Batman Legacy


 
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 Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.

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MessageSujet: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   Mar 9 Sep - 23:56


"Thérapie de groupe"



Je poussais la grande porte du Manoir Arkham où se situait mon nouveau bureau, le bureau du directeur de l'asile. Cette pièce sentait le vieux, l'ennuie et la poussière, à vrai dire je n'avais pas encore tellement eu le temps de mettre ce bureau à mon goût, il n'y a que mes livres anciens par millier qui ont investi les lieux. J'éternuais à plusieurs reprises, ayant le nez chatouillé par la poussière datant d'un siècle et le pollen dégagé par les fleurs immondes installées sur le rebord de la fenêtre ouverte. Cette matinée allait hélas être comme toutes les autres, des thérapies, des entretiens, des papiers à signer et surtout beaucoup d'ennui enfin c'est ce que je croyais jusqu'à ce que j'aperçoive la date sur le calendrier qui faisait une overdose de notes sur chacune des pages. Ça aurait pu me faire soupirer nonchalamment, une thérapie à neuf heures pile, après tout, cela semble insignifiant lorsque l'on est psychiatre depuis déjà quelques années mais cela ne l'est pas quand au fond, cette pauvre thérapie se révèle être un guet-apens ou plutôt une occasion particulière. J'esquissais un sourire et pris la pochette en papier où était inscrit «Thérapie n°456 810, J.Manson, M.Stoley, W.Ron », une belle brochette de débiles profonds sans intérêt véritable pour moi. Un schizophrène profond, une psychopathe et un pyromane, des cas terriblement habituels à Arkham que je voyais  un peu tous les jours, un banal déplorable.
Je me dirige vers l'autre bâtiment, les soins intensifs où se trouvaient les patients. J'apparais silencieusement comme un fantôme au bureau de la secrétaire, elle raconte sa vie au téléphone, Brandon l'a quittée, elle veut se suicider, c'est la fin, elle sursaute.

- Directeur Crane ! Je... Je... je ne vous...
-Avait pas vu ? En même temps, peut-être que si vous faisiez votre travail comme convenu, vous m'auriez vu venir et peut-être que si vous faisiez votre travail vous ne quitteriez pas votre poste à l'asile ce soir.
-Mais... mais ?
- Faites vos cartons mademoiselle Carter, votre remplaçante arrive demain matin à l'aurore.
Méchant ? Non pas vraiment, je suis juste quelqu'un de perfectionniste, j'appréciais plus que tout que tout soit bien fait autour de moi car je savais que de ma part, il n'y aurait aucun accrocs. Je regardais ses yeux marrons retenir des larmes voulant tenter de m'attendrir, ce ne sera rien, jamais je ne revenais sur une décision qui en plus m'importait peu. Je fouillais dans les dossiers, attrapant ceux de mes patients, une tonne de feuille que j'allais devoir parcourir en quelques minutes vu l'heure qu'affichait ma montre au cadran énorme. La jeune secrétaire releva avec mélancolie son visage fin et murmura :

- N'oubliez pas que... que la jeune stagiaire, mademoiselle Quinzel vous assiste à cette thérapie Professeur Crane.
J’acquiesçais, j'avais un peu oublié, c'est vrai. Cette jeune femme allait me m'être utile, pourtant, j'aurais dût trouver sa présence handicapante, n'est-ce pas ? Au contraire, elle allait me servir d'un second regard sur cette thérapie digne d'une expérimentation du docteur Frankenstein. Car oui, tous les patients qui allaient être présents à ce rendez-vous venait de recevoir dans leurs veines une dose de l'une de mes nouvelles créations cauchemardesques. Les infirmières n'avaient pas posé de questions sur le contenu de ces fioles, après tout, elles en avaient rien à faire. Ce poison était particulier, il n'agissait qu'une heure après leur injection, ce qui est particulièrement intéressant pour ses expériences clandestines.

- Dites à mademoiselle Quinzel de me rejoindre à la salle au fond du couloir B, celle que je prends toujours pour les thérapies de groupe, en espérant que comme la dernière fois vous ne l'ayez pas mise au Docteur Strange...
La secrétaire le regarda, elle s'empêchait de pleurer mais n'y arriva pas, je partis en soupirant fortement, glissant mes doigts fins et squelettiques entre chaque pages des dossiers. Soudain, l'un des patients se tape contre la porte de sa cellule, faisait sursauter et gémir les infirmiers et docteurs qui passaient dans le couloir, sauf un. Je restais impassible, après tout, j'étais habitué au chahut des malades, nous étions dans l'un des pires asiles d'Amérique, le mental fort était demandé. J'ouvris la porte de la salle en question, les patients étaient déjà là depuis surement un quart d'heure, à vrai dire j'aimais me faire attendre, inconsciemment, cela fait monter une certaine intrigue dans les pensées de ceux qui attendent et ceci me plait horriblement. Un silence de plomb s'installe lorsque j'arrive, eux sont menottés à leurs chaises qui sont elles-mêmes fixées au sol, à vrai dire, il est impossible que ma vie soit en jeu et dans le pire des cas, des gardes armés sont à chaque coins des couloirs. Ils m'observent avec des regards de batraciens, après tout , j'ai une réputation effrayante chez les patients et les médecins ici, depuis presque toujours. Je m'installe à l'une des chaises vides, celle à ma gauche étant pour la stagiaire que j'avais croisé à la foire que fût le Lounge.

- Bonjour. Madame. Messieurs. Etant donné que je déteste profondément les retards et que la demoiselle qui sera ici à mes côtés pour ses thèses est en retard, nous allons commencer. Savez-vous pour quoi vous êtes réunis ici ? Non ? Aujourd'hui en cette matinée si... sinistre de part son temps et son ennui profond pour chacun de nous ici, nous allons parler d'un sujet qui me tient énormément à cœur, vos phobies, vos peurs... vos....

La porte s'ouvrit timidement.
-Vos cauchemars.

Spoiler:
 




Dernière édition par Jonathan Crane/Scarecrow le Sam 20 Sep - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   Sam 20 Sep - 20:45

Thérapie de Groupe
Je me réveillais en sursaut. Nos yeux hurlèrent presque de douleur lorsqu'ils s'ouvrirent sur la grande salle aux carreaux blanc éclairée au maximum. La lumière était comme des lames s'enfonçant dans nos yeux. Je les refermais vite, leur laissant le temps de s'habituer à la lumière puis je les rouvris lentement, et petit à petit je réussis à distinguer la salle dans laquelle je me trouvais. Mais quelque chose clochait, Jeffrey n'était plus qu'un gémissement lointains plongé au fin fonds de mon esprit, ma vision était floue, et mes mouvements, maladroit et lourd. Je distinguais à peine mes pieds. Mes mains lorsque j'essayais de les bouger, furent retenue par un lien que je ne distinguais pas encore, il me fallut quelque secondes pour me rentre compte que j'étais menotté. Mais bordel que ce passait-il ? J'entendis Jeffrey me murmurer faiblement qu'on avait était drogué. Ca, j'avais compris, pas besoins d'être Sherlock. J'ai l'impression de me réveiller d'une nuit passée sous le signe de l'Héroine. Et croyez-moi, j'en connais un rayon. Mais pourtant, d'habitude, je me souvenais un peu de ma nuit, au moins par flash ou par souvenir flou. Mais là, que dalle. Je ne me souviens d'absolument rien avant mon réveille. Un trou noir totale, même Jeffrey ne se souvient pas. Et pourtant pour droguer une deuxième personnalité au point qu'elle même ne se souvienne plus de rien, ça devait être une sacrée bonne drogue. Mais inutile au fond hein ? Si on ne s'en souvient pas, à quoi bon ?
Mais je m'égare, beaucoup. Beaucoup trop même. Je baffais faiblement Jeffrey mentalement, ce qui eu pour effet de le réveillé, un peu, un tout petit peu, mais ce regain de vivacité, quoi que minime me permis d'à nouveau avoir le contrôle de mes gestes et de mes pensées. Je me secouais la tête, histoire d’éjecter de mon esprit les derniers lambeau de brumes spirituelle me brouillant l'esprit. J'avais de nouveau les idées parfaitement claires, quoi que un peu désorganisée.

Bon. Où ? Quand ? Comment ? Les trois questions primordial en cas de troue de mémoire, la plupart du temps, ça marche. Mais là, nada, rien du tout.
Où ? Dans la pièce blanche. Bien trop éclairée. Entourée de personnes enchaînées à leur chaises, d'allures diverses et variée. Une gamine, et deux autres gars. Aucun n'avait l'air fou. Que foutaient-ils là ? Ce souvenaient-t-ils de quelque choses ? Si seulement ils étaient réveillé. Oui, à première vu j'étais le seul à avoir les yeux ouvert et les idées claires.

Quand ? Rien. Pas une seul foutu Horloge, ni même un bruit continue permettant de calculer le temps qu'on a passé ici. Rien. J'étais dans un espace où le temps n'existait pas.

Comment ? Le trou noir, absolue. Pas même un souvenir. Le dernier que j'ai est celui d'un rendez-vous galant en compagnie d'une charmante Lapine. Et j'étais prêt à parier ma Hache -d'ailleurs où elle était celle là ?- que ça ne s'était pas passé dans la soirée, ni même hier.

J'étais plongé dans mes pensées, murmurant dans ma barbe, quand tout à coup. La porte s'ouvrit. Faisant ainsi entrer le plus grand homme, et aussi le plus fin, que j'ai jamais vu. Une morphologie à couper le souffle. Grand et tellement fin qu'un coup de vent le casserait. Je souris, me demandant qui était ce gars. Un docteur ? Ils n'avaient pas peur, qu'il se fasse tuer au détour d'une aller ? Je me moquais intérieurement de lui, rigolant presque. Mais je n'oubliais pas que j'étais en position de faiblesse. Même le plus faible des chats peut tuer le Tigre attaché et drogué.
Puis il me regarda. Et je dois avouer. Avouer, que toute ma vie défila devant mes yeux, que tout mes crimes passèrent à une vitesse folle dans notre esprit, Jeffrey hurla mentalement, j'eu envie de gerber, et toute couleur disparue de mon visage. L'espoir n'existait plus, la malheur n'existait plus, le plaisirs n'existait plus, plus rien n'existait, excepté, la peur. La peur, absolue totale et incontrôlée.
Quand on a mon expérience, on est capable de reconnaître un psychopathes, un tueur, un fou à lié ou un génie du mal d'un simple regard. Mais ce que je vis au fond de ses yeux à lui, c'était un mélange de tout ça, un mélange des plus horrible, c'était le Mal. Le Mal à l'état pur. Et je dois avouer que pour la première fois de ma vie. Je pris peur. Au point d'en trembler. Jeffrey craqua, il se mit à sangloter. Et même ça, je ne lui en tint pas rigueur. C'était presque normal.

Puis il se mit à parler, j'essayais de l'écouter, de reprendre constance, confiance en moi. Mais rien ne vint. Je ne compris rien de ce qu'il disait, seul la peur qu'il dégageait m'importait, elle s'insinuait dans ma peau, dans mes veines comme un liquide froid horrible et poisseux. Puis la porte s'ouvrit, rompant ainsi le charme macabre. Et j'entendis le seul mot, que je compris de tout son petit discours.


-... Cauchemars.

Jeffrey se recroquevilla au fin fond de notre esprit. Dieu que je le comprends. Dieu que j'aimerais être à sa place.
 
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MessageSujet: Re: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   Mar 23 Sep - 19:42





Mable cligna des yeux, on l'avait emmené de force dans l'asile d'Arkham. Durant le trajet, la rousse n'avait pas arrêter de râler:
-Pourquoi c'est toujours à moi de participer à ces connerie hein? A croire qu'il faut toujours une gonzesse et comme les plus connues sont prises bah c'est moi qu'on refile! Limite si on me payait ok ça m'irait mais la....Genre, je sais pas moi, on me laisse avoir un ordinateur dans ma chambre; ou alors....
Elle se tu et colla son nez contre le plexiglas lorsqu'ils arrivèrent devant Arkham.
-Woooaaa....
Le réputation de cet asile avait limite quelque chose de magique, ou d'ignoble mais dans tout les cas c'était la classe! Les gardiens semblaient soulagé que Mable l'avait enfin fermé. ils garèrent la camionnette devant l'entrée central et prirent violemment la jeune fille par le poignet et la traînèrent dans le long d'un couloir, le carrelage faisait un bruit horrible sous le glissement des pompes de la gamine. On la fit entrer dans une salle elle la menotta a une chaise. Elle ne se débattit pas, s'échapper d'Arkham était dure et elle ne connaissait pas le plan de l'asile... Elle secoua les menottes pour les entendre cliqueter, ils avaient l'air de mettre plus de budget dans leurs équipement qu'à Black Gate... Elle étudia longuement la salle et les autres occupants, ils n'avaient pas l'air bien méchant... Mais vu que Mable n'était qu'une gamine de 19 ans à l'air farouche, elle ne devrait pas vraiment se la ramener! Elle balançait tranquillement ses jambes en dessous de la chaise un peu grande pour elle. Si elle arrivait à ce faire passer pour une gamine apeuré comme elle le faisait si bien, elle arriverait à convaincre le psychiatre qu'elle était juste un peu troublé et que ce qu'il lui fallait, un mois de thérapie et du confort! C'est partit, et une thérapie de groupe avec une gamine innocente! Elle baissa la tête, fixa le sol, et bougea légèrement les épaules, comme si elle avait une grosse bêtise. La porte s'ouvrit un homme fin au regard dur et froid. Mable leva légèrement les yeux pour les rabaisser tout de suite apres, l'air soumise.  La rouquine avait pas mal entendu parler de ce psychiatre, mais c'était la première qu'elle le voyait. En fixant le carrelage, Mable écoutait le médecin expliquer le thème de la thérapie, les peurs et les phobies. Elle pouvait peut-être inventer une phobie du noir, histoire de jouer sur la compassion du psy mais... Il n'avait pas l'air d'un psy compréhensif. Tandis que la porte s'ouvrait timidement, Mable dis d'une voix douce, cependant audible et assuré.
-Insinueriez vous que tout le monde est censé avoir peur de quelque chose?


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MessageSujet: Re: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   Sam 27 Sep - 20:44

Clac. Clac. Clac. Talons rouges sur carrelage blanc. Clac. Clac. Clac. On m’attend. Je cours. Comme le lapin d’Alice, je suis en retard. La secrétaire du Docteur Crane vient tout juste de me prévenir du changement de salle. J’ai l’impression d’être revenue au lycée… Clac. Clac. Clac. Il faut me dépêcher. Les portes défilent et filent devant mes yeux grands ouverts. J’étais dans le couloir A, je dois aller au couloir B. Qui par un hasard sadique se trouve à l’autre bout du bâtiment… Heureusement que j’ai un bon sens de l’orientation ! Hors de question de louper cette séance. Ma première thérapie de groupe ! Ca ne peut que m’aider dans mes recherches pour ma thèse. Clac ! Clac ! Clac ! J’aimerais avoir des talons d’argent. Comme Dorothy. Clac. Clac. Clac. Et je serais à destination. Plonger dans la Folie. La disséquer. L’analyser. Comprendre comme des êtres humains peuvent ainsi sombrer. Les aider à s’en sortir… Je suis sure qu’on peut les soigner. La Folie n’est qu’une maladie comme les autres, juste plus délicate à appréhender. Elle a trop de facettes. Trop de visages. Un par personne minimum. Mais je peux y arriver. Et si ce n’est pas pour tout de suite, je peux au moins soulager mes patients.
 
Clac. Clac. Clac. Talons rouges dans la pénombre. Pas le temps d’allumer la lumière. Le noir ne me fait pas peur. De toute façon, les veilleuses de sécurité me permettent de voir où je mets les pieds. Je ne risque pas de tomber. Pas tant que je cours. Petite, on m’avait dit qu’en courant suffisamment vite, je pourrais m’envoler. Et c’est bête mais parfois, je m’en sentais vraiment capable. Clac. Clac. Clac… Je perds mon souffle. Mes lunettes glissent. Mes feuilles tentent de s’enfuir. Je ralentis. J’arrive au bout du couloir. Je prends quelques secondes pour rassembler mes fiches. Refaire mon chignon. Toujours être impeccable. N’est-ce pas Papa ? Je me mords les lèvres. Remets mes lunettes sur mon nez. Je suis prête.
 
Toc. Toc. Toc. Je frappe doucement avant d’entrer. Le Docteur Crane est en train de parler.
 
« Vos cauchemars. »
 
Il s’arrête. Me regarde. Il semble énervé. Je garde un air calme et assuré. Professionnel. Une des patientes, qui semble avoir une vingtaine d’années, lui demande alors :
 
« -Insinueriez vous que tout le monde est censé avoir peur de quelque chose? »
 
Ca détourne son attention de moi. Enfin je crois. Et ce n’est pas plus mal… Je vais m’asseoir près de lui, en saluant les patients d’un signe de tête.
 
« Pardon de mon retard. Je suis Mademoiselle Quinzel. Enchantée de vous rencontrer. »
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MessageSujet: Re: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   Mar 7 Oct - 0:36


"Thérapie de groupe"



Mon regard sinistre et empli d'une froideur sans fin se posa sur la jeune stagiaire en retard, Harleen Quinzel, il allait falloir que je m'énerve, encore, que je devienne méchant juste pour expliquer les bases de la profession. L'une des règles principales lorsqu'on travaille avec moi, pas de retard, pas de niaiseries à base de doux frappement à la porte pour entrer.
Tandis que les membres du type à l'allure de psychopathe presque cliché se recroquevillaient les uns sur autres, la jeune patiente du nom de Mable Stoley prit la parole, s'offrant de faux-airs naïfs et niais à souhaits, essayant de me faire avaler qu'elle était pareille à toute adolescente de son âge. Je retourne mon regard sur elle, laissant à la jeune thésarde la joie de s'installer et d'écouter. Elle commence drôlement mal, au point de m'irriter presque, 'Enchantée de vous rencontrer' disait-elle, je voyais à quelle point il allait falloir la remanier. Non, il ne faut pas être enchantée de rencontrer un violeur et assassin multi-récidiviste, non il ne faut pas être enchantée de rencontrer une psychopathe pure et dure, il faut simplement en ressentir un profond dégoût de la tournure de la vie de ces gens. Je pose l'une de mes jambes maigre sur l'autre, enfonçant encore plus mon corps émacié dans la chaise, un stylo entre les doigts, des feuilles vierges posées sur ma jambe droite. Je médite sur la question de ma patiente ou du moins, réfléchi a ce que vais dire pour qu'elle comprenne ce que je vais lui expliquer, je lui lance un regard noir par dessus mes lunettes circulaires et m'exclame d'une voix mauvaise et grinçante :

- Du moment que votre cœur bat et que vous êtes en capacité de vivre, vous aurez forcément une peur enfouie au fond de vous. Oui, tout le monde a une phobie, qui nous ronge au plus profond de notre pauvre existence, c'est parfois elle qui nous tue, à petit feu peut-être, la peur du changement, la peur de la vie, la peur du désespoir, la peur de ne rien laisser derrière sois lorsque l'on quittera ce monde, la peur de ne pas pouvoir changer le monde … Nous pourrions analyser tous les types de phobies existences, mais ce n'est pas le thème de la séance bien que ce sujet me tient énormément à cœur, il va de soi.
Je regarde le second patient qui lui, reste muet depuis le début de la thérapie. Je plisse les yeux pour mieux l'aperçevoir dans la pénombre habituelles des lieux d'Arkham. Ses pupilles se dilatent doucement, le traitement commence à faire effet, je regarde discrètement son dossier, il vient d'arriver, les infirmiers ont du lui injecter une dose assez puissante de barbiturique, entre le mortel et l'inefficace. Il est vrai que face à la jeune Mable qui est en parfaite santé, Monsieur Manson allait être victime plus tôt et plus violemment de ma toxine.

- Et vous hum, je lisais son nom sur le dossier, avez-vous conscience de vos peurs ? Avez-vous peur de mourir ? D'être tué ? Avez-vous peur que l'on vous soigne ? Peur de sortir de ce confort étrange qu'est la folie ? Car après tout, vous ne vous sentez pas contraint par la société, elle vous importe peu, après tout, tout ce qu'il vous intéresse, c'est de la détruire. Alors que si vous étiez soigné, tiré de cette schizophrénie qui vous pousse à l'horreur, la vie serait moins facile pour vous, n'est-ce pas ?
Il tremblait. Comme une vulgaire feuille morte. J'en avais presque envie de rire, quand je m'arrêtais ensuite sur la jeune fille instable, qui me faisait légèrement penser à cette arriérée que se prétendait la fille du Joker.

- Mademoiselle Stoley, y a t-il quelque chose qui vous dérange ? Les pièces trop petites, trop peu éclairées, ou peut-être avez-vous peur des hommes, des êtres humains ? C'est pour cela que vous les tuer peut-être ? Car ils vous font peur ? Une sorte de phobie sociale qui pousse au pire, après tout, le seul moyen d'en finir avec ses peurs, c'est de les détruire. N'est-ce pas ?
Je fixe les patients, un par un, je sentais dans la pièce une atmosphère que j'appréciais tout particulièrement. De l'angoisse mêlée à de l'intrigue, limite de la frustration d'être de ressentir cette peur alors que pourtant, nous ne sommes qu'à une simple thérapie. N'est-ce pas ? Le visage d'Harleen miroite sur les verres de mes lunettes, je la regarde alors avec un regard sinistre. La pauvre gamine allait subir l'une des pires thérapies de sa vie, peut-être que dès demain, j'aurais une petite lettre timide sur mon bureau m'annonçant son départ pour changement de vocation, au moins, je verrais ce qu'elle vaut face au pire.



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MessageSujet: Re: Un, tu gémis. Deux, j'observe. Trois tu cries. Thérapie de groupe.   

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