrable. Jack haussa un sourcil de stupeur lorsqu’il le désigna. De quoi parlait-il donc ? Certes, ses pensées n’avaient pas été tendre. Avait-il parlé à haute voix ? C’était possible, mais il aurait certainement marmonné. Jack jeta un coup d’œil à l’un de ses collègues posté, tout comme lui, non loin d’Harvey Dent. Tous deux avaient été chargés par Gordon d’assurer la protection du procureur.

Heung Koo confondait-il les deux hommes ? Jack n’avait pas souvenir de l’avoir entendu apostrophé le mafieux. Peut-être ne cherchait-il qu’à semer le doute dans les esprits de l’assistance.

-Je n’ai rien dit depuis le début du procès, se permit de déclarer Jack.

Mais Heung Koo ne prit pas attention à son intervention et termina son discours empoissonné, ponctué par une intervention aussi pitoyable que stupide de Zucco. Au même instant, le jeune policier reçu un appel discret qui lui glaça le sang.

" Appel à toutes les unités, je répète, 10-71 : Alerte prioritaire, le QG est pris d'assaut. Nombreux assaillants lourdement armés et entrainés, d'origine paramilitaire probable : Toutes les unités de la ville en mission non prioritaire ont ordre d'abandonner leur tâche actuelle et de rallier le commissariat central pour assister... "

 "Dieu bénisse l'Amérique !"

Kyler fustigea le rital du regard avant de rejoindre Harvey Dent.


-Nous avons un problème, monsieur, chuchota Kyler, ne souhaitant pas affolé l’ensemble de la population.  Le QG est attaqué. Il est probable que ce soit l’œuvre des alliés de Heung Koo. Gordon a ordonné un renforcement des défenses à chaque entrée du tribunal. Moi et mon collègue restons ici pour assurer votre sécurité rapprochée. D’autres se postent à chaque point stratégique de la salle pour…

Il fut coupé par un hurlement strident :


- Le bouffeur de spaghetti et l'rouleau de printemps, fermez vos … putains de gueules ! -Et toi là, tu vas aller gentiment de faire foutre !

Kyler se tourna pour voir un coup de feu vers Alexander Knox, un journaliste qui ne perd jamais une occasion d’ouvrir sa grande gueule. Face à lui, Duela Dent. Qui s’était emparé Dieu savait comment d’un revolver. 


-Bordel ! rugit Jack en s’emparant de son arme. Toi ! Reste ici ! ordonna t-il à son collègue.

Il courut vers la jeune femme, tandis qu’elle débitait un discours de fou. Jack était à mi-chemin entre elle et Harvey dent quand elle se tourna vers son ‘‘père’’.

- Et toi là, procureur de mes deux, tu pourrais au moins faire un petit sourire gentil à ta fifille d'amour. Tu changes ses foutus cheveux verts crasseux en blond, tu m'enlève dix ans et ça y est, peut-être que j'te rappelle quelqu'un !

Jack stoppa sa course et pointa son arme vers Duela. Plusieurs policiers entouraient la folle, prêt à la descendre si besoin.

-Ok, dit-il froidement. On va calmer le jeu, doucement. Tu es cernée de policier et je doute que tu ai envie de te retrouver cribler de plomb. Alors pose ton flingue et laisse toi faire.

Jack ne pouvait dire si ses paroles avaient véritablement eu un effet. En tout cas, Duela Dent jeta son arme vers la foule, qui poussa des cris de terreur. Un brouhaha assourdissant s’empara de la salle, tandis qu’un policier passa les menottes à Duela.

Les choses échappaient à leur contrôle. Jack rebroussa chemin pour retourner auprès de Dent. Inquiet, il lança un regard à Surillo, espérant que la juge allait parvenir à rétablir le calme. Une fois fait, le jeune flic comptait contacter Gordon afin de s’informer de la situation au QG et à l’extérieur.


L’agent Kyler avait un mauvais pressentiment…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Dim 14 Déc - 13:53

Ok, là, ça commençait sérieusement à tourner au vinaigre. Le premier prévenu commençait à retourner l'argument des défenseurs de la Justice à son propre compte, tandis que cette ordure de Zucco et cette cinglée de Duela commençaient à s'agiter de manière néfaste. Pire encore, le retrait de quelques flics hors de la salle m’inquiétait franchement. Cela sentait le mauvais polar américain et je me devais de me rendre compte de ce qui se passait, de toute manière, le procès n'amènerait sur rien de bon et ils finiraient tous en taule, si le système était bien tourné bien sur. Je me lève, après avoir esquivé de justesse à la tentative de Duela sur mon auguste personne avant de me diriger d'un pas hâtif vers la sortie, Vale s'y trouvait, en train de faire ses photos pour le prochain article. La salle devenait un foutu brouhaha. Duela Dent avait chopé un révolver on ne sait où et elle avait failli me mettre dans la rubrique nécrologique du Globe, pas que j'ai une belle gueule, mais j'avais pas envie de me retrouver à la rubrique des chiens écrasés. Tué par une cinglée, vous imaginez le peu de gloire que ça apporte de nos jours, surtout celle-là, complètement pétée et complètement débile à souhait. Je priais pour qu'on la boucle une nouvelle fois à Arkham, après tout, elle avait sa place là-bas, et pas des moindres. Je me penche auprès d'elle, enfin je parle de Vicki, avant de lui dire d'une voix douce et calme, sans que les autres ne puissent entendre.

- "Je vais dehors, occupe-toi de ce qui se passe ici, je vais voir ce qui se passe à l'extérieur. Tout ça ne sent pas bon, vraiment pas."

Je pousse la grande porte de velours en cuir et je me rend directement et hâtivement vers la grande entrée du tribunal. Tout avait l'air normal, trop normal, excepté qu'il y'avait beaucoup moins de flics qu'à l'heure d'arrivée ce matin. J'aimais pas ça, pas spécialement. En tant que Journaliste, mon devoir était de couvrir l'évènement du tribunal, mais mon aspect fouille-merde me poussait aussi à aller voir ce qui se passait, et pourquoi Diable il n'y avait plus de flics pour protéger le tribunal au cas où. Je tombe sur un jeune officier, une espèce de petite recrue qui semblait errer à la recherche de ses collègues.

- "Excusez moi monsieur l'agent, où sont donc partis les officiers en poste ici ?"

Garde - "Il y'a eu une alerte au QG, on a envoyé nos hommes là-bas pour se soucier de ça. Veuillez circuler s'il vous plait, je dois garder la porte du tribunal."

- "Tout seul ?"

Garde - "Oui."

Il était évident que le gamin aurait du mal tout seul. Et si des types armés jusqu'aux aux dents se pointaient, ils allaient se servir de ce type comme cible mouvante. Non, aucune chance, cela ne pouvait pas se passer aujourd'hui. Et si quelqu'un le faisait ? Qui aurait intérêt à libérer nos trois prisonniers ? Zucco ? Les Falcone ou les Maroni pourraient avoir besoin de lui. L'asiatique ? Peut-être ... Les triades ne laissent jamais leurs chefs dans la merde juridique, et ils avaient une moralité que certains criminels n'avaient pas. Duela ? Voyons, soyons sérieux, qui serait assez fou pour la libérer ? ... Le Joker en serait capable, mais pourquoi aussi ? Des tas de questions ... L'attente se fait de plus en plus pressante et je l'avoue, j'ai peur. Je me tâte à regarder par les vitres du tribunal, des mouvements de gens, des citoyens, qui vivaient leurs vies comme d'habitude, dans l'attente de quelque chose d'effroyable.

Quelque chose qui me remue les tripes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Dim 21 Déc - 1:00








Guêpier







La situation s'envenimait. L'agité de Manson remisé au dépôt, Dent pensait pouvoir mener ce procès dans un calme relatif. Tout était dans la notion de relativité. Mais c'était sans compter Zucco et Duela, qui jouèrent un peu de leur morceau préféré. Foutre la merde dans une salle d'audience, c'était mal venu quand on voulait plaider non coupable. Mais les choses tournèrent en la faveur de Duela, qui parvint à saisir une arme. Lorsque le coup de feu partit en direction de l'assistance, le premier réflexe du Procureur fut de se placer en protection devant Rachel. Qu'il lui arrive malheur, et il ne répondrait plus de rien. Un officier du GCPD vint le rejoindre. Un jeune type qui portait sa plaque autour du cou, bien en évidence. Agent Jack Kyler. Un peu de soutien ne pouvait pas faire de mal.

Les yeux de Harvey se portèrent vers la chaire du Juge. On distinguait à peine la chevelure de Surillo, qui s'était caché derrière le pupitre de bois massif lorsque Duela avait tiré. Harvey était partagé : une part de lui était consterné de la voir aussi faible, l'autre louait le Seigneur de l'avoir doté d'un bon instinct de conservation. Perdre un juge comme Surillo, lourde facture pour Gotham. Elle était des rares qui pouvaient encore se targuer de défendre une vraie justice. Il fallait garder les gens de la trempe de Surillo. Pour le bien de tous.

Toujours debout, protégeant Rachel de son corps et l'obligeant à rester assise de la main, Harvey assistait à la scène. Des officiers de police maîtrisaient maintenant Duela et la menottaient, après un dernier coup d'éclat, et des pertes d'ordre génital à déplorer chez l'un d'entre eux. L'arme venait d'effectuer une large courbe dans les airs pour finir au sol dans la salle, côté assistance. Par chance, aucun coup de feu ne partit, mais l'arme était maintenant à portée de toute main mal intentionnée. Ça n'était pas vraiment une chose qu'il était bon d'imaginer. Pas en cet instant.

Harvey tenta de rassurer Rachel. Il la savait forte, mais n'importe qui serait pris de panique, dans une telle situation.

    « Tout va bien se passer. Les gardiens vont reprendre le contrôle de la salle, et Surillo va prononcer le huis clos. On va finir ce procès. Et tout se passera bien, je te le promets. »

Harvey ne faisait jamais de promesse sans être certain de pouvoir s'y tenir. Presque jamais. Pour cette fois, il faisait une exception. Il savait par expérience qu'un forcené qui tentait quelque chose dans un endroit fortement gardé, comme ce tribunal, n'avait rien à perdre. Et c'étaient ces gens-là qui étaient les plus dangereux. Quand on n'a plus rien à perdre, on ne redoute pas le pire, pas même la mort. Quand on donne plus de liberté à sa propre liberté qu'au bien commun, on a franchi la ligne.

Le chinois semblait garder son calme, dans cette cacophonie. Il restait assis, impassible, le visage insondable. Un calme olympien, inquiétant. Que cachait une telle sérénité ? Ce gars-là savait quelque chose. Harvey en avait la conviction. Il fallait juste qu'il arrive à savoir de quoi il s'agissait. Mais pour le moment il ne pouvait que s'en remettre à l'action des gardiens, et des policiers présents comme Kyler. Il ne pouvait qu'attendre, spectateur sans arme. Ses armes à lui n'utilisaient ni poudre, ni balle, elles ne faisaient pas le bruit assourdissant d'une déflagration, mais pouvaient toucher tout aussi profondément, blesser une personne et faire le bien de centaines d'autres. Mais il ne pouvait utiliser ses armes tant que le chaos régnerait. Il fallait qu'on ramène le calme et qu'on procède. Il avait besoin que ce procès ait lieu. Gotham en avait besoin.





Pendant ce temps, devant le GCPD...

L'attaque du central avait vidé les rues. Les assiégeants, hommes cagoulés et casqués, vêtus de protections pare-balles et de tenues tactiques, armés jusqu'aux gencives, demandaient une force de frappe supérieure pour contrer l'assaut. Toutes les unités disponibles avaient été dépêchées. Brigade des mœurs, des mineurs, stup', grand banditisme, brigade financière, criminelle, même les flicaillons de la circulation, tout le monde était sur le pont. Branle-bas de combat. Les voitures de patrouille, appelées en renfort, prenaient position autour du GCPD, prenant en sandwich les assaillants. Feux croisés. Ça allait être la boucherie. Les camions blindés du SWAT arrivaient désormais. À l'intérieur, des dizaines d'hommes surentraînés aux situations de crise, chargés comme des mulets, armes lourdes, armes automatiques, grenades de toutes sortes. Ça allait être la boucherie, c'était certain.




Toujours pendant ce temps, à l'extérieur du Courthouse...

Alors qu'Alexander Knox quittait la salle d'audiance et s'enquérait de la situation, quelque chose se préparait. Dehors, c'était le calme plat. Mais plat. Pas un passant, pas une voiture. Pas un bruit. Les rues étaient vides, bloquées à plusieurs blocs de distance. Littéralement, un silence de mort s'abattait sur le quartier. Inquiétant à souhait.

Ce silence fut rompu par des bruits de moteurs. Deux camionnettes blanches et noires, du genre blindées/rivetées/solides/rassurantes arrivèrent à toute allure, freinant sèchement devant le palais de justice, faisant crisser leurs pneus increvables. Les inscriptions sur les flancs de tôle ne pouvaient qu'inspirer la confiance. GCPD, Special Weapons And Tactics. Le SWAT était là !

Les portes arrières s'ouvrirent à la volée, et dix hommes sortirent de chaque camionnette. Voilà qui inspirait de bonnes choses. Ces types allaient reprendre la main sur le tribunal, y réinstaller un climat de sécurité et permettre aux choses de suivre leur cours. Tant mieux.

Un autre véhicule arriva. Une voiture, elle aussi blindée, elle aussi portant inscriptions au nom du SWAT. Un gros Hummer noir à bandes blanches, énormes pneus, imposant et effrayant. Le véhicule stoppa aussi net que les deux précédents. La portière passager s'ouvrit et un seul homme en descendit.

Il n'était pas cagoulé, ni casqué, ni même lourdement armé. Il ne portait qu'un Colt à la ceinture, mais avait tout de même un gilet pare-balles. Il portait une paire de RayBan, mâchonnait la fin d'un cigare éteint. Ses cheveux, blonds, courts et coiffés en brosse, lui donnaient un air sévère et sérieux, autoritaire. Le type se planta devant le Courthouse, poings sur les hanches, l'air satisfait. Puis il se tourna vers la vingtaine d'hommes derrière lui.

    « Les gars, vous connaissez la marche à suivre. On s'en tient là, ni plus, ni moins. Pas de sentimentalisme. Du professionnalisme, jusqu'à la fin, et tout le monde sera payé. Garanti. En avant... »

Et sans un mot de plus, les vingt types en noir se lancèrent vers le tribunal au pas de charge.



Animation a écrit:

  • Le SWAT arrive au central du GCPD. Toutes les unités disponibles également. Les rues du centre de Gotham sont vidées de leurs forces de police.
  • Vingt hommes sont arrivés au Courthouse, dans deux camions du SWAT. Ils sont vêtus et armés comme des hommes du SWAT mais n'en sont pas. Libre au premier joueur qui le désire de se les approprier.


Bon jeu ;)

Codage : Darth Oxious
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Mer 7 Jan - 11:29

Parfaitement et proprement ignorée. La Destructrice de Mondes ne savait pas vraiment si il fallait voir dans la panique de ce journaliste américain signe à s'inquiéter ou à rigoler. A vrai dire, son rôle de journaliste n'était que temporaire, et sa compréhension de la déontologie d'un tel corps de métier était parfaitement lacunaire : elle était surtout et avant tout une artiste martiale, une guerrière. Une femme d'action bien plus que de lettres. Elle ne s'offusqua pas trop, alors, du comportement cavalier de son interlocuteur, car après tout, peut-être avait-elle brisé un curieux code tacite. Non, il valait mieux se concentrer sur la tâche ne cours, ce pour quoi elle était payée : libérer Heung Koo, le sortir de cette salle de théâtre, et abattre Harvey Dent, le héraut de l'Apocalypse, celui qui ne respectait aucune règle. Celui qui croyait pouvoir basculer l'équilibre primordial du Monde et sa balance sacrée.

La main de la tueuse sino-britannique se porta à ses lunettes, qu'elle retira pour les poser à son coté, sur la place vide du journaliste américain absent, et son regard se posa sur l'arme qui traînait à quelques mètres de ses pieds. Elle n'aimait pas tant que cela les armes à feu, même si son opinion sur le sujet, par la force des choses, avait dû changer au cours des récentes années. D'un coup d'oeil circulaire, elle identifia les menaces, avisa de la situation. Pourrait-elle atteindre Heung Koo et le sortir du bâtiment ? Indéniablement. Ce n'était pas une bande de policiers grassouillets, même armés, qui allaient pouvoir lui assurer une quelque opposition farouche. Elle allait le montrer d'ailleurs.

Le procès reprenait timidement son cours, et Surillo, le principal levier de la justice, demanda le huis-clos. Mauvaise idée, cela n'arrangeait pas la Lady, et cela la força à mettre en branle ses plans, pour devoir en venir à une extrémité malheureuse : l'arme à feu laissée par terre. Elle offrit un sourire charmant à l'officier de police qui s'excusait le parterre de journalistes qui commençaient à évacuer pour récupérer l'arme laissée là sans surveillance.
Et puis le coup fusa, un coup violent de la paume sur la mâchoire du pauvre homme qui n'avait rien demandé, avant de lui attraper un bras de sa main libre pour le tirer vers lui, se projeter dans son dos, lui attraper la nuque et la briser dans un effroyable concert de vertèbres déplacées dans un angle peu confortable, alors que son visage se retrouvait empreint d'une expression de souveraine douleur.

Shiva, elle, n'était plus que marbre, et d'une roulade experte, récupéra l'arme qui traînait au sol, hasardant des tirs dans la direction des gardes restants, bien plus douées pour éviter leurs ripostes avec une grâce surnaturelle de gymnaste experte que pour faire mouche : elle n'aimait pas les armes à feu. Elle ne les aimaient vraiment pas.

Heung Koo se leva et porta ses mains menottées devant lui, par-dessus la rambarde de son box, sans piper mot. La tueuse arrivait en courant, et ne s'opposait entre elle et lui qu'un autre agent qui laissa tomber son arme pour dégainer une matraque et placer toute la force de son bras dans un fulgurant coup de taille partant depuis le dessus de sa tête. Tout rapide qu'il put être, cela ne suffit pas : avant qu'il n'ait pas même commencer son coup, Shiva était déjà sur lui, et avait bloqué sa tête entre ses cuisses. D'un mouvement fort curieux et d'une grâce morbide que l'on aurait certes pu attendre d'une troupe d'acrobates aguerris, elle se jeta vers l'avant et attrapa les clés des menottes à la ceinture de l'agent, imprimant tant de vélocité et de force à son mouvement qu'elle emmena son infortunée victime dans une vrille vers l'arrière, la faisant atterrir sur les genoux et lui, face contre terre, sans vie, avec encore de bruit d'os brisés.

Là encore, pas plus d'une seconde, et elle offrait déjà la liberté à son client, communiquant avec lui en cantonais pour s'assurer qu'il allait bien, une langue qui sonnait probablement toute exotique à l'assemblée, et parfaitement incompréhensible. Il allait bien, mais il détestait ce pays. Elle acquiesca, approuva, et lui dit qu'il serait sous peu dans un avion en direction de Hong Kong, loin des vicissitudes du système judiciaire américain.

Et elle se tourna vers l'assemblée, se préparant déjà à la suite...

___________________


Au commissariat central, on commençait à douter : on était équipé, protégé, et sûrement plus lourdement armé que le SWAT local ... mais aurait-on assez de munitions pour calmer cette bande de cow-boys ? Ils étaient vraiment très, très, très nombreux.

Qu'importe ! Une équipe se plaça dans le lobby, les mitrailleuses braquées sur l'entrée, hurlant leurs instructions en chinois, tandis qu'on entendit le bruissement distinct d'un tir de lance-roquette partir d'une fenêtre, transformant un véhicule de police en brasier incandescent.
On en avait pas beaucoup, et il faudrait aviser, mais cela était certainement l'arme qui leur offrirait l'ascendant psychologique le plus important.

Et ils commencèrent donc à offrir un mur de plomb à la police de Gotham, tel une phalange spartiate aux Thermopyles, ou une bande de Légionnaires à Camerone... Ils allaient sûrement connaître un destin analogue, de toutes façons...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Jeu 8 Jan - 14:18

Toujours impeccable, mon costard avait un peu de poussière pendant le petit tumulte à la Duela. Cette clown stupide avait salopé mon costard, enfin, indirectement, mais directement, elle était la garce qui l'avait salopé. Déjà que j'aimais foutrement pas les clowns, surtout cet enculé de Joker, mais non seulement cette petite pétasse avait carrément chier sur mon style unique. Tout le monde sait que les italiens aiment la classe, le luxe et rester clean, même quand t'es dans la merde. Je réservais déjà une balle pour le crane de cette petite catin idiote. Alors que Surillo semblait montrer son courage devant toute l'assemblée et que Dent faisait son malin au milieu de cette merde ambiante, y'avait toujours quelque chose qui clochait. Y'avait Tching Tchong qui était sans cesse en train de se montrer super calme, ça m'énervait. Les chinetoques sont toujours super calmes, super concentrés, super tout dans leurs têtes et toi, tu te demandes à quoi ils pensent.
J'aimais pas les bridés, vraiment pas. Le racisme italien-chinois, ça remonte au début du vingtième siècle. Quand ces empafés croyaient fermement que leurs mafias supplanteraient les italiens. Depuis, ça a été une longue suite de vendettas classes, subtiles et morbides. Combien de jaunes on a noyé dans la cuvette des chiottes pour rigoler ? Combien on en a cramé au lance-flamme pour faire un remake du Vietnam ? Combien on en a flingué dans les combats de gangs ? Je compte plus vraiment, ni même les familles, mais c'est comme les lapins, y'en a toujours. Alors que l'assemblée semblait regagner son calme, moi, j'attendais quelque chose, un évènement plus classe. Y'avait dans l'air comme un parfum d'instantané, comme si quelque chose allait se produire et du genre "grave". Attentat ? Massacre ? Dans tous les cas, je pouvais pas aller ailleurs vu que j'étais entouré de poulets. Chiottes. Si ces connards d'Umberto et de Pino m'avaient lâché, je les flinguerais en sortant de taule, sans hésiter. Fils ou pas de Maroni. L'ambiance est lourde et je désserre ma cravate, j'ai trop chaud pour supporter l'ambiance actuelle. Ce que je donnerais pour un bon cigare de derrière les fagots. Je sors une petite flasque de whisky avant de la porter à ma bouche. Les flics ne me l'avaient pas prise, j'avais le droit de conserver quelques petits effets personnels et une flasque d'alcool, c'était pas jugé dangereux.

> "Santé à nos chevaux, à nos femmes et à ceux qui les montent."

Je n'étais pas, mais alors vraiment pas au courant de se qui se passait dans le couloir du Courthouse, ni même au GCPD. A vrai dire, comment j'aurais pû le savoir ? J'ai rien qui me permette d'en savoir plus. A vrai dire, y'avait que Tching Tchong qui m'énervait. Alors que je buvais ma gorgée d'un très bon alcool bien conservé à température ambiante, j'observe qu'une femme semble s'intéresser à Tchong. Et j'avais raison, elle venait de se charger d'un officier et de prendre son arme avant de libérer le chinetoque. Je n'hésitais pas du tout à cette occasion en or. Il fallait que je tente ma chance de sortir de ce trou du cul.

> "Deux millions de dollars si tu me sors de ce tribunal en vie !"

J'étais foutrement désespéré à vrai dire. J'avais le choix ? Coincé avec Miss Duela qui flinguait à tout va. Coincé avec Harvey Dent prêt à m'envoyer en taule, coincé avec des journalistes et des juges, non, je préférais largement m'envoyer en l'air avec une pute borgne plutôt que de rester dans un tel lieu. C'était surtout de la peur, de la crainte de rester dans ce coin, de la crainte de rester ici, de finir dans une geôle et d'attendre la mort en guise de libération. Nous ne sommes pas des gens parfaits, mais j'avais une petite fille à l'extérieur, et Sonia méritait d'avoir un père, malgré le passé que je trainais. Ma fille avait besoin de moi, et de moi seul. Ma fille me manquait, et sa mère avait besoin de fric pour l'éduquer, fric que j'étais seul à donner en tant que père de la famiglia.
Il fallait que je sorte, je serais prêt à tout pour en sortir, même à flinguer homme, femme ou enfant dans ce tribunal. Ne serait-ce que pour revoir les yeux de ma fille chérie.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Ven 23 Jan - 16:00








Bloody mess







Tout ça devenait bien trop dangereux. Une asiatique venait de libérer Heung Koo, non sans inspirer à Dent un curieux sentiment. Elle était entrée grâce à la carte de presse qu'elle portait brochée sur sa veste, mais n'était visiblement pas à compter dans les rangs des journalistes. Ses acrobaties la rendaient particulièrement inquiétante. Au compte, deux flics venaient de se faire tuer, ou en avait fort l'air. Ils gisaient tous les deux au sol, sans bouger. Le deuxième, face contre terre, reposait sur l'épais parquet massif de la salle d'audience, dans l'exacte position grotesque qu'il avait prise quand son visage avait rencontré le sol. Une flaque de sang venait recouvrir le bois du plancher, à cet endroit précis et s'agrandissait lentement, sombre et épaisse.

Rachel prit Harvey par le bras et le força à la suivre. Ils se retrouvèrent derrière la haute estrade où trônait le bureau du Juge et de ses assistants, qui eux n'avaient pas encore bougé, trop médusés qu'ils étaient pour faire un geste. C'est l'arrivée des deux amants qui sembla les faire revenir à la réalité.

« Bon dieu, Dent, vous savez ce qui se passe ?
Un sauvetage, voilà ce qui se passe, Votre Honneur. Cette femme, la chinoise, est venue faire évader Heung Koo. Et je vous glisse mon billet que tout ça a été savamment orchestré.
Tu veux dire que...
Je veux dire que la police de Gotham va devoir mettre tout ce qu'ils ont pour nous sortir de là... Je n'aime pas me montrer pessimiste, mais... j'ai l'impression qu'il sera compliqué de sortir d'ici. »
Rachel sonda le visage de son homme, et devait se rendre à l'évidence. Il était sincère à 100%. Il ne croyait pas à une fin heureuse. Et ça ne la rassurait pas. Si même un homme comme Harvey Dent, celui-là même qui n'avait jamais perdu espoir pour la Justice et Gotham, si cet homme ce mettait à douter, alors c'était que tout espoir était perdu.

Rachel risqua un œil par-dessus le bois épais et sécurisant de la chaire du Juge. Elle ne voyait pas grand chose. En bas c'était la panique. Les journalistes, invités par les gardiens à évacuer la salle, avaient disparu. En réalité ils s'étaient rués dehors d'eux-même, quand le premier flic s'était fait étaler par la chinoise.

Surillo profita de ce que Rachel était distraite pour parler plus avant avec le procureur.

« Dent... Tout ça sent mauvais. Comment une telle chose peut-elle arriver ?
Vous savez comme moi que les mafias gangrènent la société gothamite à tous les niveaux. Quelques dessous-de-tables bien placés, ça fait des miracles. Ça ouvre des portes, ça corrompt des flics, ça achète des armes.
Vous pensiez ce que vous venez de dire ? Qu'on sortira difficilement d'ici ?
En vérité, Votre Honneur, je crois qu'on ne sortira pas d'ici. Pas tous. »
Un peu alarmiste, un peu fataliste aussi. Mais c'était la vérité. C'était ce qu'il ressentait, et Harvey Dent était, à cet instant, plus lucide que jamais. Et pourtant, loin de se douter que cette phrase qu'il venait de prononcer était à ce point prémonitoire.


A l'extérieur du Courthouse...

Le flicaillon qui gardait le tribunal et que Knox venait d'interroger se risqua à dehors. Il avait entendu des véhicules et espérait que c'était la cavalerie qui débarquait. En ouvrant la porte, il constata la situation : deux camions et une voiture du SWAT étaient stationnés sur le parvis. Nom de Dieu, ils étaient sauvés ! Alors que les gars se déployaient et recevaient quelques consignes de leur chef, le flic descendit précipitamment la volée de marches qui le séparait du parvis.
« Putain, ça fait plaisir de vous voir ! C'est le merdier là-dedans !
– [color=olive]Maîtrisez-vous, mon vieux... Quelle que soit la situation à l'intérieur, nous allons la reprendre en mains. Briefez-moi, Officier... ?
...Barton, Officier Barton. Hé bien, nous avons reçu cet appel qui signalait l'attaque du QG. La plupart des flics en faction ici ont reçu l'ordre d'aller renforcer les rangs, sauf moi. Mon chef m'a ordonné de rester ici et de garder les lieux.
D'accord. Que savez-vous au sujet de ce qu'il se passe ici ?
J'ai entendu des coups de feu. Je serais bien allé voir, mais ils sont assez nombreux dans la salle d'audience, assez pour intervenir. Et j'ai reçu des ordres clairs, alors...
Avez-vous eu des contacts avec d'autres unités, qui seraient en route vers le Courthouse ?
Aucun.
Parfait. Officier Barton, vous avez parfaitement rempli votre mission. Nous n'avons plus besoin de vous ici, vous pouvez disposer. »
Et sur ces mots, le chef du SWAT dégaina son Colt Anaconda, le pointa sur le front de l'Officier Barton, et lui colla un pruneau en ,45 dans le crâne. Barton s'écroula, poupée de chiffon, un trou dans le front, l'occiput littéralement explosé. L'homme remit son arme à l'étui, encore fumante, et entreprit de monter les marches vers le tribunal. Vingt hommes lui emboîtèrent le pas. Ils furent rapidement devant la porte de la salle d'audience. Silencieux, ils attendirent un instant afin d'écouter. C'était une bonne façon de se faire une idée de ce qu'il se passait à l'intérieur. C'était silencieux, ou presque. On devinait du mouvement, mais c'était tout.

Le chef blond retira ses lunettes, dévoilant des yeux d'un bleu acier, et les pendit au col de son gilet. Il fit un signe vers la porte, et un homme équipé d'un appareil s'avança. Il glissa sous la porte un câble optique, et observa l'intérieur en tout sécurité.

« Y a pas foule. Je vois... un flic au sol. Mort. Y a du mouvement vers le box des accusés, mais c'est pas clair. Une femme. Une asiatique. Avec un homme, asiatique aussi. Je vois pas les juges. Z'ont du se barrer par l'arrière. Y a aussi quelques civils, des costards-cravates.
Les avocats. Pas de trace d'autres flics, ou des accusés ?
Il me faudrait un autre angle de vision pour le dire. Je vois les sièges de l'assistance, vide, et ce flic mort au milieu du chemin. La femme semble chercher quelque chose. Elle bouge.
Très bien. Messieurs, c'est à notre tour d'intervenir. Procédez. »
Quatre hommes se disposèrent de front devant la porte. Deux d'entre eux portaient des boucliers pare-balles, et mirent une main sur les poignées de porte. Ils allaient entrer.



Codage : Darth Oxious
[/quote]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 24 Jan - 16:58

Deux millions de dollars. Ce n'était pas moins de deux millions de dollars que l'on lui proposait, en supplément, pour une double évasion. Une somme absurde, au vu de la facilité de la tâche. Une somme absurde, au vu de celle qui lui était déjà promise par les Triades pour extraire Heung Koo de ces maudits quatre murs de bois. Pour cela, le regard qui vint se plonger dans les yeux de ce criminel italo-américain était profondément neutre, presque négligent. Un regard d'acier, la véritable nature immuable du métal, le regard de la machine à tuer que des années passées à combattre et à tuer avait forgé. Ce regard, il parut certainement plus comme un coup d'œil, alors qu'elle revint presque instantanément à son principal employeur, pour lui poser ce qui ressemblait, dans le ton, à des questions. Heung Koo, le visage aux traits maintenant las, répondit avec un ton négligent, en joignant le geste à la parole d'un volée toute aussi négligente de la main dans l'air ténue de cette chambre de justice bien vite transformée en chambre de mort. Ce qu'Anthony Zucco pouvait peut-être comprendre, c'est que dans ce bouillon de mots aux sonorités exotiques aussi changeantes que les courbes d'une montagne russe, on évoquait son nom, affreusement déformé dû à l'intrinsèque accent qui entachait chacune des syllabes de leur échange.

La tueuse sino-britannique dégaina de sa veste de "journaliste" son petit calepin recouvert de ces cabalistiques symboles que l'on prenait pour écriture de l'autre côté du Pacifique, et l'ouvrit à une page où trônait fièrement une photographie miniature du mafieux gothamite, accompagné de maints paragraphes de "texte". Elle leva un sourcil intrigué, et lâcha un bref soupir amusé, comme si elle venait de trouver le dénouement d'une bonne plaisanterie par elle-même, avant de claquer son calepin et de le reposer dans son manteau.

" Incroyable, vous ici. " lâcha Shiva d'un air caustique, " Votre offre est tentante, Monsieur Zucco. Bienvenue à bord. Restez ici encore quelques instants, avec votre coreligionnaire. Je ne poserais qu'une condition : Celle de ne pas tenter de me doubler ou d'attenter quoique ce soit à l'encontre de Monsieur Koo. Il serait dommage d'avoir fait tout cela pour vous tuer, le présent contrat se révélant plus pénible qu'excitant, je pourrais me révéler tout particulièrement créative. " Elle se mit à tâter ses poches de veste, puis ses cuisses à travers le tissu, adoptant d'un coup un air passablement ennuyé, " ... Vous n'avez certainement pas envie de me voir sous mon jour le plus créatif. "

Elle se releva, envoyant la veste sur laquelle était épinglée son badge au loin d'un geste ample, révélant le somptueux qipao écarlate couvert de fils d'or particulièrement proche du corps, presque moulant, qui reposait en dessous de celle-ci, son "uniforme standard", si tant est que l'on eût pu qualifier ses goûts vestimentaires ainsi. Un uniforme de parfaite dame de la haute-société hongkongaise des années trente et quarante, un temps passé dont elle pouvait parfois se révéler être nostalgique sans même jamais les avoir connues.

" Je suis à vous tout de suite. " termina-t-elle en se détournant de l'improbable couple de criminels, alors qu'elle partait à la recherche de son manteau de cuir, encore sagement fixé sur le dossier de la chaise qu'elle avait occupé dans l'assistance. Du regard, elle chercha, au milieu des cadavres et de ce que la cohue avait laissé, des traces de cette arme toute particulière que l'on lui avait demandé d'utiliser contre les membres du corps judiciaire qui avaient osé se hisser contre Heung Koo et ses associés.

On l'appelait dans le milieu des initiés le "Cocktail de Canton", le savant mélange de plusieurs substances chimiques utilisées dans les industries lourdes de la cité, savamment mélangé avec le venin de plusieurs des plus vicieuses créatures que la création avait pu imaginer dans toute son implacable ironie. La rumeur voulait que l'idée originale ait été de Cheshire, une "collègue" d'origine vietnamienne de la déesse chinoise. De ce qu'elle en savait, l'ancienne Sandra Wu-San n'en savait rien et, dans l'absolue, s'en fichait éperdument : elle détestait les poisons, presque autant qu'elle détestait les armes à feu. Son arme à elle, c'était son corps, et elle l'avait maîtrisé à un point tel qu'il était plus vif et agile que n'importe quelle balle, plus fort et résistant que n'importe quelle lame. Pas d'artifices, avec la Lady, et c'était ce qui rendait son œuvre d'autant plus impressionnante. Pour cet ouvrage précis, cependant, on lui avait demandé de recourir à ce curieux poison. On le lui avait fournit, et on lui avait expressément demander d'en faire tâter chacun des soi-disant "justiciers" de cette mascarade que certains osaient appeler "procès". Ils devaient sentir le venin parcourir leurs veines, tuant un à un leurs nerfs et nécrosant leurs tissus, alors que leur corps, devenant pour les précieuses dernières minutes de leurs existence, ne resterait plus que le maladroit vaisseau inerte d'une conscience qui ne pourrait que constater une déliquescence accélérée.

Le Cocktail de Canton ne se contentait pas de tuer, non. Il détruisait, avant de tuer, et si la dose létale demandée était colossale, en comparaison de bien des poisons, ses effets étaient parmi les plus ravageurs connus l'être humain, et ils étaient terriblement douloureux : si vous ne mourriez pas, vous ne seriez plus jamais le même.

Et Shiva avait dans plusieurs des stylos qu'elle avait apporté dans son manteau une pleine dose de ce nectar exotique, pour toute encre. C'était bien cela qu'elle avait cherché à sa cuisse, mais elle se rappelait maintenant ne pas les y avoir caché, précisément pour ne pas se l'injecter par mégarde. Professionnelle, la tueuse ne permit pas pour autant de temps en cérémonie, et dégaina ses armes bureaucratiques dans les interstices de ses doigts, comme autant de griffes mortelles aux pointes mouvantes. D'un pas nonchalant et presque mécanique, elle se dirigea vers le pupitre du Juge.

Ce fut le moment que choisir une équipe de gaillards lourdement armés pour faire irruption dans la pièce. Une seconde : c'est le temps qu'il fallut à Shiva pour évaluer la situation, le fait qu'elle ne savait pas qui étaient ces hommes, et ce qu'ils pourraient bien vouloir. Ils étaient grimés comme le SWAT de la ville, et si tant est que la "diversion" des Triades aient tourné court avec l'attaque du commissariat central, il se pouvait parfaitement qu'ils le soient. A vrai dire, il se pouvait même que le GCPD ne soit pas tombé dans le guet-apens, et ait vu clair dans le jeu des criminels. Un simple regard dans leur direction, un coup d'œil vers le pupitre.

Elle prit une vive impulsion sur une chaise voisine et se projeta dans un bond prodigieux qui aurait probablement reçu des ovations à de quelconques olympiades d'athlétisme, mais, alors que les tirs claquaient déjà vers elle et que le plomb lui frôlait les cheveux, son regard métallique et mécanique vint se poser sur le juge, ses assistants, et sur le procureur : ses cibles. Elle lança ses dards dans leur direction, avec la claire volonté de les tuer.

La grâce de ce ballet mortel ne connût malheureusement vraisemblablement pas son égal en précision, et peut-être moins encore en taux de létalité : il était après tout question d'un lancer de seringues camouflés en stylos lancées par une tueuse en pleine vrille aérienne à plusieurs mètres du sol, et c'était sans même compter sur l'efficacité du poison en lui-même. La dose nécessaire pour tuer était proprement faramineuse, et, en pénible initiée d'un tel art, elle ne saurait peut-être pas qu'il faudrait plus d'une seringue pour tuer un gaillard en pleine force de l'âge et en pleine possession de ses moyens.

Ce n'était que le cadet de ses soucis, pour parler franchement. Lady Shiva était maintenant aux prises avec une équipe d'opérateurs lourdement armés, à une bonne vingtaine de mètres d'eux, derrière un box. Sa priorité était maintenant de les atteindre et de les neutraliser avant qu'ils ne se prennent de la fantaisie de ré-arrêter ses clients, ou de les massacrer à vue pour ce qu'ils avaient fait...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Jeu 29 Jan - 20:40

Putains de chinetoques. Toujours là pour vous enfoncer même dans les moments les plus merdiques. Ok, j'avais supplié comme une tarlouze pour me sortir de ce guêpier, je passais salement pour une tapette presque rose devant une assemblée en plein brouhaha. Normalement, j'aurais pût négocier moi-même une véritable sortie, en faisant une belle évasion à Blackgate, mais je devais m'assurer d'aider Regoli, et mon incarcération n'aurait pas été du plus bel effet dans la cosa nostra. Loin de moi l'idée d'être en vacances dans la prison la plus renommée de Gotham, je me devais de trouver le moyen de reprendre les rênes au vieux Falcone. Et aujourd'hui, j'étais à la croisée des chemins. Je venais de vendre ma putain d'âme de macho italien raciste pour un de ces connards de tolérants. Bordel, j'imaginais déjà les spécialités qu'on vendrait chez Maroni. Du canard laqué, des langoustes fourrées au miel et pourquoi pas du chien en conserve ? Bordel, je venais de vendre ma putain d'âme à des bouffeurs de canigous. Merde ! Pourquoi le vieux Falcone, cette vieille salope de Mooney ou encore ce tocard de Maroni n'avaient pas envoyé Omerta se charger de ça ? J'aurais été peinard et Omerta m'aurait ramené dans mon boui-boui, j'aurais récupéré l'oseille et je me serais tiré chez Stromwell en attendant que Dent se calme. Manque de chance. Y'aura de la viande froide dans la Famille. Alors que je regardais le jaune en train de me faire un mouvement qui me signifiait "je me fous de ta vie", c'est à ce moment précis que je reconnusse ma chère employée qui a mit quelques uns des meilleurs bras de la Mafia à terre dans le My Alibi. Shiva ...

> "Je t'ai manqué, poupée ?"

Elle venait libérer le chinois. Logique, ils sont de la même race, ils sont toujours entre eux dans leurs ghettos. Mais mon offre à deux millions semblait lui plaire. Un Must. Elle me sortirait de ce merdier, elle flinguerait les flics et le Swat qui allaient se ramener dare-dare pour nous coller au cul comme une vieille diarrhée. Un flic inconscient non loin de moi, je saisis le flingue et le garde chaudement dans ma main. On a toujours besoin d'une arme, que Dieu bénisse ce pays pour en autoriser la vente, même là où je vais acheter mes slips. Cela commençait à salement chauffer et plus vite on sortirait, plus vite on serait loin de ces conneries. Moi et les flics, c'était pas l'amour tendre. Sincèrement pas.

Shiva était une pro, elle était pas insensible aux balles, et comme tout être humain, elle avait cette allergie notoire aux balles de plombs. Mais elle serait suffisamment puissante pour éviter et pour s'occuper des flics qui allaient se pointer dans le coin. Pas que je m'ennuie, mais personnellement, je m'occuperais bien de Dent, du juge et de sa jolie petite pouliche au procureur. Peut-être qu'il aimerait la voir avec de nouvelles pompes italiennes en béton. Du 45, sur mesure, coulé et moulé sur la personne. Que du bonheur. Bon, pour le moment, le mot d'ordre, c'était de fermer sa gueule et de préparer à allonger les biftons. Shiva, c'était pas la petite assassin qu'on trouvait dans une ruelle pourrie, elle, elle avait les tarifs, comme une vraie pute de luxe. Avec le bon chiffre, elle te fait la passe et t'as plus à t'inquiéter de savoir comment elle va servir la soupe à la victime auto-désignée. Elle allait saloper le tribunal d'une main de maitre.

Je chargeais et je décrochais la sécurité de mon flingue. Let's rock and roll !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Mar 3 Fév - 18:19








Intervention







Les hommes en livrée noir du SWAT entraient dans la salle d'audience, transformée en no-man's land. Seuls derniers debouts, Lady Shiva, la fausse journaliste, Tony Zucco, son aide-flingueur pour l'occasion, Heung Koo, pierre angulaire des Triades dans Gotham, la discrète Duela Dent, qui ne s'était plus guère manifestée depuis son coup d'éclat écourté, et les membres de la Cour, bien dissimulés derrière la chaire des magistrats. Parmi eux, Harvey Dent, procureur du district, et son assistante (et accessoirement son amante) Rachel Dawes.

Tout ce petit monde avait vécu quelques instants déplaisants pour certains, moins traumatisants pour d'autres. Et au beau milieu de ce joyeux foutoir, une vingtaine de gros costauds, vêtus de noir, armés comme des militaires prêts au combat, estampillés SWAT de Gotham. À n'y rien comprendre.

D'ailleurs, côté défenseurs de la justice, on n'y comprenait rien. D'où sortaient les armes qui s'échangeaient sous leurs yeux ? Des pattes avaient encore été graissées. C'est fou comme les détecteurs de métaux peuvent dysfonctionner, quand on savait à qui verser de jolis billets verts.

« La comédie a assez duré. Chers citoyens de Gotham, nous avons été mandatés pour mettre fin à cette mascarade que vous appelez un procès.

Nous ne sommes pas le SWAT, nous ne dépendons d'aucune police, d'aucune autorité étatique. Nous sommes au-dessus de tout ça. Nous sommes partout, sans que personne n'ait encore pu prouver à quel point notre organisation pouvait contrôler tout, à tous les niveaux. Nous sommes ceux qui vous protègent, nous sommes ceux qui gardent votre argent, nous somme ceux qui vous fournissent en électricité, en eau, en services. Nous livrons vos pizzas, nous tenons les caisses de vos liquor stores. Nous réparons vos voitures, nous assurons vos biens. Nous sommes dans vos vies, nous faisons partie de votre existence, et vous ne le saviez pas.

Ce jour, c'est fini. Ce jour, vous saurez. Le Gant Noir est partout.
»
D'un geste, l'homme blond fit se déployer ses hommes. D'un pas professionnel et prudent, ils arpentèrent la pièce, inspectant chaque recoin. Trois d'entre eux arrivèrent derrière la chaire. Se levant le premier, Dent montrait ses mains de manière exagérée, bien haut. Il fut imité par Rachel, puis par Surillo et ses magistrats.
« Messieurs, il n'est pas utile de nous menacer avec ces armes. Si vous voulez obtenir quelque chose, il suffit de le demander. Je suis certain que nous pouvons arriver à...
Vous ne pouvez arriver à rien, Monsieur Dent. Votre vision de la justice est biaisée, par cet idéalisme qui est le vôtre. Pourtant vous savez. Vous savez comme la vie, la vraie, celle que vos concitoyens vivent au quotidien, n'est pas celle que vous prônez devant les caméras. Qui peut espérer vous croire, vous qui coulez des jours heureux dans votre luxueux appartement de la 17ème Avenue, avec votre petite amie et assistante ?

À votre air surpris, je devine que vous ne vous attendiez pas à ça. Nous savons tout ce qu'il y a à savoir. Même les plus inavouables détails de vos vies, Monsieur Dent. Quant au Juge Surillo, Votre Honneur, nous en avons tout autant sur vous. Votre mari, vos enfants, votre petite-fille... vous êtes tous sous notre surveillance.

Si vous êtes comme vous dites... pourquoi ne prenez-vous pas les armes pour renverser le système en place ? Pourquoi ne pas faire de Gotham une zone de non-droit ?
Parce que notre organisation n'y a pas d'intérêt, Votre Honneur. Mais puisque vous en parlez... Nous avons un message à délivrer, et il est temps de le faire, maintenant. Mademoiselle Dawes, voulez-vous me rejoindre ? »
L'invitation n'en était pas une, et avant que Rachel n'ai esquissé un mouvement, deux sbires la saisissaient chacun par un bras et l'amenaient à leur chef.
« Notre organisation saura parfaitement contre quoi vous échanger. Emmenez-la...
NON ! Le rugissement du Procureur résonna dans la salle d'audience, accueilli par une haie d'armes automatiques braquées sur lui dans la seconde.
Vous ne pouvez vous y opposer, Monsieur Dent. Mes ordres sont très clairs. Je dois repartir avec Mademoiselle Dawes, ou elle ne quittera pas le Courthouse autrement que sur un brancard du coroner.
Vous ne vous en tirerez pas comme ça !
Je crains que si. Mais cela n'est qu'une partie de notre message. La dernière partie... MacDowell ? »
Un homme cagoulé et casqué s'avança. Tirant son arme de poing du holster, il abattit froidement le Juge Surillo, sous les yeux effarés de Harvey. Que se passait-il ici, bon sang ? Comment une telle chose était-elle possible ? Des années il avait oeuvré pour restaurer une justice digne de ce nom pour Gotham. Et aujourd'hui, on lui mettait sous le nez le résultat de tout ce travail : le chaos.
« Et maintenant... nous partons. Continuez vos vies comme bon vous semblera. Mais soyez sûr d'une chose. »

Il porta son regard bleu acier sur Heung Koo, et ses mots pesèrent alors autant qu'un tombereau de plomb.

Nous avons un œil sur vous.

Et comme ils étaient entrés, les voilà repartis, laissant tous les autres acteurs de la scène abasourdis. Ces hommes étaient arrivés de nulle part, avaient fait leur petit spectacle, emmené Rachel avec eux, proféré une menace à peine voilée envers Heung, et quitté les lieux. Rideau. Fin de l'acte.

Harvey Dent, les bras ballants, les dents serrées de haine, regardait autour de lui. Rachel. Ils avaient pris Rachel. Bon Dieu, qui étaient ces types ? Qui étaient ces gens, ce "Gant Noir" ? Il n'en savait foutre rien. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il était maintenant seul, au milieu de ces gens qui voulaient le voir mort. Et où étaient ces justiciers, ceux-là même pour qui il avait mené front, pour qu'ils puissent l'aider sous le couvert de la loi ? Où était le Batman ? Où était Gordon ? Où étaient-ils tous ? Il était seul.


Foutue ville...




Codage : Darth Oxious
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Ven 6 Fév - 11:10

Tout était allé si vite ... Ces mecs qui étaient arrivés par la porte d'entrée, qui avaient commencé leur petit travail et qui venaient tout simplement de mettre à bas la justice en abattant froidement le juge Surillo. Rachel Dawes venait d'être kidnappée et Harvey Dent venait de subir un revers des plus monstrueux dans son procès. C'est un Knox complètement abasourdi, qui avait rejoint le premier étage en surplomb du tribunal qui avait assisté à la scène dans l'espoir de faire un rapport détaillé au Globe, mais là, force est d'avouer que, parmi Lady Shiva, Heung Koo et Zucco, se mêlant à Harvey Dent pour cette explication des plus théâtrales, fallait vraiment que ça surprenne le lecteur dans les pages qui suivraient. Alors que je cachais mon galurin pour éviter de me faire remarquer du belvédère où je me trouvais et qui surplombait la salle d'audience, je notais ce que je pouvais, dans l'incapacité de bouger, sinon je me prenais surement une balle en pleine poire. Le Gant Noir. Personne ne savait ce que c'était, personne ne connaissait ce nom, enfin, les plus grands fans de cinéma connaissaient ce chef d’œuvre de John Mayhew, mais quel rapport cela pouvait avoir avec cette anarchie auto-proclamée ? Surillo était morte, un des remparts de la justice de Gotham venait de se prendre des pruneaux dans le buffet. Pour Knox, tout ça puait salement, et ce n'était pas une organisation qu'il faudrait prendre à la légère. Alors que les types se retiraient aussi calmement qu'ils étaient venus, je me précipite à la toute hâte pour essayer de glaner quelques infos sur ce qui s'est passé du côté de Vale. La pauvre devait être retournée elle aussi. La police ne tarderait pas, du moins ce qu'il en reste, à venir boucler le tribunal pour reprendre le contrôle de la situation. Nul doute que Zucco, Shiva, Koo et Duela se tireraient et en profiteraient pour se dégager des griffes de la justice.
Pour le moment, tout ce qui m'importait, c'était de m'occuper de Vale et de savoir quoi faire pour dénoncer ce qui venait de se passer. Une chose était sûre, Gotham allait avoir un nouvel ennemi plus menaçant et plus dangereux que prévu. Alors que je me dirige vers les toilettes du tribunal, je remarque de nombreux corps inanimés, tués ou assommés ? Que sais-je ? Je me rue vers la première cabine et je me soulage de ma "peur" intérieure. Car oui, j'en avais eu une énorme et tellement serrée qu'elle a bien failli marquer mon pantalon à vie. Les agressions à l'arme à feu dans Gotham City étaient nombreuses, mais je ne m'attendais pas à en vivre une, dans un quartier réputé comme sécurisé. Vale m'attendait près des toilettes. Le mieux pour le moment, c'était de filer d'ici le plus vite possible et de raconter ce qui venait de se passer. Alors que j'en ressors, j'entends Vicki qui veut rester pour essayer de recevoir la première impression d'Harvey Dent et des policiers. Pour ma part, je tiens à la primeur de l'actualité, et le Gant Noir en ferait partie, en première page. Je regarde ma montre, j'ai le temps d'arrêter les machines et de sortir la première diffusion sur le Gant Noir, en priorité sur tous les canaux ondes de la ville. Ce sera pas le Pullitzer c'est certain, mais les habitants devaient être au courant que Gotham City était hélas, victime d'une nouvelle organisation de malades.

- "La plume est plus forte que l'épée."


Je me répétais cette phrase presque idéaliste sur le trajet qui me ramènerait au Globe. Je prenais la voie piétonne en courant, alors que les sirènes de police se faisaient entendre, les ambulances, tout. Batman allait avoir du travail en plus. Et n'oublions pas cette pauvre Rachel Dawes, kidnappée par ces monstres. Qu'allaient-ils lui faire ? La tuer ? Comme Surillo ? Des questions, trop de questions, des questions presque horribles qui se passaient dans ma tête. J'avais peur, peur d'être par la suite, la cible de ce Gant Noir. Mais les gens devaient être au courant, au courant de tout ça. Vale me contacterait si elle avait un nouveau scoop au cas où. Mais normalement, le pire était passé.

Peut-être que je me trompais ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Sam 7 Fév - 19:38

Bordel de Dieu. C'était quoi ce merdier infect ? D'abord les flics qui se font dessouder comme pas deux et puis voila qu'une bande de tocards ramenaient leurs fraises pour nous parler de Gant Noir et de nouvelle organisation qui se balade comme ça en ville. J'avais envie de lui gueuler dessus moi à ce connard. Bon, ok, le mec vient nous mâcher l'évasion, mais merde quoi ! Si Falcone se ramenait et qu'il voyait ce bordel infect dans sa ville, ça allait chier de chez spaghetto. Merde quoi, on se trime les fesses à tenter de maintenir une ville sous la cloche de la Mafia et voila qu'on se fait couper l'herbe par les mongoliens d'Arkham, par ces bridés de Chinatown et maintenant on avait des tocards qui se prenaient pour des anarchistes en puissance. Dans cette ville, ça devient vraiment une merde infecte. Rien à dire à ce sujet là, c'était moche, très très moche, et sincèrement, j'avais envie de me présenter au poste de gouverneur pour rétablir la peine de mort pour les tocards.
C'est alors que ce truc pas banal arriva : Surillo, la juge, venait de bouffer des pruneaux. Même moi, toucher un juge, j'aurais jamais osé. On découpe la tête d'un cheval et on lui met dans le lit pour qu'il comprenne le message : ok. Mais ça, putain, c'était un coup pour finir dans la chambre à gaz de Blackgate avec un passe VIP aux premières loges. Nom de Dieu ! Je regarde ces mecs, ils imposaient un putain de respect, dangereux ouais, mais foutrement déprimant et pénétrants.

> "Bordel de Dieu."

J'avais dit ça tout haut, tout en matant le chef qui parlait aux pauvres types dans la salle. C'est alors que la Rachel Dawes se fit kidnappé, et Dent allait gouter maintenant à l'implacable justice dont il venait de faire les frais. C'était moche pour lui, mais il avait visé trop haut, et quand on vise trop haut, même Dieu te chie dessus. Il peut te chier tellement de si haut que j'en avais le vertige. J'avais un léger sourire, mais intérieurement, je ne rêvais pas de l'idée que ces mecs pouvaient me prendre ma fille Sonia. C'était le genre de connards qui en avait rien à foutre de crever, ses idées passaient avant. J'étais terrorisé à l'intérieur, et mon futal allait surement lâcher sous le lest qui sortait de mes boyaux. Merde quoi, un juge crevé, un procureur en état de faiblesse, une police aux abois et attaquée de plein front. C'était pas du travail de Joe le bricolo du dimanche ... Les mecs, ils avaient des armes et ils avaient de quoi fourrer la gueule à la justice dans cette ville.
Puis les mecs se cassèrent, avec une sale menace sur notre gueule. Je serrais encore le flingue dans ma main. Je regarde Shiva et Koo qui semblaient super calmes face à ça. Les faces de citron ne montraient jamais leurs émotions, mais moi j'étais pas mal subjugué devant ça. Fallait le faire putain. Maintenant, il ne restait qu'Harvey Dent, mon idée première, c'était de foutre le camps, mais je pointais maintenant mon arme vers sa tronche de bellâtre.

> "On dirait que c'est pas ta journée, Dent."

J'aurais voulu presser la détente, j'aurais voulu voir son crane repeindre le mur du Tribunal. Pour l'exemple, pour montrer que les mafias n'avaient pas dit leur dernier mot. Mais la perte de sa nana en ferait quelqu'un de docile. Je savourais ce putain de moment, j'avais un procureur à ma botte, pas grâce à moi, mais maintenant, il allait comprendre que cette ville est une salope, et qu'il venait de se lever de son lit avec le sida dans la peau. Juste un geste de la gâchette, et je pouvais mettre un terme à son règne de pseudo-justice, mais où serait l'intérêt d'avoir un procureur mort ? Surtout que maintenant, il ferait gaffe ... Un nouveau procureur en rameuterait un autre, et ce serait encore une paire de manches à retravailler.

> "On se casse et on le bute ou quoi ?"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Ven 20 Fév - 20:43

Stupeur, chaos. Lady Shiva se tenait là, impassible. On venait de la tenir en joue. Elle ne comprenait pas. Ca ne faisait pas sens. Elle avait réagir fort logiquement, comme elle le faisait, dans des situations pareilles. Un premier l'avait approché, avec un fusil à canon long. Un pas sur le côté, elle l'avait attrapé par le fût, poussé d'un coup vers l'épaule puis vers la joue. Elle s'était glissé dans son dos sans lâcher sa prise, et avait pris avantage de la sangle qui harnachait sa victime à son pour faire un effet de fronde déstabilisant  et l'envoyer s'effondrer de tout son poids sur un second. La maître se retourna vers un troisième pour lever la jambe quasiment à la verticale, et attraper la tête de ce colosse la dépassant d'une tête dans le creux de son genou, avant de le précipiter tête la première au sol, en lui brisant la nuque d'un subtil mais mortel mouvement. Un quatrième. Et puis un cinquième, qu'elle parvint à désarmer pour s'en servir à la fois de bouclier humain de support pour son fusil : elle était parvenu à utiliser la propre carabine de l'opérateur pour le maintenir dans une clé de bras, et elle prenait appui sur son dos comme un sniper prenait appui sur un rebord de muret.

Elle avait tenu en joue les bonshommes qui, eux-mêmes, tenaient Heung Koo et Tony Zucco en otage. Il la tenait par l'honneur, car jamais la maître ne se laissait faillir à un contrat sans une raison valable, et ici, dans ce tribunal, il n'était aucune raison qui justifie qu'elle se laisse aller à risquer de briser son contrat pour arracher quelques vies de plus. Non, il était de nombreuses couvertures, et elle était rapide, forte et agile. Ce n'était pas des gaillards armés de fusils, tout sûrs d'eux qu'ils étaient, qui allaient pouvoir repousser celle que l'on appelait la Déesse de la Destruction.

Le fait était plutôt qu'ils n'en avaient rien à faire. Ils étaient bien armés, bien entrainés, bien disciplinés, et surtout, ils n'étaient pas là pour elle. Non. Ils étaient là pour les magistrats. Pour la ... Justice. Une "justice" aveugle, violente, omnipotente et omnisciente. Une justice qui avait l'oeil sur les tracas du système comme sur ses opposants. Sur les mafieux comme sur les hommes de lois, et une justice qui venait d'abattre un juge et d'enlever une femme, en plein tribunal.

Le Gant Noir...

A peine furent-ils partis, Shiva les laissant évacuer leurs blessés en ne se séparant pas de la carabine qu'elle avait subtilisée en les gardant en joue, qu'elle avait déjà sa réponse. Pour elle, tout ceci portait un symbole distinctif. Il n'y avait qu'une personne dans cette ville qui pouvait leur apporter un support et des ressources suffisantes ...

Bruce Wayne.

Ils étaient partis, et alors que la porte s'était refermée, la boite de Pandore venait de s'ouvrir. Bruce Wayne venait de commettre l'irréparable. Il avait franchi cette ligne qu'elle-même, sept ans auparavant, avait tracé. Il avait franchi cette ligne, et avait libéré la Bête. Il avait libéré Shiva, celle qui amènerait la Destruction dans les rues de Gotham. Celle qui détruirait ce scélérat et son culte corrompu... Son visage s'était crispé. La machine avait disparu, ne restait plus que la guerrière. La guerrière libérée, s'en allant en Croisade.

Et elle rejoignait Zucco, un bras tenant son arme le long de son corps. Plus aucun air millimétré. Plus aucune maîtrise. Plus aucune limite. Elle n'était plus que haine, colère, et elle avait un contrat à remplir. Son dernier contrat.

" Je le bute. " siffla-t-elle entre ses dents serrés, en appuyant fortement sur l'arme de Zucco pour le forcer à la baisser. C'était à elle de tuer Dent. C'était son contrat. Ce n'était plus une distraction. Ce n'était plus un gagne-pain, c'était une question d'honneur. Accomplir son dernier devoir, avant de s'en retourner châtier son apprenti et ses dérives.

Qu'une saloperie d'italo-américain - Non, qu'un foutu américain. - se mette en travers de son chemin, et deux millions de dollars n'y changeraient rien. Même avec vingt millions, ou deux cents millions, elle le tuerait. Elle le massacrerait.

Elle lui arracherait sa putain de trachée.

Et le regard qu'elle planta dans les yeux de Zucco signifiait juste cela. Ce n'était plus le regard de Shiva l'assassine. Pas même celui de Lady Shiva, la maître silencieuse et taciturne. C'était le regard d'une fille morte plus de vingt ans auparavant, dans les bas-fonds de Hong-Kong. Sandra Wu-San était revenue d'entre les morts.
Trop longtemps, elle s'était contenue. Trop longtemps, elle s'était abandonné à la Voie des Arts Martiaux, oubliant ses sévices du passé. Oubliant David Cain, oubliant Ra's Al Ghul. Oubliant jusqu'à cette fille qu'elle n'a jamais connu, et qui devait maintenant être une femme faite.

Elle ne se rendait que maintenant compte de l'absurdité de tout cela.

La Vengeance était sa vie, et ce regard, celui qu'elle avait planté dans les yeux d'Anthony, il était plus grave, plus terrible qu'aucun de ceux que Batman ne pourrait jamais produire. Batman était un faux. Batman ne faisait que convaincre ses adversaires qu'il les tueraient.

Sandra Wu-San les tuaient, et elle n'y prenait même pas plaisir. Non, elle était une Déesse faite femme, et de son regard de Déesse, elle ne voyait que des vermisseaux.

Et c'est comme cela qu'elle se pencha sur Harvey Dent. En Déesse. En Grande Faucheuse, arrachant l'un des stylos empoisonné qui avait trouvé la fin de sa course dans le bureau, plutôt, lorsque le moment était encore aux cabrioles. Aux balivernes d'une vie de saltimbanque meurtrière.

" J'aimerais compatir, Procureur, " articula-t-elle, alors que d'incompréhensibles larmes commençaient à rouler le long des joues de la tueuse. " Vous êtes probablement un homme juste, vous êtes peut-être bon... "

La main fusa, plus vive que le serpent, pour lui saisir la mâchoire et la serrer avec une force prodigieuse, pour celle qui n'apparaissait que comme une accorte chinoise approchant de la quarantaine. Ce fut le tour de son autre main, celle qui portait son arme empoisonnée. Celle que l'on avait spécifiquement requis pour tuer le personnel qui instruisait l'affaire, dont Harvey Dent était finalement le dernier représentant véritablement notable en vie...
Elle le lui planta dans la mâchoire, et pressa. Elle pressa, pour que pas une goutte ne reste, et déjà, la douleur devait être insupportable. Le mélange de produits chimiques industriels et de venins exotiques faisait son effet, et les muscles de la mâchoire se raidissaient à vue d'œil.

" ... Vous êtes aussi l'ultime verrou qui m'emprisonne dans le mensonge. "

La maître jeta négligemment le procureur en arrière, et elle se retourna, ne contemplant pas même son œuvre. Il était déjà mort. Tout cela n'était que du passé. Une âme de plus que la Déesse avait fauché. Un insecte écrasé avec un infini dédain.

Mais qu'il ne soit pas dit que la Déesse n'était pas miséricordieuse.

" Soyez sans crainte, Procureur. Je retrouverais votre amie. " promit-elle, en s'arrêtant et en adoptant un ton infiniment hautain et déconnecté de la réalité. L'avatar d'une Force qui les dépassaient tous. Une incarnation de la Vengeance. " Je tuerais tout ceux qui ont osé faire cela, et puis je la tuerais, elle aussi. Ainsi serez-vous réunis. "

Et elle sortit de la salle.

Dehors, deux voitures de patrouilles venaient de se stationner en catastrophe, et huit agents sortaient déjà pour courir vers les marches du tribunal.
C'était que quelque chose devait s'être passé. Les commandos envoyés occuper le commissariat devaient avoir été neutralisés.
C'aurait pu être mauvais signe, et Lady Shiva aurait peut-être levé un sourcil désabusé, se rendant compte de l'inutilité des diversions que l'on lui proposait pour "l'appuyer".

Sandra était juste hors d'elle. Les cheveux impeccables mais les yeux brillants de rage. Elle avait fait signe à Heung Koo et Tony de rester à l'intérieur, en entendant les sirènes, et elle avait probablement raison : ils étaient lourdement équipés. Des agents normaux, que l'on avait couvert de gilets pare-balles et brandissant fusils à pompe et pistolets au clair. En la voyant, avec son air de tueuse farouche, ils se positionnèrent en arc de cercle. Ils lui intimèrent de lever les mains en l'air, de ne pas bouger et de lâcher ses armes.

" Venez les prendre. " rétorqua-t-elle, laconique.


Un regard d'incompréhension, deux d'entre eux sortent leurs matraques et se dirigent vers elle avec appréhension, comme des gardiens de zoo face à un fauve en liberté. Grossière erreur de stratégie. Si elle avait passé des années à pratiquer les styles de kung-fu de toute une grande ménagerie, il y avait mille et uns raffinements on ne pouvait plus sauvages, brutaux, rapides, avancés. Elle avait vécu en animal, suivant les voies de la nature, utilisant griffes, serres, becs, ailes ... Il était temps qu'elle utilise des mains. Que l'Humain revienne à elle, car il était bien une raison pour laquelle il ne s'inscrivait pas dans la nature ...

Le premier policier s'effondra dans un hurlement d'agonie déchirant, se couvrant des yeux sujets à d'abondantes gerbes de sang, alors que tous sursautèrent.

... C'était que l'Humain, de toute la Création, était l'être qui prenait le plus de plaisir à perfectionner l'art de combattre pour ne pas simplement tuer, mais pour tuer le plus rapidement, le plus efficacement, le plus violemment et de la manière la plus économe possible.

Et deux doigts seulement fusèrent à nouveau. Le deuxième policier n'eût pas même le temps de réagir qu'il s'effondrait déjà sur les genoux, luttant pour respirer. Peine perdue, il était déjà mort.

C'était aussi la seule espèce qui ne s'était pas contenté de dompter son environnement et d'en retirer des outils, mais qui avait pris le soin de développer son art du meurtre avec la totalité des ustensiles qu'il avait inventé.

Et ainsi, Sandra avait retiré deux longs et épais bouts de métal finement sculptés mais d'apparence anodines de ses cheveux, libérant ainsi une splendide crinière de jai, qui vola au vent, alors qu'elle se rua avec une vitesse et une grâce quasiment surnaturelle sur les six gardiens de la paix restants. Au moment de confronter le premier, on ne fit qu'entendre un cliquetis métallique.

Moins d'une minutes plus tard, la tueuse fit signe aux mafieux d'approcher, de l'un de ses éventails d'acier. Le sang perlait sur son visage, bien que les quelques gouttes écarlates qui venaient égayer l'air furibond de la maître n'étaient rien comparé à la véritable boucherie qu'elle laissait derrière elle : il y avait ici un main orpheline tenant un pistolet, au milieu de cartouches, là un bras laissé vacant. Une jambe ici, une tête là, et parmi les cadavres, peut-être encore un ou deux qui imploraient qu'on les achève. L'un de ceux-là n'avait plus que la jambe droite et le bras gauche, manchot, et il baignait dans le sang d'un collègue qui avait vu sa tête faire une rotation à plus de cent quatre-vingts degrés, lui donnant l'air d'un pantin désarticulé tout droit sorti de l'exorciste.

Une autre voiture approchait, sirènes hurlantes, et Shiva réquisitionna la carabine qu'elle avait laissé à Heung Koo, pour vider le chargeur en direction du pare-brise. La stratégie sembla payer, puisque la voiture alla terminer sa course dans un lampadaire, et qu'un seul passager arrière se risqua à sortir : il tituba sur quelques mètres avant de s'effondrer.

Aujourd'hui, la fureur de Sandra Wu-San avait fauché un capitaine à quatre jours de la retraite, et pris les yeux d'un cadet dont c'était le premier jour sur le terrain. Elle avait créé treize orphelins. Cinq garçons et huit filles. Évidemment, la Déesse ne le savait pas. Elle ne connaissaient aucun de ces individus, mais si ça avait été le cas, elle ne se serait pas justifiée. Elle leur aurait conseillé simplement de s'entraîner à assouvir leur vengeance, et de venir la trouver quand ils s'estimeraient prêts, car elle était parfaitement prête à faire face aux conséquences de ces actes.

Elle avait trop longtemps fui ses responsabilités.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   Dim 22 Fév - 1:05








Facing the Fate







La femme chinoise, fausse journaliste, Harvey en était maintenant certain (qui sa couverture pouvait-elle encore duper ?), décima encore un peu plus les quelques survivants qui restaient. Dent, lui, était anéanti. Impuissant. Vidé. On lui avait gâché l'affaire de sa carrière, ce procès historique, celui qui aurait du ramener l'espoir à Gotham. On lui avait retiré cette chance de finir son deuxième mandat avec tous les honneurs possible. On venait de lui ruiner sa carrière. Et on venait de lui prendre Rachel. Où l'emmenaient-ils ? Qu'allaient-ils lui faire ? Elle servirait certainement de monnaie d'échange.
*** Tu y crois vraiment ? Ces types, le Gant Noir... Ils ont pris d'assaut un tribunal. Ils sont en uniforme du GCPD. Jusqu'où sont-ils infiltrés ? Sont-ils vraiment partout, comme ils se targuent de l'être ?
Bien sûr, qu'ils le sont ! Que croyais-tu, imbécile, que tu pouvais combattre la gangrène de cette ville à toi tout seul ? Vraiment ? Soyons sérieux, une armée d'hommes de ta trempe, naïfs et bien pensants, une armée de Chevaliers Blancs n'y suffiraient pas. Cette ville est vouée à mourir de sa belle mort, pourrie jusqu'à la moelle.
***
Mais pas davantage de temps pour discuter avec soi-même. La chinoise approchait, et elle ne semblait pas prête à repartir avant de s'être chargé du Procureur.
« J'aimerais compatir, Procureur. Vous êtes probablement un homme juste, vous êtes peut-être bon...
Elle le saisit d'une main implacable, incroyablement ferme et forte, bien plus qu'un homme. Dent en resta immobilisé de stupeur. Il ne pouvait que la fixer, son regard vissé dans celui des deux prunelles noires qui le dévisageaient avec rage.
... Vous êtes aussi l'ultime verrou qui m'emprisonne dans le mensonge. »
Et elle lui planta un genre de seringue dans la joue. Aussitôt, une douleur fulgurante commença à lui ronger le visage. Dieu, il avait l'impression que son visage était en train de fondre. Les muscles se contractaient jusqu'à la tétanie, douloureusement. Sa mâchoire se serrait, d'abord par de brusques spasmes, puis continuellement et de plus en plus fort. Dent pouvait entendre ses dents crisser sous la pression et pouvait presque les imaginer céder. Et cette sensation de chaleur, c'était comme plonger la tête dans une bassine d'huile bouillante, lentement.

Le Procureur hurla, un cri d'animal en souffrance, un cri qu'aucun homme n'aurait pu pousser. Celui d'une bête rageuse que l'on venait de blesser mortellement. Il porta ses mains à son visage, comme si cela pouvait le soulager quelque peu de sa douleur, mais rien n'y faisait. Déjà, ses doigts pouvaient sentir des boursouflures se former autour de l'endroit où elle l'avait piqué. Et la douleur ne faisait qu'empirer, encore et encore.

La chinoise recula. Elle avait fait ce qu'elle avait à faire. Elle avait tué le Procureur Harvey Dent. Seulement, il n'y avait qu'elle qui le savait. Lui, il l'ignorait encore.

« Soyez sans crainte, Procureur. Je retrouverais votre amie. Je tuerais tout ceux qui ont osé faire cela, et puis je la tuerais, elle aussi. Ainsi serez-vous réunis.
Tu crèveras bien avant de lever la main sur elle, salope d'orientale. J'en fais le serment ! »

Et ne l'avait pas écouté. Elle était partie.

Hurlant à la fois de douleur et de rage, Harvey Dent s'effaçait devant son alter ego. Cette facette sombre, qu'il réprimait la plupart du temps, et qui ne faisait surface qu'avec la colère. Ce Dent là, personne ne voulait le voir. Personne ne voulait le connaître. Mais personne ne connaîtrait plus l'ancien Harvey, l'homme droit, l'homme de loi, de justice. Ils ne connaîtraient que le Dent haineux, revanchard, celui qui voudrait rendre justice par lui-même. C'est vrai, après tout, même ici, même dans ce temple de la Justice, ni lui, ni Rachel, ni aucun de ces flics maintenant morts, personne n'avait été en sécurité. Qui pouvait maintenant garantir la paix ? Qui pouvait faire en sorte que justice soit rendue, que ceux qui avaient enlevé Rachel seraient punis, que cette chinoise aurait ce qu'elle méritait ? Personne.

Personne sauf lui.

Mais Il n'avait plus le temps d'y penser. Vaincu par la douleur, Dent sombra dans l'inconscience, alors que le poison se frayait toujours un chemin dans sa chair, rongeant les muscles, les nerfs, les tendons, les ligaments, tout ce qui était vivant. Son visage, celui qui avait représenté l'espoir de Gotham ces dernières années, tombait en lambeaux, tout comme l'espérance qu'il avait apportée. Un symbole qui s'effondrait. Et avec lui, les dernières lueurs d'un avenir moins sombre.





Plusieurs heures plus tard...


La douleur. Toujours elle. Elle était toujours là, plus ténue, plus sourde, mais bien présente. Elle envahissait toute la moitié de son visage. Ce truc qui lui avait été injecté, peu importait ce que c'était, avait fait de sacré dégâts. Il pouvait déjà le deviner. Il aurait pu mourir. Il aurait mourir. Au lieu de ça, il était condamné à vivre la moitié d'une vie. Que lui restait-il ? Sa carrière, envolée. Rachel, disparue. Que pouvait-il bien arriver de pire ?

Il était allongé. C'était l'hôpital. La chambre ne comportait aucune de ces machines bruyantes qui devaient surveiller ses constantes. Sa vie n'était donc pas menacée. Alors quoi ? Il n'y voyait qu'à moitié, son œil gauche étant couvert par quelque chose. Il porta sa main à son visage. Une fine compresse de gaze était déposée sur toute la moitié gauche, comme pour la dissimuler. Qu'y avait-il ? Il retira la compresse et passa cinq doigts tremblants et hésitant sur sa peau, mais il ne put rien sentir tellement sa main était secouée de spasmes. Il lui fallait un miroir. La salle de bains. Il se leva sans trop de mal, bien que ses jambes manquèrent de se dérober sous lui au premier essai. Il raffermit ses appuis et retenta. Ça allait. Il se rendit lentement à la salle de bains et alla droit au lavabo. Face au miroir, il pouvait voir sa silhouette se découper en noir sur le rectangle clair que découpait la porte ouverte derrière lui, sur le mur sombre. D'une main tremblante, il pressa l'interrupteur.

Mon Dieu. Ce visage. Il était désormais si effrayant qu'il faillit en vomir. Que lui avait-elle injecté ? La peau avait presque complètement disparu, ne laissant que l'os recouvert de quelques tissus qui ressemblaient à de la viande carbonisée. Sa joue n'était plus qu'un trou béant, son œil n'avait plus de paupière, ses cheveux... ses cheveux étaient tombés. Plus d'oreille, plus de cils, plus de sourcil, le nez à moitié rongé ne laissant plus qu'un trou en guise de narine. Plus rien d'humain.

D'un coup de poing rageur, il brisa le miroir, fracassant ce reflet écœurant. Il n'était plus lui. Il ne se reconnaissait plus. Comment Rachel pourrait le reconnaître, ou même l'aimer, désormais ? Qui pourrait l'aimer ? N'avait-il pas assez perdu, fallait-il qu'on lui arrache tout ce qu'il lui restait, le peu qu'il lui restait ?

Le souffle court, haletant de colère, tremblant, il essuya son menton où coulait un mince filet de salive. Avec seulement une moitié de lèvres, difficile de contenir de tels écoulements. Il bouillonnait, si fort. Il haïssait le monde entier. Le monde, Gotham, ceux qui auraient dû le protéger, ceux qui auraient dû protéger Rachel et les autres. Il paieraient, tous, le prix fort.


« Le Procureur est mort. Vive le Procureur. »




Codage : Darth Oxious
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Event Ellipse] ...And Justice for all   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Event Ellipse] ...And Justice for all
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Batman Legacy :: Gotham City :: Archives du Forum :: Anciens RP's-
Sauter vers: