Batman Legacy


 
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 Une visite de courtoisie. [PV. Talia]

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MessageSujet: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 2:55

Gotham City, l'un des joyaux de la Côte Est des Etats-Unis. Une métropole de vice et de stupre. Une métropole qui, depuis des années, avait été désigné comme cible par la Ligue des Ombres. Faire subir à cette fange le destin de Sodome et Gomorrhe. Faire un exemple moderne pour les générations à venir qui oubliait trop vite le chaos dans lequel leur monde s'enlisait sous leurs yeux... Une mission à laquelle elle avait participé, voilà des années, quand le destin avait fait d'elle une membre de la Ligue. Une période de sa vie que l'assassine ne regrettait pas, pour toute formatrice qu'elle put être. Voir la lumière à travers les ténèbres était quelque chose qu'elle avait dû très jeune maîtriser, avant même d'entrer dans le métier ou de connaître la Tête du Dragon, avant de ne pas sombrer dans la rage ou la dépression. Afin de ne pas mourir bêtement.
Maîtriser ses émotions. C'était la base. Le pilier d'après lequel tout le reste de l'existence pouvait se découler sans que le contrôle n'échappe à son détenteur une seule seconde.
Et cela n'avait pas manqué. La jeune Al Ghul avait craqué. Shiva l'avait appris sitôt qu'elle eût mis un pied en dehors de l'avion. La Ligue avait ses contacts, ses taupes et ses espions, et la Ligue savait où trouver la tueuse quand elle recherchait ses services. Elle était à un coup de fil du devoir, et il ne fallut que quelques secondes en dehors de l'appareil, sous le soleil estival de Gotham, pour que son pager résonne de son bip familier. Un son qui évoquait à lui seul tout le caractère professionnel de son occupation, couvrant même un instant le Skunk Anansie qui résonnait dans ses oreilles. La musique, seule ancre à la réalité qui l'empêchait de se repaître des gémissements de douleur du bonhomme grassouillet qui avait ronflé tout le long du vol. D'un geste ample, elle sortit la petite pièce de plastique de la poche de son manteau, laissa son coude faire barrage au pauvre homme qui vint de lui-même le percuter, trop obtus pour faire attention à son environnement. Sans même une excuse, elle continua sa route, découvrant, lettre par lettre, le court message à caractère informatif.
Code:
Cbt Talia et Ras. T @ Hôp Cent. R w/ Batman.

Impassible, sa seule réaction fut de laisser un "Mmh" sarcastique, les lèvres closes et les yeux baissés sur le moniteur analogique. Sur son visage, pas la moindre émotion, pas le moindre début de sourire, ou même de rictus. Elle respectait Ra's, autant que sa fille, et en pénétrant dans le terminal, pour récupérer ses lourdes valises, elle ne put s'empêcher d'y songer. Pour avoir défait tout à la fois la Tête du Démon et sa fille, ce Batman devait être un combattant fabuleux, et intérieurement, sa joie était immense. Immense, car voilà maintenant des années qu'elle n'avait plus trouvé de véritable combattant à sa mesure. Des années qu'elle rongeait son frein, des années que, après être devenue la plus grande combattante du Monde, elle se sentait effrayée à l'idée s'amollir en confrontant la médiocrité.
Mais le Monde ne cessait de l'étonner, et il semblait que l'argent ne serait pas qu'une maigre consolation nécessaire à son déplacement. Vue depuis le taxi qui l'amenait à l'Hôtel Royal, Gotham semblait immense, insondable. Elle serait peut-être une nouvelle étape fascinante dans son parcours.
Les bagages montés dans son cossu logement, loués dans les hauteurs de l'Hôtel Royal, elle ne resta que le temps de se doucher, de se changer, et de refaire son "déguisement" : cette enveloppe désirable qui la séparait de toutes les brutes épaisses qui parsemaient le métier. Il fallut une demi-heure.
Une demi-heure après laquelle elle prit les clés de l'automobile que l'un de ses nouveaux employeurs avait accepté de lui acheter, en acompte de ses services. Une Ferrari F50, supposément rouge. Un autre des luxes que lui accordait son statut : celui de fixer ses prix. Une autre des données qui l'amusait, car tous ces êtres ne faisaient que courir après leurs rêves comme des chiens après des voitures. Ils étaient prêts à tout pour les voir se réaliser, mais saurait-il seulement ce qu'il adviendrait, si c'était bel et bien le cas. Que feraient-ils, si elle tuait cette Chauve-Souris. Pensaient-ils vraiment que tout s'arrêterait là ? C'était la question qui la taraudait, dans l'ascenseur, où elle attendait patiemment, le visage fraîchement ré-apprêté, et pourtant toujours aussi impassible. Perdue dans ses pensées, elle n'avait même pas remarqué cet homme, probablement financier, qui tenta de briser la glace. Qu'avait-il dit ? Que voulait-il réellement ? Shiva avait bien une idée, mais elle s'abstint, ne détournant pas même les yeux vers sa personne. Il retenta une approche, arrivé au parking. Il se mit à tâter la doublure de son manteau, remarquant la soie écarlate matelassée qui la composait.
Elle se contenta de le fixer sèchement, les yeux dans les yeux, sans bouger le moindre muscle de son visage. Il se racla la gorge, marmonna un début d'excuse, baissa les yeux et rajusta sa propre veste. Les lumières, elles, grésillèrent avant de s'éveiller, dévoilant les nombreux modèles du garage, tous parfaitement alignés.
Et elle était là. Sa Ferrari, rouge vif, s'accordant parfaitement à son vêtement traditionnel à la doublure de son manteau. Inconsciemment, elle se laissa aller à une moue satisfaite, oscillant d'avant en arrière sur ses talons. Au fond d'elle-même, la tueuse n'était pas un bloc de glace, loin s'en faut. Ses sentiments étaient faillibles, et surtout lorsqu'elle ne se sentait pas observée. Voir un tel jouet à portée de main, c'était aussi un petit fantasme. Un bénéfice du métier. 
Son éclat alla même jusqu'à observer alentours, en se mordant la lèvre inférieure pour tenter de contenir son sourire, ce qui ne le rendait que plus enfantin. Voyant le bonhomme s'éloigner docilement, elle ne put s'empêcher de sauter dans la décapotable par-dessus la portière. Enfilant en vitesse ses gants de cuir, elle tourna la clé dans le contact, convoquant à la vie le moteur dans un rugissement que l'écho du parking amplifiait dans toute la structure.
Inconsciemment, la trentenaire laissa échapper un petit rire satisfait. Un ricanement jouissif, en sommes, couvert par le bruit du moteur. Ce ricanement propre aux grands enfants pourris gâtés... C'est un peu cela qu'elle était, d'ailleurs, à ce moment précis, une grande enfant, dans un monde d'adultes définitivement trop sérieux : il n'y avait qu'à voir le regard médusé de l'inconnu de l'ascenseur quand elle passa devant lui avec sa voiture, en lui accordant un regard appuyé d'une neutralité profondément condescendante.
Et elle accéléra, pour s'infiltrer dans le dense trafic de Gotham, faisant montre d'un manque de civisme certain en slalomant entre les véhicules plutôt que de subir les embouteillages. Au bout de neuf minutes et trente-sept secondes d'une conduite à peine agressive, elle se gara au troisième étage d'un parking adjacent à l'immeuble de l'Hôpital Central. En descendant, elle en profita pour acheter sur le chemin une gerbe de fleurs, une carte, et un assortiment de pâtisseries chinoises dans une épicerie vaguement asiatique du bas de la rue, où la meurtrière put pratiquer pour la première en au moins trois ans sa langue natale, le cantonais.
Elle échangea sur tout et sur rien, cherchant notamment à se tenir informé de la politique de la ville, des événements récents, et surtout de tout ce qui pouvait avoir trait au Batman. Rien, pourtant, ne semblait vouloir en sortir, sinon que c'était une supposée légende urbaine. Sa réputation la précédait, au moins dans la communauté chinoise de la ville, et quand la grand-mère qui tenait l'épicerie apprit qu'elle était la Shiva qui s'était imposée dans ses jeunes années comme une combattante du crime à Hong-Kong, elle lui offrit une boite directement de la réserve, bien meilleure que les "cochonneries que la société américaine l'obligeait à faire", avec tout la batterie de tests à passer à la marchandise. 
La trentenaire fut gênée de refuser, car même en expliquant que cette période de sa vie était depuis longtemps passée, qu'elle officiait maintenant dans l'entrepreneuriat international, et qu'elle était encore moins présente pour faire régner la justice, la vieille dame était infiniment reconnaissante d'avoir sauvé son neveu des triades, plus de dix ans auparavant.

C'est finalement une bonne heure après son départ, que la Chinoise se présenta pour sa visite. Le premier contact avec la réception fut relativement froid. En la voyant arriver, sifflotant nonchalamment, avec sa taille et son faciès plus proche de l'inhumation que de l'enterrement de vie de jeune fille, tout en ne connaissant pas le nom de la personne qu'elle était venue voir si ce n'est que "C'est une jeune fille d'une vingtaine d'années, un peu typée moyen-oriental et internée pour lacérations multiples.", la standardiste interpella tout de suite les gardiens du hall, pensant avoir affaire à un potentiel assassin venu finir sa victime, probablement.
Se prêtant de mauvais gré à une fouille au corps sous les remarques plus ou moins bien placés et racistes des hommes en uniforme. Il en ressortit qu'elle n'était, bien évidemment, pas armée. Légèrement refroidie par l'intervention, elle dégaina son téléphone portable, un flambant MicroTac Elite, sous le nez de la standardiste, à qui il faudra un bon mois de salaire, ne serait-ce pour se payer l'appareil. Composant le numéro d'un de ses contacts au sein de la Ligue, avant de se mettre à demander bruyamment des informations en arabe dans le combiné, tout en tapotant sur le guichet, sous le regard définitivement outré de l'employée.
Une bonne minute de dialogue plus tard, et un solide balayage du pied administré sans même regarder à un colossal plombier du Bowery qui vint secouer son manteau de manière trop insistante à son goût pour lui signifier apparemment de baisser le volume, elle put enfin connaître le nom d'internement de Talia : Richmond.
Orientée par une standardiste maintenant légèrement effrayée et d'autant plus prompte à l'orienter, elle se remit à siffloter, en longeant les couloirs déprimants de la morose maison de convalescence. Elle arriva finalement devant la chambre, où elle entra sans même prendre la peine de frapper, claquant la porte derrière elle avec la jambe.
Elle posa la gerbe de fleurs et les gâteaux sur une table, la carte posée sur la boite, un petit texte griffonné en chinois sur elle. L'anglais n'était pas sa langue maternel, et elle trouvait son écriture en caractère latins trop hésitante, pas assez fluide. Une écriture qui la trahissait comme une personne, au fond, quelque chose qu'elle ne souhaitait pas faire apparaître. Du moins pas sur papier.
Et pourtant, avant même d'ouvrir la bouche. Elle soupira. Shiva était une combattante, pas une oratrice. Son regard parlait pour elle. Ses coups parlaient pour elle, mais la voix, elle-même, n'était pas douée pour s'exprimer. Au bout de quelques secondes quelques peu dérangeantes, elle trouva toutefois la force de transcrire ses pensées en paroles ... 
" Je cherchais quelque chose à dire. Une remarque sarcastique, ou une observation pour détendre l'atmosphère, " commença-t-elle, droite devant le lit, " Mais je ne suis pas doué pour ces trucs-là. J'ai ramené des fleurs et ... des ... bricoles à grignoter vaguement chinoises. Je me suis dit que ça serait plus adapté. "


Dernière édition par Lady Shiva le Lun 1 Sep - 16:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 14:16




Une visite de courtoisie

Je n'aime définitivement pas l'hôpital, je n'arrive pas à dormir. Cet endroit me fait peur, ça ressemble un cimetière, et je ne suis rien de plus qu'un cadavre ambulant, on s'assure que je reste sagement à ma place. Je réussis quand même à avoir un minimum d'autonomie, c'est à dire pouvoir faire ma toilette et me lever pour me dégourdir les jambes. En dehors de ça, je ne faisais rien, je regardais à la fenêtre. Je n'arrivais même pas à dormir, j'étais trop pensive pour. Ma seule envie était de quitter cet établissement, le plus vite possible. On me gardait encore en observation, pourtant, je n'avais rien de bien grave, quelques blessures qui à présent étaient soignées. Je ne supportais pas le personnel, aussi gentil était-il. Je voulais retrouver mon travail et ma seconde identité la nuit. Ca me manquait. Je voulais goûter à ma nouvelle indépendance, je l'avais prouvé à tout le monde, je ne demandais qu'à croquer dedans et me rendre compte à quel point j'ai raté un goût dont on ne se lasse pas.

Il s'agissait d'une journée normale à Gotham, il faisait gris, un peu froid. Heureusement, le chauffage de l'hôpital, bien qu'ancien marchait à merveille. Il avait été tout de même rénové à l'intérieur par chance... Je gardais ma porte fermée, je préférais être seule, même pas une infirmière pour me tenir compagnie ou me demander des nouvelles. Je n'ai pas de nouvelles à donner de toute façon, tant que je suis là, je n'ai rien à donner comme nouvelles, c'est hypocrite de dire ça.

Alors, la porte s'ouvrit, mon regard se fit plus vif, j'étais prête à réagir au moindre mouvement brusque, rentrer dans ma chambre comme ça, alors que j'avais donné des directives au personnel, que je ne souhaitais pas être dérangée à longueur de journée... Pourtant, mon regard s'adoucit en voyant qui venait se présenter devant moi. C'était une surprise, une caméra cachée, ou je ne sais quoi d'autre. Mais ça ne pouvait pas être réel, cela faisait de nombreuses années que je ne l'avais pas vu.

Shiva, elle était ma protectrice, le bras droit de mon père avant que je ne reprenne le flambeau. Flambeau que j'avais jeté sans remords par terre il y a de ça quelques jours, qu'il aille se trouver quelqu'un d'autre, quelqu'un de beaucoup plus influençable que moi pour mettre à bien ses projets morbides. Elle déposa un bouquet de fleurs ainsi qu'une carte sur la table située à côté de moi et elle s'installa. Je la connaissais très bien, malgré les années, elle n'avait pas changé, elle restait toujours la même.

Un silence s'installa, c'était normal, elle avait toujours eu le rôle de la force, du combat, pas celui de la négociatrice. Elle arriva tout de même à parler, avec son fort accent venu d'Asie. Oui, c'était bien Shiva, mais pour moi, tout avait changé, mon état d'esprit et même mon accent, je n'avais plus ce ton oriental et Kabyle qu'elle avait pu connaître.

"Ca fait longtemps que je n'ai pas mangé de pâtisseries chinoises..."

Alors, je me jetais sur elle, mes mains vinrent se mettre autour de sa nuque, toujours allongée dans le lit, les larmes aux yeux et ma tête sur son épaule.

"Trop longtemps même..."



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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 16:52

L'ennemi le plus fabuleux de Lady Shiva lui faisait maintenant face : ses sentiments. Peut-être que la psychologie serait un art qu'elle aurait à maîtriser un jour, car il semblait plus compliqué qu'aucun geste martial qu'elle avait un jour tenté, et elle les maîtrisait virtuellement tous. Voir une Talia sur un lit d'hôpital était une épreuve terrible. Une épreuve terrifiante, car autant que cette jeune fille, la maître pouvait perdre sa consistance. Face à ces grands élans de sentimentalisme, elle se sentait redevenir Sandra, malgré elle. Elle se sentait redevenir cette fillette en perte de repères. Ce n'était agréable, et pourtant, le contact d'une personne familière la serrant dans ses bras était quelque chose qui manquait à Shiva.

Elle n'avait pas de fille. Elle n'en avait jamais eu. Jamais officiellement, du moins. Se retrouver à côtoyer une adolescente aussi vive et aussi prometteuse, avoir dû s'occuper d'elle ... Une expérience étonnante. Cela avait été comme retrouver un bout de famille. Un bout de sa sœur jumelle, dans cette tourmente. C'était peut-être ce qui l'avait fait tenir aussi longtemps, d'ailleurs, en tant que personne. Ce qui l'avait empêché de se transformer en machine décérébrée. Peut-être même ce qui lui avait permis de rebondir, d'avoir le courage mental de quitter la Ligue quand celle-ci n'eût plus rien à lui offrir.

Cela avait peut-être été une erreur. Une preuve d'égoïsme terrible, car où cela l'avait mené ? La jeune femme dont elle avait un jour eu la charge, dans un lit d'hôpital, blessée. Cela aurait pu être bien pire. Elle aurait pu avoir à se présenter à ses funérailles. Elle aurait même pu verser une larme.

Trop tard. C'était fait. C'était plus fort qu'elle. Désemparée, enlacée et avec une tête familière sur son épaule, les glandes lacrymales avaient lâchées. Vous pouvez apprendre à contrôler chacun de vos muscles à la perfection, pousser votre corps dans ses derniers retranchements, en faire un automate à la merci de la moindre de vos volontés. Lady Shiva en était la preuve vivante.
Les sentiments, eux, n'étaient pas des muscles. Ils étaient une force qu'elle ne pouvait contrôler. La nostalgie, le choc des retrouvailles. Elle ne pouvait plus le contenir, et une larme perlait maintenant sur la joue d'un visage qui n'avait pourtant même pas cillé. 
C'était comme voir une statue pleurer.

Elle attendit plusieurs secondes, parfaitement cruche et désemparée, pour rendre l'accolade.

" Tu sais, Kiddo. Dans d'autres circonstances, j'aurais pu prendre ça pour des avances sexuelles. " marmonna-t-il, en finissant sur un petit souffle du nez, un souffle que l'on devinait tâcher par les larmes. Sa façon à elle de rire, quand elle trouvait quand même dans ses derniers retranchements les réserves nécessaires pour résister à une débandade complète. " J'espère que tu es contente. J'ai versé ma première larme de la décennie. J'aurais tué n'importe qui d'autre  pour avoir été seulement témoin de ça. "

Elle renifla, le plus silencieusement possible. Elle voulait garder sa contenance, et elle se contenta de porter une main dans les cheveux de Talia, avec une douceur quasi-maternelle. Pour quelques secondes, elle resta là, immobile. Le passé revenait à elle. C'était terrible. Elle se sentait fondre. Perdre toute crédibilité.

Finalement, elle ouvrit à nouveau les lèvres, laissant glisser les mots au gré de son accent, sans oser déranger la scène de ses gestes.

" Dis-moi tout. Qui t'as mis dans cette état-là ? " demanda-t-elle, avec une tendresse presque touchante, qui se changea en une morgue terrifiante quand, pour la première fois, son visage se déforma en un rictus de haine. Elle se crispait, et si Talia ne pouvait peut-être pas voir son visage, elle pouvait sentir tout son corps se raidir sous l'effet d'une rage quasiment surnaturelle. La grande maître s'abandonnait à la haine, devant cette haine. Ses sentiments avaient finalement pris le dessus ...

" Je vais aller leur donner une leçon, et je te promets qu'ils pourront tenter de fuir, de se cacher, mais que rien ne pourra les sauver. " menaça-t-elle entre ses dents, d'une voix que l'on aurait pu croire émerger d'outre-tombe, " Je tuerais leurs familles, je tuerais tout ceux qu'ils ont connus. Je tuerais leurs gardes, je tuerais la police et j'exterminerais même toute l'armée de ce pays de chiens si il se faut, mais je te jure que je vais mettre un terme à leur existence pitoyable. "

C'était maintenant une fureur sans borne qui l'avait gagné. Elle avait laissé ses sentiments s'exprimer, et c'était comme si elle avait vu sa sœur mourir, une fois de plus. Elle était de retour aux origines de son propre mythe.
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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 17:16




Une visite de courtoisie

"Qui m'a fait ça ? Ce n'est rien d'autre que l'issue d'un combat qui allait tôt ou tard arriver. Mon père est trop fou pour diriger quoi que ce soit, et je lui ai fait comprendre au détriment de ces quelques blessures."

C'était impossible à présent de tenter de venger quoi que ce soit, elle avait toujours son honneur, mais elle ne pouvait tout simplement rien faire de plus, juste se dire que la vengeance avait parfois des limites, car je la voyais mal trahir mon père, même si elle n'avait plus rien à voir avec, au niveau de la Ligue. Je séchais aussi mes larmes, me redressant sur le lit.

"Ca ne sert à rien, nous n'avons plus rien en commun lui et moi, ne prend parti pour aucun de nous deux, sinon ça reviendrait à détruire ce que tu fus pendant un moment."

Elle me protégeait plus ou moins, depuis mon enfance, si il y avait un problème grave, c'est elle qu'on envoyait, elle matait n'importe quel criminel, sa maitrise du combat était impressionnante. Je me rassurais tout de même, si j'avais réussi à vaincre Ras, je pouvais la vaincre. Je ne le ferai jamais, mais le sang Al Ghul regorgeait de nombreux potentiels, seulement, le vieux sénile n'avait jamais su s'en servir correctement.

"Laisse ça, il a été prévenu, je l'ai épargné, et il a finit à BlackGate sans doute. J'espère qu'il crèvera là bas."

Moi aussi, j'étais haineuse. Et si je recroisais Ras, j'avais juste pour objectif de le tuer et non de le laisser en vie. Je ne voulais plus tuer, sauf cet homme. Personne n'avait réussi à le tuer quand j'avais mis sa tête à prix. Il n'y avait que moi qui avait pu le défaire. J'avais séparé la Ligue en deux lignes distinctes.

"Et puis, j'ai réussi à construire un réseau autour de moi. Bras droit, informateurs."

Je repensais à Griffe Rouge, peut être qu'elle verra à quoi ressemble quelqu'un formé par la Ligue un jour... Si elle croisait Shiva bien entendu...





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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 19:15

Touché.

Rien n'arrêtait Shiva, et moins encore une Shiva enragée, comme ce subite éclat avait put le montrer. Rien, sinon son passé, et son honneur. Pour autant qu'elle soit concernée, Shiva ne pouvait s'attaquer à Ra's Al Ghul. Ce n'était pourtant pas une question de sentiments : elle n'aimait pas la Tête du Démon. Pour tout dire, le terme était même faible. Elle l'exécrait, de toutes les parcelles de son corps. Il était l'une des raisons qui avait fait d'elle ce qu'elle était. Il était celui qui avait commandité l'assassinat de sa sœur jumelle pour pouvoir orchestrer son entrée dans la Ligue, pour user de ses talents, et pour l'obliger à concevoir un enfant. Il n'était pas de mot pour décrire la haine qu'éprouvait Shiva pour cet homme.
Pourtant, toute cette haine ne l'empêchait en aucun cas de lui porter un respect sans bornes. Le respect d'une disciple envers un maître. Le respect de celle qui voyait en lui un homme entièrement dévoué à son idéal. Le respect qu'elle vouait au leader, au guerrier et au tacticien.

C'était ce respect qui, décemment, empêchait toute action de Lady Shiva envers Ra's al Ghul. Contrairement à tout les autres, celui-ci avait des idées. Il avait une vision, et l'idéaliste jeune fille qu'elle avait été s'était même aventuré à penser qu'il pouvait les réaliser.
Nerveuse, elle se leva. Elle devait évacuer cette tension, avant qu'elle ne devienne délétère, et c'est par dépit qu'elle frappa dans le mur en laissant échapper un cri de frustration.

Quand elle se retourna à nouveau pour faire face à celle qui avait un jour été sa protégée, cette tension semblait retombée. Aucune douleur, pas la moindre trace du choc sur son poing, pas même de nervosité. Une illusion du corps dont elle reprenait le commandement, alors que c'était l'incompréhension qui se mêlait à la rage, sur son visage.

" Es-tu complètement folle ? " lâcha-t-elle, les bras ouverts pour amplifier encore cette interrogation. " Evidemment, que je ne veux pas prendre parti dans vos querelles ; mais créer un schisme au sein de la Ligue ? "

La tueuse porta instinctivement sa main au visage pour se frotter les sourcils. Un tic de sa plus tendre enfance. En ce moment, elle avait peur. Peur pour Talia, et elle était en colère contre elle. Si son père était fou, alors elle l'était tout autant que lui, pour croire que des barreaux allaient arrêter un génie pluri-centenaire !

" Tu vas mourir, Talia ! Il va te tuer ! " éructa-t-elle, avant de baisser sa main au niveau de sa bouche. Un instant, elle s'arrêta, avant de jeter des coups d’œils suspicieux en tout sens.

" Tu te crois en sécurité parce qu'il est derrière des barreaux ? Tu crois que le laisser vivre te rends plus forte que lui ? Tu ne fais même pas garder ta chambre ! J'aurais pu être n'importe quel tueur de la Ligue ! "

Laissant retomber ses bras, elle se dirigea vers la porte, observant scrupuleusement toutes les personnes dans le couloir, à la recherche du moindre signe suspicieux. Ne repérant rien, elle ouvrit la porte, et retira d'un geste expert le clou de la poignée extérieure, et la poignée extérieure de la porte en elle-même, avant de la refermer et de poser sur un appareil adjacent. Elle porta un regard atterré et presque moralisateur à la jeune Berbère. Elle avait repris les atours de la tueuse froide, professionnelle et méthodique.

" Regardes-toi un peu. Cette ville déteint sur toi. Je me rappelle d'un temps où tu ne sonnais pas tant comme une ... américaine. "

Elle marcha en direction de la fenêtre, après avoir fait sonné ce dernier mot avec une extrême désapprobation. Elle scruta les toits adjacents à la recherche d'un reflet de lunette, ou du moindre signe qui pourrait trahir un assassin.

" C'est la négligence et l'orgueil qui te tueront, plus sûrement que David ou Merlyn. " fit-elle, un ton de reproche dans la voie en fermant les volets. Elle se retourna ensuite. Malgré elle, elle reprenait ce rôle de protectrice qu'elle avait eu, voilà des années. C'était plus fort qu'elle. Ce n'était plus de la seule conscience professionnelle, puisque ce n'était plus des ordres de Ra's qu'elle tirait cet ordre. Cela relevait plus d'une sorte d'instinct maternel, à nouveau. Sans pouvoir se l'avouer, Talia était un peu devenu cette fille que la Destructrice n'avait jamais pu - ni voulu - connaître.

" On m'a dit que c'était cette Chauve-Souris qui avait emmené Ra's. Pour ce que j'en sais, il pourrait très bien être à ta recherche, aussi. Je te laisse imaginer ce qu'il se passera, si vous vous retrouvez dans le même pénitencier. "

Le risque était beaucoup trop grand. Dans les yeux de Shiva, c'était un miracle si la fille du Démon avait pu survivre aussi longtemps. La tueuse détestait les miracles. La notion de chance était bien trop dangereuse pour elle. Il fallait mettre Talia en sûreté.

" Il faut te sortir d'ici. La seule menace de ce guignol encapuchonné est trop grande pour te laisser sans surveillance. "
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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 19:51




Une visite de courtoisie

Je ressentais son instinct protecteur, elle avait toujours été comme ça avec moi. Mais aujourd'hui, cet instinct était loin de me faire avancer, il me ralentissait plus que tout. J'avançais avec mes propres moyens, plus que tout, je me suis fait mes propres armes, ici même, à Gotham. Et j'avais su prouver à quel point elle pouvait être affutée. Les nombreuses nuits passées à patrouiller dehors, à la recherche du moindre criminel, à défendre les démunis et ceux qui deviennent des victimes du délit. Tout ça, m'avait transformé, j'étais devenue maîtresse de la Ligue pendant l'absence de mon père, et je l'étais toujours, l'enfant avait su vaincre le parent, n'en déplaise à Oedipe, il n'avait pas pu le tuer, mais il avait montré l'étendue de sa force, et cela m'était à présent suffisant, cela m'apaisait légèrement, même si l'envie de tuer Ras était encore présente. Si Batman n'aurait pas été là, le Démon serait reparti en Enfer. Je me levais alors de mon lit, défiant Shiva du regard, malgré tout le respect que j'avais pour elle.

"Arrête ça Shiva ! Je ne suis plus une gamine ! Je ne suis plus la petite Talia qui avait besoin qu'on la protège. J'ai su vaincre ce vieillard sénile ! Je partage le même sang que lui Shiva, mon potentiel est aussi grand que lui."

Elle était une femme forte, puissante, qui avait vu de nombreux drames dans sa vie en plus de les avoir vécu. Mais ça ne justifiait en rien que je doive forcément suivre ses plans. J'avais mes intérêts à présent. Ils comptaient plus que tout. Je n'étais plus faible, je m'étais élevée parmi les miens avec une preuve concrète et qui ne pouvait pas être contestée.

"J'ai un quartier général, j'ai des hommes, un bras droit qui me défendra jusqu'à son dernier souffle. Je ne crains pas Ras."



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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 20:41

Lady Shiva était redevenue elle-même. Cela avait été possible en voyant se relever Talia.

" C'est donc ça, que tu veux ? "

Elle devait s'y résoudre. Ce n'était définitivement plus la jeune fille qu'elle avait connu. Elle avait bien grandi. Elle avait beaucoup pris de son père, d'ailleurs. Elle ne semblait même pas s'en rendre compte, mais cette façon de parler. Cette façon d'agir. La Shiva des temps anciens avait disparue, comme semblait l'être la Talia des temps anciens.
Elle le voyait dans ses yeux, elle le voyait dans tout son corps. Ce don que Shiva avait, cette ressource inestimable que le Démon avait recherché avec tant d'avidité. Ce pour quoi David s'était forcé en elle. La seule raison de l'existence de sa fille... Cette jeune fille qu'elle avait passé tant de temps à protéger. Elle n'hésiterait pas à l'attaquer.

" Kiddo, Tu ... "

Les mots lui manquaient. Le souffle lui manquait. Une telle idée lui était horrible. Elle avait tant donnée, elle avait tant sacrifié. Elle était la dernière personne à savoir que Lady Shiva, la Destructrice, la Créatrice, la Tueuse de Mondes pouvait ressentir. Elle était la dernière à qui elle se soit livrée, et voilà comme elle était remerciée.
Sa déception était au-delà de toute définition sémantique, et elle se laissa tomber sur sa chaise. Elle était terrassée, choquée. On le voyait dans son regard, on l'entendait dans sa voix, mais son visage n'exprimait plus rien. A nouveau, elle l'avait verrouillé.

" Tu oserais ? "

Le regard de l'asiatique affrontait maintenant le vide. Le vague. Elle affrontait le vide de toute son existence. La déchéance fabuleuse de son être, de tout les espoirs qu'elle avait un jour pu caresser.

Une deuxième larme trouva le chemin de ses yeux. Probablement la dernière.

" Tu partages le même sang que lui. " acquiesça-t-elle, monocorde, marquant un silence pesant. " Je le déplores. "

Qu'avait-elle pu penser ? Qu'elle partageait le sien ? Elle était finalement peut-être aussi folle que les Al Ghul !

" Je te prie d'accepter mes excuses. "

Elle sécha sa larme d'un revers négligent de la main. Incident clos. Elle ne serait jamais que Lady Shiva, la solitaire, le monolithe noir. Il lui fallut une simple respiration pour redevenir ce qu'elle avait toujours été.

" Je me suis égarée. Je ne suis pas ici pour cela, de toutes façons. " expliqua-t-elle, retrouva le chemin des yeux de Talia, Ce n'était plus la Shiva sincère, ou l'amie, qui parlait. C'était la tueuse méthodique et professionnelle. Celle qui plantait ses billes d'émeraudes froides au fond des orbites de ses interlocuteurs, à la recherche de la malice et du mensonge. Celle qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

" Je suis ici pour le Batman. On le répute formidable combattant. Saurais-tu où je puis le trouver ? "
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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Lun 1 Sep - 21:50




Une visite de courtoisie

Elle est redevenue une machine, c'est ça qui m'agace aussi, au plus haut point, quand les gens se révèlent être de véritables machines. Griffe Rouge avait été pareil pendant un moment, et j'avais montré mon désaccord très tôt. Nous n'étions pas dans la même époque que Ras, à lui obéir au doigt et à l'oeil en s'occupant seulement du bien de la Ligue. Nous étions tous des humains avant tout, et non des combattants.

"Je ne suis pas ici pour te dire où se trouve le Batman, je retrouve la même Shiva qu'avant face à mon père, celle qui acceptait n'importe quel ordre quitte à salir son honneur. Je ne veux plus voir ça, plus de gens aussi froids que des machines. Je ne veux pas voir celle que je considérais comme une grande soeur se révéler n'être rien d'autre que quelqu'un qui ne connaît pas de sentiments."

Oui, je la considérais comme une grande soeur, comme une mère même. Elle avait remplacé celle que je n'avais jamais eu. Je ne voulais même plus la regarder dans les yeux, nous n'appartenions pas au même monde, des mondes tout aussi violents, mais différents.

"Shiva, ne devient pas aussi folle que lui. Il y a eu une cassure dans la Ligue, pour son bien, ainsi, elle est devenue  plus humaine, et a cessé de montrer ce visage froid et sans pitié. Ne soit pas l'incarnation de ce mauvais côté, sois toi même."




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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Mar 2 Sep - 1:48

" Je suis moi-même, Talia, tel que tu le vois en ce moment. " rétorqua-t-elle, sans la moindre once de sentiment. " Je vis pour le combat. Je vis pour l'instant. "

C'était bien cela qui caractérisait au grand complet sa personne. Elle était une artiste martiale, une guerrière. Elle était la plus grande de toutes. Elle vivait pour la perfection du geste. C'était pour cela qu'elle faisait tout ça. Pour l'honneur et la grâce ; si ce n'était pour ça, pour quoi donc ? Elle aurait pu se révéler une tireuse expérimentée, ou une bouchère stupide. Elle aurait pu devenir Deadshot, ou Deathstroke. Non. En lieu et place de cela, elle était devenue Lady Shiva, et le monde ne s'en était que mieux porté. 
Les sentiments ? Une faiblesse. Sa faiblesse. En tant que seule faiblesse, elle se devait de la combattre, de la supprimer. Voilà quelque chose que la jeune femme ne semblait pas vouloir comprendre : la vie est une bataille, et laisser une faiblesse à l'adversaire, c'est s'exposer à mourir.

" Quand je vois ce que tu es devenu, ce que ce pays a fait de toi ... je ne peux m'empêcher de penser que nous sommes toutes les deux tombées dans sa folie. "

Une Ligue plus humaine. Comme si la Ligue pouvait être humaine... tout l'idéal de cet organisation reposait sur un objectif éthéré. Elle reposait sur le sacrifice individuel, sur l'abandon de sa personne au profit d'une cause commune dépassant la personne : c'était ainsi que Ra's l'avait voulu, tout du moins à ses débuts, et c'était bien par égard pour ses seuls talents que l'on avait permis à Shiva ses écarts. Elle était l'automate le plus humain de tous. Elle avait commis des choses affreuses. Elle avait trahi ses idéaux, mais elle avait transcendé tout cela. Sandra s'était réincarnée en Shiva. Un être nouveau, tourné vers son propre idéal, libérée des entraves de la jeune fille que la Ligue avait cru pouvoir simplement violer et détruire.

" Je cherche Batman pour mon propre compte. " proféra-t-elle, restant parfaitement de marbre face aux éclats de son ancienne protégée. " Je veux le rencontrer et le combattre, comme j'ai rencontré et combattu des centaines de combattants avant lui. C'est une rencontre entre artistes martiaux, et le vieil homme n'a rien à voir là-dedans. C'est-ce que je fais, c'est ce pourquoi je vis, et cela précisément depuis que j'ai quitté le râtelier du maître du haut-château, après qu'il ait trouvé intéressant de voir en moi un objet de plus à ajouter à son inventaire. "

Elle laissa son regard aller à la main qui avait frappé le mur, évacuant nonchalamment les résidus de plâtre qui était resté sur celle-ci à la suite de son coup nerveux. Dans cette posture, on aurait pu l'imaginer parler du temps qu'il faisait ou de la dernière affaire en vogue, car elle n'affectait plus rien. Suprême nonchalance, elle sortit même une petite lime pour s'occuper de l'un de ses ongles, ne regardant même plus Talia.

" J'ai virtuellement été violée par ton père, qui a envoyé David faire sa besogne à sa place, comme une machine. " décrit-elle avec une totale absence de sensations dans la voix. " Il a rigolé. Il a même pris du plaisir à cela, et je l'ai laissé me frapper à chaque fois que je laissais échapper un son, ou que la fantaisie lui prenait. J'étais tenue de ne pas répondre, et je n'ai pas répondu. "

Elle leva des yeux absents vers Talia, soufflant sur l'ongle qu'elle venait de limer.

" Si j'avais laissé parler mes sentiments, David serait aujourd'hui mort. J'aurais brisé chacune des parties amovibles de son corps porcin, et j'aurais sûrement trouvé mille et un outrages à faire subir à sa dépouille, en laissant mon âme d'artiste s'exprimer. J'aurais vengé ma sœur. "

Elle laissa un œil songeur s'aventurer sur les restes de ses ongles, avant de s'attaquer aux autres, gardant toujours cette dérangeante neutralité de ton.

" Ensuite, impossible de s'avoir si j'aurais avorté, ou si j'aurais gardé ma fille. Si je l'avais fait, je l'aurais appelé Carolyn. Ensuite, j'aurais tué ton père. J'aurais arraché la Tête du Démon, et, laissant parler mes sentiments, je me serais lancé dans une quête méthodique pour annihiler tout ce qu'il a jamais pu concevoir : ses idées, ses hommes, et ses descendants. " continua-t-elle, en posant à nouveau ses yeux dans ceux de sa vis-à-vis. " J'aurais tué Dusan, j'aurais tué Nyssa, et bien évidemment, je t'aurais tué toi aussi, Talia. Je peux même te dire sans fard qu'en tant que préférée, je t'aurais fait souffrir. Tu ne m'aurais jamais connu comme une gardienne, une "Grande Sœur" ou celle qui t'expliqua tes "problèmes de fille". Tu m'aurais connue comme celle qui aurait pris un plaisir malsain à torturer une enfant coupable des seuls excès de son père. "

Elle inspira un grand coup, avant de reprendre tant son ouvrage que son monologue.

" Si j'avais laissé mes sentiments s'exprimer, je serais déjà morte cent fois, que ce soit contre ton père, contre toi ou contre quiconque. Si je les avaient laissés s'exprimer, j'aurais eu honte de te parler de toutes ces pensées malsaines, car elles me travaillent en permanence. Ce sont les regrets d'une ancienne vie, une galerie de casseroles que je traîne, et qui me revienne sans cesse : pas plus loin que dans le couloir, j'ai réfléchi à ce qui se passerait si, te trouvant dans le coma, je sombrais dans cette fange qui me sépare du maniaque, et t'étranglais dans ton sommeil. Si je sifflais si fort, c'était précisément pour m'empêcher de penser. "
Elle se mit à pointer sa lime dans la direction de la jeune maîtresse des Ombres.

" Ne t'y trompes pas, je déteste au moins autant ton père que toi, mais je le respecte pour une raison simple : c'est en me donnant une leçon, en me couvrant d'opprobre, qu'il m'a permis de devenir ce que je suis aujourd'hui. C'est grâce à lui que je suis une personne stable et pas une boule de nerfs au fond d'un asile. " Elle marqua une légère pause, son regard se faisant dur, concerné. " Considères-cela comme la dernière leçon que pourra bien te donner ta grande sœur sur le sentimentalisme : il causera ta perte. Tu es intelligente, ne gâches pas ton potentiel, surtout pas en te laissant séduire par une cape et de bons mots. "

Oui, elle faisait bien référence à la Chauve-Souris, toujours. Sa langue l'avait trahie, puisqu'elle semblait savoir où le trouver. Ce qui faisait pourtant bien plus peur à Lady Shiva, c'était de penser que ce dernier avait pu convaincre Talia de ses idées, pour qu'elle cherche à le protéger. La dernière chose qu'elle désirait voir, c'était le cadavre de Talia épinglée par un tueur le long d'un mur, parce que cet hurluberlu lui aurait farci la tête de ses idéaux de justice romantique et romanesque.

Plus qu'une quête de connaissance ou de défi, c'était peut-être le simple fait de protéger la dernière chose qu'elle pouvait avoir voulu considérer comme une famille qui motiverait Shiva à mettre fin au mythe du Chevalier Noir.
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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Mar 2 Sep - 13:07




Une visite de courtoisie

Je reconnaissais parfaitement la Shiva froide, méthodique et sans pitié. Voilà pourquoi elle avait été la pièce maîtresse dans la Ligue, jamais elle n'avait failli à une mission, chaque fois, c'est un succès. Elle aurait pu détruire le monde à elle toute seule. En peu d'années, alors que pour mon père, il lui avait fallu de nombreuses résurrections et encore, il n'avait pas mené à bien ce projet. A cause des justiciers qui entravaient ses plans, et à présent à cause de moi, qui voulait une destruction pure et simple d'une majorité de puits de Lazare. Nous étions tous en train d'évoluer, c'était ça. La Ligue évoluait, en quelque chose de différent, et ses membres faisaient de même. Dusan, Nyssa, ils furent tous les deux des erreurs aux yeux de mon père. Il n'y avait que moi, la dernière, par la suite, il n'eut jamais rien d'autre en tête qu'un héritier qui pouvait lui succéder, et j'avais été choisie, tout comme on avait choisi Shiva.

"Nous avons été toutes les deux violées virtuellement Shiva. Mon père, a des projets d'héritage. Je suis celle qui doit lui apporter un héritier mâle pour qu'il puisse succéder. Il aurait très bien pu me faire la même chose qu'à toi avec un homme violent et impulsif. J'ai sans doute fait le bon choix de le fuir, et de lui prouver que sa descendance, sa propre fille lui succèdera quand elle le tuera. L'âge l'a rendu trop fier de ce qu'il est, au détriment de ses relations. Il m'a toujours menti sur la réelle cause de la mort de ma mère. Et je crois que c'est pour ça, que je le hais le plus."

Je me souviens encore du combat, lui, presque sûr de pouvoir me vaincre, et pourtant... Cette défaite, devait lui servir de leçon à présent. Je l'espérais. Il était faible à présent, plus aucun membre de sa propre famille ne lui était fidèle. Seul, il allait agir en solitaire. Il n'allait pas tarder à s'effondrer. J'aurais pu le tuer si Batman ne s'était pas interposé, c'était évident qu'il avait remonté les pistes, même en faisant diversion avec Gotham qui se retrouvait à feu et à sang pendant une nuit.

"Je ne suis pas une justicière, comme Batman, mes techniques de combat sont faites pour tuer, pas pour neutraliser comme lui. Quand j'envoie quelqu'un à l'hôpital ou à BlackGate, c'est avec des blessures beaucoup plus graves, où il peut en garder des séquelles. Je suis un virus pour cette ville. Un virus qui détruit les autres virus. Mais quiconque essaie de tuer le Chevalier Noir, se retrouve avec la Tête du Démon en guise d'épée de Damoclès. La dernière personne qui a tenté de lui ôter la vie, avait failli se retrouver avec une colonne vertébrale en moins."

Je la regardais alors, n'ayant pas peur de l'affronter.

"Si tu veux tenter de faire ça, tues moi maintenant, tant que je ne suis pas encore complètement remise. Car une fois dehors, je n'aurais aucune peine à le défendre de quiconque, même une soeur."



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MessageSujet: Re: Une visite de courtoisie. [PV. Talia]   Mar 2 Sep - 18:26

Talia entreprit de lui répondre, et Shiva en avait profité pour repartir dans son oeuvre. Elle écoutait, cela ne faisait pas le moindre doute, mais toute son apparence, elle, feignait un manque suprême d'intérêt pour la conversation. Elle semblait bien trop inspiré dans une opération d'entretien de ses ongles. Pourtant, elle n'en restait pas moins choquée par ce que lui disait la nouvelle "Tête du Démon". Elle pensait au moins que ces jours étaient finis, avec la disparition de Ra's. Ce ne semblait pas être le cas. Talia était jeune, et aussi formatrice qu'ait pu être sa montée en puissance, elle était encore bleue. C'était en voyant cela que Shiva déplora ce qu'elle était devenue. Eût-elle su, peut-être serait-elle restée. Elle l'aurait réellement formé, plutôt que de la laisser aux mains d'une organisation qui avait perdu ses propres valeurs. Le temps avait passé, pourtant, et rien ne pourrait le défaire...

" Ainsi soit-il. " posa-t-elle, d'un calme qu'olympien n'aurais pas suffisamment bien décrit.

Elle rangea sa lime avec précaution, souffla une dernière fois sur ses ongles et se releva, toisant cette fois Talia de toute sa hauteur. Sa voix se faisait moralisatrice.

" Je te souhaite bonne chance, petite. " commença-t-elle, avant de secouer la tête avec dédain, " La prochaine leçon sera celle de la Destructrice de Mondes. Fais donc comme il te sied, mais ne te mets pas sur mon chemin. Enregistres bien ces mots : Rien ne m'empêchera de l'atteindre. Ni toi, ni ta Ligue ne m'empêchera d'aller le trouver. Je tuerais quiconque se mettra en travers de mon chemin, que ce soit toi, tes hommes, ou n'importe quel fou qui s'opposera à ma volonté. Je tuerais tout le monde, puis je le tuerais, lui. Tu verras où le sentimentalisme peut mener. "

Elle se tourna et se mit à marcher calmement vers la porte.

" Les Justiciers ... Ça ne peut plus exister. "

Elle ouvrit la porte, ne pouvant pourtant s'empêcher de s'arrêter une seconde, sa voix laissant échapper des émotions qui ne devraient pourtant plus rentrer dans l'équation :

" Bon appétit. "

Et elle s'en retourna à ses affaires, se remettant à siffloter d'un air innocent dans les couloirs, bruyamment.
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